Daily Archives: 15/11/2011
36 sites de rapatriés menacent de boycotter les opérations d’enrôlement
C’est au cours d’une assemblée générale tenue à Boghé dans la journée du samedi, 12 Novembre dans la ville de Boghé que les responsables de la Coordination Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal ont convenu de suspendre leur enrôlement au CAC de la Moughata’a de Boghé si les responsables en charge de cette opération continuent à faire obstacle à l’enregistrement des rapatriés sur le registre des populations et des titres sécurisés. C’est Messieurs Harouna Saîdou Bâ (chef de site de Houdallaye/Boghé), Abdoulaye Samba Sow (chef de site de Boynguel Thilé/Aleg), Abdarrahmane El Hadj Sow (Dar Salam Wodabé/Boghé), Amadou Aliou Bâ (chef de site de Hamdallaye/Boghé) et Amadou Saîdou Sow (Houdallaye) qui ont été chargés par la coordination de rencontrer la presse pour en faire une large diffusion.
Sur les causes de cet éventuel boycott des opérations d’enrôlement par les rapatriés à la date indiquée, les nombreux rejets des rapatriés venus se faire enrôler au Centre par les responsables du Centre d’Accueil des Citoyens de Boghé au motif principal que les actes d’état civils fournis intéressés, (le RANVEC plus particulièrement) ne figure pas sur la base des données à en croire Harouna Saîdou Bâ et consors.
Ce dernier a indiqué que lui et son épouse et ses deux enfants ont été recensés mais ses quatre autres fils ont été rejetés bien que tous figurant sur le VRAF qui leur a été délivré par le HCR avant leur rapatriement au pays natal. Même situation pour Mamadou Abdoul Sow, le plus jeune du groupe portant la parole des rapatriés. En effet, il a affirmé lui aussi que ses deux fils ont été rejetés au même motif. Ces cas font aujourd’hui légion ont-ils déclarés.
Les rapatriés membres de la Coordination Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal s’étonnent que les autorités Mauritaniennes ne respectent pas leurs engagements.
Le Mardi, 1er Novembre 2011 pourtant, un atelier avait été organisé au Centre de Formation des Producteurs Ruraux de Boghé et qui regroupés les Hakems de 4 Moughata’a du Brakna (Boghé, Aleg, M’Bagne et Bababé), les maires de plusieurs communes, les responsables de l’ANAIR, les Ongs de droits de l’homme et les chefs de sites au sujet spécialement de l’enrôlement des rapatriés.
A cette occasion, ont affirmé les portes paroles de la coordination, la directrice générale adjointe de l’ANAIR et M. Kane N’Diawar avaient affirmé que les rapatriés seront seulement enrôlés sur la base du VRAF et du RANVEC. Mais aujourd’hui, regrettent-ils, la réalité est autre sur le terrain. « Nous avons informé les autorités locales et les élus de la région de notre décision à boycotter l’enrôlement si cette situation n’évolue pas » a dit Amadou Aliou Bâ.
Les rapatriés se sont plaints de l’insuffisance du montant alloué par l’ANAIR à chaque famille devant se faire enrôler au CAC de Boghé. 4000 Ouguiyas ne représentent pas grand-chose ont dit les responsables de cette coordination qui regroupes les sites des rapatriés du Gorgol, du Brakna, du Guidimakha et du Trarza et de l’Assaba selon ses responsables.
Mais les autres citoyens qui ne sont pas des rapatriés et qui tirent le diable par la queue, ne bénéficient pas de ces faveurs ont oubliés mes interlocuteurs. Dans tous les cas, il dévient clair que l’Etat Mauritanien ne fait baver des salives à travers de géantes banderoles ou des posters géants et des ateliers financés à coût de millions par le HCR mais la discrimination des Négros Mauritaniens dans l’enrôlement en cours et qui est dénoncé tous les jours par le mouvement Touche Pas à ma Nationalité, des partis politiques, des parlementaires, des organisations de droit de l’hommes et des citoyens ordinaires est encore là.
