Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: October 2013

La tribu dans tous ses états

A peine les choix de l’Union pour la République (UPR) annoncés, que les mécontentements se sont exprimés. C’était attendu. Mais ce qui l’était moins, c’est le cadre dans lequel cette expression s’est faite : à travers la tribu.  


Manifestation des activistes du M25 contre le tribalisme en Mauritanie. Les militants mauritaniens estiment que  

Manifestation des activistes du M25 contre le tribalisme en Mauritanie. Les militants mauritaniens estiment que “favoriser une culture du drapeau” permettra de lutter contre la culture tribale.  

 

 

Au Hodh, en Assaba, au Trarza, des communiqués ont été publiés au nom de tribus mécontentes du choix fait par l’UPR. C’est ce qui choque.    
  Jamais des choix n’ont suscité autant de désapprobation «tribale». Allant jusqu’à amener à dénoncer des éléments de la tribu cooptés par le parti qu’on dit «au pouvoir». Jamais justement l’expression tribale et sectaire n’a été aussi forte en Mauritanie. Quelques raisons à cela.    
  D’abord la perte des repères «traditionnels» parmi lesquels ceux dits «idéologiques». Qui est qui aujourd’hui ? qui est de gauche ? qui est de droite ? qui est du centre ? qui est conservateur ? qui est progressiste ? qui est islamiste ? qui est laïc ? La laïcité existe-t-elle ici et sous quels aspects ? suffit-il de revendiquer un référentiel religieux pour être islamiste ? ou de ne pas le faire franchement pour ne pas l’être ?    
  Il y a aussi les repères «physiques» autour desquels s’articulaient les enjeux politiques locaux et nationaux. D’abord les intermédiaires qualifiés parfois de «grands électeurs» : notables et dignitaires de régimes qui ont toujours servi d’encadreurs de masses. Le pouvoir de Ould Aziz a, dès son avènement, déclaré la guerre à l’intermédiation et aux professionnels en la matière. Décapitant «l’industrie politique» et mettant fin au racolage en la matière. Sans asseoir quelque chose à la place. C’est ce qui explique que la scène semble aujourd’hui un peu perdue, et même chaotique par moments et dans certains microcosmes.    
Troisième raison et non des moindres, l’absence d’alternative autre que l’instinct grégaire qui nous réunifie autour de ce que nous avons été et non de ce que nous aurions voulu être. Il est toujours plus facile pour les formations politiques de jouer sur les fibres sectaires et primitives que de concevoir et de travailler pour un projet moderniste et citoyen. Surtout qu’avec la désaffection des populations, le refus de ces formations de prendre leurs responsabilités et leur incapacité à faire face aux défis, les partis politiques n’ont pas pu dépasser le stade de la gestation «démocratique». Leurs choix de boycott en 1992 et plus tard ont eu l’effet d’une IGV pour la démocratie naissante. Du coup, la scène politique n’est jamais arrivée à maturation.    
  Il est plus simple alors de rester dans les schémas traditionnels qui imposent à l’individu la sujétion au groupe restreint. C’est finalement aux autorités de réagir fortement et rapidement.    
  Toute expression franchement tribaliste, ethnique et/ou régionaliste publique doit être sanctionnée dans l’immédiat. Aucune faiblesse ne doit être acceptée par les autorités. Les élections concernent les partis et non l’administration publique. Toute protestation doit viser les partis et non les structures de l’Etat…  
On pourra m’opposer que l’Etat lui-même et ses représentants doivent se faire respecter. C’est vrai, d’autant plus que ces élections occasionnent des manquements graves. Quand on sait que les arbitrages sur la loi des finances ont été suspendus parce que les administrations n’ont pas le temps, on est en droit de s’inquiéter. Cette loi des finances doit être soumise au Parlement la première semaine de novembre pour permettre aux dépenses de l’Etat d’être ordonnées et d’être exécutées. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, rien n’a été fait du travail préalable. A cause de la politique et des élections…
 
Le «shut down mauritanien» menace le pays qui se déchire entre soutiens et protagonistes de groupes tribaux qui n’entendent rien céder de ce qu’ils croient être une suprématie et qui n’est qu’un sentiment factice d’auto-consécration. L’Histoire nous apprend que tout ce que nous savons de nous-mêmes est juste ce que nous voulons savoir, ce que nous avons construit par nous-mêmes et sur le tard. Rien qui puisse justifier la déconstruction de l’Entité nationale.

 

Noorinfo

Feuille de route pour un compromis politique proposée par Kane Hamidou Baba

altSelon des informations acquises des sources dignes de foi,  le président du Mouvement Pour la Refondation (MPR),  Kane Hamidou Baba a élaboré une feuille de route pour un compromis national visant à trouver un accord  sur les conditions-cadres à la tenue d’élections législatives et municipales transparentes, crédibles et consensuelles”.
La feuille de route renferme un texte de base qui s’articulent autour de cinq points, à savoir:
1-Renforcement des structures d’enrôlement à travers le pays et à l’étranger.
2-Gratuité de la carte d’identité et décentralisation de sa délivrance.
3-Mise en place d’une CENI représentative de toutes les sensibilités.
4-Mise en place d’un observatoire national des élections.
5-Mise en place d’une commission d’enquête parlementaire paritaire (Majorité-Opposition) sur l’Enrôlement et le Ravel.
La feuille de route stipule que ce texte soit soumis à tous les regroupements ou partis politiques, pour l’élaboration d’une synthèse portant sur les conditions minimales pour la participation de tous les partis qui le souhaitent, et l’annonce médiatique de l’Accord politique sur le texte de synthèse.
La feuille de route  renferme  aussi un autre volet concernant l’Agenda de mise en œuvre du contenu de l’Accord, qui consiste, lui aussi, à l’examen des mesures d’accompagnement pour la mise en œuvre de chaque point de l’Accord, détermination de la date pour la tenue des élections, et enfin l’organisation d’une cérémonie officielle d’adaptation  de la feuille de route. 

