Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 01/11/2011

Au secours, ils reviennent

altLe président Ould Taya est parti, mais nombreux sont ceux qui le soutenaient et qui sont restés. Ayant été écartés des centres de décision et des la direction de haut poste, ceux-là sont finalement revenus sur scène. Les dernières nominations dans les derniers conseils des ministres, la désignation à la tête de conseil d’administration de direction publique ainsi les petits mouvements du personnel diplomatique, nous donnent davantage de lisibilité dans la véritable essence de ceux qui nous gouvernent. Nous pensons être aujourd’hui à mesure de tirer des leçons de taille sur le mode de gestion que nous réserve le pouvoir, lequel a décidé de faire du neuf avec du vieux.

Manifestement, le président de la République ignore les hommes et les mœurs politiques du pays. Cruelle vérité qui l’a amené à circonscrire ses choix sur les personnes qu’il a connues il y a plus de vingt ans, le cas échéant, sur la progéniture des anciens du Système !

A notre grand malheur, le tour de la vieille garde est revenu. Ils sont enfin parvenus à se hisser, triomphants, au sommet du podium. C’est la ” main invisible”, le ” Système ” qui les a tant couvés ce dernier quart de siècle qui a, encore une fois, fait preuve de sa baraka. C’est cette main couveuse, complice et pourtant coupable, tapis quelque part dans une haute officine obscure, qui s’évertue à mettre tout un peuple sous leur coupole. Pour la nième fois, nous nous contenterons d’épier leurs gestes, de voir la qualité de la “sombre lumière ” qu’ils ne tarderont pas à faire jaillir dans l’entourage du Chef. Nous ne nous lasserons pas, la peur au ventre, de surveiller leur petite fortune pour en évaluer l’évolution. Ils sont de nouveau puissants. Ne l’ont-ils d’ailleurs pas toujours été ? Aujourd’hui plus que par le passé, ils jouissent de ce sentiment de pouvoir, celui de toujours imposer, avec la bénédiction de l’Etat, le mode de gestion et les pratiques décriées de leur groupuscule. Les malheureuses confrontations tribales qui se sont produites vendredi à l’est du pays sont là pour en témoigner. “Ils ont trouvé une nouvelle opportunité pour tirer les ficelles du jeu. Tels qu’ils étaient connus des Mauritaniens, ces ” nouveaux ” élus “, ne nous sortiront certainement pas de l’auberge. Espérons seulement qu’ils ne nous replongent pas dans le pétrin !

Sneiba.

Le Dialogue a accouché « d’un rat! » selon les Flam

altL’accord du dialogue national récemment signé continue de faire l’objet de moult interprétations de la part des acteurs politiques. Après la satisfaction de l’Upr et de l’Ajd, c’est aujourd’hui, le mouvement interdit en exil les Flam qui livre son verdict, précisant qu’il « n’aura pas accouché d’une souris mais d’un rat! ». Le mouvement fait savoir que s’il faut saluer les vertus du dialogue et de la concertation, les dernières assises de la concertation paraissent à ses yeux « anachroniques au regard du contexte spécial, particulier » dans lequel elles se sont tenues. Un contexte marqué et par la répression de manifestations pacifiques, ayant conduit à la mort tragique du jeune martyr Lamine Mangane et t par la fissure sociale doublée d’une crise de confiance des populations négro-mauritanienne vis-à-vis de l’Etat et du pouvoir qui l’incarne souligne les Flam. Le mouvement parle d’avancées timides quand il aborde les résolutions des conciliabules du dialogue citant la création d’une Ceni, les nouvelles modalités de désignation des membres du Conseil constitutionnel, le choix des maires, l’interdiction du vagabondage politique, la lutte contre cette flopée de partis cartables, tous points qui œuvrent à l’instauration de la démocratie. Toutefois, il indique que « si ces points, mineurs, ont été abordés, l’on ne peut ne pas regretter, une fois de plus, que l’on soit passé à côté de l’essentiel; l’on a éludé les questions centrales! », précisant que la Mauritanie n´est pas comme les autres, que ce pays spécifique de par son caractère multiethnique et bi-racial, ne saurait emprunter les voies classiques, sans crever l´abcès. Allant dans sa démonstration de l’échec du dialogue, les Flam estiment que si le processus d’apaisement était sincère, il aurait associer à ce dialogue et la société civile et toute l´opposition interne et externe, qui sont parties prenantes pour toutes les questions d’intérêt national, concluant enfin qu’il aurait au contraire fallu, « face à un chef d’Etat qui s’est rendu expert dans l’art de manœuvrer ses partenaires politiques, nécessairement rassurer sur les garanties de respect et de l‘applicabilité des décisions qui sortiraient du dialogue ».

