Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 10/11/2011

Des Etats généraux de l’Education, Opinion d´un flamiste !

ecole mauritanienneA l’heure où l’on parle d’états généraux de l’Education, de nouveau, au moment où la question de la place de la langue arabe ressurgit, suscitant au passage remous et controverse *, il me plaît de re-proposer au lecteur cet article (légèrement remanié ), écrit il y’a plusieurs mois déjà.

 

Notre Ecole est malade, notre système éducatif en crise, tout le monde en convient ; Il nous revient donc de marquer,sagement, un temps d’arrêt, d’y jeter un regard critique afin de lui ‘apporter ce remède de cheval dont il a besoin, puisque le mal persiste depuis 40 ans ! Voilà pourquoi cette crise de notre Ecole, très profonde et multidimensionnelle, devra être diagnostiquée sans complaisance.
Au-delà des raisons que j’appelerai de surface , comme la
dégradation des conditions d’étude ( effectif pléthorique, manuels scolaires insuffisants, voire inadaptés, mobilier brinquebelant, locaux vétustes et inéquipés) je crois, plutôt, que les raisons profondes de cette crise sont ailleurs, et d’ordre psychologique, administratif et politique .

D’ordre psychologique, dis-je, par la perte de statut du corps Enseignant, conduisant à sa démotivation complète, par contagion du milieu social dans lequel il baigne, où les valeurs universelles de réference habituelles, telle l’honnêteté, le respect du travail- du travail bien fait-, la moralité, ont cédé la place à la course effrénée vers l’argent . L’enrichissement, à tout prix, tout de suite, a pris pas le pas sur la “conscience professionnelle”, d’où la flopée d’enseignants -boutiquiers !

Le terme « garraaye », devenu fortement connoté négativement, suscite presque, chez l’autre, un demi-sourire, et fait qu’il est presque honteux de se présenter comme tel ! On est désormais instituteur ou professeur, à défaut de mieux , mais certainement pas. par vocation .

On est là, pour un temps provisoire, transitoire, en attendant de trouver mieux, ou de ?’monter” sa boutique, ou encore de partir pour des cieux plus cléments.

Cette dévalorisation du métier d’enseignant s’accompagne ( ou s’explique ?) naturellement de la dépréciation du Savoir, censé être un des attributs majeurs de l’Enseignant. Aller à l’école, accumuler des diplômes, lire tout simplement , est perçu aujourd’hui, au mieux comme une perte de temps, au pire comme une absurdité. Avoir l’argent c’est mieux !

Pour corriger cet état de chose il faudra donc rendre à l’Enseignant sa dignité et son auréole d’antan par la revalorisation du métier, et restituer au Savoir l’admiration qui lui était attachée.

Autre cause des problèmes de notre Enseignement , son administration et sa gestion … où l’on constate l’absence de rigueur dans la sélection et le recrutement des maîtres d’école, l’absence de contrôle et de suivi qui fait le lit du laxisme et de l’affairisme, l’absence d’application systématique du principe d’émulation, de récompense et de sanction , l’absence d’équité dans les promotions , l’absence d’ordre , en un mot , au niveau le plus élevé .

Il nous faudra donc, repenser la gestion administrative des Enseignants, ce qui suppose la restauration du principe d’ordre au niveau de l’Etat et de son Administration, en général .

Crise enfin, d’orientation et surtout d’ordre politique.

Au lieu d’une orientation technique et pragmatique on a choisi l’élitisme ; à la place d’une Ecole qui produit des plombiers, des électriciens, des soudeurs, des maçons et des menuisiers, des agriculteurs modernes, on a préféré celle qui produit des littéraires, des philosophe, c’est -à -dire des fonctionnaires aux mains propres .

Il faut changer cet état de chose !

Enfin , l’aspect le plus important de la crise scolaire-il faut le souligner- renvoie au problème de langues, qui lui-même découle de la lutte sourde pour le contrôle du pouvoir .

Dès les années 50 on débuta des réformes, en série,.toutes linguistiques. Toutes les réformes des années 50 aux années 80 portèrent exclusivement sur la langue Arabe.

On a prétendu, à l’époque, recourir à cette langue arabe pour rendre notre Enseignement « authentique »,« national» ; mais en réalité ceci n’était qu’une supercherie, un écran de fumée , destiné d’abord, à renverser le rapport de force, ou l’ordre colonial existant, en faveur des négro -africains ; sous le couvert d’une prétendue « indépendance culturelle », Moctar ould Daddah ne visait, en réalité , rien d’autre ; ce que , du reste, honnêtement , confirme Moustapha Ould Bedredine de l’Ufp-mnd, par ce témoignage accordé, en1998, à Fresia Marion ² : ” Les Négro-africains représentaient 80% des cadres de l’Etat mauritanien naissant . Alors les maures ont voulu rétablir les rapports de force en leur faveur en utilisant deux instruments: la langue et l’école”.

On ne peut être plus clair ! La langue arabe a été, on le voit, bel et bien, instrumentalisée à cette fin !

