Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: April 2012

Commémoration des déportations: une marche à Trocadéro

Le Collectif des Organisations Mauritaniennes en France organise une manifestation le samedi 28 avril 2012 à la Place Trocadéro à partir de 14 h pour commémorer la journée de la DÉPORTATION de plus de 200 000 Négro-mauritaniens en avril 1989-90 au Sénégal et au Mali.

Venons très nombreux pour protester contre ces exactions qui se poursuivent encore.

Cette année notre manifestation revêt un double caractère:

1) Nous célébrons cette journée pour dire PLUS JAMAIS ça

2) Nous demandons au gouvernement mauritanien l’arrêt immédiat des expulsions des ressortissants ouest-africains  de la Mauritanie sous des prétextes fallacieux qui ne trompent plus personne.

La lutte continue !

 

Le Coordinateur

Dia Ibrahima Aly dit Yaaya Maabel

www.flamnet.info

 

La Mauritanie lache le MNLA et Ansar Dine se rapproche de Bamako

altEn déconfiture au nord Mali face aux islamistes, le MNLA aurait perdu de son aura auprès d’ Ould Abdel Aziz.

Alors que le dialogue avec le médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, Blaise Compaoré, à Ouagadougou entre les forces vives et certains représentants des partis politiques maliens n’a pas abouti à une résolution officielle et précise et qu’on attend la nomination d’un premier ministre de la transition, on apprend de deux sources concordantes que la Mauritanie serait entrain de prendre ses distances avec le MNLA et qu’Ansar Dine serait à la manœuvre pour discuter avec le pouvoir de Dioncounda Traoré à Bamako.

En effet, selon nos informations le MNLA était à Nouakchott pour obtenir d’Ould Abdel Aziz un soutien logistique et militaire pour réengager une offensive militaire dans la région de Tombouctou afin d’y déloger les islamistes d’Ansar Dine et d’y maintenir des positions solides. Une démarche qui restera à en croire nos sources dont l’une est un proche collaborateur du président Mauritanien, vaine, Ould Abdel Aziz serait resté, ce dimanche, de marbre face aux exigences des séparatistes touaregs jusqu’alors « chouchous » de ce dernier.

Au Mali, c’est une autre partie qui se joue, Ansar Dine a ravi la place du MNLA dans l’attention politique intérieure. Ansar Dine aurait reçu depuis ce samedi dans la région de Gao, une délégation de Bamako appuyée par un diplomate mauritanien et burkinabé, en vue d’un dialogue direct entre Bamako et les islamistes. Tout indique à cette heure que l’option militaire serait écartée et que la recherche du dialogue favorisée. Une dynamique de tentative de rapprochement dans laquelle, sans que pour l’heure l’information soir vérifiée, Soumaila Cissé aurait apporté une aide considérable apprend t’on du côté de Ouagadougou ce dimanche.

Interview de Ibrahima Mokhtar Sarr au CESTI (Université Cheikh Anta Diop de Dakar)” C’est sans doute ceux qui ne sont pas en situation régulière, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas un contrat de travail, qui sont expulsés”

altVenu assister à l’investiture du président Macky Sall, Ibrahima Mokhtar Sarr, homme politique mauritanien et ancien du CESTI (9e), a rendu une visite de courtoisie à la direction de cette école qui l’a formé. Il en a profité, sur invitation de Mamadou Koumé, pour rencontrer les étudiants de la 3e année (spécialisation presse écrite) et se prononcer sur diverses questions.

Quel sentiment vous anime en franchissant les portes du CESTI, 30 ans après ?

J’ai la fierté de constater que l’établissement tient toujours bon, il se développe. Nous avions beaucoup d’inquiétudes quand les Français et les Canadiens se sont retirés. Certains avaient pensé que cela allait péricliter, mais je me réjouis de constater que ce n’est pas le cas. Le CESTI reste une école prestigieuse qui a formé l’essentiel des journalistes africains. Je souhaite que le CESTI quitte ses locaux actuels pour avoir un siège beaucoup plus digne de son standing.

De la Mauritanie, comment avez-vous vécu la situation pré-électorale tendue au Sénégal ?

Nous étions inquiets parce que la démocratie sénégalaise est un exemple en Afrique. Si cette élection avait connue une tournure malheureuse, cela aurait été vraiment dommage non seulement pour le Sénégal mais aussi pour toute la sous-région. Mais nous rendons grâce à Dieu puis que tout s’est bien déroulé et qu’une nouvelle alternance s’est réalisée.