LE RÉNOVATEUR QUOTIDIEN

Maghama rage contre l’administration

altDe source généralement bien informée, le commandant de brigade de la gendarmerie de Maghama, son adjoint et un gendarme reconnu comme étant un de ceux qui ont fait usage de leurs armes à feu pendant les manifestation anti enrôlement, ont quitté Maghama pour une destination inconnue. Un nouveau commandant de brigade et son adjoint, ont pris service.

C’est la molle réponse apportée à la revendication des jeunes de Maghama qui avait exigé de l’administration la poursuite judiciaire de ou des responsable de la mort du jeune manifestant, Lamine Mangane, tué le 24 septembre dernier, lors des violentes manifestations contre les «procédures humiliantes » d’enrôlement. Au regard des engagements pris par l’administration de satisfaire toutes les doléances des jeunes manifestants de Maghama, il était entendu que la lumière soit faite sur cette affaire et que les coupables soient punis. Surtout que le départ au plus vite de Maghama du commandant de la brigade de la gendarmerie, celui de la garde ainsi que deux policiers (Ould Aimore agent de police et Alioune Fall chef de corps urbain de la police) était une exigence des jeunes manifestants. Ce n’était pas tout d’ailleurs, puisque entre autres revendications, les jeunes voulaient aussi savoir d’où venait l’autorisation donnée aux commerçants de porter des armes avec lesquelles ils les ont menacés. Mais avec ce qui se passe sur le terrain, tout porte à croire qu’elle a choisi l’option de rester ferme et de ne pas poursuivre les coupables.

Refus de l’impunité

 
Même si elle donne l’impression d’avoir reculé sur les questions humiliantes des agents recenseurs, dans la pratique, les tracasseries restent toujours une réalité amère, vécue surtout par certains mauritaniens nés à l’étranger. A l’exemple de cette épouse très âgée d’une importante personnalité des années de l’indépendance née à Kayes et à laquelle les agents recenseurs du centre d’accueil de Tevragh-Zeina ont fait toutes les misères, au point de la mettre hors d’elles parce qu’on lui demandait sa date de mariage. Exaspéré, elle a jeté l’éponge et renoncé à l’enrôlement sans autre forme de procès. A Nouadhibou ce serait un homme d’affaires très riche qui s’est vu opposer le refus de l’enrôlement par le centre d’accueil de Nouadhibou au prétexte qu’il serait sahraoui. Lors des interrogatoires particulièrement humiliants dont des citoyens mauritaniens nés à l’étranger, ou dont des parents et grands-parents sont nés dans des pays de la sous – région, des agents recenseurs ici ou là dans les centres d’accueil, ont fait très souvent montre d’intolérables préjugés. Soupçonneux et bien souvent arrogants, ils ont considéré la « mauritanité » des intéressés douteuse voir frauduleuse. Sans autre forme de procès, ces derniers ont été rejetés. Ces actes inqualifiables ont été perpétrés par des agents de l’Etat dont l’ignorance ou la mauvaise foi n’ont d’égal que leur stupidité. Ils ont ainsi créé, chez leurs victimes, les frustrations qui ont produit le désordre à travers des émeutes d’une extrême gravité. S’ils ont agit par ignorance, la faute de ceux qui les ont nommés est lourde. Car, il est inconcevable qu’à ce niveau de responsabilité, on puisse ignorer que jusqu’à 1945, les deux Hodhs étaient soudanais, c’est-à-dire que leurs ressortissants étaient citoyens du Mali actuel. Saint – Louis était jusqu’en 1957 la capitale à la fois du Sénégal et de la Mauritanie, et le 1er Gouvernement de la Mauritanie siégeait à Ndar-Toute un des ses quartiers du bord de mer distant de 14 km de Ndiago, dans ce qu’on appelle la langue de barbarie. La première pierre de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, a été posée en 1958 par BA Amadou Diadié Samba Diom, Ministre des travaux publics, des Transports, des Postes et de Télécommunications, en présence des Présidents Mokhtar Ould Daddah, et Charles De Gaulle (voir photo). Le premier Conseil des Ministres du Gouvernement de la Mauritanie s’est tenu sous une tente, sur une dune située à l’endroit actuel de la Poste et de l’Hôtel Marhaba. Des pièces d’Etat civil essentielles étaient établies à Saint-Louis sans mentionner la Mauritanie (CNI du père de la Nation feu Me Mokhtar Ould Daddah). Si, par contre, ils n’ignorent rien de ce qui précède, la preuve de leur mauvaise foi est incontestable. Ils sont alors coupables d’une atteinte délibérée à l’unité nationale, et doivent, par conséquent, connaître toute la rigueur de la loi en la matière.


Moussa Diop-LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT.