Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 18/12/2011

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Non, mon Général

altLe Général Ould Meguett nie les tueries au sein de l’armée et accuse les « maladies diarrhéiques ». Le patron du Bureau d’Etudes et de la Documentation, BED (renseignement), dit que les civils et militaires victimes de la barbarie, voire de la bestialité de leurs compatriotes ou compagnons d’armes sont morts à cause de la diarrhée. Plus de 500 tués, victimes de la diarrhée. Où sont leurs tombes et pourquoi ils ont été enterrés sans sépulture, une obligation musulmane, pourtant ?

Mon Général, que vous affirmez devant les rescapés et les orphelins que vous êtes accusé à tort, passe encore ; que vous clamez que votre nom, cité dans la liste des présumés assassins et tortionnaires, est anormal car vous ne pouvez faire mal à une mouche, c’est votre droit le plus absolu. On peut le comprendre.

 

Mais de là à banaliser la mort de tant de compatriotes qui, plus est, étaient vos compagnons d’armes, cela ne peut relever que d’une cruauté rare ; en tout cas un manque criant d’esprit du corps. Une telle attitude nous fixe sur votre personne, tout comme elle renseigne sur votre vision.

 

Mon Général, le monde entier sait maintenant combien les purges au sein de notre armée furent sanglantes ; combien l’assassinat gratuit était courant. Il ne sert donc plus à rien de le nier, encore moins de vouloir l’occulter. Ce serait au mieux prendre les citoyens de ce pays et du monde comme des idiots ; et au pire, insulter la mémoire des disparus, alors même que les Mauritaniens (dans leur grande majorité), maintenant bien au fait des atrocités dont se sont rendus coupables certains membres des forces armées, cherchent à panser les plaies et tourner la page.

 

Mon Général, votre façon de raisonner va même à l’encontre des actes déjà posés par le Président Ould Abdel Aziz qui a reconnu les faits, demandé pardon et prié à Kaédi pour le repos des assassinés d’Inal, de Jreida, d’Azlat et d’ailleurs. Ou bien, voulez-vous insinuer qu’Ould Abdel Aziz n’avait pas à demander pardon à des soldats morts après une crise de diarrhée ?

 

Non, mon général, retirez cette insulte qui n’honore point un officier de votre rang, car nulle part au monde on a vu, d’un coup, plus de 500 soldats, presque tous de la même ethnie, mourir, comme ça, de leur belle mort, après une attaque de diarrhée. En tout cas, ce serait la première fois qu’une diarrhée aussi sélective s’attaque à nos soldats !

 

La Mauritanie n’a pas besoin d’affront ; elle veut avancer en assumant son histoire, même la plus cruelle. Au moment des faits incriminés, vous étiez capitaine. Vous et d’autres membres des forces armées ont été accusés d’avoir commis des atrocités. Ce n’est donc pas toute l’armée mauritanienne qui est accusée et vous êtes présumé innocent jusqu’à ce que votre culpabilité soit établie par une juridiction compétente.

 

Mon Général, la Mauritanie, notre pays a trop souffert du négationnisme. Cette page doit être tournée pour le bien de cette Mauritanie qui nous a tout et tant donné mais que certains continuent à triturer et vouloir plonger dans la mouise. Tous, ensemble, nous devons prier pour l’âme de nos morts ; nous leur devons vérité pour qu’ils reposent en paix.

 

Reconnaître la vérité c’est d’abord reconnaître les mouroirs d’Azlat, de Tiguint, de Nbeika, d’Atar, de Nouadhibou, d’Aleg, de F’derik, d’Inal ou de Jreida. Le devoir de vérité. Le devoir de mémoire. Le devoir de justice. Avant les réparations et le pardon. Avec sérieux et loin de cette « commission du passif humanitaire » qui donne l’aumône à certains et omet le grand nombre.

 

Mon Général, il est temps pour nous tous de prendre de la hauteur. Il est temps de cesser de recouvrir du voile de la honte les sépultures sans prière de tous ces morts qui continuent d’interpeller les vivants. Il est temps d’arrêter d’accuser les mouches ou les moustiques ; le béribéri ou le choléra. Les enterrés de Sori Malé, les entassés de Wothie, à ce que l’on sache, ne souffraient ni de palu ni de courbatures.

