Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 10/12/2011

Abdoul Birane Wane le missionnaire

altA la tête du collectif Touche pas à ma nationalité, il exige l’arrêt du recensement en cours. Il le juge discriminatoire à l’égard des populations noires. Pas de femme, pas d’en­fants. Abdoul Birane Wane est un ascète. Si, à 35 ans, il est toujours célibataire, c’est par choix, dit-il.Dans le combat politique qu’il mène depuis son adolescence, il ne veut subir aucune pression.Or il le sait : la famille, en Afrique plus qu’ailleurs, est le meilleur moyen d dans le privé plutôt que d’intégrer la fonction publique. Dans la rue, il n’en impose pas. Tout juste le remarque-t-on pour sa démarche boiteuse. Et jusqu’à il y a peu, Abdoul Birane Wane était un inconnu pour la plupart des Mauritaniens. À part dans le milieu politique. Ancien cadre du parti d’ibrahima e calmer les trublions.Le porte-monnaie aussi. C’est pourquoi l’enseignant a préféré exercerMoctar Sarr, l’Alliance pour la justice et la démocratie/Mouvement pour la rénovation (ADJ/MR), dont il a été exclu en 2008 pour ses divergences avec le bureau, il s’était taillé une répu­tation de combativité. En revanche, son mouvement, l’initiative mauritanienne pour l’égalité et la justice (Imej), passait relativement inaperçu.

Depuis que, avec d’autres organisations citoyennes, il a lancé le collectif Touche pas à ma nationalité (TPAMN) et qu’il se bat pour faire suspendre le processus d’enrôlement (lancé par l’État en mai pour, officiellement, mettre en place un nouveau système d’identification des citoyens), ses propos incendiaires à rencontre d’un régime qu’il accuse de racisme et ses appels à manifester ont fait mouche. Abdoul Birane Wane n’est pas loin d’être considéré par l’entourage du président Abdelaziz comme le plus grand empêcheur de tourner en rond du moment et par une partie de la commu­nauté négro-mauritanienne comme un nouveau porte-parole.

Son engagement actuel n’a, selon lui, rien de politique. C’est une question d’égalité et de droits.

COMBAT. Né à Aleg en 1976, Abdoul Birane Wane a fait très tôt de la poli­tique. À 15 ans, alors qu’il est scolarisé à Rosso – principal point de passage entre le Sénégal et la Mauritanie -, il intègre l’Uniondes forces démocra­tiques (UFD) d’Ahmed Ould Daddah, aujourd’hui le chef de l’opposition. Plus tard, il rejoint les partis défendant la cause négro-mauritanienne : d’abord l’Alliance pour une Mauritanie nouvelle, puis l’ADJ/MR. Une suite logique, selon lui. « Ma génération a grandi avec les événements de 1986 à 1991 et la ségréga­tion. J’étais ado lors de la répression contre les Noirs, (“est impossible à accepter. » Depuis, il lutte pour en finir avec « ce système discriminatoire » que, selon lui, « l’élection de Mohamed Ould Abdelaziz, en 2009, n’a fait que renforcer ».

Dès le mois de juillet dernier, il a organisé des sit-in dans la capi­tale pour s’opposer à l’enrôlement qui, selon lui, vise à exclure une partie des Négro-Mauritaniens de leur droit à la nationalité pour «gonfler» la part de la popula­tion arabo-berbère. La contesta­tion enfle, jusqu’à ce que le pays s’enflamme, fin septembre. Des affrontements avec les forces de l’ordre dans le sud du pays et dans la capitale font plusieurs blessés et un mort. Des manifestants sont arrêtés.

RUMEURS. Lui court toujours. Le 28 novembre, il a encore organisé une marche à Nouakchott, répri­mée par les forces de l’ordre. Il maintient donc la pression et est désormais dans l’œil du cyclone. Le pouvoir, qui le considère comme un dangereux boutefeu, l’a à l’œil. Des mineurs le disent séné- galaisou téléguidé par le Mossad, S l’agence de renseignements israé­lienne. Dans l’entourage du chef de l’État, on le soupçonne d’être un cheval de Troie des Forces de libération africaines de Mauritanie (Flam), un mouvement négro-mauritanien inter­dit. Lui s’en détend : « Je n’en fais pas partie. Mais je leur rends hommage. »

« J’étais ado lors de la répression contre les Noirs. C’est impossible à accepter. »

