Daily Archives: 21/04/2012
Entre : Aziz et ses opposants «Je t’aime moi non plus»
Entre Aziz et ses opposants de la COD, le cessez-le-feu n’est pas pour demain. Plus d’un observateur est tenté de croire que c’est un point de non retour dans les hostilités ouvertes depuis plusieurs semaines de façon peu discourtoise et très irrespectueuse. A Nouadhibou les lignes rouges de la bienséance et de la morale sociale ont été franchies par le cadet qui traita ses ainés aux barbes longues et blanches de menteurs. Au Brakna et au Gorgol c’est une autre rhétorique que le président usa pour réduire à la portion congrue les agitations de cette opposition. Il s’adressa ironiquement à ses adversaires pour leur demander de conjuguer le verbe marcher à tous les temps et à tous les modes. L’opposition quant à elle ne demande qu’une chose : le départ de ce président « qui ne rassure pas » qui selon eux, « n’a pas les compétences de diriger le pays.
La page du dialogue bis est fermée. D’où vient cette guerre interminable entre les deux camps ? S’agit-il d’une inimitié lointaine qui tire sa source de la crise politique qui avait fait tomber Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui n’arrive pas à se dissiper et que ceux qui sont au-devant de la COD ont du mal à diriger au sortir de l’élection présidentielle remportée par Aziz ? Peut-on aussi voir dans cette bataille, des relents d’un complexe intellectuel et politique qui ne dit pas son nom mais qui, à voir de près ressemble à une sorte de désaveu du profil d’un homme au parcours politique sans référence. A l’inverse Aziz se plait à accabler tous ces vieux « communistes », ces « intellectuels bourgeois », ces « fanatiques religieux », ces anciens dignitaires militaires « aigris ». Lui qui a su dribbler tout ce monde, cracher sur les accords de Dakar pour s’imposer comme l’homme fort du pays et personnage qui compte dans la scène régionale. L’autre facteur aggravant les antagonismes entre Aziz et la COD demeure l’échec du dialogue entre lui et le camp non participationniste. Aucun des deux protagonistes n’est arrivé à plier l’autre à ses positions inflexibles. Ni Aziz qui pensait mettre l’opposition en minorité en la délestant du tandem Messoud / Boidiel , ni en faisant des amendements constitutionnels votés par les deux chambres pour montrer qu’il est capable de faire fonctionner la loi de la majorité . Toutes ces cartes politiques n’ont pas eu raison de la détermination de la COD de mettre les bâtons dans les roues de Aziz. Daddah et tous les gros calibres politiques qui cherchent le départ du président n’ont pas encore pu atteindre le centre névralgique du dispositif politico-sécuritaire de l’homme qui se paye le luxe de s’envoler par hélico pour tenir des meetings sans craindre Aqmi et ses menaces. La guerre psychologique continue de battre son plein sur la scène politique occupée par un homme et une coordination de l’opposition. De quoi ennuyer tous ces citoyens dégoutés par ces querelles qui dénotent d’une absence de thématique politique majeure en mesure de sortir la Mauritanie de son malaise structurel.
Cheikh Tidiane Dia- LE RENOVATEUR.