 

De deux diarrhées, Mon général, il faut se méfier : la diarrhée « ventrale » et la diarrhée verbale…

 

Seydi Moussa Camara- La nouvelle Expression

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Non, mon Général

Le Général Ould Meguett nie les tueries au sein de l’armée et accuse les « maladies diarrhéiques ». Le patron du Bureau d’Etudes et de la Documentation, BED (renseignement), dit que les civils et militaires victimes de la barbarie, voire de la bestialité de leurs compatriotes ou compagnons d’armes sont morts à cause de la diarrhée. Plus de 500 tués, victimes de la diarrhée. Où sont leurs tombes et pourquoi ils ont été enterrés sans sépulture, une obligation musulmane, pourtant ?

Mon Général, que vous affirmez devant les rescapés et les orphelins que vous êtes accusé à tort, passe encore ; que vous clamez que votre nom, cité dans la liste des présumés assassins et tortionnaires, est anormal car vous ne pouvez faire mal à une mouche, c’est votre droit le plus absolu. On peut le comprendre.

 

Mais de là à banaliser la mort de tant de compatriotes qui, plus est, étaient vos compagnons d’armes, cela ne peut relever que d’une cruauté rare ; en tout cas un manque criant d’esprit du corps. Une telle attitude nous fixe sur votre personne, tout comme elle renseigne sur votre vision.

 

Mon Général, le monde entier sait maintenant combien les purges au sein de notre armée furent sanglantes ; combien l’assassinat gratuit était courant. Il ne sert donc plus à rien de le nier, encore moins de vouloir l’occulter. Ce serait au mieux prendre les citoyens de ce pays et du monde comme des idiots ; et au pire, insulter la mémoire des disparus, alors même que les Mauritaniens (dans leur grande majorité), maintenant bien au fait des atrocités dont se sont rendus coupables certains membres des forces armées, cherchent à panser les plaies et tourner la page.

 

Mon Général, votre façon de raisonner va même à l’encontre des actes déjà posés par le Président Ould Abdel Aziz qui a reconnu les faits, demandé pardon et prié à Kaédi pour le repos des assassinés d’Inal, de Jreida, d’Azlat et d’ailleurs. Ou bien, voulez-vous insinuer qu’Ould Abdel Aziz n’avait pas à demander pardon à des soldats morts après une crise de diarrhée ?

 

Non, mon général, retirez cette insulte qui n’honore point un officier de votre rang, car nulle part au monde on a vu, d’un coup, plus de 500 soldats, presque tous de la même ethnie, mourir, comme ça, de leur belle mort, après une attaque de diarrhée. En tout cas, ce serait la première fois qu’une diarrhée aussi sélective s’attaque à nos soldats !

 

La Mauritanie n’a pas besoin d’affront ; elle veut avancer en assumant son histoire, même la plus cruelle. Au moment des faits incriminés, vous étiez capitaine. Vous et d’autres membres des forces armées ont été accusés d’avoir commis des atrocités. Ce n’est donc pas toute l’armée mauritanienne qui est accusée et vous êtes présumé innocent jusqu’à ce que votre culpabilité soit établie par une juridiction compétente.

 

Mon Général, la Mauritanie, notre pays a trop souffert du négationnisme. Cette page doit être tournée pour le bien de cette Mauritanie qui nous a tout et tant donné mais que certains continuent à triturer et vouloir plonger dans la mouise. Tous, ensemble, nous devons prier pour l’âme de nos morts ; nous leur devons vérité pour qu’ils reposent en paix.

 

Reconnaître la vérité c’est d’abord reconnaître les mouroirs d’Azlat, de Tiguint, de Nbeika, d’Atar, de Nouadhibou, d’Aleg, de F’derik, d’Inal ou de Jreida. Le devoir de vérité. Le devoir de mémoire. Le devoir de justice. Avant les réparations et le pardon. Avec sérieux et loin de cette « commission du passif humanitaire » qui donne l’aumône à certains et omet le grand nombre.