Thièrno Souleymane
Cp Brakna- LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT
Flamnet-rétro: Témoignage sur des camps d’extermination de Mauritaniens noirs
27 dans l’après- midi, des prisonniers sont choisis dans les hangars et sont marqués d’une croix avec un feutre bleu. Plus tard ils se voient attribuer des numéros allant de un à vingt huit par le caporal Ould Demba. Quelques gradés, dont le capitaine Ould Sidina sont là. L’un des prisonniers, un sous officier de la marine, portant le numéro onze, demande pourquoi on leur a attribué des numéros.”C’est pour vous transférer ailleurs” lui repond le sergent Jemal Ould Moilid. Le sergent Diallo Silèye Beye dit à Jemal qu’il préfère rester avec ses amis les marins, étant lui même un marin. Il est infirmier et a toujours occupé le poste de laborantin de la région, à cet effet, il est très connu dans la région aussi bien dans le milieu militaire que civil. Après une courte hésitation, Jemal dit de le retirer et de mettre quelqu´un à sa place. Un autre soldat est choisi, le deuxième classe Diallo Abdoul Beye, le petit frère du premier. Les prisonniers numerotés sont mis à l´écart. Ils s´attendent à embarquer dans un camion pour une destination inconnue. Nous sommes à la veille du trentième anniversaire de l´indépendance de notre pays. En temps normal, on devrait être en train de se préparer pour le défilé au flambeau et pour celui de demain matin. De notre côté, nous attendons sans trop y croire, une éventuelle intervention du Président de la République pour au moins être fixés sur les raisons officielles de notre présence ici. La Mauritanie aura trente ans demain, ce n´est pas un événement banal, nous sommes donc en droit d´espérer obtenir une solution favorable de la part de celui-là même qui est le principal responsable de nos malheurs. Alors que de l´autre côté nos tortionnaires nous préparent leur plus sale coup depuis la création de la Mauritanie.
Vers minuit, le groupe des prisonniers numérotés est placé devant le grand hangar. Khattra et d’autres soldats mettent en place des cordes, ils font un noeud avec l’un des bouts et passent l’autre par dessus le rail qui sert de support à la toiture, à l’entrèe du hangar. Les officiers de la base passent, discutent un peu avec Jemal Ould Moilid puis s’en vont. Ce dernier s’approche du sergent chef Diallo Abdoulaye Demba, le responsable de peleton du port de la Guerra qui porte le numéro un et lui demande s’il désire quelque chose, comme il l’a vu faire dans les anciens films western, Diallo lui demande du tabac, on lui passe une tabatière, il aspire goulûment la fumée comme pour conserver avec lui un dernier souffle d´énergie. Deux soldats l’encadrent et le trainent vers l’une des cordes. Pendant que Khattra lui passe le noeud de la corde autour du coup,il tourne la tête vers le hangar comme pour solliciter de l’aide, la dernière image de la vie qu´il emportera avec lui sera ces sombres formes allongées ou assises étroitement ficelées et dont les yeux exorbités ne peuvent se détacher de lui. Avec l’aide d’un autre soldat, Khattra le hisse jusqu’à ce que ses pieds ne touchent plus terre. Ensuite il attache le deuxième bout au rail. D’autres prisonniers suivront. Khattra est particulièrement excité, ils le sont tous d’ailleurs mais lui et Souleymane le sont encore plus. Non seulement ils seront tous pendus mais tout le monde doit regarder jusqu’à la fin, les bourreaux y tiennent . Mais il ne faut surtout pas manifester sa désaprobation. Entre deux pendaisons, Khattra s’assoit sur un cadavre pour siroter son verrre de thé ou au pied d’un pendu en récitant le coran. Il va d’un pendu à l’autre, achevant ceux qui tardent à mourir à coups de barre de fer, s’appliquant à porter les coups dans la région du cou. Pendant ce temps Souleymane et les autres préparent les prochaines victimes tout en veillant à respecter l’ordre des numéros. Quand arrive le tour du numéro onze, Diallo Sileye Beye ne peut s’empêcher de pousser un cri. Il recoit un violent coup de pied pour avoir osé perturber le déroulement de la cérémonie. Ses yeux ne se détachent plus de cet homme à qui on est en train de passer la corde au cou. Cet homme qui n’est autre que son petit frère, le matelot Diallo Abdoul Beye, qui cessera d’exister dans moins de trois minutes et que plus jamais il ne reverra. Abdoul Beye ne proteste même pas, il est hissé au bout de la corde sous le regard ahuri de son frère. Il n’ya pas de mots pour exprimer la douleur de Diallo Silèye Beye.
