Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: December 2011

Mandat d’arrêt international contre l´opposant mauritanien Moustapha Ould Limam Chavi

altNOUAKCHOTT – Le parquet de Nouakchott a lancé mercredi un mandat d’arrêt international contre le Mauritanien Moustapha Ould Limam Chavi, qui vit à l’étranger, pour financement du terrorisme et appui à des groupes terroristes au Sahel, a annoncé à l’AFP une source judiciaire. Le mandat a été lancé par le parquet sur décision d’un juge d’instruction contre M. Ould Limam Chavi et trois autres Mauritaniens, membres influents d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), a affirmé cette source jointe au parquet sous couvert d’anonymat. M. Ould Limam Chavi tombe sous le coup de trois chefs d’inculpation: financement du terrorisme, intelligence avec des groupes terroristes et appui financier et logistique à des groupes terroristes en activité dans le Sahel. Ces groupes terroristes commettent des attaques contre des pays de la région comme la Mauritanie et s’en prennent à d’autres par des actions terroristes, a-t-elle ajouté.

Moustapha Ould Limam Chavi a résidé au Burkina Faso, d’où il a mené plusieurs négociations avec Aqmi pour la libération d’otages occidentaux dans la bande sahélo-saharienne. Il était un des conseillers du président burkinabè Blaise Compaoré.

Selon des sources sécuritaires et proches du pouvoir à Ouagadougou, il ne réside plus au Burkina Faso depuis 2011. Il serait en Côte d’Ivoire, d’après certaines de ces sources.

Il est réputé opposé au pouvoir du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, et a récemment appelé à sa destitution en l’accusant d’insuccès dans la lutte contre le terrorisme.

Parmi les trois autres Mauritaniens visés par les mandats d’arrêt internationaux, selon la source judiciaire, figure Hamada Ould Mohamed Kheirou. Cet homme dirigerait un groupe présenté comme dissident d’Aqmi, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, apparu en novembre et ayant revendiqué l’enlèvement de trois Occidentaux (deux Espagnols -homme et femme- et une Italienne) dans un camp de réfugiés Sahraouis près de Tindouf, en Algérie.

De même source, les deux autres Mauritaniens recherchés pour appartenance à des groupes terroristes sont des membres influents de la branche d’Aqmi dirigée par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar dit Laouar (Le Borgne). Il s’agit de Elhacen Ould Khlil et Vawaz Ould Ahmed.

La Mauritanie est parmi les pays de la bande sahélo-saharienne – avec le Mali, l’Algérie et le Niger – confrontés à une insécurité croissante liée aux activités d’Aqmi et d’autres groupes criminels, ainsi qu’à l’afflux d’armes, dont de l’armement lourd, issues du conflit libyen.

Aqmi opère dans cette vaste zone difficile à surveiller et contrôler où elle a multiplié, depuis ses bases du nord du Mali, attentats, enlèvements d’Occidentaux et trafics divers, y compris de drogue. Au total, douze Européens, dont six Français, sont otages dans le Sahel.

 

AFMAF à Inal, le compte-rendu de la présidente Mariame Kane

altL’Association des Femmes Mauritaniennes du Fleuve (AFMAF), soucieuse du respect des droits humains, a toujours combattu avec fermeté et détermination toute  forme d’injustice et d’exclusion. Notre participation matérielle et physique à l’organisation et  au déroulement du pèlerinage d’INAL, qui restera à jamais inscrit dans les annales de l’histoire de la Mauritanie, s’inscrit dans ce cadre. L’AFMAF a été représentée à Inal par sa Présidente Mme KANE Mariame et l’infatigable veuve Mme Diarra Toumbo. Nos premiers remerciements vont naturellement à Biram Dah et à son organisation IRA qui ont eu l’heureuse l’initiative de proposer l’organisation du voyage à Inal, une première depuis 21 ans, qui a ému tout un chacun. Le site d’Inal sera désormais un lieu de pèlerinage, de mémoire et de recueillement pour que plus jamais aucun crime ne reste impuni en Mauritanie. 

 Les autorités, qui se reprochent certainement ces crimes qui s’apparentent à un génocide, ont tout mis en œuvre pour que ce pèlerinage n’ait pas lieu. Je vous propose le film de notre voyage pour vous édifier :

 – Le 27 novembre tous les participants se sont donnés rendez vous à 5 heures du matin devant la Case pour un départ prévu à 6 heures mais malheureusement certaines voitures étaient en retard, ce qui nous a retardé de 2 heures. Certains commençaient à s’impatienter et ont préféré attendre à la sortie de Nouakchott pour ne pas attirer la curiosité des passants ou des autorités.