Voilà pourquoi donc on permit, dès cette période, à des talibés coraniques et à des hommes à la mentalité de commerçants-?’epiciers” de sauter, à pieds joints, dans le système, et d’envahir le corps.

La préocupation première, majeure, des régimes arabo-berberes était donc, d’abord et surtout , de corriger ce déséquilibre à toute vitesse, n’importe comment, sans se préocuper de l’efficience, cadet de leur souci .

Un rééquilibrage de l’ordre colonial, normal et légitime certes, mais qui se fit hélas , dans l’excès ; nos Gouvernants arabo -berbères, se prirent au jeu, et sous l’instigation de leurs idéologues nasseriens et baassistes , décidèrent alors , dans la foulée, de « liquider une bonne fois les négro -africains par un nettoyage ethnique » en règle , afin de rendre l’arabité exclusive de la Mauritanie décisive et irréversible, pour citer quelqu’un. Le plus stupide de tous les présidents prit le mot à la lettre et, s’ensuivirent alors les déportations, l’épuration ethnique de la fonction publique, les éxecutions extra- judiciaires massives, simultanément à la radicalisation de l’Arabisation !

Le recours passionné et passionnel à cette langue arabe, en réalité , a pour visée le maintien du monopole du pouvoir par les Arabo -berbères, dicté par « des peurs enfouies »; le recours à la langue arabe ne servira pas de ferment d’unité, ou de moyen de promotion et d’épanouissement pour tous, mais de gangue protectrice, de garantie pour la préservation et la perpétuation du monopole du pouvoir par un seul groupe ethnique . Peu importait donc qu’elle se fît bien ou mal, pourvu qu’elle protégeât et pérennisât le Système ou l’hégémonie Bidhaan .

Voilà pourquoi l’Arabisation se fit dans la passion et la précipitation, caractérisée par l’impréparation et l’improvisation totale, sans préocupation aucune, pour l’efficacité, sacrifiant l’essentiel,c’est-à-dire n’accordant aucune considération pour la qualité , aucune pour la perspective d’emploi, aucune pour le développement , comme le résumait si bien quelqu’un.

Le résultat au bout ? un gâchis énorme et l’impasse totale !

Du côté Maure on assista à des générations d’enfants des masses populaires défavorisées sacrifiés à vie, sur l’autel du slogan de la « repersonnalisation » factice et démagogique de Moctar ould Daddah . Les enfants du peuple seront les seuls grands perdants. Les fils de Hasni ould Didi , de Mohameden Ould Babah , de Salah ou de Hamdi Ould Moukhnass, ces petits fils d’Emirs comme ceux, privilégiés, des colonels , gouverneurs et préfets, se verront assistés, après cours, à domicile, par des Maîtres francophones, payés à l’heure .

Du côté Négro Africain ce fut l’échec scolaire le plus massif, depuis1960 . Cette perception de l’arabe comme facteur d’échec et d’exclusion combinés ,conduira au rejet de l’Arabe, même par les arabisants négro-africains , perçue, à juste titre, comme instrument discriminatoire de sélection et de pénalisation .

Il faudrait être un génie pour réussir dans un tel système, pour ces écoliers négro-africains qui entamaient leur scolarité avec une double langue étrangère, au sens pédagogique du terme ! Seul le génie, disait Alain, n’a pas besoin d’aide , « au moindre appel, il bondit et perce la broussaille !».

Quelle solution, à quelle condition pour aboutir à des réformes adaptées et efficientes, au service du développement et de l’épanouissement pour tous ?
Une volonté déterminée, clairement affirmée, d’un devenir en commun, librement choisi, en constitue une pré-condition, essentielle, à mon sens, mais aussi et surtout un esprit nouveau, une mentalité nouvelle débarrassée du complexe ”du peuple supérieur”, tournée vers le respect de l’autre.

En ramassé , il nous faudrait , concernant l’orientation à donner à notre Système éducatif, en perspective de notre développement , opter pour une ligne médiane entre l’Enseignement technique et l’Enseignement Général , entre l’Enseignement de masse et l’élitisme; au niveau des langues , l’arabe devra être enseignée aux négro-africains, comme langue de communication tout court , et réciproquement pour le Pulaar, le Soninke et le Wolof en milieu Arabo-berbère, sans avoir, bien sûr, à renier le Français. Débarrasser cette langue arabe du dessein inavoué que l’on a voulu lui faire jouer, en l’instrumentalisant à des fins d’assimilation et d’exclusion, pour lui restituer son statut et son rôle de communication entre les peuples.

Un changement de mentalité, impératif et primordial à mon sens enfin, qui devra s’operer, en passant par la restauration, dans les langues maternelles, des cours de morale et de civisme fondés sur les valeurs de Justice, d’honneteté, de générosité, de partage, et sur la tolérance et le respect des différences.
C’est à ces conditions que l’on pourra reconstruire ou bâtir un Système éducatif, neutre, juste et effiscient, débarrassé de calculs partisans, qui servirait l’unité dans l’égalité des chances, et assurerait à tous le développement et le plein épanouissement !
Lorsque pendant 40 ans, on a essayé ou pratiqué quelque chose qui ne marche pas, ne fonctionne pas, le bon sens commande de changer !

