Monthly Archives: April 2012
Entre : Aziz et ses opposants «Je t’aime moi non plus»
Entre Aziz et ses opposants de la COD, le cessez-le-feu n’est pas pour demain. Plus d’un observateur est tenté de croire que c’est un point de non retour dans les hostilités ouvertes depuis plusieurs semaines de façon peu discourtoise et très irrespectueuse. A Nouadhibou les lignes rouges de la bienséance et de la morale sociale ont été franchies par le cadet qui traita ses ainés aux barbes longues et blanches de menteurs. Au Brakna et au Gorgol c’est une autre rhétorique que le président usa pour réduire à la portion congrue les agitations de cette opposition. Il s’adressa ironiquement à ses adversaires pour leur demander de conjuguer le verbe marcher à tous les temps et à tous les modes. L’opposition quant à elle ne demande qu’une chose : le départ de ce président « qui ne rassure pas » qui selon eux, « n’a pas les compétences de diriger le pays.
La page du dialogue bis est fermée. D’où vient cette guerre interminable entre les deux camps ? S’agit-il d’une inimitié lointaine qui tire sa source de la crise politique qui avait fait tomber Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui n’arrive pas à se dissiper et que ceux qui sont au-devant de la COD ont du mal à diriger au sortir de l’élection présidentielle remportée par Aziz ? Peut-on aussi voir dans cette bataille, des relents d’un complexe intellectuel et politique qui ne dit pas son nom mais qui, à voir de près ressemble à une sorte de désaveu du profil d’un homme au parcours politique sans référence. A l’inverse Aziz se plait à accabler tous ces vieux « communistes », ces « intellectuels bourgeois », ces « fanatiques religieux », ces anciens dignitaires militaires « aigris ». Lui qui a su dribbler tout ce monde, cracher sur les accords de Dakar pour s’imposer comme l’homme fort du pays et personnage qui compte dans la scène régionale. L’autre facteur aggravant les antagonismes entre Aziz et la COD demeure l’échec du dialogue entre lui et le camp non participationniste. Aucun des deux protagonistes n’est arrivé à plier l’autre à ses positions inflexibles. Ni Aziz qui pensait mettre l’opposition en minorité en la délestant du tandem Messoud / Boidiel , ni en faisant des amendements constitutionnels votés par les deux chambres pour montrer qu’il est capable de faire fonctionner la loi de la majorité . Toutes ces cartes politiques n’ont pas eu raison de la détermination de la COD de mettre les bâtons dans les roues de Aziz. Daddah et tous les gros calibres politiques qui cherchent le départ du président n’ont pas encore pu atteindre le centre névralgique du dispositif politico-sécuritaire de l’homme qui se paye le luxe de s’envoler par hélico pour tenir des meetings sans craindre Aqmi et ses menaces. La guerre psychologique continue de battre son plein sur la scène politique occupée par un homme et une coordination de l’opposition. De quoi ennuyer tous ces citoyens dégoutés par ces querelles qui dénotent d’une absence de thématique politique majeure en mesure de sortir la Mauritanie de son malaise structurel.
Cheikh Tidiane Dia- LE RENOVATEUR.
Les faux frères Africains

La Mauritanie semble avoir d’énormes problèmes à manager ses relations africaines. Non seulement avec certains Etats, mais aussi avec les peuples d’Afrique noire. Résolument tournée vers son “milieu” arabe, sa classe politique née dans les carantes et limitées officines des putschistes de 1978, a tellement diabolisé le continent africain et les africains que l’on pourrait être amenés à penser que nous ne sommes pas de ce continent.
L’objectif affiché était de rompre avec l’ère de Feu Moctar Ould Daddah, le père de la Nation. Le résultat est visible : aujourd’hui, ” tout ” vaut mieux que cet africain. Un coréen du sud est mieux vu chez nous que n’importe quel autre ressortissant de n’importe quel pays africain du sud Sahara.
La propagande nationaliste, exacerbée par les conflits politiques internes latents sous diverses formes (identité, question de la langue et “l’arrimage” culturel de manière générale, etc…) ont été aussi l’occasion, pour les extrémistes, de couper l’ordre ombilical liant la Mauritanie à son milieu géographique, culturel, politique et historique immédiat.
En effet, dès l’arrivée des militaires au pouvoir, les alliances diplomatiques du pays changent. Au lieu d’une présence marquée et souvent surdimensionnée dans les sphères africaines, l’on se tourne vers Baghdad, Damas, Tripoli et Ryad. Pour certains, ce n’était pas seulement une opportunité de sortir du “joug africain” pour affirmer une identité arabe longtemps contestée (du moins politiquement jusqu’en 1974), mais aussi pour se faire fortune. Certains leaders nationalistes arabes vivent aujourd’hui de la “réserve” constituée, à l’époque, des fonds politiques injectés par les pays “parrains” !
