Monthly Archives: March 2019
Moi aussi j’étais à Oualata (Deuxième partie)/Par Oumar Ould Beibacar
[…] Pendant l’hivernage, l’administration de M’Bagne se déplaçait de M’Bagne à l’école de Niabina, à quinze kilomètres, au Nord, sur l’axe Boghé-Kaédi. Quand on vint à Niabina, je demandai à maman si l’on pouvait dire : Do weni Niabina (ici c’est Niabina), Do weni Bagodine (ici c’est Bagodine) situé à l’Est de Niabina, Bagodine dont on voyait la mosquée, à partir de Niabina. Elle me répondit : « vous pouvez dire tout ce que vous voulez. L’interdit, c’est Do weni Mbagne (ici c’est M’Bagne).
Le mardi 15 Août 1972, le Conseil des ministres annonçait la mutation de mon père comme chef d’arrondissement de Lixeiba 2 Podor Mauritanie, dans la région du Trarza. Consternation et tristesse de toute notre famille, tant la communauté peule avait conquis nos cœurs. Depuis, nous aimons la communauté peule du monde entier et, particulièrement, celle de Mauritanie, surtout celle du département de M’Bagne. Lorsqu’advint l’électrification des départements de l’intérieur, notre maman n’eut de cesse de demander si M’Bagne l’avait obtenue et si le tronçon Niabina-M’Bagne, d’une quinzaine de kilomètres, avait été goudronné. A chaque fois, je me renseignais et l’on me confirmait que M’Bagne, malgré son soutien indéfectible au pouvoir, n’avait encore obtenu ni l’électrification ni le goudron. Quand elle me posa la même question, en 2003-2004, je me suis encore renseigné et appris, ainsi, que pour l’électricité il n’y avait rien de neuf, mais que, pour le goudron, ils espéraient l’obtenir dans les meilleurs délais, puisque le ministre des Transports était un m’bagnois.
Un jour, je trouvai maman particulièrement émue et radieuse. Je lui demandai pourquoi. « Je viens d’apprendre », me répondit-elle, « que la fille de Tijani Kane a donné mon nom à sa fille qui vient de naître. » A son décès, le 18 Octobre 2007, M’Bagne n’avait toujours obtenu ni électrification ni goudron.
Commandant du GR1 Néma
Avant ma mutation à Néma, j’étais en stage de capitanat à l’EMIA d’Atar. Prévue du 23 Octobre 1987 au 23 Avril 1988, la session fut prolongée de vingt-deux jours et ne donc prit fin que le 15 Mai 1988. A son issue, treize des vingt stagiaires furent déclarés admis, les sept autres se retrouvant ajournés arbitrairement. Quoique tous libérés le 16 Mai, seuls les militaires et les gendarmes bénéficièrent, le jour même, de leur retour à Nouakchott, assuré par leur corps respectif, alors que les gardes durent patienter une semaine à Atar, le chef de corps refusant de leur fournir un moyen de transport. C’est donc le lundi 23 Mai que nous arrivâmes à l’état-major de la Garde. On nous y ordonna de présenter un rapport de fin de stage que nous remîmes au chef secrétariat du corps, puis l’on nous demanda de revenir le lendemain.
Quand nous revînmes, le lendemain vers 9h, le chef secrétariat me dit de me présenter au chef d’état-major, dès son arrivée au bureau, et qu’il m’en informerait. En attendant, je rendis visite de courtoisie au commandant Guérardi, nouveau conseiller du chef de corps qui avait pris service pendant notre stage. J’entrai dans son bureau et me présentai. « Ah, c’est toi, le lieutenant Beibacar », me dit-il, « tu seras muté le plus loin possible de Nouakchott. – Pourquoi donc ? – Il paraît que tu es une grande gueule. – Merci du compliment », rétorquai-je, avant de l’entendre conclure, sibyllin : « le plus loin de Nouakchott, c’est Néma et Néma, c’est toujours la Mauritanie ».
