Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 25/11/2011

Mauritanie : la colère noire Par Rémi Carayol, envoyé spécial- Jeune Afrique

altAprès avoir dénoncé les dérives du processus de recensement, les porte-parole de la communauté négro-mauritanienne revendiquent un meilleur partage des richesses et du pouvoir. Reportage.

Les lunettes noires qui masquent son visage et le ton monocorde de sa voix ne laissent rien deviner de la colère qui le ronge. À l’évidence, Moussa Abdoul Mangane, un homme discret et pudique de 38 ans, n’est pas né pour jouer les tribuns. S’il est devenu, depuis quelques semaines, l’une des figures de la contestation contre ce que tout le monde ou presque en Mauritanie appelle à tort « le recensement» – il s’agit en fait d’un enrôlement –, c’est parce que son fils aîné est pour l’heure l’unique victime des manifestations qui ont embrasé le pays à la fin du mois de septembre.

C’était le 27, un mardi, à Maghama, petite cité du Sud nichée dans la fertile vallée du fleuve  Sénégal. Au deuxième jour d’une grève improvisée contre « le recensement », une centaine de jeunes s’apprêtaient à attaquer la gendarmerie lorsque Lamine Mangane a été atteint d’une balle à la poitrine. Le tir provenait de la gendarmerie. Il avait 16 ans.

Le feu couve

Paradoxalement, la Mauritanie a depuis retrouvé un semblant de paix. Les manifestations, nombreuses en juillet, août et septembre, sont plus rares. Mais le feu couve. « On n’a pas dit notre dernier mot », affirme Abdoul Birane Wane, porte-parole de Touche pas à ma nationalité (TPMN). Ce collectif, essentiellement constitué de jeunes Négro-Mauritaniens, est né à peu près en même temps que le processus d’enrôlement, qui a débuté au début du mois de mai. À la différence d’un recensement, au cours duquel des agents quadrillent le pays pour comptabiliser le nombre d’habitants, cet enrôlement oblige les Mauritaniens à se déplacer dans l’un des 54 centres implantés à travers le territoire. À charge pour eux de payer le transport et de fournir les documents prouvant leur « mauritanité ».

Mais pour le collectif, qui réclame « la fin de ce recensement discriminatoire », là n’est pas le plus grave. Ses membres dénoncent, entre autres, la sous-représentativité des Négro-Mauritaniens au sein des différentes commissions (1 seul d’entre eux, sur 12 membres, siège au comité de pilotage, et 4 commissions départementales sur 54 sont présidées par des Noirs). Ils parlent également de « questions humiliantes » et d’innombrables difficultés qui seraient faites aux seuls Négro-Mauritaniens.

Questions humiliantes

Mamadou Hamidou Sarr, 51 ans, a tenté de se faire enrôler le 4 août. En guise d’accueil, ce père de sept enfants né à Nouakchott et originaire du Brakna, une région limitrophe du Sénégal, a été mitraillé de questions et de commentaires déplaisants. « On m’a demandé si je parlais arabe. J’ai dit non. On m’a dit: “Comment! Tu es mauritanien et tu ne parles pas arabe?” » Finalement, bien qu’il ait été formellement reconnu par un membre de la commission, un notable de son quartier, on lui a demandé de revenir s’inscrire avec son frère, un gendarme.

Pour TPMN, tout cela n’est pas fortuit: « Tout est fait pour que les Négro-Mauritaniens ne puissent pas s’inscrire et pour faire perdurer le mythe selon lequel les Maures blancs seraient plus nombreux. » Fatimata Mbaye, présidente de l’Association mauritanienne des droits de l’homme (AMDH), parle de « trajectoire à l’ivoirienne » et dénonce un complot visant à vider le pays d’une partie de ses habitants noirs. Pour Ibrahima Moctar Sarr, président d’Alliance pour la justice et la démocratie/Mouvement pour la rénovation (AJD/MR), un des principaux partis à dominante négro-mauritanienne et membre de la majorité présidentielle, il y a derrière cet enrôlement « des intentions non avouées ».

À l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS), on jure ses grands dieux qu’il n’en est rien. À Nouakchott, on l’appelle « l’agence », parce que personne n’arrive à retenir son nom. Créée pour mener à bien l’enrôlement, elle est pourtant au centre de toutes les polémiques. En théorie, elle dépend du ministère de l’Intérieur, mais son directeur, Mohamed Fadel Ould el-Hadrami, ne rend de comptes qu’au président, Mohamed Ould Abdelaziz dont il est un proche. La nomination de Hadrami – « un commerçant qui n’a jamais œuvré dans l’administration », grognent ses détracteurs – a surpris. « Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas un grand commis de l’État », ironise un membre de la majorité.

Peut-être, mais il faut lui reconnaître une qualité: Hadrami sait vendre son produit. Dans son bureau, entouré de deux de ses collaborateurs, il nie fermement toutes les accusations et enrobe son discours de phrases bien senties – « Nous sommes un pays multiracial et nous en sommes fiers »; « Il n’y a aucun problème de racisme en Mauritanie. » Il ne reconnaît aucun déficit en communication, mais il admet que, depuis les violences, un gros effort a été effectué sur ce point. Il nie que des enquêteurs aient pu demander à des candidats à l’enrôlement de réciter des versets du Coran, puis il s’emporte: « Et même si ça a été demandé, en quoi est-ce un problème? Nous sommes un pays à 100 % musulman! » L’objectif de l’enrôlement – fiabiliser l’état civil et définir une bonne fois pour toutes qui est mauritanien et qui ne l’est pas – est vital selon lui. « Il s’agit d’une question de sécurité nationale. Aujourd’hui, des Colombiens, des Pakistanais, n’importe qui a un passeport mauritanien. Même les terroristes. »

Son adjoint promet pour sa part que personne ne sera oublié. « Depuis le mois de mai, nous avons enrôlé 150000 personnes, sur une population nationale estimée à 3,5 millions d’habitants. Nous prenons notre temps. » Sa propre tante, assure ce Maure blanc, a été réorientée. « On lui a conseillé d’aller dans son village, au nord du pays. Elle m’a appelé pour se plaindre. Je lui ai dit que je ne pouvais rien faire et que le mieux était qu’elle se rende dans son village. » Les cas de Maures blancs refoulés sont légion – « mais nous, on ne fait pas de bruit », glisse l’un d’eux. À l’inverse, de nombreux Négro-Mauritaniens n’ont rencontré aucune difficulté. C’est le cas de Sada. Ce jeune militant des droits de l’homme a participé aux premières manifestations de TPMN en juillet. Puis il a profité des vacances pour rentrer au village et s’enrôler. « Là-bas, dit-il, tout se passe bien. Les gens se connaissent. On ne m’a posé aucune question. » Aujourd’hui, il voit d’un autre œil les revendications de TPMN. « Certains jeunes sont peut-être manipulés… Mais tout cela est le fruit d’un malaise plus profond. »

« Le problème, ce n’est pas le recensement, ose Mamadou Kane, une des figures historiques du combat négro-mauritanien, membre du Collectif des victimes des répressions de 1986-1991 (Covire). Le problème, c’est que les Négro-Mauritaniens sont excédés. Il y a un trop-plein de frustrations accumulées depuis des années. Le pouvoir est toujours exercé par les Maures blancs. Et la jeunesse ne l’accepte plus. » La mue de TPMN observée en octobre en est la preuve. Aujourd’hui, le collectif a élargi la base de ses revendications. L’enrôlement est devenu secondaire dans ses déclarations. Désormais, ses membres réclament le partage des richesses et du pouvoir, l’égalité des chances, le règlement des litiges fonciers, la fin de l’esclavage… Et la rhétorique d’Abdoul Birane Wane est déjà bien rodée: « Ce pays compte huit banques privées, toutes appartiennent à une seule communauté [les Maures blancs, NDLR]. Sur 13 gouverneurs, seuls 3 sont noirs. On compte 1 ministre noir sur 5. Sur 44 ambassadeurs ou consuls, 5 sont noirs. Sur 95 députés, 15 sont noirs… »

On aurait pu penser que l’élection d’Abdelaziz – une victoire en partie due aux voix de la communauté négro-mauritanienne –, il y a deux ans, allait changer la donne. Ibrahima Sarr, de l’AJD/MR, rappelle qu’en 2009 il fut le premier président à lever le tabou des « années de braise » (plus de 60000 Négro-Mauritaniens expulsés du pays entre 1989 et 1991, et des dizaines d’exécutions extrajudiciaires, sous le régime de Maaouiya Ould Taya). Lors d’une prière historique à Kaédi, en mars 2009, il avait reconnu « l’affliction causée à des dizaines de familles par l’ignorance et la barbarie de l’homme ». C’est aussi sous sa présidence que près de 21000 réfugiés qui se trouvaient au Sénégal ont été aidés à rentrer au pays ces trois dernières années. C’est lui, enfin, qui a mis en œuvre l’indemnisation des veuves des militaires disparus durant les « années de braise ».

Préjugés

Mais pour nombre de Mauritaniens, qu’ils soient noirs ou (plus rarement) blancs, tout cela est au mieux trop lent, au pire de la poudre aux yeux. « Le président est prisonnier d’un système, celui d’Ould Taya, dont il est lui-même issu. Ce n’est pas simple de s’en démarquer », analyse un membre de sa majorité. Les Mauritaniens eux-mêmes – hormis l’intelligentsia – ont bien du mal à se débarrasser de leurs préjugés. « Nous avons deux populations qui ne se comprennent pas », analyse Fatimata Mbaye. « Aujourd’hui, quand je vois un Noir, je me demande s’il est sénégalais ou malien. C’est un réflexe », reconnaît un collaborateur de Hadrami à « l’agence ».

Certes, dans les taxis, il n’est pas rare d’entendre un Blanc et un Noir critiquer l’enrôlement en toute fraternité. Mais il suffit de tendre l’oreille, dans la rue, pour capter ici ou là des bribes de rancœur mal contenue. La rumeur, omniprésente en Mauritanie, dit que, le jour où Lamine Mangane est mort, les Maures blancs de la ville étaient tous armés, au cas où. Elle insiste aussi sur le fait que le commandant de la brigade qui a donné l’ordre à ses hommes de tirer à balles réelles est un Blanc. À l’inverse, elle véhicule l’idée que les manifestants de ces derniers mois sont tous des étrangers qui ont peur de se voir retirer leurs faux papiers.

Dans le sud du pays, majoritairement habité par des Négro-Mauritaniens, cette rancœur est palpable. Rares sont les rapatriés satisfaits. « On nous avait promis notre réintégration dans la fonction publique, ou tout du moins une indemnisation. On ne voit rien venir », se désole un ancien policier expulsé en 1989 et lassé de vivre dans le dénuement du camp de Rosso Lycée, à deux pas de la frontière sénégalaise. « Beaucoup d’entre nous regrettent d’être rentrés. J’en fais partie. » Partout dans le pays bruissent ces histoires de rapatriés qui, une fois rentrés, ont voulu récupérer les terres qu’ils cultivaient auparavant et qui sont aujourd’hui occupées (souvent par des Maures blancs), et ont fini en prison. « Le problème est délicat, explique un proche du président. Si on rend ces terres, que fait-on de ceux qui les occupent depuis vingt ans? »

« Pour l’administration, sur cette question, note un député issu de la majorité, il est urgent de ne pas agir. Moi, je pense le contraire. Ces problèmes fonciers sont autant de bombes à retardement. » Un habitant de Maghama rappelle que les jours précédant la mort du jeune Mangane un conflit avait opposé des rapatriés de la ville à des Maures blancs. Les premiers voulaient récupérer leurs terres, occupées par les seconds. « Il y a eu une bagarre entre les deux familles, raconte un enseignant. La famille de rapatriés a été arrêtée et incarcérée à la prison de Kaédi. L’autre continue d’exploiter le terrain. C’est ça, surtout, qui a mis le feu aux poudres. »

Jeuneafrique.com

Paris: Appel à manifester le 27 novembre 2011

altNous, Forces patriotiques de la diaspora mauritanienne en France, appelons tous nos compatriotes et amis de la Mauritanie à se joindre à la manifestation que nous organisons à l’occasion de la commémoration du 28 novembre 2011 à Paris de la date inoubliable  du comportement criminel et raciste du système ethnofasciste contre les Noirs mauritaniens: 28 exécutions de militaires négro-mauritaniens  à la veille de l’accession de notre pays à sa souveraineté.
Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, Mouawiya ould Sidi Ahmed Taya et le système beydane ont pendu 28 fils négro mauritaniens dont le seul crime est d’être noirs pour magnifier le 30° anniversaire de son accession à l’indépendance. 28 maris, pères, frères, cousins et amis  sacrifiés sur l’autel d’un chauvinisme haineux et au nom de la pureté raciale arabe en Mauritanie.

Le dimanche 27 novembre 2011 à partir de 14 heures, une marche aura lieu de la Place Trocadéro à l’Ambassade de Mauritanie Paris 16° Arrondissement.

Rappel:


Pour nous, le 28 novembre sera à jamais une date de souffrance immense, jour de larmes et du sang des nôtres versés sur l’autel du racisme et en aucune manière de dignité retrouvée, de liberté et d’Indépendance. Le 28 novembre représentera désormais pour les Noirs mauritaniens un Jour de DEUIL et de Recueillement.

Les Forces patriotiques :
– Demandent Aux plus Justes des mauritaniens de refuser de participer à toute  manifestation de réjouissance et d’entrer en communion avec les martyrs du racisme,
– Réitèrent notre exigence de l’État mauritanien l’arrestation et le jugement de tous ceux qui ont pris part à la pendaison des 28 d’Inal, aux meurtres racistes commis de 1986 à 1991,
– Exigent la restitution des dépouilles des nôtres pour que nos familles éplorées puissent procéder à leur enterrement décent ,
– Renouvellent leur serment d’user tous les moyens pour mettre
fin au racisme et à l’esclavage dont sont victimes les Noirs en Mauritanie.
 
– Non aux crimes racistes

– Non au Génocide des Noirs en Mauritanie

– Non à l’impunité en Mauritanie.
 

 
Liste non exhaustive des Signataires:

 AFMAF, AHME, CAMME, CSDM,FLAM, GMR, ID, IRA-France, MAPROM, OCVIDH

OTMF, PLEJ.

Flamnet-Agora: Séminaire international sur la constitution: Dakar navigue entre Droit et décadence Par Babacar Justin Ndiaye

altAprès avoir qualifié les spécialistes sénégalais – en désaccord avec de lui – de « constitutionnalistes de bazar », le Président Abdoulaye Wade a mis au travail, des constitutionnalistes… de palace. Là-bas, dans une salle de l’hôtel Méridien. Une initiative du chef de l’Etat et de ses Forces alliées pour 2012 (plus féales qu’alliées), qui a conduit le Sénégal, au carrefour du cocasse et du loufoque.

Curieux Sénégal, en effet, où l’on importe, 60 ans après l’indépendance, une kyrielle d’experts étrangers (avec un bon lot de Français) pour interpréter une Constitution nationale entièrement rédigée par des nationaux, et votée – que dis-je ? – plébiscitée en janvier 2001, par le peuple souverain.

Plus kafkaïen encore, le Professeur Jean-Yves de Cara a eu l’outrecuidance de désosser, au plan du lexique, l’article transitoire 104, devant un auditoire constitué majoritairement de concitoyens du Professeur agrégé et académicien Léopold Sédar Senghor. Une brève leçon de grammaire donnée au moment (mauvais) où l’Elysée rend hommage, dans un communiqué truffé de fautes d’orthographe (selon une dépêche de l’AFP) à la défunte Danielle Mitterrand.

Est-il nécessaire de rappeler, à ces experts sexagénaires, que le Général De Gaulle avait ordonné, en 1958, au futur Premier ministre Michel Debré, de coopter Senghor (le non juriste) dans le comité de rédaction de la Constitution de la Cinquième République ? Devant le silence et le regard interrogateurs du Président du comité de rédaction, Charles de Gaulle expliqua, en substance, que l’agrégé sénégalais se chargera du volet grammatical du travail des juristes. On peut alors croire que, le 21 novembre dernier, vers midi, le premier Président du Sénégal a bougé dans sa tombe de Bel-Air, eu égard aux échos désobligeants du séminaire. 

Que diantre, pourquoi le ciel a-t-il ouvert ses vannes pour doucher si abondamment de honte, le Sénégal ? La faute incombe évidemment à cette République des juristes (Abdoulaye Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye, Madické Niang et Ousmane Ngom) qui n’a pas été capable de s’auto-défendre. Au point d’organiser un conclave de mercenaires du Droit – pardon de professeurs de Droit – sur lequel a plané l’ombre du contrat juteux. Bizarre et blessant.

 

Question : est-ce que l’élite politique et la crème universitaire du Sénégal valent-elles moins, en termes de  clairvoyance et de patriotisme, que leurs homologues du Burkina qui ont résolu – sans assistance étrangère ni apocalypse national – une équation identique, avant la dernière présidentielle au « Pays des hommes intègres », et farouchement nationalistes ?

Mais le plus renversant, c’est que Babacar Guèye et Pape Demba Sy, hier mobilisés comme de très bons rédacteurs, sont, aujourd’hui catalogués voire calomniés comme de très mauvais interprètes de la même Constitution. C’est à n’y rien comprendre. Sauf que dans le camp présidentiel, la logique fout… le camp. Cette logique, en perpétuelle culbute, qui veut que le panafricaniste Wade – dans une démarche bruyamment souverainiste – ferme les bases militaires de la France, mais ouvre les portes  de la vie institutionnelle du Sénégal, à l’expertise universitaire de l’ex-Métropole.

En tout état de cause, ce séminaire international pue davantage la décadence que le Droit. Car il consacre avec la bénédiction du gouvernement (c’est le ministre de la Justice qui a invité par lettre l’ex-recteur Seydou Madani Sy) une fâcheuse catégorisation des agrégations.

D’un côté, une agrégation au rabais dont sont titulaires « les constitutionnalistes de bazar » (Ismaila Madior Fall, Ahmet Ndiaye et Mody Gadiaga) et de l’autre, une agrégation (au-dessus de tout soupçon) dont le Professeur Charles Zorgbibe et son collègue Michel de Guiilenchmidt ont l’étrenne.

Dans ce tumulte autour de la Constitution, les experts et les politiques oublient ou feignent d’oublier la leçon limpide du sociologue et philosophe Jean Baudrillard : « Le Droit vient après la bataille ». Autrement dit, il est le résultat d’un rapport de forces. Ce que le Roi Hassan II – monarque absolu mais génie politique – a compris et bien résumé, le 7 mai 1996, devant l’Assemblée nationale française : « En matière de constitutions, il n’y a pas de procédés industriels permettant de livrer des usines constitutionnelles, clé en main. Dans ce domaine, la copie n’est jamais féconde ». Magistrale évidence de… sa Majesté.

Quelle pénible répétition ou grimace de l’Histoire ! Le séminaire rappelle inévitablement, le système colonial qui avait forgé deux catégories d’administrateurs civils. La première était moulée par l’Ecole Nationale d’Administration (Ena) de Paris. Et avait pour vocation d’administrer les Alpes Maritimes et le Languedoc-Roussillon. La seconde sortait de l’Ecole Nationale de la France d’Outremer (Enfom) toujours à Paris, avec une feuille de route sans équivoque : commander – et non administrer – le pays lobi dans le cercle de Bobo-Dioulasso ou le quadrilatère mouride qui va de Lambaye à Touba, dans le cercle de Diourbel.

Comme quoi, si le vent l’indépendance n’avait pas soufflé fort sur l’Empire colonial, en 1960, Daniel Cabou et Abdou Diouf auraient pu commander les cercles de Bouaké et de Sikasso ; mais n’auraient jamais été Préfets de Nice ou de Strasbourg. Tel est, entre autres effets, le désagréable souvenir que réveille le séminaire du 21 novembre.