L’actualité, c’est le renvoi de la Mauritanie de centaines d’étrangers dont de nombreux ressortissants sénégalais. Qu’est ce qui explique ces expulsions ?

Je pense que c’est lié à ce qu’on appelle « l’enrôlement ». La Mauritanie est en train d’identifier tous les résidents qu’ils soient nationaux ou étrangers. C’est certainement dans ce cadre. C’est sans doute ceux qui ne sont pas en situation régulière, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas un contrat de travail, qui sont expulsés.

Dans un contexte d’échange et de libre circulation entre les pays, est ce que ce n’est pas là une mauvaise publicité pour la Mauritanie ?

Naturellement. Mais vous savez, chaque pays à sa politique. On ne peut pas empêcher à un pays d’assainir sa situation démographique. Je reste persuadé que ce n’est pas pour le plaisir d’expulser que ces mesures ont été prises mais elles obéissent à mon avis, à une volonté de se faire une idée exacte de la situation démographique en Mauritanie.

Quelle est la situation politique de la Mauritanie aujourd’hui ?

La situation politique est stable. Le régime a fait des avancées mais il y a beaucoup de choses à faire. Toutefois la situation politique est actuellement bloquée parce que l’opposition n’arrive pas à conjuguer avec le régime en place. C’est un peu tendu mais il y a des bonnes volontés qui sont en train d’essayer de décanter la situation pour qu’on puisse aller aux élections législatives qui ont été reportées.

Où en êtes vous avec la lutte contre la ségrégation raciale et l’esclavagisme en Mauritanie dont vous êtes l’une des figures de proue ?

La lutte continue. On n’a pas encore eu ce qu’on veut. La situation reste toujours la même, la question nationale n’est pas encore réglée. Il y a des communautés qui sont encore marginalisées en Mauritanie. L’esclavage aussi continue à perdurer même s’il y a des lois qui sont votées timidement pour l’interdire.

Source : CESTI

Visites présidentielles dans la vallée : De l’interdiction d’exprimer son mécontentement sur des pancartes

altLe Président de la République se rendra dans le Brakna et le Gorgol. Des visites qui viennent à point nommé. Elles interviennent au même moment où beaucoup de questions nationales réapparaissent sur la scène politique. Des questions qui mobilisent des citoyens de plus en remontés et plus particulièrement les populations de la région de la vallée du fleuve. Selon le site Alakhbarinfo, l’Etat a débloqué pour ce déplacement présidentiel une somme faramineuse estimée à 1/4 de milliard d’ouguiyas. Les autorités régionales ont été invitées à mettre la main dans la poche… Et sans parler des cadres de ces deux régions… Somme toute de l’argent du contribuable sera mis au service de la propagande à l’heure où famine et la sécheresse font des ravages. Le président a-t-il oublié qu’il s’était arrogé d’être « le messie des pauvres ». Nous lui rappelons que ces deux régions font parties des poches de la pauvreté selon les organismes humanitaires tels que le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

Ces visites seront-elles pour lui l’occasion de renouer avec ces citoyens qu’il ne cesse de blesser par sa politique et ses discours ? Les cadres négros-mauritaniens du parti pour la République (UPR) réussiront-ils à sauver ce qui peut l’être pour reconquérir un terrain propice. Lui qui voit sa popularité s’envoler dans la vallée à cause du recensement jugé discriminatoire et raciste par le mouvement « Ne touche pas à ma Nationalité » ? Son discours pourra t-il rassurer les 24 272 rapatriés qui se trouvent dans des conditions sociales misérables et déplorables depuis bientôt 5 ans ? Son gouvernement va-t-il présenter de nouveaux programmes d’insertion et d’intégration aux familles rapatriées dans les deux régions ? Le président va-t-il enfin réagir par rapport aux polémiques relatives à la confiscation des terres des populations de la région de Boghé et de Bababé ? Le président se rendra-t-il à Magham chez la famille de l’adolescent Lamine Mangane abattu par un gendarme lors d’une manifestation contre l’enrôlement ? Autant des questions qui font l’objet des discussions. En effet, le président doit apporter des réponses. Elles seront la garantie de la réconciliation avec son électorat dans ces deux régions. Ce serait une grave erreur politique que d’esquiver toutes ces questions. Le faire serait synonyme d’un déclin politique dans la vallée en sachant que son aura est entachée par tout ce qui a été enregistré depuis le déclenchement de l’opération d’enrôlement et de ses propos sur le dossier du passif humanitaire.