A ma sortie du bureau du conseiller, le chef secrétariat m’informa que le chef m’attendait dans le sien. Je m’y rendis aussitôt pour y trouver un chef de fort mauvaise humeur. « Tu nous as pondu le plus long rapport de fin de stage », me lança-t-il, « et tu y parles d’injustice. De quoi s’agit-il ? – J’ai compté trois injustices », expliquai-je, « la première me concerne personnellement, il s’agit de mon logement de sous-officier où j’avais laissé ma mère et mes frères et dont vous les avez virés, manu militari, sous prétexte que j’avais obtenu un logement de la SOCOGIM, une chambre avec douche et toilettes, à 8 500 ouguiyas par mois, pendant 15 ans.
Mais le règlement prévoit que lorsque le stage est inférieur ou égal à six mois, le stagiaire garde son logement. Ce n’est que lorsque le stage est supérieur à six mois que son logement peut être affecté un autre officier. Le capitaine Sy Moulaye, ordonnateur du budget au ministère de l’Intérieur, a obtenu un même logement de la SOCOGIM mais occupe toujours son logement d’officier, sans être inquiété. Ça, mon colonel, c’est de l’injustice ». Le chef me demanda de continuer. « La seconde injustice concerne l’état- major de l’armée nationale et l’ajournement arbitraire de sept de nos promotionnaires, pourtant parmi les meilleurs. La troisième concerne la Garde nationale. A l’issue de notre stage, on nous a annoncé le concours du CPOS. Les ajournés de la gendarmerie et de l’armée ont été autorisés à s’y présenter mais pas ceux de la Garde, exclus sur instructions de son chef d’état-major. Ils avaient déjà perdu une année, à cause de leur ajournement arbitraire, et vous leur en avez donc fait perdre une seconde, tout aussi injustement. J’ai aussi relaté votre refus de nous envoyer un véhicule, après la fin de notre stage, ce qui nous a obligés de rester à Atar une semaine, avant de trouver les moyens de rentrer à Nouakchott ».
« Je peux comprendre ta réaction », me répondit le chef, « au sujet du logement où habitaient tes parents, ainsi que celle concernant l’ajournement de tes collègues. Mais je ne peux pas admettre ta réaction au sujet de tes deux collègues ajournés et empêchés de se représenter au concours. Eux-mêmes n’ont en pas fait problème, dans leur rapport de fin de stage. – Peut-être ont-ils peur. – Et toi non ? », me rétorqua-t-il. « Je n’ai pas peur de dire la vérité », répliquai-je tout de go, « surtout quand on me le demande, et quelles qu’en soient les conséquences. « Enfantillages ! », conclut le chef, « tu peux disposer ». Je sortis du bureau. Une heure plus tard, le chef du bureau personnel nous remit des titres de permission de trois mois. Cela signifiait qu’on n’était pas les bienvenus.
A l’issue de cette permission, le jeudi 24 Août, le chef du bureau personnel nous notifia nos mutations. J’étais, moi, nommé commandant groupement régional numéro 1, à Néma, comme me l’avait prédit le commandant Guérardi. J’annonçai la nouvelle à ma maman. « Tu ne peux pas nous laisser seuls, moi, tes petits frères et sœurs », réagit-elle, « je vais voir mon fils Bibi » – c’est le surnom de Jibril ould Abdallahi, son beau-fils, alors ministre de l’Intérieur – « pour lui demander de te muter à Nouakchott. – Il ne pourra pas annuler une décision qu’il a déjà prise », expliquai-je, « le commandant de la Garde propose la mutation des officiers au ministre de l’Intérieur qui l’entérine et en informe le président de la République qui l’approuve. La mutation devient alors irrévocable, jusqu’au mouvement prochain, un an ou deux plus tard. Et puis, ton fils Bibi n’a rien fait pour vous maintenir dans votre logement de la Garde, alors qu’il a épargné, à son collaborateur, le capitaine Sy Moulaye, de subir le même sort ». Résignée, maman répondit : « Le Hodh est une très belle région, ton père fut lui-même muté à Néma, dans les années 50, comme commandant de la brigade de la Garde, en remplacement de Hamma, le matricule 001 de la Garde nationale, et tu as beaucoup de parents là-bas. Puisse donc Le Tout Puissant t’y accorder bonheur et prospérité. »
Cap sur Walata
Arrivé à Néma le lundi 29 Août 1988 à 8h30, par le vol d’Air-Mauritanie, je fus accueilli par le lieutenant Dahi ould El Mamy, commandant du groupement sortant, qui m’annonça immédiatement le décès de l’adjudant-chef Ba Alassane Oumar, le vendredi précédent. Je lui en demandai les causes, il me répondit qu’il était venu malade et qu’il en avait succombé. J’étais étonné que l’état-major ne m’en ait pas informé. De 10 à 13h, nous entamâmes la passation de service, au poste de commandement, puis je demandai à Dahi de m’en détailler le programme. « Après le déjeuner », me dit-il, « nous allons commencer par Timbedra puis Aouweinatt Ezbel, Djigueni, Bousteila, Adelbegrou, Amourj, Bassiknou, Vassala et Walata, ça prendra au moins une semaine ». Je lui proposai alors d’inverser le circuit et de commencer par Walata car je voulais d’abord voir la situation des prisonniers. Il acquiesça et, partis à 14h pour Walata, nous y arrivâmes à 18h.