 – A 7 heures 45, le cortège était au complet et ce fut magnifique de voir tout ce monde prêt à tout et déterminé à atteindre son objectif : Se recueillir à Inal. A notre grande surprise la police “Zèbre” (on les appelle comme ça à Nouakchott ou la police d’Ould Abdel Aziz) nous arrête pour vérification de pièces d’Identité. C’est à cet instant que notre périple va commencer entre 35 Km de Nouakchott et l’auberge de Bouamatou.

– Après le zèle des “Zèbres” d’Ould Abdel Aziz, de 9 h environ à 16 heures, nous avons tous décidé de continuer notre voyage quitte à affronter le système raciste et esclavagiste qui a mis tout en œuvre pour empêcher notre convoi d’atteindre Inal car pour rien au monde nous leur donnerons satisfaction.

– Vers 18 heures, à 35 km de Nouakchott, après le déjeuner, nous avons repris notre voyage avec une certitude de rencontrer un autre barrage.

 – A 120 km de Nouakchott, cette fois, ce sont des gendarmes encore plus zélés mais plus discrets que les “Zèbres”, qui nous attendaient fermement pour nous décourager une fois de plus en se servant  des pauvres voyageurs sur Nouadhibou qui n’ont rien à avoir avec nous. Les gendarmes ont pris tout leur temps pour fouiller les passagers comme des terroristes et je pèse mes mots, c’était choquant et humiliant la façon dont se déroulait cette fouille des bagages et des passagers. Ils nous laissent finalement passer vers 1 h 15. Nous étions fatigués mais toujours déterminés.

 -Vers 3 heures du matin, arrivent de nouveaux gendarmes mais cette fois -ci différents des autres. Ils nous ordonnent de faire demi-tour mais grâce l’efficacité d’Outhouma Soumaré (à qui nous rendons hommage pour sa détermination et sa patience avec les autorités routières) nous avons pu continuer notre périple vers Inal en restant plus déterminés d’atteindre notre objectif même s’il faut faire 2 ou 3 jours de route (Merci Outhouma)

– Nous avons dormi dans nos voitures, cette fois sans barrage jusqu’à l’auberge de Bouamatou pour nous reposer et prier, il était 5 heures du matin. Nous sommes restés jusqu’à 7 heures pour prendre du carburant et des provisions dans l’alimentation “Gare du Nord” qui n’ouvrait ses portes qu’à 7 heures.

 – Nous sommes le 28 Novembre, nous reprenons la route, il était presque 8 heures, à notre grande surprise jusqu’à Inal, nous n’avons plus rencontré de gendarmes. Je crois que les autorités avaient compris qu’il était plus sage de laisser le convoi partir puisque l’opinion était déjà au courant d’empêchements de toute sorte faits par les forces de sécurité aux ordres du Général Aziz pour arrêter notre voyage. Nous n’avons plus vu personne sur le restant du parcours.

-Nous sommes donc arrivés à Inal vers midi (Alhamdoulillah), c’était impressionnant et émouvant, la foule qui criait “Allah Akbar”, les veuves et orphelins qui pleuraient, ce fut très dur pour nous tous, jamais nous n’oublierons cet instant inexplicable, il faut le vivre.

– Les gendarmes locaux sont venus à notre rencontre pour une nouvelle identification des pèlerins et des voitures. Cette identification a duré toute l’après midi, à la fin certains d’entre nous se moquaient de leur lenteur que nous avons du reste ignorée. Nous avions un programme que nous devrions finir avant 18 heures au lieu de nous attarder à relever la lenteur de cette énième  identification ridicule et inutilement vexatoire.

-L’arrivée de SY Mahamadou de l’OCVIDH, rescapé du camp et auteur de l’enfer d’Inal, fut une grande surprise pour certains et un soulagement pour d’autres. C’est grâce à lui que les sites de pendaisons, tortures et tombes ont pu être identifiés (hommage à Sy Mahamadou, RESPECT). Son livre a permis à tous les mauritaniens de connaitre ce qui s’est passé réellement à Inal, Ce livre restera dans l’histoire la plus dramatique  que la Mauritanie n’ait jamais connue et servira de pièce à conviction pour le jugement de Taya et ses complices, et ce jour viendra, j’en suis persuadée si nous restons unis.