Au-delà de cette gabegie et ce pillage des nos deniers, les observateurs jugent très curieux la décision prise par les pouvoirs publics d’interdire des slogans hostiles à la politique du gouvernement. Comprenez par là que toutes pancartes contre Aziz sont bannies lors de cette tournée. Les citoyens de cette région n’ont pas le droit d’exprimer leur mécontentement et leur désarroi à l’égard de la politique du gouvernement. C’est le musèlement total du citoyen et une privation grave de la liberté d’expression et de l’opinion. Ceci laisse croire qu’ Aziz n’ira pas pour consulter les conditions de vie déplorables mais pour imposer une dictature. Donc un message clairement adressé à la COD et aux islamistes engagés dans une guerre de tranchées avec l’actuel régime. Et surtout un avertissement aux islamistes ayant réussi à s’infiltrer en brandissant des slogans hostiles à sa politique lors de ses derniers meetings à Nouadhibou et à Rosso.

Mais cette interdiction vise particulièrement les militants de TPMN. Les autorités savent que le mouvement dispose d’une bonne assise dans ces deux régions depuis le début des actions militantes. En même temps, à travers leurs tournées de sensibilisation sur le danger de l’enrôlement, les leaders du mouvement ont réussi à instaurer une proximité avec la population. L’Etat a donc pris une bonne avance sur les actions prévues par les militants du TPMN. Ce mouvement ne s’inscrit pas encore dans une posture anarchiste. Les responsables ont toujours défini leur mouvement de pacifiste. Les ripostes des mouvements comme celui du TPMN évoluent en fonction des réactions coercitives de l’Etat. Ils se radicalisent selon la portée de la violence contre ces militants. De leur marginalisation aussi. Si les slogans dérangent, l’Etat ferait mieux d’approcher ces derniers tant que les actions sont encore modérées.

Bâ Sileye
Sileye87@gmail.com

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Expulsions d’étrangers : “Titre de séjour ou lutte contre AQMI”, il faut choisir !

altDepuis plusieurs jours, on assiste à des refoulements d’étrangers sur le sol mauritanien, particulièrement à Nouadhibou, qui apparemment serait le repaire d’AQMI, à en croire les justifications du gouvernement auprès des autorités sénéglaises. Décryptage d’un événement au déroulement peu commun.

Les autorités mauritaniennes ont refoulé plusieurs ressortissants de la sous-région, à partir de Nouadhibou, pour défaut de titres administratifs de séjour au niveau de la frontière de Rosso Sénégal. Cette situation découle de l’entrée en vigueur d’une nouvelle disposition administrative prise par les autorités de Nouakchott qui exigent désormais des étrangers, toutes nationalités confondues, de se munir désormais d’une carte de séjour, délivrée contre 25.000 UM pour entrer et vivre sur le territoire Mauritanien.

Si l’intention, au niveau purement administratif est louable, la manière, la localisation des contrôles et des expulsions, ainsi que les segments exclusifs d’étrangers touches, laisse douter légitiment la société civile, ainsi que certaines chancelleries, quant aux motivations sous-jacentes à ces mesures.

À Nouadhibou justement, l’heure est à l’incompréhension pour les familles qui ont subi les contrôles musclés de la direction de la sureté nationale, et de la gendarmerie. “Il y a des familles sénégalaises ici depuis des années qui ont été controlees comme de vulgaires délinquants, leurs portes défoncées. C’est de cela dont nous nous occupons aujourd’hui. En priorité, réparer les dégâts des autorités et les esprits” raconte ému El Hadj Kebe, joint au téléphone.

«Nous n’avons été contactés à aucun moment par les autorités. Je me réveille le jeudi 5 avril et je suis interpellé par des compatriotes qui me signifient des rafles au niveau du quartier de la SNIM, par la gendarmerie» témoigne El Hadj Kebe, représentant à Nouadhibou, de l’association des ressortissants sénégalais vivant en Mauritanie.

«J’ai été aussitôt voir le commandant de la gendarmerie qui n’a pas pu me donner d’informations tangibles quant au pourquoi de ces rafles, tout en m’assurant tout de même que ce n’était pas lié aux cartes de séjour. C’est en allant voir le Hakem, qu’il me sera spécifié que ces rafles sont bien en rapport avec la détention de titre de séjour en Mauritanie, communication qui aurait commencé aux télévision et radio mauritaniennes depuis deux mois m’a-t-il souligné. Mais sérieusement, quand vous menez une opération à l’encontre de communautés, vous vous assurez de veiller à ce que l’information soit reçue» continue longuement El Hadj Kebe.

