Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 28/12/2011

Biram ould Dah : “nous ne sommes d’accord avec la stratégie violente de Touche Pas à Ma Nationalité”.

altC’est devant une assistance désorientée que le leader de IRA M. Biram Ould Dah Ould Abeid a exposé la stratégie de lutte de son mouvement le 25 décembre 2011 à Paris. Il s’est dit résolument opposé aux actes de violence contre les forces de l’ordre, se démarquant ainsi de la position du collectif Touche Pas à Ma Nationalité. « Moi, je ne peux pas endosser la responsabilité d’amener les jeunes en leur disant de jeter des pierres contre la police… ils vont se faire tabasser, blesser voire tuer…, que vais-je alors dire à leurs parents ? Que vais-je faire pour soigner les blessés et les faire évacuer alors que je n’ai pas d’argent ? ». Biram Ould Dah dit concevoir la résistance seulement dans un cadre pacifique d’autant que « jeter des pierres est une violence gratuite, sans portée et qui ne fait que donner prétexte aux autorités pour discréditer les mouvements et laisser libre-court à la répression aveugle ». Le leader de IRA invite ses concitoyens de Touche Pas à Ma Nationalité à faire comme lui : « quand la police nous provoque, nous ne bougeons pas de nos positions, sauf si nous sommes blessés et évacués à l’hôpital, ligotés et envoyés au poste de police ou tués et enterrés. Ils ne doivent pas avoir peur des procès parce que c’est aussi une tribune qui peut mobiliser la communauté internationale».

La position de Biram Ould Dah ould Abeid a de quoi surprendre comme l’ont relevé quelques intervenants qui l’ont renvoyé à ses déclarations musclées des débuts du Mouvement pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie. Mais la position du leader d’IRA semble obéir à des impératifs stratégiques qui trouvent leurs racines ailleurs que dans la haute estime dans laquelle il tient les forces de l’ordre en Mauritanie. « Les actions violentes nuisent à l’image de ceux qui les initient. Ce n’est pas seulement moi qui le dis. Les partenaires de la Mauritanie le disent. ; de même que des organismes internationaux qui m’ont adopté comme étant une organisation conforme à la légalité internationale ; si je commence la violence je ne serai plus conforme et je perdrais des soutiens ».

Biram Ould Dah prêche donc avec vigueur la culture de la non-violence qu’il trouve plus efficace. Mais le leader de IRA ne se prive pas de renvoyer les adeptes de la stratégie inverse à leurs incohérences. Dans son entendement, « la violence efficace » est l’apanage des grands qui ne doivent pas se cacher derrière des enfants pour les envoyer à la confrontation. « On doit alors faire comme le mouvement de libération en Algérie, comme au Zimbabwé… et jouer cartes sur table. S’il s’agit de cette lutte armée que les gens viennent, je ne serai pas le dernier. Mais pas des jets de pierres par des enfants. Ça ce n’est pas la lutte armée. C’est de la lâcheté ».

C’est finalement un Biram Ould Dah manifestement très remonté contre ceux qui se cachent et évitent le terrain qui a exposé les orientations (nouvelles ?) de son mouvement. « Il faut occuper le terrain même si l’Etat refuse de nous reconnaître ». Il n’a pas non plus ménagé ceux de la diaspora dont la participation financière aux actions qui se mènent sur le terrain se réduit à sa plus simple expression.

Abdoulaye Diagana
Kassataya

Devoir de mémoire et refus de l´oubli: 9 Juin 1989 – 9juin 2010 : 21 ans d’errance déjà ! par Mamadou Touré dit Docteur

altPar un bel après midi de ce vendredi 9 juin 1989, j’étais avec mon groupe de travail entrain de faire les dernières révisions pour la préparation de l’examen du baccalauréat qui était prévu le 17 Juin 1989, quand nous fûmes interrompus par mes deux jeunes frères qui vinrent me dire de revenir vite, car il y avait des policiers à la maison. Je pris congé du groupe en promettant de revenir rapidement, question d’aller voir ce qui se passait (sans savoir que ma préparation du bac allait s’arrêter là !). Arrivé à la maison, on me dit que mon père venait d’être convoqué par le directeur de la sûreté. Au commissariat, on le questionna sur sa nationalité, celle de ses enfants et de son épouse, comme si les policiers n’étaient pas convaincus, ils décidèrent, d’aller avec mon père à la maison chercher nos pièces d’état-civil. Il se retrouva de nouveau face aux trois flics pour la suite de l’interrogatoire. Des questions dont ses interrogateurs connaissaient déjà les réponses lui furent posées : Combien de maisons avez-vous à Kaédi ?, Avez-vous des biens (verger, troupeaux, une voiture etc…) ? Avez-vous des frères et sœurs au Sénégal ?, Quelles étaient vos fonctions avant la retraite ? Connaissez-vous untel ? etc… Après avoir répondu à tous ces semblants de questions, ils lui dirent : ‘’Nous allons soumettre votre dossier ainsi constitué au directeur de la sûreté, c’est lui qui a le dernier mot’’. Ils revinrent cinq minutes après pour lui dire ‘’Mr Touré, le directeur de la sûreté a décidé que vous devez être expulsé… et nous devons retourner avec vous pour aller chercher votre famille…’’. Quelle était la vraie raison de cette décision ? Pourtant nos pièces d’état-civils prouvaient bel et bien notre mauritanité (mon père, mes frères et sœurs et moi sommes nés à Kaédi, ma mère à Aleg). Mon père arriva ainsi vers 23h à la maison accompagné des policiers, et nous lança cette phrase ‘’On y va !’’. Nous eûmes juste le temps de porter nos chaussures, et nous quittâmes la maison sous les pleurs de certains voisins qui étaient là. Juste au moment d’embarquer dans la camionnette de la police, je me rappelle qu’il y avait un ancien élève et grand ami à mon père, feu Ousmane Karfa NDiaye qui passait, mon père lui dit ‘’Ousmane , Adieu !’’, il nous regarda bouche-bée et tourna le dos et on l’a plus jamais revu.