Il y avait, au fort, deux compartiments. A gauche, plusieurs dizaines de prisonniers maures, blancs et noirs, très bien portants. Bien habillés, bien nourris et logés dans des chambres propres et meublées certains tenaient même commerce florissant. A droite, une très grande chambre de plus de 100 m², avec, à l’intérieur, des toilettes exposées, toutes fenêtres fermées avec du banco, sans donc aucune aération et beaucoup de pestilences : y étaient détenus, disait le commandant du groupement régional sortant, « les prisonniers les plus dangereux ». En entrant dans ce local infect, je fus complètement consterné : l’image de dizaines d’hommes, tous noirs et enchaînés, vêtus de haillons, à même le sol, me rappela la traite négrière, telle que j’avais découverte au cinéma. A ceci près, cependant, que les esclaves de la traite étaient fort gros et bien portants, puisque, pour les vendre il fallait qu’ils soient en très bon état. Alors que les prisonniers que je découvrais maintenant étaient très maigres et en très mauvais état ; de véritables squelettes vivants ; avec, malgré tout, dans leur regard, beaucoup de dignité et de responsabilité, et dans leur comportement, une tout aussi respectable attitude.
Je reconnus, en cette assemblée déshéritée, plusieurs officiers de ma promotion, mes frères les lieutenants Ba Abdoul Khoudouss et Barro Moussa Gomel, ainsi que d’autres de la promotion des officiers de réserve en situation d’active – il y eut deux promotions : 80/81 et 82/83 – dont Ngayde Aliou Moctar et Yongane Alassane. A notre sortie de cette horrible cellule, je suis allé voir l’ordinaire. C’était l’heure du dîner : deux marmites ; une pour les prisonniers maures, un bon repas ; quant à la marmite des noirs, juste du riz de mauvaise qualité, fade, sans viande ni épices, vraiment immangeable.
A notre sortie du fort, je demandai, à Dahi, pourquoi les prisonniers étaient-ils enchaînés, en tel pitoyable état. « Ce sont les consignes du commandement », me répondit-il, « il a lui-même fait fabriquer les chaînes – Des ordres écrits ? – Non. – A moi, par contre », commentais-je, « on ne m’a donné aucune consigne de maltraiter des prisonniers. M’en aurait-on donné que je n’allais, d’ailleurs, jamais les exécuter : elles sont hors-la-loi. Car il y a une loi qui régit les établissements pénitentiaires et j’entends bien la respecter ».
J’interrogeai encore : « Le wali, qui est aussi le directeur de la prison, a-t-il rendu visite aux prisonniers ? – Non mais je lui rends compte régulièrement de la situation ». Nous nous rendîmes alors chez le préfet de Walata et je lui fis mon rapport. Il m’affirma qu’il n’avait jamais été informé officiellement de ce qui se passait dans la prison. Seuls des civils lui avaient parlé de noirs enchaînés qui transportaient des bidons sur une distance de plus de deux kilomètres, cela les avait beaucoup surpris et tous condamnaient cet inhumain traitement.