 

Mon Général, il est temps pour nous tous de prendre de la hauteur. Il est temps de cesser de recouvrir du voile de la honte les sépultures sans prière de tous ces morts qui continuent d’interpeller les vivants. Il est temps d’arrêter d’accuser les mouches ou les moustiques ; le béribéri ou le choléra. Les enterrés de Sori Malé, les entassés de Wothie, à ce que l’on sache, ne souffraient ni de palu ni de courbatures.

 

De deux diarrhées, Mon général, il faut se méfier : la diarrhée « ventrale » et la diarrhée verbale…

 

Seydi Moussa Camara- La nouvelle Expression

Interview de Oumar Diagne avec le site AHME

altÉmouvante interview de l’écrivain Mauritanien Diagne Oumar. L’homme est très modeste, un intellectuel franc et pas n’importe qui. Il travaille dur sous sombre sans fanfaronnade pour faire jaillir toute la vérité sur la situation chaotique des droits de l’homme en Mauritanie. Il vit à Paris en exil, loin de chez lui mais n’a jamais accepté de baisser les bras face à l’arbitraire. L’homme a accepté pour la première fois de répondre à nos questions, chose rare et nous lui remercions infiniment. Bonne lecture chers lecteurs et lectrices.

Bonjour Oumar Diagne, vous êtes  écrivain, libre penseur très engagé pour un réel changement en Mauritanie, présentez vous à nos lecteurs et  présentez –nous vos  ouvrages ?

J’ai toujours été habité par l’interrogation. Il ne s’agit pas d’un choix. C’est quelque chose qui est en moi, qui m’a joué des tours. Quelque chose qui m’a happé, me torture, me lancine.

Je suis né en Mauritanie et j’y ai grandi mais j’ai toujours ressenti un désert autour de moi. Très tôt, je me posais de nombreuses questions et j’avais  peu de personnes pour m’aider à avancer. J’en ai beaucoup souffert. Cela m’a perturbé. Heureusement que j’ai pu sortir de la Mauritanie pour étudier. Ainsi j’ai rencontré des gens différents. J’ai beaucoup lu et discuté. Ensuite, à mon retour en Mauritanie, j’avais de nombreux amis étrangers. Je suis de nature tourmenté et je ne me contente pas de réponses faciles. Chaque jour, je me rends compte que je comprends peu de choses de la vie. Comme disait quelqu’un : « la vérité est toujours en exil. »

En ce qui concerne mes écrits. J’ai toujours écrit pour dialoguer avec moi-même, pour me comprendre, comprendre le monde, me délivrer de ma souffrance, me soulager de mon exil et des flammes qui brûlent en moi.

Au début je n’avais pour objectif de publier. C’est un ami qui m’a mis en rapport avec un éditeur.

Mon premier livre est un recueil de poèmes qui s’intitule, Le soleil s’est couché sur mon continent. Il a été publié aux Editions A3. Il s’agit d’un cri face à mon désespoir face au comportement des Africains.

Le second est un roman. Il s’intitule : Serengeti à l’ombre du mal. Il a été publié aux Edition Dianoïa et distribué par Les Presses Universitaires de France. Il s’agit d’une réflexion sur la capacité des êtres humains à se nuire, s’autodétruire.

Le troisième est un recueil de poèmes. Il s’intitule : Le chant des nénuphars suivi de la montagne vaporeuse. La première partie est relative à mon errance due à ma quête. La seconde partie est un hommage à mon père pour qui j’ai beaucoup d’admiration et d’autres personnes comme Gandhi, Martin Luther King, Jimi Hendrix. Derrière tout cela il ya une interrogation sur la difficulté de s’élever en esprit et ma fascination pour les grands d’esprit.

Vous avez toujours poussé des cris de colères pour dénoncer les tares et coutumes de la société Mauritanienne,  c’est-à-dire l’esclavage et la féodalité négro-mauritanienne.  Vos détracteurs vous indexent  d’être issu d’une grande  famille féodale qu’avez-vous à répondre à vos détracteurs ? 

 Je ne suis pas d’une famille féodale. Mon père est   l’homme le plus ouvert, tolérant du monde que j’ai connu. Un homme pieux, plein d’humanité et d’amour. Une de mes sœurs est mariée à quelqu’un que l’on traite d’esclave. C’est mon père, sa mère et moi qui l’avons défendu contre l’avis d’une partie de notre famille pour qu’elle se marie avec celui qu’elle aimait. Ma seconde sœur a été mariée par un harratine des Oulad Aïd. J’ai donc des neveux esclavages et harratine. Tout le monde peut le vérifier. Personnellement, je ne suis jamais rentré dans la logique de castes. J’ai toujours été moi-même et je sais que l’on m’en a voulu et j’ai failli perdre ma vie. Même à Paris, il y a des gens qui disent que je suis gonflé, effronté, ne reste pas à ma place car je n’ai rien à faire dans l’idée de caste.

Je suis issu d’une  famille guerrière mais je n’ai jamais pris cela en compte. Je ne suis jamais cru supérieur ou inférieur à quelqu’un. Il y a des témoins. J’ai toujours pensé que les êtres humains étaient égaux. Parfois, je me fâchais contre ma propre mère qui traitait mal quelqu’un que je considère comme ma sœur d’origine esclave. Là aussi, il y a des témoins. Ce  qui est sûr, est que même si j’étais né d’une famille féodale, tout ceux  qui me connaissent savent que, très jeunes, je me suis révolté contre les inégalités et les injustices, y compris au sein de ma propre famille.

Quelles sont les solutions que vous préconisez pour combattre efficacement l’esclavage et la féodalité, d’où vient votre inspiration de révolte contre ces fléaux?

 Les solutions, elles ne peuvent venir que des masses, des opprimés eux-mêmes. Je suis un ardent défenseur de la formation des masses en vue d’un changement des mentalités et d’un combat pour l’égalité.  Les Mauritaniens sont embourbés dans leur ignorance et leur crétinisme. Il faut former le peuple,  enseigner les droits de l’Homme dès le primaire, aider les esclaves et les castés à s émanciper par eux-mêmes, à s’engager, à comprendre leur situation. Ils doivent être soutenus par tous ceux qui sont attachés à la justice.

 En ce qui concerne ma révolte, c’est quelque chose de mystérieux. J’ai toujours été sensibles aux injustices d’origine différente,  je ne sais pas pourquoi. C’est le mystère de la vie. La sociologie et la   psychologie n’explique pas tout. Je sais que j’ai une petite sœur révolté. J’ai d’autres frères et sœurs généreux qui sont complètement détachés.

  La vie reste un grand mystère. Pourquoi a-t-on des Mandela, des Vaclav Havel ? Mystère !

 Beaucoup de personnes ignorent que vous avez participé activement à la création de l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E) aux côtés du président Mohamed Yahya Ould Ciré en sachant vous vous appréciez très bien. Etes vous  militant, sympathisant où simple observateur de cette association ?

Au départ, il était question que Coulibaly Beïdary et moi soyons des membres du bureau mais la solution la plus intelligente a été  que cette association soit dirigée par les Harratine eux-mêmes.

En ce qui concerne Mohamed Yahya Ould Ciré, il est mon grand frère. Son père et comme père. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir une relation intellectuelle franche et parfois même houleuse mais toujours respectueuse.

 Je travaille beaucoup avec lui. Il lui arrive même de proposer de le représenter. Nous travaillons beaucoup ensemble. Il me connaît bien. Ce que j’aime chez lui est qu’il te dit ce qu’il pense. Ce qui très rare chez les Mauritaniens. Je me sens membre à part entière d’AHME

Avez-vous des plans d’actions pour aider l’association  des haratine de Mauritanie en Europe sur la scène nationale et internationale  pour réaliser ces objectifs qui sont les suivants vu votre engagement incontestable :

– Abolition de l’esclavage en Mauritanie,
– Eradication du phénomène dans toutes ses manifestations,
– Dénoncer les esclavagistes et la complicité de l’Etat mauritanien,
– Sensibiliser l’opinion européenne, africaine et internationale sur cette question ?