Nous fûmes conduits au commissariat, et là le directeur de la sûreté dit à ma mère ‘’`Ton mari et les enfants sont sénégalais, ils seront expulsés, toi tu es mauritanienne, tu resteras’’, ma mère lui rétorqua ‘’si mon mari et mes enfants doivent quitter ce pays, ils me laisseront pas ici, je m’en vais avec eux !’’. On fouilla mon père, puis on nous embarqua, direction le fleuve. Un passeur que nous attendîmes pendant plus d’une demi-heure arriva, il était presque 1h du matin, il y avait un fort vent, et ma mère dit aux policiers en hassaniya ‘’il fait tard, il vente, nous sommes avec des enfants, ne pourriez-vous pas attendre le lever du soleil pour nous faire traverser ?’’ Ils n’eurent même pas la politesse de lui répondre. Pendant que nous traversions, je me rappelle de cette question du passeur (qui était un aveugle) à mon père en pulaar ‘’Holmo tatchinanmi kadi ?’’ (Qui je suis entrain de faire traverser ENCORE ?’), mon père lui répondit ‘’c’est moi Abdoul Touré !’’, et le passeur de rajouter ‘’Dhoum dey boni hankati’’ (là maintenant, c’est devenu sérieux !’’). Nous traversâmes ainsi cet endroit du fleuve sans nom, sans baluchon comme des pestiférés à la merci du hasard. Une fois débarqués sur l’autre rive, nous trouvâmes d’autres familles qui avaient été expulsées avant nous. Nous passâmes ainsi notre première nuit d’apatride sous un hangar de fortune avec une quarantaine d’autres personnes. Durant le reste de la nuit, mon père avait le regard tourné en permanence vers Kaédi, la tête lourde de pensée. À quoi pouvait-il songer ? Peut être à ses parents qu’il avait enterrés dans cette ville et qu’il n’a plus jamais voulu quitter, à ce pays qui l’a vu naître grandir, et qu’il a servi jusqu’à sa retraite, à ces centaines et centaines de cadres qu’il a formés et qui n’ont trouvé que cette façon de lui rendre la monnaie ?

Le lendemain matin, nous prîmes une voiture pour continuer notre exil forcé, et pendant que nous roulions, je me suis retourné, et j’apercevais encore l’abattoir frigorifique, ainsi que le grand silo de Kaédi, des endroits qui me rappelaient mon enfance, là où je jouais, chassais avec des amis…et ce fut un moment de grande émotion. Je me suis retourné une deuxième fois, et là mon Kaédi natal avait disparu de l’horizon ! là c’était officiel, nous étions devenus apatrides, nous sommes partis, mais pour combien de temps ? 1 mois , 2 ans , 10 ans ou pour de bon ? Dieu seul sait….

 

Mamadou Touré ”Docteur”

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Messaoud : “Aziz vaut mieux que tous les leaders de l’opposition”

altALAKHBAR(Nouakchott)-Le président de l’Alliance populaire progressiste(APP) parti d’opposition, Messaoud Ould Boulkheir, a déclaré haut et fort lors du meeting tenu à Atar (Adrar) par les quatre partis “participationnistes” au dialogue, que”Ould Abdel Aziz vaut mieux que tous les leaders d’opposition sans exception”. Il a part ailleurs cité devant le public venu pour la circonstance que “les réalisations faites en un laps de temps, les progrès enregistrés par Ould Abdel Aziz et les résultats du dialogue ont surpris ceux qui n’ont ni de popularité, ni de base politique et qui continuent à rêver du fauteuil présidentiel”. Ould Boulkheir a déclaré, dans un ton virulent en tapant sur la table, que le dialogue a enregistré des résultats concrets et positifs qui répondent aux aspirations du peuple mauritanien.
“Populations d’Atar dites à “cette minorité de politiciens qui n’ont pas de sympathisants que le peuple sait son intérêt” tels sont les propos de Messaoud Ould Boulkheir.