Très rapidement, les rapports censés être fondés sur la réciprocité fraternelle deviennent une subordination intellectuelle, politique et parfois même militaire. Progressivement, des fonds affluent pour financer des organisations clandestines qui se structurent et noyautent l’Etat avec l’objectif d’ancrer la Mauritanie sur tel ou tel autre modèle arabe…
Confondant l’arabité avec une animosité systématique avec l’africanité (et non la négritude en tant que concept identitaire engagé), les tenants de ces courants tueront l’africain en chaque mauritanien. Il s’ensuivra la diabolisation de l’Afrique et le dédain entretenu contre l’africain et au-delà, le noir. C’est ce qui, entre autres, poussera l’Etat mauritanien à se retirer de la CEDEAO sans aucune raison valable, faisant fi des intérêts vitaux de la Mauritanie et de son peuple. Pourtant, le citoyen, lui, perpétue la longue transhumance vers le sud derrière son troupeau ou à la recherche de bénéfice et du bien-être, ou encore, plus récemment, à la recherche du savoir.
Dans les médias officiels, l’Afrique n’est évoquée, le plus souvent, que dans ses aspects avilissants, dégradants. Partout, on cherche à complexer ceux, parmi nos citoyens, qui se sentent fiers d’être africains ! Dans certains milieux intellectuels chauvins, on réveille même les vieilles théories colonialistes sur l’infériorité de l’homme africian. Et ces “lépénistes des tropiques” sont souvent reliés même par les médias publics !
Ce comportement de l’Etat a eu comme conséquence directe, la marginalisation de notre pays dans les affaires africaines. La place de trait d’union, que nous avons désertée, qui est une vocation naturelle avant toute autre charge idéologique et identitaire, est reprise et exploitée par d’autres pays comme le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie qui ont su asseoir et entretenir des relations légendaires avec des pays et des chefs d’Etat africains et n’en tirent que aura pour leurs pays et prestige pour eux-mêmes. Aujourd’hui, ils sont plus pesant sur le continent que nous et leur avis compte dans chaque décision, même si le Maroc ne fait plus partie de l’UA ! Et pour aggraver notre cas et accentuer l’isolement de notre pays en Afrique, nos autorités ne cessent, depuis deux décennies, de faire preuve d’une xénophobie grave contre les ressortissants des pays d’Afrique noire.
Qu’ils soient en règle ou illégaux, les ressortissants africains ne se sentent jamais à l’aise chez nous. Ils sont chroniquement harcelés par les services de sécurité et leurs innombrables filières. Devant la justice, ils sont facilement condamnables emis aux arrêts avec autant de légèreté que de mépris. Non protégés par aucune ambassade (il y a moins de dix ambassades africaines du sud Sahara chez nous !), les ressortissants des pays noirs souffrent le martyr. Et ce qui se passe actuellement contre ces ressortissants à Nouadhibou, n’est pas pour améliorer notre image dans le continent. Et pourtant, notre avenir réside dans l’antre de notre passé : l’Afrique.
Nous sommes aussi africains et devons en être fiers au lieu de donner cette piteuse et lamentable image de faux frères de l’Afrique !
Amar Ould Béjà
Source : L’Authentique le 18/04/2012
Guerre de leadership haratine : Qui prendra la relève?
Longtemps leader incontesté de la lutte pour l’émancipation des haratins, Messaoud Ould Boulkheir, redoutable combattant de cette cause, avait gravi tous les échelons politiques pour se hisser au perchoir de l’assemblée Nationale. Avec le temps et l’âge mais aussi le contexte socio -politique, son leadership est désavoué tant au sein de son parti (APP) qu’en dehors de cette formation politique. De jeunes haratins, « aux dents fourchues » le trouvent ramolli et trop compatissant à l’égard du pouvoir ou du système politique.