Oui ! Mais il y a des choses que l’on garde pour soi pour être efficace. En tout cas, tout  ce que je fais, Ould Ciré et Coulibaly Beïdary  sont au courant. Ce sont des personnes à qui je peux faire confiance.

Les Maures blancs considèrent les haratine comme des arabes, étant intégralement partie d’eux, les négro-mauritaniens utilisent le terme négroïde « négro=noir » tout en excluant la communauté haratine.  Pourtant ils sont bien noirs, cette confusion s’enracine sur le fait qu’ils ne parlent pas les langues suivantes : Peulh, Soninké, Wolof ou Bambara. Les maures tirent leur référence sur le partage de la même langue Hassanya, pouvez vous nous lever l’équivoque ou le doute  la dessus ?

Je pense avoir déjà parlé de cette question. Les Harratine sont des Noirs acculturés du fait de leur esclavage. Ce sont des Ouolof, des Bambara, Soninké, etc., en tout cas des Négro-africains. Ils ne sont  guère arabes.

 Selon Shaikh ul-Islâm Ibn Taymiyyah

A l’origine le mot “Arabe” était un nom désignant trois types de gens :

 1. Ceux dont la langue était l’Arabe

2. Ceux qui étaient enfants d’Arabes

3. Ceux qui vivaient sur les terres des Arabes qui correspondent à la péninsule arabique, à partir de la mer Qulzum, la mer de Basra et de l’extrême limite du Yémen jusqu’à l’entrée du Shâm. Donc le Yémen est inclus dans leur terre mais pas al-Shâm. C’était la terre des Arabes, au temps de l’éveil et de la propagation des Arabes, et avant cela.1Les Harratine n’ont pas l’arabe comme langue maternelle. Ils parlent l’Hassanya qui est un mélange de berbère, d’arabe et de langues négro-africaines. Leurs ancêtres parlaient des langues négro-africaines.Ils ne sont pas enfants d’arabes. Il s’agit de noirs volés ou achetés pour servir d’esclaves. Ils ne sont, enfin, pas originaires de la Péninsule arabique. Ce sont des africains. Le reste c’est de l’idéologie politique.Même si on admettait que l’hassanya était de l’arabe, le fait de parler une langue ne fait changer d’appartenance ethnique. Les enfants d’émigrés africains qui ne parlent que Français, ne fait pas d’eux des Gaulois. De nombreux Haalpulaar, Harratine, Djola, Soninké, etc. du Sénégal ne parlent que wolof. Sont-ils devenus pour autant Wolofs. La réponse est non car être wolof c’est appartenir à un groupe et non parler une langue.Les Harratine sont des Négro-africains qui, du fait de leur domination, ont perdu leurs langues d’origine et parlent le hassanya qui est tout à fait différent de l’arabe. Ould Ciré a suffisamment travaillé sur la question avec rigueur.

Le président de l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E) Mohamed Yahya Ould Ciré dit ceci: « Les Haratine sont noirs, je suis négro-africain et à ce titre je revendique ma négritude. « Arabe-noir » n’a aucun sens parce qu’il n’y a pas d’arabe noir. Sociologiquement, il n’y a pas d’arabe Noir, il y a des arabes qui ont réduit des noirs à l’esclavage et, à ce titre, ils les ont acculturés. Ce sont donc des Noirs esclaves dans une communauté arabe donnée. Le fait de vouloir faire des Haratine des arabes est un prolongement de l’esclavage. Il s’agit d’une nouvelle idéologie pour les maintenir sous le joug des Maures. » Qu’en pensez vous ?

Je suis complètement d’accord avec lui.

 Vous avez subi en plein fouet les événements entre la Mauritanie et le Sénégal  de 1989- jusqu’à fin 1992, d’autant plus votre village se trouve juste à côté de la frontière Mauritano-Sénégalaise. Pouvez-vous nous livrer votre témoignage sur les assassinats et les déportations   au bord du fleuve Sénégal ?