Quand arrive le tour de Diallo Oumar Demba et son frère le soldat Diallo Ibrahima Demba(le hasard a voulu
qu’ils soient,tous les deux séléctionnés pour les pendaisons et que leurs numéros se suivent, ils ont toujours tenu à rester ensemble), chacun d’eux, ne voulant pas assister à la mort de l’autre, demande à passer en premier. Un tirage au sort organisé par les bourreaux les départage, Ibrahima Demba l’ainé, passe le premier. Le soldat de première classe, Ndiaye Samba Oumar,le chauffeur qui conduisait le véhicule le jour de mon arrstation, fait partie du lot. Le deuxième classe Samba Demba Coulibaly de Djeol, un soldat de mon escadron, qui porte le numéro 28 ferme cette macabre liste.
Les pendaisons durent plus d´une heure. Après cela, tel des bêtes excités par l´odeur du sang, le groupe de bourreaux, pris d´une euphorie collective, s´acharne sur les autres prisonniers et tape sur tout ce qui bouge. Conséquences de cette folie collective, cinq morts supplémentaires. Parmi eux, le soldat de première classe Ly Mamadou Ousmane, le seul spécialiste de l´arme antiaérienne de calibre 14,5mm de toute la région militaire.(…)
La démence a été poussée jusqu´à symboliser la date du trentième anniversaire du pays par 28 pendaisons. Vingt -huit vies humaines sacrifiées sur l´autel de la bêtise humaine. Plus jamais 28 novembre n´aura la même signification pour les Mauritaniens. Quand certains sortiront dans les rues des villes ou dans les campagnes brandissant fièrement les couleurs nationales sous les youyous des mauritaniens, pour d´autres, ce sera un jour de deuil et de recueillement à la mémoire de ces 28 militaires pendus.
Mahamadou Sy -L´enfer d´Inal “Mauritanie: L´horreur des camps”
L´Harmattan- septembre 2000.
Événements 89/ 91 : Les victimes mécontents
ALAKHBAR (Nouakchott) – Les victimes des événements de 89/91, réunies dans la coalition «Les marginalisés», ont marché, aujourd’hui à Nouakchott, de « Mauritanie couleur » jusqu’à l’Assemblée nationale, dénonçant l’indifférence, le mépris, l’arbitraire, l’injustice…» à leur encontre. Ils ont également déploré, dans une lettre remise aux députés (de l’opposition), «la misère dans laquelle vit, selon eux, une partie des mauritaniens, dont le seul tort a été «en 89, d’être noirs ou d’appartenir à une opinion opposée au régime». Les contestataires sont remontés après avoir «entrepris, en vain, de multiples démarches auprès du ministère de la Fonction publique », a en charge de leur dossier, et après avoir « déposé plusieurs correspondances à la Présidence de la République, des demandes d’audiences, des lettres ouvertes et organisé des sit-in devant les gris du palais. Tout, dans le but de trouver des solutions consensuelles dans le droit et la justice.»
Les victimes déplorent aussi que leur dossier, «déposé depuis plus d’un mois auprès de madame la ministre de la Fonction publique, pour le transmettre au comité interministériel, demeure toujours bloqué sans qu’on ne sache les raisons».
Par ailleurs, ils estiment que « les agents (victimes) relevant des établissements publics, parapublics et privés, qui ne sont pas concernés par les résultats du recensement du 03 au 14 janvier 2010, devront bénéficier des mêmes dispositions attribuées aux fonctionnaires de la Fonction publique auprès de leur institution d’origine.»
Flamnet-rétro: Quelle voie, quelles solutions pour la Question de la cohabitation
Extrait de la déclaration des Flam sur le cinquantenaire des Indépendances africaines ….il y a un an ..toujours actuelle, toujours vraie : lisez ….
Quelle voie, quelles solutions pour la Question de la cohabitation
Il nous est encore possible de créer cette nation unie, égalitaire et démocratique, à condition qu’il existe une volonté politique réelle; à condition de prendre à bras le corps cette question lancinante de la cohabitation et de l’esclavage, toujours escamotée, objet de fuite en avant permanente; à condition, enfin, d’en déterminer les bases justes.
Ces bases devront reposer sur les axes clairement définis, ci-après :
– Un équilibre dans la gestion du pouvoir, entre toutes les composantes nationales.
– Une réforme politique et constitutionnelle, qui consacrent les libertés démocratiques, reconnues et protégées, introduit des amendements constitutionnelles spéciaux portant sur l’Identité de la Mauritanie, l’égalité des communautés, des langues et des cultures nationales, la fin de l’esclavage, la création d’un observatoire national des libertés et de la cohabitation.
– Une réforme de l’Education, fondant une Ecole moins élitiste, ouverte sur le monde moderne et respectueuse de nos identités multiples.