Nous passâmes la nuit à Walata et revînmes au fort, le lendemain 30 Août, pour mieux examiner l’état de Tène Youssouf Guèye, les conditions de sécurité et les problèmes des prisonniers de droit commun. Je demandai à Tène comment se sentait-il. « Mon lieutenant », répondit-il, allez-vous laisser mourir, comme un chien, un des hommes de culture de ce pays ? – Tranquillisez-vous », le rassurai-je, « tout sera fait pour vous évacuer rapidement et vous prodiguer des soins appropriés, incha Allah ».
A 13h30, nous repartîmes de Walata pour Néma où nous arrivâmes à 20h. J’envoyai, immédiatement, un message chiffré et un rapport à l’état-major sur la situation catastrophique des prisonniers. Dès 8 h du lendemain 31 Août, j’en rendis également compte à monsieur Guèye El Hadj, l’adjoint du wali, le titulaire étant absent. Il s’en déclara abasourdi, affirmant n’avoir jamais été informé de ce drame. Je lui proposai alors de saisir, d’urgence, le ministère de l’Intérieur, surtout au sujet de la santé de Tène ; de mettre, à ma disposition, un médecin pour consulter les prisonniers ; et me permettre ainsi de poursuivre tranquillement ma passation de service. Le wali-adjoint me dépêcha aussitôt le médecin-chef directeur de l’hôpital, Mohamed ould Menou, avec qui je repartis, à 17h 40, pour Walata. Arrivée vers 22h, consultation rapide de tous les prisonniers, jusqu’à 2h30 du matin. Après avoir laissé, au fort, un véhicule, son conducteur et un infirmier, pour assurer le transfert, aux aurores, de Tène à Néma, nous repartîmes, dès la fin de la consultation, vers Néma où nous arrivâmes, le 1erSeptembre à 6h, pour y rendre compte au wali-adjoint, à 8h 45. Le médecin-chef insista sur l’extrême gravité de l’état de santé de Tène qui nécessitait, s’alarmait-il, « une évacuation d’urgence à Nouakchott ».
Le wali-adjoint nous informa, en réponse, que le ministre de l’lntérieur l’avait saisi au téléphone au sujet de Tène, demandant s’il était possible qu’un avion atterrisse à Walata. « Le préfet m’a dit qu’il n’y a pas de terrain d’aviation à Walata », ajouta le wali-adjoint, « j’en ai informé le ministre, il a décidé d’envoyer un avion sur Néma, pour assurer l’évacuation de Tène ». J’avais donc un peu de temps pour reprendre ma passation de service et, après accord avec le wali-adjoint, je me rendis avec mon prédécesseur à Timbedra. C’est ici qu’on m’annonça, à 10h, l’arrivée de Tène à Néma. Le chef de poste de la prison civile me fit savoir, par radio, que Tène avait été installé dans sa prison, sur ordre du ministre de l’Intérieur, mais qu’il était suivi par le médecin-chef de l’hôpital de Néma, en attendant l’avion médical. Un isolement censé lui interdire tout contact avec des infirmiers négro-africains à l’hôpital, dont le frère du prisonnier Ngaide Aliou Moctar, un activiste du MND, auxquels il pourrait rapporter la situation catastrophique des prisonniers. Mais une mesure d’autant plus ridicule que le poste de garde de la prison était entièrement composé de toucouleurs, qui y avaient été mutés suite à la tentative de putsch de 1987.
Je poursuivis ma passation. Le vendredi 2 Septembre, c’est pendant notre sieste à Djigueni, qu’on m’annonça le décès de Tène, survenu, très exactement, à 13h56. Je partis de Djigueni à 15h30, pour arriver à Bousteila trois heures plus tard. J’en repartais à 20h, pour Timbedra où je passai la nuit. Le 3 Septembre à 6h30, je reprenais la route de Néma. Trois heures plus tard, j’étais devant la tombe de Tène où j’inscrivis ses initiales, TYG, en grattant avec une pierre sur son épitaphe. (A suivre).
le calame
COLLECTIF DES DÉFENSEURES DES DROITS DES FEMMES ET LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES ET LE PROJET DE LOI CADRE RELATIF AUX VBG EN MAURITANIE
Arafat a abrité, le samedi 23 mars la cérémonie de lancement du projet : ‘’Rencontre, Femmes et Violences, plaidoyer pour une loi juste’’ financé par le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France dans le cadre du programme « Femmes, paix et sécurité » (coopération G7 et la Mauritanie).