Quant à ses anciens compagnons de l’ADJ/MR, ils s’en méfient. Selon l’un d’eux, il « n’est qu’un arriviste, qui compte se servir du mouvement contre l’enrôlement pour se faire un nom ». Le principal inté­ressé rétorque que les partis traditionnels ont trahi la cause négro-mauritanienne et qu’lbrahima Sarr, comme d’autres, est bon pour la retraite. S’il ne le dit pas ainsi, Abdoul Birane Wane se sent investi d’une mission. « Ma satisfaction, c’est que nos parents nous disent que nous sommes en train de réussir ce qu’ils n’ont pas pu faire. Il faudra bien qu’un jour les Mauritaniens soient égaux entre eux. »

Rémi Carayol, envoyé spécial Jeune Afrique Numéro 2656 du 4 au 10 decembre 2011

Sit in et lettre de Touche pas à ma nationalité au Secrétaire Général de L´ONU.

altLa Mauritanie est un pays de l’Afrique de l’ouest qui partage ses frontières avec le Sénégal au sud,le Mali à l’est et au sud-est ,l’Algérie au nord est, le Maroc au nord-ouest et l’océan Atlantique constitue une limite naturelle à l’ouest. La population du pays est constituée majoritairement de noirs (Peuls, Soninkés, Wolofs, Bamaras et Haratines) et d’une minorité arabe (Bidhans ou maures blancs). 

Depuis le 28 novembre 1960, date qui marque l’indépendance de la Mauritanie, des évènements graves ont secoué le pays hypothéquant son unité nationale. De 1960 à nos jours , avec tous les régimes qui se sont succédés les noirs ont toujours été victimes d’exclusion, de marginalisation et d’ injustice fondées sur le racisme et l’esclavagisme dont une partie de la population, en particulier les haratines (composante noire mais de langue hassaniyya)  est toujours victime. Au moment où le monde s’apprête à célébrer le 63 ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, les noirs de Mauritanie luttent qui contre le déni de citoyenneté, qui contre le déni d’humanité . Pendant que nous, négro mauritaniens, luttons pour que nous soyons considérés et reconnus comme étant des mauritaniens à part entière dans ce pays, les harratines eux sont victimes du déni d’humanité.

  Dans tous les domaines les noirs sont exclus au profit de la seule communauté arabe.

Le pouvoir exécutif est injustement confisqué par la minorité arabe, le pouvoir législatif contrôlé par la même minorité favorisé par un découpage électoral mal fait.la même communauté contrôle le pouvoir judiciaire.

  sur le plan militaire, la ségrégation est flagrante, le recrutement des noirs se fait sur la base de quotas injustifiés, ce constat est valable pour les forces de sécurité. Sur le plan culturel , tout est fait pour étouffer nos valeurs , ce qui constitue une négation de nos droits culturels. Nos langues sont reléguées au second plan.

Toute l’économie est entre les mains d’une minorité alors que la majorité noire vit dans la misère.

  Depuis 1986 les négro-Mauritaniens ont subi des exactions , arrestations arbitraires, tortures et exécutions extra-judiciaires. Les noirs ont été victimes de déportations massives en 1989. Ces problèmes sont loin d’être résolus , les criminels n’ont jamais été inquiétés , ils sont protégés par une scélérate loi d’amnistie votée en 1993. Dans la vallée ,les terres des noirs sont spoliées,vendues ou louées à des hommes d’affaires arabes.

  Aujourd’hui, avec le régime d’Ould Abdel Aziz, l’exclusion des noirs continue de plus belle . Depuis le mois de Mai 2011, des opérations d’enrôlement des populations visent à exclure les noirs qui sont rejetés sans raison par des commissions composées d’agents zélés motivés par l’idéologie Nassero-baathiste.

C’est dans ces conditions que le mouvement “Touche pas à ma nationalité” est né pour dénoncer ces recensements racistes et discriminatoires dont le seul but est de priver une importante partie des noirs de leur nationalité. La contestation initiée par le mouvement se traduit par des marches toujours réprimées à Nouakchott et dans certaines localités du Sud. Plusieurs de nos militants ont connu des arrestations, d’autres ont été grièvement blessés par grenades , à maghama, un militant de 16 ans a été tué par balle par des éléments de la gendarmerie nationale et les coupables restent libres.

  A l’occasion de l’anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, nous vous adressons cette lettre en tant que Secrétaire général des Nations-unies pour vous expliquer que les graves violations des droits de l’homme et les discriminations doivent mériter l’attention des institutions internationales. Nous vous demandons d’agir pour éviter à la Mauritanie une instabilité dont les conséquences sont imprévisibles.

Nouakchott le 10 decembre 2011

Le Mouvement TPMN