– Après les identifications par Mahamadou, Biram a été saisi par la presse (MBC, Alakhbar, nouvelle expression etc….). Il les informe de l’identification formelle des sites. Par la suite, nous avons accompli les cérémonies de prière et de recueillement.

-Pendant les recueillements à notre grande surprise et stupéfaction, nous constatons que le système raciste et esclavagiste a tout détruit (lieu de pendaison, tortures et exécutions).

-Le lieu de pendaison est aménagé en terrain de football.

-Les hangars sont devenus une digue (c’est atroce et inhumain)

Je vous laisse imaginer notre douleur face à cette folie digne des NAZIS

– Après cette découverte, tous les pèlerins et les représentants de presse étaient choqués et anéantis devant de telles horreurs. Nous avons eu un moment de faiblesse (c’est humain)

– C’est en ce moment que le grand Sy Mahamadou, entouré des journalistes et pèlerins, déclare qu’il n’avait de haine, il demande que justice soit faite, que l’on sache les auteurs de ces crimes (bravo Mahamadou, tu resteras à tout jamais un exemple avec tout ce que tu as enduré, tu acceptes de passer à autre chose).

De ce pèlerinage, nous revenons avec la certitude que tout est réalisable avec la détermination, qu’il est possible de déplacer des montagnes :

– Si nous mettons nos différends de coté, si nous continuons à travailler avec ceux qui combattent sur le terrain comme TPMN  et IRA et d’autres qui mettent leurs vies en danger pour la justice et l’égalité en Mauritanie, contre l’impunité. Les assassins seront traduits devant la justice.

– Inal restera un lieu de Pèlerinage n’en déplaise à nos détracteurs. Avec tout ce que nous subissons depuis l’indépendance, je me répète encore, nous devrons unir nos forces face à ces barbares qui n’ont aucun respect pour l’être humain ni pour le peuple Mauritanien dans son ensemble pour que toutes ses composantes puissent vivre en paix, pour cela il faudrait chasser les militaires qui sont les ennemis de la Mauritanie.

– Ba Ciré a toujours qualifié le passif humanitaire de Génocide et Ould Abdel Aziz de présumé génocidaire, je suis parfaitement d’accord avec lui. Suite à notre périple du 27 au 28 Novembre 2011 et suite aux barrages créés par le système raciste et esclavagiste qui protège les assassins et tortionnaires, Ould Abdel Aziz et son entourage deviennent complices donc ils seront jugés au même pied que les autres assassins répertoriés.

– Enfin je rends Hommage à Touche pas Ma Nationalité à Nouakchott, constitué de jeunes braves et déterminés qui ont pu réunir toute la diaspora et permis l’organisation de manifestations monstres à Paris et ailleurs dans le monde, qu’aucune organisation n’a pu réaliser depuis les années 91.

Restons mobilisés, ne baissons pas les bras,  l’heure est très grave, nous continuons toujours d’être privés d’enrôlement et donc « déchus » de notre nationalité, en conséquence nous devenons apatrides dans notre pays. Rien n’a changé les camarades.

 -YO ALLAH YURMO YAAFO MAYBEMEN, YO ALLAH HUUDU WARBEBE SUKAABE MEN , WORBE MEN, INCHALLAH, LA JUSTICE TRIOMPHERA

 Mme KANE MARIAME

PRESIDENTE AFMAF

Biram ould Dah : “nous ne sommes d’accord avec la stratégie violente de Touche Pas à Ma Nationalité”.

altC’est devant une assistance désorientée que le leader de IRA M. Biram Ould Dah Ould Abeid a exposé la stratégie de lutte de son mouvement le 25 décembre 2011 à Paris. Il s’est dit résolument opposé aux actes de violence contre les forces de l’ordre, se démarquant ainsi de la position du collectif Touche Pas à Ma Nationalité. « Moi, je ne peux pas endosser la responsabilité d’amener les jeunes en leur disant de jeter des pierres contre la police… ils vont se faire tabasser, blesser voire tuer…, que vais-je alors dire à leurs parents ? Que vais-je faire pour soigner les blessés et les faire évacuer alors que je n’ai pas d’argent ? ». Biram Ould Dah dit concevoir la résistance seulement dans un cadre pacifique d’autant que « jeter des pierres est une violence gratuite, sans portée et qui ne fait que donner prétexte aux autorités pour discréditer les mouvements et laisser libre-court à la répression aveugle ». Le leader de IRA invite ses concitoyens de Touche Pas à Ma Nationalité à faire comme lui : « quand la police nous provoque, nous ne bougeons pas de nos positions, sauf si nous sommes blessés et évacués à l’hôpital, ligotés et envoyés au poste de police ou tués et enterrés. Ils ne doivent pas avoir peur des procès parce que c’est aussi une tribune qui peut mobiliser la communauté internationale».

