Daily Archives: 23/04/2012
Le ministre sénégalais des affaires étrangères rencontre ses ressortissants.
Alioune Badara Cissé, le ministre sénégalais des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, en visite en Mauritanie, a rencontré, dimanche, ses compatriotes dans les locaux de l’Ambassade du Sénégal à Nouakchott.
L’occasion était pour les sénégalais à Nouakchott de faire part de leurs «inquiétudes», par rapport à l’instauration d’une carte de séjour aux étrangers en Mauritanie. «La plupart des Sénégalais vivent ici en famille ; et il leur sera difficile de débourser, pour chaque membre, les trente milles Ouguiyas requis pour l’obtention de cette carte», s’inquiètent-ils.
Ils ont également évoqué «des tracasseries subies» à la traversée au niveau de Rosso-Mauritanie et d’autres difficultés liées à la devise. «Il faut que les deux pays revoient leur convention pour exempter les sénégalais et mauritaniens résident de part et d’autre, et qui font la traversée en permanence, de la devise», proposent-ils.
Les Sénégalais en Mauritanie ont encore émis le souhait de bénéficier d’ «un fond de dotation, de l’accès à l’habitat au Sénégal et d’une ambulance pour évacuer les cas de décès et certaines maladies graves.
La création d’une école sénégalaise en Mauritanie était aussi au cœur des demandes. Sur ce point, le ministre sénégalais a demandé à son l’ambassadeur d’engager les procédures nécessaires, auprès des autorités mauritaniennes, afin de trouver, le plus vite possible, le site qui pourra abriter cette école.
Concernant la carte de séjour, Alioune Badra Cissé a affirmé avoir partagé les inquiétudes des ses compatriotes, mais soulignant qu’il fallait avoir les renseignements nécessaires et prendre un peu de recul pour voir l’évolution de la situation. Il a toutefois promis d’en discuter avec les autorités mauritaniennes.
Les solutions à cette problématique et aux autres soulevées au cours des discussions seront traitées par son département, a promis Cissé, en collaboration avec l’Ambassade du Sénégal en Mauritanie. Elles seront encore abordées lors de la prochaine rencontre de la commission mixte mauritano-sénégalaise que devra convoquer Nouakchott.
Source: Al Akhbar
La jeunesse de l’opposition bat le pavé pour exiger le départ du pouvoir du président Ould Abdel Aziz
La coordination de la jeunesse de l’oppositrion a manifesté, dimanche, dans les rues de Nouakchott pour exiger le départ du pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz et la fin des « régimes militaires »
Cette manifestation, à la quelles ont pris part plusieurs centaines de jeunes, organisée sous le slogan « prêts pour dégager Aziz » s’est déroulée sans intervention des forces de l’ordre.
Il s’agit, selon ses initiateurs d’une manifestation qui s’inscrit dans le cadre d’une « campagne visant le changement politique en Mauritanien ».
Des organisations des femmes et de la jeunesse des partis de l’opposition ont lancé un appel à la mobilisation pour la participation à cette marche, qui constitue, à leurs yeux « l’amorce du processus qui garantira le départ du dictateur Ould Abdel Aziz”
Cette manifestation s’est transformée en meeting sur la place sise devant le siège de la télévision de Mauritanie, au cours duquel des orateurs de l’opposition se sont livré à une critique acerbe du régime de Ould Abdel Aziz qu’ils estiment « avoir échoué dans la gestion des affaires publiques ».
Mercredi dernier, des affrontements avaient opposé, à Nouakchott, forces de l’ordre et manifestants du « Mouvements des jeunes de Mauritanie » qui revendiquait le départ du pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz, faisant de nombreuses arrestations et des blessés dans les rangs des manifestants.
FLAMNET: Spécial déportations, 23 ans après: MAURITANIE: radioscopie d´un Apartheïd méconnu
Au mois d’avril 1989, des centaines de Noirs (700 au moins) étaient massacrés à Nouakchott, Nouadhibou et dans plusieurs autres localités mauritaniennes, avec la complicité des plus hautes autorités de l’état. Dans la foulée de ces pogroms anti-noirs, le pouvoir beydane procédait á l’épuration de l’administration et des entreprises publiques de leur éléments noirs, á l’arrestation et á l’exécution de dizaines de Nègro-Africains et de la déportation dans le but évident de “dénégrifier” le pays de plus de 120.000 Nègro-Mauritaniens.