Dakar le 10 juin 2008.

La lutte continue!

Bara Ba -FLAM-Sénégal.
http://www.flamnet.info/

A propos de nos langues nationales

altLe problème des langues, à l´instar de tous les problèmes inhérents à la nature même du Système d´Etat mauritanien, ne peut trouver de solution durable que dans le cadre de le décentralisation poussée de l´Etat mauritanien pour ne pas dire de l´AUTONOMIE. C´est par l´application des principes de l´autonomie que se résoudront du coup les problèmes linguistiques.

 Une langue est un instrument, créée pour les besoins de communication par une communauté donnée. Dans un espace où cohabitent des langues différentes, la paix, la stabilité et le développement ne sont possibles que s´il est institué un multilinguisme qui correspond à une répartition spatiale et socio-politique juste de l´épanouissement de ces mêmes langues.

 

La régle de la compétition loyale verra une langue s´imposer au fil du temps par son dynamisme propre, ou alors la densité des interférences en créera une nouvelle. Dans tous les cas, ce n´est pas par des pratiques moyennâgeuses telles que celles adoptées par l´Etat mauritanien qu´une langue s´imposera sur les autres. On connait depuis longtemps l´étendue de l´arrogance bornée de Ould Taya qui croyait pouvoir décréter l´arabité de la Mauritanie et s´employer à parachever l´oeuvre_ en tout état de cause bancale puisqu´incapable d´arriver à ses fins_ de ses prédécesseurs.

 

Ainsi le matraquage intempestif à la radio, à la télévision et à l´école de l´arabe au mépris de toutes les autres langues nationales a provoqué le rejet en bloc non de cette langue, mais de l´utilisation qui en est faite, par tous les mauritaniens, y compris tous les arabes réfléchis et patriotes qui, à l´opposé de quelques inconditionnels du Baathisme et du Nassérisme, comprennent la nécessité pour le progrès et la paix du pays, l´épanouissement de chaque citoyen dans sa propre langue.

 

Les contre-performances chroniques de l´école et de l´administration mauritanienne ne suffisent-elles pas de montrer l´échec de la politique bornée d´arabisation à outrance? Il est vrai que c´était plus pour “beydaniser” ses institutions que le triste colonel s´est engagé pour l´aventure que l´on connait.

 

L´institut des Langues Nationales, fruit de la lutte héroïque du mouvement noir a été chroniquement saboté par le gouvernement, avec des moyens de fonctionnement dérisoires et des activités limitées. Il est cependant la base de la réhabilitation des langues nationales. L´alphabétisation des populations et la transcription des concepts scientifiques dans ces langues sont une nécessité impérieuses.

 

Des langues comme le Français doivent progressivement perdre leur statut actuel pour celui plus conforme de langue de communication. L´arabe, le Bambara, le Pulaar, le Soninké et le Wolof doivent quant à eux aussi bénéficier du même statut et par conséquent jouir des mêmes DROITS dans tous les domaines en vertu de l´ÉGALITÉ absolue des nationalités.

 

En fait le problème Négro-Africain est un problème d’exclusion globale; exclusion sur le plan politique, économique, culturel et social. Ils réclament l’Enseignement des Langues Nationales garant de leur identité, en toute légitimité, sans exclure ni l’Arabe ni le Français.

 

Tel est l’enjeu et la véritable dimension du problème!

 

La lutte continue.

 

Elimane Bilbassi.

 

www.flamnet.info

 

Etats généraux de l’éducation:Liste des membres de la commission de supervision

altALAKHBAR(Nouakchott)-ALAKHBAR publie la liste des membres de la commission de supervision des travaux des ateliers des journées de réflexion sur l’éducation: 1-Diallo Ibrahima (Professeur de l’enseignement supérieur)
2-Abderrahmane Ould Youra (Professeur de l’enseignement supérieur)
3-Bilal Ould Hamza (Professeur de l’enseignement supérieur)
4-Mohamed Mokhtar Ould Sidina (Professeur de l’enseignement supérieur)
5-Khalil Ould Jiddou (Professeur de l’enseignement supérieur)
6-Moulaye Ahmed OuldHasni (Professeur de l’enseignement secondaire)
7-Sidi Ould Alaoui (Professeur de l’enseignement secondaire)
8-Cheikh Konaté (Professeur de l’enseignement secondaire)
9-Fatimata Bâ (Professeur de l’enseignement secondaire)
10-Mohameden Ould Bouka (Professeur de l’enseignement secondaire)
11-Mohamed Mahmoud Ould Moud (Inspecteur de l’enseignement fondamental)
12-Dah Ould Dadeya (Inspecteur de l’enseignement fondamental)
13-Mâh Mint Younouss (Inspectrice de l’eneignement fondamental)
14-Coulibaly Mansour (Inspecteur de l’enseignement fondamental)
15-Ahmedou Ould Radhi (Professeur de l’enseignemnt originel)
16-Hamoudi Ould Hamadi-Président -Prof Ens Sup (Doyen de FLSH).