Il s’agit d’une série d’actions de sensibilisation et de plaidoyer organisées par le Collectif des Défenseurs des Droits des Femmes et Lutte contre les VBG (60 associations) en commémoration de la journée mondiale de la femme, le 8 mars 2019.j Ainsi que des journées portes ouvertes de sensibilisation communautaire dans les 3 wilayas de Nouakchott qui seront clôturées par un séminaire international dont l’objet est l’adoption d’une loi qui protégerait les femmes contre l’injustice et les violences.
Ce samedi, 23 mars, dans le grand bourg de Arafat, cette journée de sensibilisation contre l’absence d’une loi qui protège contre les violences faites aux femmes a permis de donner la parole aux communautés de base en présence des acteurs locaux, des sages femmes et l’Imam du quartier ainsi que des troupes théâtrales et même des écoliers. Un échange fructueux avec les membres du collectif dont sa coordinatrice, Mme Sektou Mohamed Vall, Mme Aichetou mint Ahmed coordinatrice du projet et les 2 organisatrices de la journée de Arafat, mesdames Dewel Diop et Mariem Diallo.
Au programme des témoignages patents sur les viols de mineurs, devenus très récurrents, en particulier, dans la capitale et les violences conjugales, illustrés par des sketchs, parmi les plus marquants fut le viol d’une fillette de 4 ans à El Mina narré par sa mère et a saisi l’occasion en s’adressant aux parents sur la nécessité de rester vigilants sur leurs enfants, à surveiller leur fréquentation, à saisir les ONG et la police en cas de besoin. Les communautés d’ARAFAT ont à cette occasion lancé un appel en direction des autorités en charge de l’élaboration et de l’application des lois pour qu’elles prennent rapidement des dispositions pour une loi juste qui protège les femmes et les filles et non une loi qui accuse les victimes et les jette en prison pour un crime dont elles sont les victimes.
Dans son mot introductif la présidente d’AMANE porteur du projet et coordinatrice du CDDFLVBG a expliqué que le groupement a déjà révisé positivement le projet de loi qu’il y a apporté les retouches nécessaires pour que le texte soit protecteur dans toutes ses dispositions y compris l’article 7 et l’article 9 qui nuisent à la femme et à l’image du pays.
Les présentes actions visent à faire s’asseoir autour d’une même table toutes les parties prenantes et ainsi mettre fin à la controverse due sans aucun doute à une absence de communication entre les acteurs qui jusque là ne fait que perdurer alors qu’une bonne concertation entre les responsables de la loi, les religieux et les organisations de femmes qui travaillent sur le terrain avec les justiciables est la meilleure façon d’éliminer les imperfections qui nuisent au texte
Le collectif n’entend donc pas se contenter d’une loi destinée simplement à la consommation ; il demande la prise en compte de leurs préoccupations. Lesquelles préoccupations ont fait l’objet de partages avec les intéressées à travers des campagnes de proximité, a indique Mme Dewel Diop, l’une des organisatrices de la journée
Après Arafat, les journées portes ouvertes sur les violences à l’égard des femmes et des filles continuent se poursuivront par des rassemblement des populations de Nouakchott Nord à Haye Teyssir de Dar Naim et à Basra de Nouakchott Ouest.
le calame
Massacre au Mali: IBK remplace son état-major et dissout la milice dogon
Le dernier bilan de massacre ce samedi de civils peuls dans le centre du Mali fait état d’au moins 135 morts et plus de 50 blessés. Les assaillants étaient habillés en tenue traditionnelle de chasseurs « dozo ».
Au lendemain de l’attaque, c’est la consternation, alors que les secours s’occupent encore des blessés. Le gouvernement malien a annoncé ce dimanche après-midi le limogeage des principaux chefs de l’armée et la dissolution de la milice dogon Dan Amassagou accusée d’exactions.
Selon des témoins, c’est la désolation dans le village meurtri de Ogossagou. Les habitants creusent ce dimanche une fosse commune pour enterrer une quarantaine de civils, qui n’ont pas pu être inhumés la veille, le jour du drame.