L’ opinion internationale, effarée, découvrait ainsi que quelque part dans le Sahel sévissait un système de discrimination raciale assimilable a bien des égards à l’apartheid.
Les événements d’avril étaient parfaitement prévisibles: ils sont la suite logique de la politique raciste appliquée en Mauritanie depuis l’indépendance et fondée sur l’accaparement, par la communauté beydane, de tous les leviers du pouvoir. en dépit de multiples contestations (Manifeste des 19, Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé…) et affrontements violents (guerre civile de 1966…) suscités par cette situation, les régimes beydanes successifs se sont toujours refusés, avec une remarquable constance, à envisager une autre alternative: celle de une société non raciale et démocratique, reposant sur l’égalité entre toutes ses composantes.
Il ne pouvait du reste en être autrement, puis-qu’officiellement il n’existe pas de problème racial en Mauritanie. C’est ainsi qu’en 1966, Moktar Ould Daddah déclarait contre toute évidence: “Non, en Mauritanie, il n’y a des Noirs et des Blancs que pour les sociologues. Il ne saurait être question de bâtir une nation sur des pourcentages aussi fluctuants qu’absurdes.” Vingt années plus tard, Ould Taya lui emboîtera le pas: “Je refuse de diviser mon peuple en Blanc et Noirs. Il n’y a pas de problème racial en Mauritanie. Le peuple est indivisible et ne sera jamais divisé. Depuis près de 2000 ans, les communautés de ce pays ont vécu ensemble sans qu’il y ait eu la moindre relation d’appartenance à telle ou telle ethnie. Nous tous, sans exception, sommes unis par l’Islam, et la couleur de notre peau n’a aucune espèce d’importance.” (Jeune Afrique no 1350, 19/11/1986, p. 37). Hélas, tout ceci n’est que profession de foi. La réalité, elle, est bien différente.
Fidèle à sa politique de fuite en avant et de provocation, le pouvoir mauritanien réédite aujourd’hui encore le même procède: il cherche, en montant en épingle le conflit avec le Sénégal, à en occulter la dimension essentiellement interne.
Mais combien de morts, de déportés et de mutilés faudrait-t-il pour que les médiateurs saisissent enfin cette évidence et arrêtent de se polariser sur les aspects inter-étatiques et secondaires du climat de tension actuel? Faudrait-il qu’une guerre civile éclate en Mauritanie pour que les Etats africains s’attaquent au noeud du problème: la discrimination raciale dont sont victimes les Nègro-Mauritaniens? Faudrait-il attendre que le pouvoir beydane mène à terme son odieuse politique de “dénégrification” du pays pour que l’O.U.A. fasse preuve vis-a-vis de la Mauritanie de la même intransigeance que celle qui caractérise ses résolutions sur l’Afrique du Sud?
C’est pour lutter contre l’oppression raciale subie par les Nègro-Mauritaniens qu’ont été créées en mars 1983 les Forces de libération africaines de Mauritanie (F.L.A.M). Dès sa naissance, notre mouvement s’est fixé pour but l’avènement d’une société non raciale et démocratique, fondée sur le respect de l’identité de chacune de ses composantes. A cette fin, nous proposions que fut organisé un large débat national ou toutes les composantes de notre peuple se prononceraient sur la solution à apporter á la Question Nationale. Pour toute réponse, le pouvoir s’engagea dans une répression féroce (arrestations, tortures, assassinats), si bien que la plupart de nos militants sont condamnés soit à la clandestinité soit à l’exil.
Les Forces de Libération Africaines de Mauritanie (F.L.A.M.).
EXTRAIT DU LIVRE-BLANC:RADIOSCOPIE D´UN APARTHEID MÉCONNU- OCTOBRE 1989