La position de Biram Ould Dah ould Abeid a de quoi surprendre comme l’ont relevé quelques intervenants qui l’ont renvoyé à ses déclarations musclées des débuts du Mouvement pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie. Mais la position du leader d’IRA semble obéir à des impératifs stratégiques qui trouvent leurs racines ailleurs que dans la haute estime dans laquelle il tient les forces de l’ordre en Mauritanie. « Les actions violentes nuisent à l’image de ceux qui les initient. Ce n’est pas seulement moi qui le dis. Les partenaires de la Mauritanie le disent. ; de même que des organismes internationaux qui m’ont adopté comme étant une organisation conforme à la légalité internationale ; si je commence la violence je ne serai plus conforme et je perdrais des soutiens ».

Biram Ould Dah prêche donc avec vigueur la culture de la non-violence qu’il trouve plus efficace. Mais le leader de IRA ne se prive pas de renvoyer les adeptes de la stratégie inverse à leurs incohérences. Dans son entendement, « la violence efficace » est l’apanage des grands qui ne doivent pas se cacher derrière des enfants pour les envoyer à la confrontation. « On doit alors faire comme le mouvement de libération en Algérie, comme au Zimbabwé… et jouer cartes sur table. S’il s’agit de cette lutte armée que les gens viennent, je ne serai pas le dernier. Mais pas des jets de pierres par des enfants. Ça ce n’est pas la lutte armée. C’est de la lâcheté ».

C’est finalement un Biram Ould Dah manifestement très remonté contre ceux qui se cachent et évitent le terrain qui a exposé les orientations (nouvelles ?) de son mouvement. « Il faut occuper le terrain même si l’Etat refuse de nous reconnaître ». Il n’a pas non plus ménagé ceux de la diaspora dont la participation financière aux actions qui se mènent sur le terrain se réduit à sa plus simple expression.

Abdoulaye Diagana
Kassataya

Devoir de mémoire et refus de l´oubli: 9 Juin 1989 – 9juin 2010 : 21 ans d’errance déjà ! par Mamadou Touré dit Docteur

altPar un bel après midi de ce vendredi 9 juin 1989, j’étais avec mon groupe de travail entrain de faire les dernières révisions pour la préparation de l’examen du baccalauréat qui était prévu le 17 Juin 1989, quand nous fûmes interrompus par mes deux jeunes frères qui vinrent me dire de revenir vite, car il y avait des policiers à la maison. Je pris congé du groupe en promettant de revenir rapidement, question d’aller voir ce qui se passait (sans savoir que ma préparation du bac allait s’arrêter là !). Arrivé à la maison, on me dit que mon père venait d’être convoqué par le directeur de la sûreté. Au commissariat, on le questionna sur sa nationalité, celle de ses enfants et de son épouse, comme si les policiers n’étaient pas convaincus, ils décidèrent, d’aller avec mon père à la maison chercher nos pièces d’état-civil. Il se retrouva de nouveau face aux trois flics pour la suite de l’interrogatoire. Des questions dont ses interrogateurs connaissaient déjà les réponses lui furent posées : Combien de maisons avez-vous à Kaédi ?, Avez-vous des biens (verger, troupeaux, une voiture etc…) ? Avez-vous des frères et sœurs au Sénégal ?, Quelles étaient vos fonctions avant la retraite ? Connaissez-vous untel ? etc… Après avoir répondu à tous ces semblants de questions, ils lui dirent : ‘’Nous allons soumettre votre dossier ainsi constitué au directeur de la sûreté, c’est lui qui a le dernier mot’’. Ils revinrent cinq minutes après pour lui dire ‘’Mr Touré, le directeur de la sûreté a décidé que vous devez être expulsé… et nous devons retourner avec vous pour aller chercher votre famille…’’. Quelle était la vraie raison de cette décision ? Pourtant nos pièces d’état-civils prouvaient bel et bien notre mauritanité (mon père, mes frères et sœurs et moi sommes nés à Kaédi, ma mère à Aleg). Mon père arriva ainsi vers 23h à la maison accompagné des policiers, et nous lança cette phrase ‘’On y va !’’. Nous eûmes juste le temps de porter nos chaussures, et nous quittâmes la maison sous les pleurs de certains voisins qui étaient là. Juste au moment d’embarquer dans la camionnette de la police, je me rappelle qu’il y avait un ancien élève et grand ami à mon père, feu Ousmane Karfa NDiaye qui passait, mon père lui dit ‘’Ousmane , Adieu !’’, il nous regarda bouche-bée et tourna le dos et on l’a plus jamais revu.