– Une réforme de l’Armée, pour en faire une armée républicaine et de développement, ouverte équitablement à toutes les composantes nationales.
– Une réforme de l’Administration et de la justice, basée sur l’autonomie régionale, un redécoupage territorial qui tienne compte des aires culturelles et historiques, une justice modernisée enfin.
– Une réforme agraire – dont la vallée serait certainement le pivot – fondée sur le droit de propriété reconnu et réaffirmé, reposant sur une politique d’investissement agricole qui respecte ce droit de propriété, associe les populations concernées, respecte les espaces vitaux des villages, ouvre des couloirs de parcours pour le bétail, préserve les droits séculiers des pêcheurs sur le fleuve, détermine les zones d’investissement dans la vallée, que sont le Waalo, le moyen Jeeri et le haut Jeeri à affecter, respectivement, aux autochtones locaux, aux hommes d’affaires nationaux et régionaux, au grand capital international .
Ce Ces réformes devront être précédées, pour mieux accrocher, par des mesures immédiates d’apaisement social de la part du Gouvernement qui se traduiront ainsi :
– Un réglement correcte du dossier des réfugiés qui passe par la restitution des terres de culture et des villages aux uns, et l’ indemnisation pour les autres.
– Une volonté politique affirmée de mettre fin à l’esclavage, ( par l’annonce de mesures préventives immédiates ).
– Un réglement immédiat du passif humanitaire, qu’on ne pouvait solder par de l’argent, dont la solution passait par la création d’une Commission Vérité- réconciliation, guidée par cette tryptique : « Equilibre à trouver entre le refus de l’impunité, les exigences de vérité et des réparations, et la nécessité du pardon ».
Il n’y a pas de paix sans réconciliation , et il n’y a pas de réconciliation sans Justice .
Tout comme il n’y a pas de concorde là où il n’y a pas d’égalité. Et puisque cette égalité n’a pu émerger après 50 ans, à travers le cadre de “l’Etat unitaire centralisé” dans sa forme actuelle, la raison commande de rechercher d’autres voies, telle, entre autres, l’Autonomie. L’autonomie nous parait la solution la mieux appropriée, dans notre cas d’espèce, pour constituer un mode d’organisation entre des groupes humains aux habitudes mentales, langues et tradition différentes, visant à diluer le pouvoir et le répartissant entre ces groupes, de manière à permettre à chacune de nos communautés de promouvoir elle- même son propre développement, dans l’unité préservée du pays; historiquement et politiquement cette option se justifie amplement.
Les FLAM appellent :
– Les réfugiés à rester mobilisés, à ne pas céder, à résister à la spoliation de leurs terres de culture; à ceux qui demeuraient encore à l’extérieur des frontières elles leur demandaient de continuer à se battre, chaque jour davantage, pour leur droit légitime au retour.
– Elles appellent la jeunesse négro-africaine à cesser de courber l’échine, cesser de gémir et de supplier, et à compter d’abord sur ses propres forces.
– Aux Haratines, de refuser d’être les victimes consentantes de leur propre esclavage.
– Et à toutes les victimes du Système de prendre conscience « que la lutte en ordre dispersé n’a pas d’autre issue que la défaite pour tous ».
– Aux forces démocratiques et progressistes, aux compatriotes arabes et berbères honnêtes et Justes, soucieux de notre devenir en commun, de prendre leur responsabilité face au racisme d’Etat, à l´esclavage et à la pauvreté grandissante.
– Enfin au Président de la République, ce poème de Maouloud Mammeri, en guise d’appel :
« Quand trop de sécheresse brûle les coeurs
Quand la faim tord trop d’entrailles
Quand on rentre trop de larmes
Quand on baillonne trop de rêves ,
C’est comme
Quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher
à la fin il suffit du bout de bois
d’un esclave pour former
dans le ciel de Dieu
et dans le coeur des hommes
le plus énorme incendie».
Nous devons nous persuader – c’est vital pour nous et pour ce pays – que la voie choisie jusqu’ici était dangereuse et sans issue! « Une nation ne pouvait vivre moitié libre moitié esclave»; elle ne pouvait non plus se construire avec des citoyens à-démi et des citoyens à part entière.
Il est possible de faire de ce pays un foyer régional des plus attractifs, un havre de paix et de prosperité si nous nous ressaisissons.
Il nous faut nous ressaisir, il est encore temps !
La lutte continue !
NOVEMBRE 2010 -LES FLAM