« Nous n’avons pas le moral, les gens sont tous traumatisés », témoigne par téléphone un élu. Un autre décrit les restes de cases brulées, les animaux calcinés, les affaires personnelles réduites en cendres, témoignages silencieux de l’horreur.
Une délégation du gouvernement – composée notamment de trois ministres – est présente sur place. Des dizaines de militaires ont aussi été dépêchés dans les villages pour sécuriser les lieux et rassurer les habitants. Enfin, le gouvernement s’est engagé à arrêter les auteurs de ces massacres et à apporter la justice.
Le président Ibrahim Boubacar Keïta a réuni un Conseil des ministres extraordinaire « pour annoncer la dissolution de l’association Dan Nan Ambassagou pour dire clairement aux uns et aux autres que la protection des populations restera le monopole de l’Etat », a déclaré à la presse le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga à l’issue de la réunion. Ce dernier a également annoncé « la nomination de nouveaux chefs militaires », sans donner de détail. Les responsables de l’armée limogés sont le chef d’état-major général des armées, M’Bemba Moussa Keïta, et ceux de l’armée de Terre et de l’Air.
Par ailleurs, les secours se sont organisé une partie de la soirée, samedi, notamment pour évacuer les blessés. Ils ont été conduits vers la localité de Bankass pour certains, vers Mopti pour d’autres.
Sur les réseaux sociaux ou dans les rues, les Maliens disent leur choc et leur indignation au lendemain du massacre. Un choc partagé par le représentant de la mission de maintien de la paix Mahamat Saleh Annadif qui, devant la presse samedi et entouré d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU, a enjoint à l’État de stopper la spirale de la violence.
“Face à ce drame inqualifiable, j’en appelle d’abord à la cessation de la spirale de la violence. Dans le cadre de notre mandat de protection des civils, une force d’intervention rapide de la Minusma a été aussitôt déployée dans le lieu de l’incident. De même, des mesures pour évacuer les blessés vers Sévaré ont été prises.”
De son côté, le gouvernement est resté plutôt discret. Il n’y a pas eu de prise de parole publique pour le moment. Dans son communiqué samedi soir, les autorités assuraient qu’une enquête avait été ouverte.
Comme d’autres élus des environs, Cheick Harouna Sankaré, maire de Ouenkoro, affiche son inquiétude. Cet ancien candidat à la présidentielle explique que dans la ville de Bankass, aujourd’hui, des civils peuls demandent protection, demandent même à partir plus au sud.
Les associations des droits de l’homme ainsi que l’association communautaire peul Tabital Pulaaku pointe l’absence de l’État dans cette zone. Le massacre d’Ogossagou n’est pas un cas isolé. Selon Tabital Pulaaku, dans le cercle de Bankass, les affrontements intercommunautaires ont fait au moins une cinquantaine de mort depuis janvier 2019.
RFI
Réunion de la Communauté Halpulaaren proche du pouvoir chez Kane Yahya : «Réconcilier les clans et se positionner pour la présidentielle»
La maison de Kane Yahya, a abrité, jeudi 21 mars, dans l’après-midi, une importante réunion de la communauté Pulaar de la majorité présidentielle. Notables, hauts cadres de l’administration, des généraux à la retraite de l’armée et quelques jeunes ont accouru de tous les quartiers de la capitale.