Nous fûmes conduits au commissariat, et là le directeur de la sûreté dit à ma mère ‘’`Ton mari et les enfants sont sénégalais, ils seront expulsés, toi tu es mauritanienne, tu resteras’’, ma mère lui rétorqua ‘’si mon mari et mes enfants doivent quitter ce pays, ils me laisseront pas ici, je m’en vais avec eux !’’. On fouilla mon père, puis on nous embarqua, direction le fleuve. Un passeur que nous attendîmes pendant plus d’une demi-heure arriva, il était presque 1h du matin, il y avait un fort vent, et ma mère dit aux policiers en hassaniya ‘’il fait tard, il vente, nous sommes avec des enfants, ne pourriez-vous pas attendre le lever du soleil pour nous faire traverser ?’’ Ils n’eurent même pas la politesse de lui répondre. Pendant que nous traversions, je me rappelle de cette question du passeur (qui était un aveugle) à mon père en pulaar ‘’Holmo tatchinanmi kadi ?’’ (Qui je suis entrain de faire traverser ENCORE ?’), mon père lui répondit ‘’c’est moi Abdoul Touré !’’, et le passeur de rajouter ‘’Dhoum dey boni hankati’’ (là maintenant, c’est devenu sérieux !’’). Nous traversâmes ainsi cet endroit du fleuve sans nom, sans baluchon comme des pestiférés à la merci du hasard. Une fois débarqués sur l’autre rive, nous trouvâmes d’autres familles qui avaient été expulsées avant nous. Nous passâmes ainsi notre première nuit d’apatride sous un hangar de fortune avec une quarantaine d’autres personnes. Durant le reste de la nuit, mon père avait le regard tourné en permanence vers Kaédi, la tête lourde de pensée. À quoi pouvait-il songer ? Peut être à ses parents qu’il avait enterrés dans cette ville et qu’il n’a plus jamais voulu quitter, à ce pays qui l’a vu naître grandir, et qu’il a servi jusqu’à sa retraite, à ces centaines et centaines de cadres qu’il a formés et qui n’ont trouvé que cette façon de lui rendre la monnaie ?

Le lendemain matin, nous prîmes une voiture pour continuer notre exil forcé, et pendant que nous roulions, je me suis retourné, et j’apercevais encore l’abattoir frigorifique, ainsi que le grand silo de Kaédi, des endroits qui me rappelaient mon enfance, là où je jouais, chassais avec des amis…et ce fut un moment de grande émotion. Je me suis retourné une deuxième fois, et là mon Kaédi natal avait disparu de l’horizon ! là c’était officiel, nous étions devenus apatrides, nous sommes partis, mais pour combien de temps ? 1 mois , 2 ans , 10 ans ou pour de bon ? Dieu seul sait….

 

Mamadou Touré ”Docteur”

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Messaoud : “Aziz vaut mieux que tous les leaders de l’opposition”

altALAKHBAR(Nouakchott)-Le président de l’Alliance populaire progressiste(APP) parti d’opposition, Messaoud Ould Boulkheir, a déclaré haut et fort lors du meeting tenu à Atar (Adrar) par les quatre partis “participationnistes” au dialogue, que”Ould Abdel Aziz vaut mieux que tous les leaders d’opposition sans exception”. Il a part ailleurs cité devant le public venu pour la circonstance que “les réalisations faites en un laps de temps, les progrès enregistrés par Ould Abdel Aziz et les résultats du dialogue ont surpris ceux qui n’ont ni de popularité, ni de base politique et qui continuent à rêver du fauteuil présidentiel”. Ould Boulkheir a déclaré, dans un ton virulent en tapant sur la table, que le dialogue a enregistré des résultats concrets et positifs qui répondent aux aspirations du peuple mauritanien.
“Populations d’Atar dites à “cette minorité de politiciens qui n’ont pas de sympathisants que le peuple sait son intérêt” tels sont les propos de Messaoud Ould Boulkheir.