Premier gouverneur puis ministre haratins, Messaoud Ould Boulkheir est de ceux qui ont les pionniers de la contestation politique pour la cause haratin et contre le pouvoir dictatorial d’Ould Taya. Une lutte acharnée menée tant au sein du mouvement El Hor qu’avec le FDUC à la veille de l’ouverture démocratique. Résolument engagé dans l’opposition, Ould Boulkheir constituait un espoir de changement pour la frange haratine de la population et même pour d’autres opprimés ou oubliés de la République (notamment des négro-africains). Tant à l’UFD, à AC qu’à l’APP, Ould Boulkheir a symbolisé la lutte contre l’oppression et l’injustice. Ses discours enflammés galvanisaient un public largement acquis à la cause défendue, et ses fréquents séjours carcéraux avaient fini par forger en lui l’image d’un grand leader au-delà même des frontières mauritaniennes. Toutefois, depuis son deal avec des nasséristes pour intégrer et diriger APP puis son soutien à Sidi Ould Cheikh Abdellahi pour occuper la Présidence de l’Assemblée nationale, lors de la présidentielle de 2007, les choses ont semblé se corser pour lui. C’est d’abord Ibrahima Sarr qui quittera APP pour sa ligne politique devenue ambiguë bien avant cette présidentielle puis après le départ de Sidi et l’arrivée de Ould Abdel Aziz, des cadres de son parti ont commencé à contester ses prises de positions. Il faut dire qu’entre temps ce leader politique, au franc parlé déconcertant et si proche des couches haratines les plus démunies, avait cédé la place au 3e personnage de l’Etat : mercedez de fonction, imposante villa, garde rapprochée, costumes taillés sur mesure, voyage en première classe etc. La toute nouvelle puissance et les privilèges aidant auraient coupé Messaoud de sa base selon certains. Mais c’est surtout son récent rapprochement avec le Président Aziz qui poussera à une fronde interne à l’APP. Samory Ould Beye et Mohamed Ould Borboss entre autres le désavouent sans ambages. Ils et ont crée un comité de crise au sein de son parti. Le vieux lion est dépeint par ses détracteurs comme un nouveau bourgeois éloigné de sa base et prêt à tout pour conserver ses privilèges. Ses fidèles continuent à l’aduler.
Il faut noter également qu’entre temps, une autre figure haratine a fait une entrée tonitruante dans l’arène politique : il s’agit de Biram Ould Abeid. Les discours tant engagés de Ould Boulkheir passeraient pour des poèmes lyriques d’un jeune amoureux à coté des sorties très enflammées de Biram . Plus de tabous, ce jeune qui se veut apolitique, attaque de plein front le pouvoir et surtout un « système esclavagiste en Mauritanie ». Son discours est résolument plus engagé ; mieux il n’hésite pas à défier le pouvoir, ce qui lui a même valu un séjour en prison. Aujourd’hui quand on parle d’esclavage et d’émancipation des haratines, c’est le nom du benjamin de Boubacar Ould Messaoud, Biram , qui est cité en premier. Les Somory Ould Bèye, Messaoud Ould Boulkheir paraissent déphasés. Cette soudaine notoriété ne va pas sans causer ces dommages. D’un coté le pouvoir cherche par tous les moyens à combattre et discréditer un Biram Ould Dah très encombrant mais même le comité de crise de l’APP l’accuse tantôt de rouler pour les Flam tantôt pour la classe conservatrice du système.
Au-delà de ces clivages politiques ou de luttes pour un leadership, les haratines montrent qu’ils sont désormais une force montante.
Seydi- Le Rénovateur
Commémoration des déportations: une marche à Trocadéro
Le Collectif des Organisations Mauritaniennes en France organise une manifestation le samedi 28 avril 2012 à la Place Trocadéro à partir de 14 h pour commémorer la journée de la DÉPORTATION de plus de 200 000 Négro-mauritaniens en avril 1989-90 au Sénégal et au Mali.
Venons très nombreux pour protester contre ces exactions qui se poursuivent encore.
Cette année notre manifestation revêt un double caractère:
1) Nous célébrons cette journée pour dire PLUS JAMAIS ça
2) Nous demandons au gouvernement mauritanien l’arrêt immédiat des expulsions des ressortissants ouest-africains de la Mauritanie sous des prétextes fallacieux qui ne trompent plus personne.
La présence de tous nos compatriotes et de toutes les personnes éprises de paix et de justice est vivement souhaitée.
La lutte continue !
Le Coordinateur
Dia Ibrahima Aly dit Yaaya Maabel
Commémoration des déportations: une marche à Trocadéro
Le Collectif des Organisations Mauritaniennes en France organise une manifestation le samedi 28 avril 2012 à la Place Trocadéro à partir de 14 h pour commémorer la journée de la DÉPORTATION de plus de 200 000 Négro-mauritaniens en avril 1989-90 au Sénégal et au Mali.
Venons très nombreux pour protester contre ces exactions qui se poursuivent encore.
Cette année notre manifestation revêt un double caractère:
1) Nous célébrons cette journée pour dire PLUS JAMAIS ça
2) Nous demandons au gouvernement mauritanien l’arrêt immédiat des expulsions des ressortissants ouest-africains de la Mauritanie sous des prétextes fallacieux qui ne trompent plus personne.
La lutte continue !
Le Coordinateur
Dia Ibrahima Aly dit Yaaya Maabel