Cette rencontre avait pour but de sceller la réconciliation entre les différentes tendances politiques de la vallée, d’une part, de créer un cadre de concertation et suivi sur les problèmes spécifiques de cette partie du territoire national, mais aussi d’arrêter un choix commun pour la présidentielle prochaine, d’autre part. En effet, comme partout ailleurs, les clans politiques ont étalé toutes leurs divergences politiques, lors de la dernière réimplantation de l’UPR puis au cours des investitures des candidats pour les municipales, législatives et régionales de septembre dernier, au point que certains responsables politiques de la communauté se regardent en chiens de faïences, s’invectivent même, reléguant ainsi en arrière plan, les intérêts de leurs compatriotes. La tâche était ardue, le défi énorme et il a fallu que certains hommes comme Bâ Bocar Soulé, Kane Abdoul Wahab et N’Gaidé Alassane s’activent, avec le soutien décisif de Mme Bâ coumba chargée de mission à la présidence, des généraux à la retraite, Dia Adama , N’Diaga Dieng et de Félix Négri, pour en arriver à la réunion de ce jeudi, 21 mars. Une date à marquer, d’une pierre blanche, pour certains dans les démarches unitaires de la communauté Foutanke. Ils ont réussi, en quelques semaines, à réconcilier ceux qui ne se parlaient même pas, dans les 7 régions du pays où vivent les Peulh, en particulier dans la vallée, avant de contacter et de sensibiliser, autour de la problématique unitaire, les notables, les cadres, imams et certains acteurs de la société civile. Tous ont accueilli favorablement le projet d’où leur présence importante au lieu de la rencontre pour écouter le compte rendu des démarches effectuées et d’envisager, dans la sérénité, la prochaine présidentielle. Parce que reconnaissent les différents intervenants, sans l’unité et le resserrement des rangs, point de réussite des actions et démarches à entreprendre. Sans l’unité observe un cadre, nous ne pèserons rien dans l’arène politique.
L’unité, l’unité, l’unité
Expliquant l’objet de cette rencontre, M. Bâ Bocar Soulé a fortement insisté sur l’urgence de dépasser les querelles entre les acteurs politiques pour s’unir autour de l’essentiel, ” sans unité dans nos rangs, point de succès dans nos combats quotidiens pour la communauté et pour le pays”, dira-t-il. Et de préciser: nous ne nous réunissons pas ici parce que nous sommes hostiles aux autres composantes du pays, mais, parce que nous avons d’abord à surmonter nos clivages internes, à extirper le mal qui mine nos rangs et à débattre de nos problèmes spécifiques et enfin, à tendre la main aux autres compatriotes. Il s’est réjoui de la grande mobilisation de la communauté, ce qui, à ses yeux témoigne de l’adhésion à l’idée mise en branle par les jeunes parlementaires de la vallée.
En effet, sollicités par la direction de leur parti, pour apporter un soutien aux candidats de l’UPR, contraints au 2e tour, au niveau d’El Mina et au 3e tour à Arafat, les parlementaires dont N’Gaidé Abderrahmane et Niang Mamadou Younouss sont descendus dans ces quartiers populeux. Le parti leur avait assigné la mission de sensibiliser l’importante communauté négro-africaine vivant dans ces départements pour voter pour les candidats UPR. C’est dans ce cadre qu’ils ont décidé, après avoir écouté les populations exposer les problèmes qu’ils vivent dans leur quotidien, de transmettre ces doléances aux plus hautes autorités de la République et d’œuvrer à leur satisfaction. Cette réunion de jeudi est donc l’aboutissement de cette démarche.
Chapelet de doléances
Prenant la parole à son tour, le général à la retraite Dia Adama a explicité les objectifs attendus de la rencontre. Après avoir rappelé, à l’attention de ceux qui seraient amenés à en douter, que les Peulh sont des mauritaniens au même titre que les autres composantes du pays, qu’ils ne se réunissent pas contre les autres, mais pour débattre de leurs problèmes spécifiques. Nous ne sommes pas extrémistes, nous sommes des centristes et réclamons simplement des droits. Lesquels problèmes touchent l’état civil, des rapatriés rentrés au pays sans état civil, sans lequel on ne peut ni candidater, ni voter, manque de moyens pour mettre en valeur la terre et le cheptel. Il faut mettre en rapport les investisseurs et les propriétaires, suggère-t-il ; le chômage des jeunes, l’absence d’hommes d’affaires et donc d’investissements pour améliorer la production agricole et tendre vers l’autosuffisance alimentaire, car un homme qui a faim n’est pas digne; la question des langues nationales, pour le vivre ensemble, la représentativité au sein de l’administration… Sans égalité, point de justice.
”Le discours de Ghazwani nous rassure”
Évoquant la prochaine présidentielle, le général à la retraite n’a pas manqué d’attirer l’attention des participants sur le choix responsable qu’il faut opérer. Dans ce cadre, il fait observer que parmi les personnalités qui ont officialisé leur candidature, seul le général Ghazwani est sensible aux préoccupations de la communauté ci-haut mentionnés. Dans son discours, il a reconnu, poursuit le général Dia, les efforts faits, les insuffisances enregistrés avant de s’engager à régler les problèmes d’injustices dont sont victimes certaines communautés. Dès lors, estime-t-il, il faut aller vers celui-là pour lui proposer un partenariat. Son discours nous rassure parce que nous sommes des citoyens modérés de ce pays.