J’étais assommé. J’ai vu la cruauté humaine. J’ai vu comment on pourchassait les noirs, les tuait, déportait. J’ai perdu tout espoir en l’être humain.

Et si vous avez lu Serengeti à l’ombre du mal, vous comprendrez que ce sont les événements de 1989 qui ont inspiré ma réflexion.

Il reste que  je savais que cela aller arriver. Bien avant les événements, j’ai dit à mes proches amis que les Maures allaient le faire  un jour. Ils me rigolaient au nez.

En fait, il ne s’agit d’un problème sénégalo- mauritanien mais d’un problème mauritanien qu’on a voulu internationaliser pour mieux masquer  les intentions.

Sous quel angle voyez-vous le voyage des associations et Ong de défenses des droits de l’homme en mémoire des 28 soldats negro-mauritaniens pendus à INAL pour fêter le 28ème anniversaire  de l’indépendance de la Mauritanie ?

Je ne peux pas juger mais je crois que l’urgence est dans l’établissement d’un rapport de force et non dans le symbolique. Maintenant, chacun se fie à ses idées et je le respecte. Je crois qu’il faut éviter tout ce qui sépare et chercher ce qui rassemble pour la libération des Noirs de Mauritanie.

 Le général Mohamed Ould Abdel Aziz a conduit  une prière des morts à Kaédi suite aux exécutions sommaires des soldats negro-mauritaniens pour demander pardon dans le but de renforcer l’unité nationale du pays selon lui. Cela lui a valu le soutien de certains partis politiques comme l’AJD/MR et  MPR.  Finalement  tout le monde se sent tromper par les fausses promesses du général Aziz pare qu’ils se plaignent d’être trompé. Donnez-vous votre analyse de la situation politique sur ces dossiers brulants ? Est-il possible de pardonner sans justice dans un pays dit démocratique ?

Le pardon est une chose essentielle. Mais un pardon doit reposer une vérité. Une demande de pardon doit venir des profondeurs de l’âme. On a vu avec le recensement que cette demande de pardon n’était pas sincère. On demande pardon, on laisse passer le temps puis on recommence les mêmes actions pernicieuses.

Je crois qu’il faut que la justice se fasse sans haine. Il y a plusieurs moyens d’y arriver si la sincérité est là. Mais j’ai le sentiment qu’on abuse de la naïveté des Noirs.

Comment avez vous vécu l’appui des partis politiques  au putsch du général Mohamed Ould Abdel Aziz qui disent pourtant se battre pour l’instauration de la démocratie  en Mauritanie?  Ne se sont  ils pas mis en contradiction avec les principes où mode de fonctionnement de la démocratie ?

Là-dessus, j’ai écrit des articles et j’ai dit que c’était une bêtise et qu’il s’agissait d’une violation du droit international car la Mauritanie a signé  et ratifié la Charte africaine de la démocratie des élections et de la gouvernance.

Nous sommes confrontés à un recensement  « enrôlement selon les autorités » très contesté qui exclut les noirs selon des témoignages reçus. Il y a eu mort d’homme avec des tires à balles réelles et répressions sauvages  sur les jeunes contestataires. Lamine Mangane de Maghama y a laissé sa vie, les bourreaux courent surtout continuent d’exercer dans l’impunité  en toute  liberté au sein des forces de l’ordre. Les villes et villages du sud  peuplés essentiellement de noirs sont assiégés par les forces répressives du général Ould Abdel Aziz.  Sommes-nous en train de faire un rebond en arrière, c’est-à-dire vers un pouvoir dictatorial comme se fut au temps du dictateur Ould Taya ? Comment voyez-vous le Mouvement Touche Pas à Ma nationalité  et l’avenir de la lutte des noirs en Mauritanie ?

Je pense qu’il ne faut pas se tromper, il n’y a pas une grande différence entre Ould Taya et Adel Aziz en ce qui concerne leur vision de la question nationale et de l’esclavage. Le but ultime de nombreux maures est de faire de la Mauritanie un pays arabe, dominé par les Maures. Ils y travaillent depuis 1960 et même avant et ils n’y ont pas renoncé.