Dans les chancelleries ouest africaines concernées, l’heure est à l’expectative aussi. Dans l’une d’entre elles, un des diplomates joints assure que toute la chancellerie ignorait la mise en place de telles mesures. «Quand de telles mesures, légitimes en passant, sont décidées par l’état, et surtout qu’elles n’existaient pas avant, et qu’elles touchent directement au bien-être de nos ressortissants dans le pays, nécessairement les chancelleries doivent être prévenues, car ce sont elles qui sont le plus à même de relayer l’information» explique le diplomate.

 Des mesures discriminatoires

 Les événement de 1989 avaient commencé ainsi : tout ce qui était noir était étranger, et c’est à travers ce prisme que des dizaines de milliers de mauritaniens ont été expulsés de chez eux. Le souvenir est encore trop chaud pour qu’on dise tranquillement aux mauritaniens de ne pas s’inquiéter.

Là, comme pour les opérations de recensement qui avaient débuté avec des « relents clairement racistes » tonnait Abdoul Birane Wane, coordinateur du mouvement Touche pas à ma nationalité, avant d’êtres ramenées dans leur cadre strictement administratif et efficace, les opérations d’expulsions sont clairement dirigées contres les communautés noires africaines. Ce que laisse entendre tous les présidents d’associations des communautés concernées par les expulsions, qui avaient été convoqués le 1er avril dernier par le wali de Nouakchott, Fall N’Guissaly; reunion à laquelle curieusement aucun représentant de communautés maghrébines, arabes ou touarègues n’était présent.

“À ce que je sache, il n’y a pas que des étrangers noirs sans titres de séjours dans ce pays” argue Tijane Tchongane, vice-président de l’association des sénégalais de Mauritanie. Tous ces représentants sont conscients du droit régalien de tout état de pouvoir et vouloir controler les flux migratoires, dans son pays, mais, pointent du doigt les méthodes et le manque de communication, qui ne laissent planer aucun doute à leurs yeux sur les véritables raisons d’un tel ressort.

“On prévient les communautés de Nouakchott, et on contrôle exclusivement et on n’expulse que les migrants de Nouadhibou? C’est bizarre vous en conviendrez” continue le vice-président.

West Sahel ou AQMI en arrière-fond ?

La localisation exclusive des contrôles et des expulsions à Nouahdibou suscite des doutes sérieux auprès des concernés, quant à des raisons purement administratives. Nouadhibou, où se trouve notre tristement célèbre «Guatanamito» est un lieu de transit important des migrants clandestins vers l’Europe, et certains voient dans ces rafles une étape au projet West Sahel initié par l’Union Européenne, en partenariat avec la gendarmerie et les douanes mauritaniennes il y a quelques mois, dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, mais aussi AQMI.

Le projet vise à «contribuer au renforcement des capacités dans la gestion des flux migratoires des pays du Sahel ciblés par cette action; à savoir le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Par ce biais, il vise aussi à renforcer la coopération régionale en favorisant les échanges au niveau de la sous région.» expliquait alors Hans-Georg Gerstenlauer, chef de la délégation européenne en Mauritanie, à l’occasion de l’inauguration du démarrage des activités du projet.

Autre motif invoqué ? La lutte contre l’infiltration d’Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique). Le site sénégalais seneweb.com relate une source diplomatique sénégalaise qui évoque l’argumentation envoyée par le ministère des affaires étrangères mauritanien, et qui évoque une telle raison pour justifier les rafles. “AQMI entre en Mauritanie par la frontière malienne, avec souvent des complicité mauritaniennes. Et ils n’ont encore jamais opéré à Nouadhibou” affirme le site.

D’autres raisons sont évoquées, comme l’idée que ces rafles seraient un test de Mohamed Ould Abdel Aziz à la nouvelle présidence sénégalaise. Un test, si la réciprocité est appliquée au Sénégal et dans les autres pays de la sous-région, pourrait bien nuire aux intérêts suprêmes de la Mauritanie, notamment économiques, qui sont “nettement inscrits dans cette partie ouest africaine, et centrale de l’Afrique” rappelait sur ce site il y a quelques mois, Ely Ould Alaf, ancien diplomate.

Mamoudou Lamine Kane

Noor Info