Pour ce faire, l’ensemble des doléances de la communauté qui se sent très marginalisée dans l’administration et presque tous les autres secteurs de l’état, feront l’objet d’un document qui sera soumis au candidat par une commission qui sera désignée. La commission de 3 personnes, à la base de l’initiative sera étoffée pour peaufiner le document avant de le présenter au candidat Ghazwani.
D’autres orateurs ont pris la parole pour abonder dans le même sens, instant surtout sur la concrétisation de cet engagement. « Si cette démarche n’aboutit pas, la communauté aura enregistré le plus cuisant échec dans son cheminement et dans ses rapports avec les autres communautés », a prévenu une intervenante.
Signalons que dans son mot de bienvenue à l’assistance, le doyen d’âge Kane Yahya, comme l’Imam Ball Mohamed, l’Imam Sow Abou avaient insisté sur l’urgence pour les membres de la communauté de réussir leur pari; ils ont félicité les initiateurs de la rencontre et souhaité son plein succès. M. Dieng Boubou Farba, a fait remarquer qu’il est inédit que la communauté se réunisse à la veille d’une échéance électorale pour se positionner derrière un candidat ; c’est un pas à saluer et à encourager ; il a suggéré de s’ouvrir aux autres qui vivent les mêmes problèmes que la communauté. De son côté, Sow Moussa Demba dit Thiombé, quelque peu sceptique, s’est demandé si les intérêts égoïstes laisseront enfin la communauté réussir le pari de l’unité. Il a invité les uns et les autres à faire preuve de maturité et de pragmatisme.
Notons qu’en plus de ces personnalités, on a noté la présence de Dia Amadou Mamadou, Bâ Mamadou Alassane, Yall Zakaria, Diallo Abou Moussa, Sow Adama, Kane Abdoul Wahab, Kane Moustapha, Wane Ismaila, N’Gaidé Lamine Kayou, Bâ Coumba, Le Pr. Kane Boubacar, Dia Moctar Malal, Djinda Ball, les généraux à la retraite, N’Diaga Dieng, Félix Négri, l’ancien ministre Bâ Ousmane, l’ancien maire Thiombé Sow, Bâ Amadou Abou, Kane Hadya,l’ancien ambassadeur N’Gam Adama, Kadiata Diallo…
LE CALAME
Mali: plus de cent morts dans un massacre dans le village peul d’Ogossagou
Au Mali, c’est un véritable massacre qui a eu lieu, au matin de ce samedi 23 mars, dans un village peul du centre du pays. Des hommes armés habillés en chasseurs traditionnels ont fait irruption dans le village d’Ogossagou. Selon des sources concordantes, plus de 100 personnes ont été tuées.
Cheick Harouna Sankaré est le maire d’une commune du centre du Mali. Comme d’autres, bouleversé, il décrit la scène. Tôt ce samedi matin, des hommes armés débarquent dans le village d’Ogossagou, non loin de la ville de Bankass, « massacrant plusieurs dizaines de civils peuls ».
Un autre élu donne des détails. Le chef de village, Amadou Belko Bari est « tué devant sa mère » qui sera, à son tour, « exécutée ».
Un chef religieux local, Bara Sékou, a également « été tué ».
Dans la furie, les assaillants n’épargnent personne… ni les femmes, ni les enfants, ni les jeunes, ni les vieillards, tous de la communauté peule.
Et comme s’ils s’étaient bien préparés, alors qu’un groupe tuait sans discernement, un autre groupe d’assaillants habillés en chasseurs traditionnels mettait le feu aux cases.
Dans le village d’Ogossagou, il y a également un endroit où étaient cantonnés les jeunes peuls armés, ex-jihadistes ou pas, qui souhaitaient intégrer le Processus désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Certains, parmi eux, ont perdu également la vie.
Selon des sources concordantes, le dernier bilan fait état de plus de 100 morts.
RFI