 

Toutefois, les leçons de ce passé choquant n’ont guère empêché les aberrations surprenantes  du présent. Sinon comment comprendre l’organisation, par le Conseil constitutionnel, d’un séminaire dit « interne » durant les journées des 6 et 7 septembre dernier ? Difficilement.  Le Conseil constitutionnel créé par la Loi organique du 30 mai 1992 (presque 20 ans d’existence) a-t-il sérieusement besoin de panélistes extérieurs pour l’épauler dans la compréhension de sa mission ? Sûrement pas ; puisque les cinq sages de cet organe juridictionnel sont des magistrats chevronnés. Et non des stagiaires. Donc anguille sous roche. Qui côtoie certainement sous la même roche, la nouvelle anguille que le séminaire de Wade et des Fal 2012, vient d’y déposer.

En effet, la prestation de cette escouade multinationale d’experts, légitime d’avance l’enfer policier qu’on envisage de faire tomber sur la tête des futurs manifestants qui voudront empêcher le régime de valider en rond. Et Wade qui n’est plus enclin à faire l’Histoire (mais des histoires) a d’ores et déjà meublé ses pensées et arrières pensées. En clair, ce séminaire est le premier jalon de la chronique d’une victoire annoncée et… enceinte d’un mode de dévolution monarchique ou libérale du pouvoir, durant ce long mandat (7 ans) dont il n’a besoin que de la moitié de la moitié.

Après la victoire de 2007, le Président était secrètement dans une logique de demi-mandat.  Le sommet de l’OCI et les locales de 2009 étaient, à la fois, les perspectives structurantes et les points d’ancrage de son schéma de passage du relais. Mais le demi-succès du premier et le fiasco des dernières, ont entrainé les ultimes et radicaux réajustements qui ont conduit jusqu’à ce fameux séminaire.

Mais attention aux querelles phosphorescentes et byzantines autour des articles 27 et 104 qui nous fixent dans le cosmos douillet des théories juridiques ! Pendant ce temps, le MFDC qui est au sol (par opposition au cosmos) arrose la Casamance de sang. Et nous rappelle qu’un symposium sur la Défense nationale est plus urgent qu’un séminaire sur le Droit, la Constitution et les cabales politiques.

 

Ps : Certes Idrissa Seck a consulté, avant Wade, le constitutionnaliste français Guy Carcassonne ; mais Idy n’est ni chef de l’Etat ni gardien de la Constitution. Laquelle est bien au-dessus de la mairie provinciale de Thiès.

Commémoration de la journée des martyrs aux USA

altA l’occasion du 28 Novembre, US-Mauritanian Diaspora, organise une journée de deuil à la MEMOIRE de toutes les victimes de la répression aveugle  de 1989-1991 sous la dictature du Colonel Taya Nous exprimons, par la même, notre soutien à l’initiative du Pélerinage d’Inal organise pour honorer les 28 sodats noirs (négro-mauritaniens) pendus le 28 novembre 1990 pour célébrer la fête de l’Indépendance ainsi  que toutes les cérémonies à travers la diaspora Mauritanienne commémorant cette journée spéciale.

 Nous saisissons cette journnée solonnelle pour réaffirmer notre détermination à exiger un état de droit en Mauritanie. A cette fin:

 

*Exigeons des autorités mauritaniennes de constituer une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les crimes commis ;

*Demandons que justice soit rendue à toutes les victimes de ces crimes ;

*Rappelons que le pardon ne peut-être décrété, il est le prérogatif des ayants droits ;

*Nous exhortons la communauté internationale à prendre les dispositions nécessaires pour que la Mauritanie honore ses obligations en vertu des conventions internationales dont elle est partie.

Le programme comprend: une prière à la MEMOIRE des victimes, exhibition de photos des victimes, des témoignages et une conférence sur les droits de l’ homme.

 

La cérémonie aura lieu le Dimanche 27 novembre 2011 a partir de 8 PM. Elle se  tiendra  à Pulaar Speaking Association ( 1169 Fulton St , Brooklyn , NY 11216 ).

 

Organisations participatrices :

 

·         Jeunesse et espoir.

·         Le Collectif des Veuves

·         Le Comite pour la Defense des Droits de l’Homme en Mauritanie

·         Les Flam

·         L’AJD/MR