En ce qui concerne le mouvement Ne touche pas à ma nationalité, il s’agit d’un mouvement formidable. Je suis de ceux qui pensent que les vrais changements ne viennent que par les luttes de masses. Je n’aime pas les mouvements qui reposent seulement sur des leaderships.

Je profite d’ailleurs de l’occasion pour leur dire que je cherche à entrer en contact avec eux en vain.

Leur  mouvement est historique. Je voudrais simplement leur dire, il faudrait qu’ils évitent l’écueil de la division, des égos, de la politique politicienne et de la corruption.

Ensuite, le combat doit continuer jusqu’à que tous les Mauritaniens soient égaux devant la loi et dans les faits. Enfin, le combat des harratine est aussi le leur.

Merci Oumar Diagne d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Oumar Diagne: la Définition arabe : Voir Qu’est-ce qu’un Arabe ? – Définition de Shaikh ul-Islâm Ibn Taymiyyah in Sounna.com

 

Propos recueillis par Diko Hanoune, secrétaire général de l’A.H.M.E

 

Communiqué de l´IRA

altLe jeunes Abass Kane , originaire de la localité de Bagodine (45 Km de Kaédi), qui accompagnait  son père âgé de plus de 90 ans et aveugle, pour son enrôlement a été interpellé et détenu par la police, suite à un incident qui l’opposait au Chef Centre d’Enrôlement des populations à Kaédi. Le chef du centre d’enrôlement lui aurait demandé, sans aucun motif valable de sortir de la salle, laissant son père derrière lui, ce que Abass a naturellement refusé. Aujourd’hui (17 décembre 2011), les militants du mouvement Touche pas Ma Nationalité à Kaedi, sont sortis pacifiquement demander la libération, sans condition, de leur ami Abass Kane. La police, à coup de gaz lacrymogène et de matraques a violemment réprimé cette manifestation. Plusieurs manifestants ont été arrêtés et d’importants dégâts matériels constatés.Le marché de la ville est également fermé et la police occupe toutes les grandes artères de la ville.

Devant la gravité de la situation, l’IRA Mauritanie :

– Condamne fermement l’usage de la violence contre des manifestants pacifiques,
– Réitère sa solidarité et son attachement au combat pacifique mené par les militants de Touche Ma Nationalité,
– Exige la libération immédiate et sans condition du jeune Abass Kane ainsi que des autres personnes arrêtées,
– Recommande une enquête, afin de situer la responsabilité de la police, dans la répression aveugle, contre les jeunes manifestants,
– Rappelle l’exigence d’une solution au processus d’enrôlement, intégrant la totalité des revendications posées par le mouvement Touche Ma Nationalité,
– Recommande l’arrêt du processus d’enrôlement et l’ouverture des commissions aux communautés exclues,
– Tient l’État mauritanien responsable de tout débordement, dû à l’exclusion et la discrimination. 

  La Commission Communication

Déclaration du PLEJ

altLe Parti pour la Liberté l’Egalité et la Justice (PLEJ) condamne avec force l’arrestation d’Abass Kane et les agissements des forces de l’ordre. Le rôle justement des forces de l’ordre est de protéger les citoyens non pas de semer le désordre et de matraquer sauvagement des manifestants pacifiques qui ne font que faire prévaloir leurs droits constitutionnels. Il profite de l’occasion pour dénoncer la répression violente contre les Jeunes de « Touche pas à ma Nationalité » qui manifestent pacifiquement pour la libération de leur camarade arrêté arbitrairement dans un centre d’enrôlement à Kaédi.

Il  exige la libération immédiate et sans condition de Abass Kane.

Tient Mohamed Ould Abdel Aziz responsable de tout débordement dû à sa politique de répression.

 Il réitère son soutien aux jeunes de « Touche pas à ma Nationalité »  dans leurs manifestations pacifiques.

La commission de communication du PLEJ.