 
 
Source: Alakhbar

LE MALI, LA MAURITANIE, LE MNLA : LE DESSOUS DES CARTES

altLe grand débat sur le problème Malien nous rappelle que cette question est toujours d’actualité. Les événements qui se sont produits ces derniers jours (attentats, attaques) confirment que le Mali est loin d’être stable, tout porte à croire que le conflit est loin de connaitre sa fin.  

Le nœud du problème est la question Touareg même si Aqmi se présente aujourd’hui comme une épineuse équation pour le Mali et pour la sous-région.  

Rappelons que quelques années après l’indépendance, précisément en 1962 la première insurrection touareg a eu lieu, elle a été réprimée dans le sang. Toujours est-il qu’il fallait voir en cette révolte les prémices d’une déstabilisation du Mali avec des enjeux géopolitiques considérables pour des Etats voisins comme la Mauritanie.  

Agissant au nom du droit des peuples de l’Azawad à l’autodétermination, les mouvements de lutte touareg n’ont jamais renoncé à ce principe. La rébellion au début des années 1990 au Mali et au Niger respectivement dirigés à l’époque par les généraux Moussa Traoré et Ali Saibou le confirme.  

Quel est l’objectif véritable des mouvements armés touareg dont le plus célèbre est le MNLA? Quels sont les enjeux pour les Etats voisins? Et quel est le grand projet tenu jusque là secret par les Touaregs et leurs soutiens?  

  Les nationalistes arabes ont toujours nourri l’ambition de créer un vaste Etat arabo-berbère s’étendant du nord du Mali au Soudan. C’est une importante bande qui serait l’espace vital de ces peuples et qui regrouperait le nord Mali, une partie du Niger, le Tchad et le Soudan et qui sera en contact direct avec les limites sud du Sahara lui même rattaché au Maghreb (Afrique blanche). Ce projet était difficile à réaliser dès lors que les pays en question sont habités par d’autres populations. Il fallait donc procéder par une solution radicale, éliminer tout ce qui est noir. Ce n’est pas un hasard qu’en Mauritanie et au Soudan des génocides aient été orchestrés contre les noirs et qu’en même temps les touaregs prenaient les armes au Mali et au Niger avec l’appui de la Mauritanie, de l’Algérie et de la Libye. Combien de touareg étaient et sont encore dans la garde présidentielle en Mauritanie?  

Ce qui est important pour nous c’est démontrer la responsabilité de la Mauritanie dans la déstabilisation de ces voisins du Sud du Sahara. Pour rappel, Nouakchott a déjà soutenu les indépendantistes de Casamance par le biais de la Guinée Bissau en litige frontalier avec le Sénégal à l’époque, en fournissant armes et argent. La présence de la famille du défunt général Bissau-guinéen Ansoumane Mané (principal perturbateur à l’époque) à Nouakchott  en 2001 est un secret de polichinelle.  

L’arrivé du général  Aziz au pouvoir marque une implication plus profonde de Nouakchott dans le problème malien. Retenons que l’armée Mauritanienne avait à plusieurs reprises mené des incursions en territoire malien au nom de la lutte contre le terrorisme musulman, ce qui était un moyen efficace de mesurer les capacités réelles de l’armée malienne. Un événement non négligeable vient précipiter les choses, la chute du guide libyen. Des unités combattantes touaregs bien formées, expérimentées et équipées d’armes modernes reviennent au Mali. Le moment était alors propice pour ceux qui ont toujours rêvé du Grand Etat de l’ Azawad, et le Mali devait être le point de départ d’une vaste conquête.  

Des éléments troublants ne plaident pas en faveur de Nouakchott, le régime du général ne peut en aucun cas être innocent  par rapport aux accusations qui lui sont faites. Au début du conflit, des centaines de familles touaregs s’installent à Nouakchott comme “réfugiés” dans les quartiers de luxe avec femmes et enfants inscrits dans les plus grandes écoles de la capitale. Ne parlons pas de la présence indiscrète des leaders du MNLA, loin  de gêner le pouvoir en place qui semble d’ailleurs s’en enorgueillir.  

Pour le régime raciste, les touaregs comme les sahraouis d’ailleurs constituent une carte importante et ce pour de multiples raisons. Les intégrer constitue un gage d’un nouvel équilibre démographique en faveurs des Arabo-berbère et au détriment des noirs. Un autre aspect, l’entretien d’une milice touareg donne à la Mauritanie un moyen de pression efficace sur le Mali voisin du moment que la stabilité de ce dernier dépendra des calculs et intérêts du général baathiste.  

Dans ces conditions, quelles sont les responsabilités des Etats Africains et de la France ancienne métropole toujours présente?  

La France de Sarkozy avait clairement démontré son penchant pour un Etat de l’Azawad, et le caractère indivisible des Etats souverains? Et pourtant cette même  France a bien pris le soin de souligner dans sa constitution qui est la loi suprême que seul le caractère républicain de la France est immuable et que cette même République est indivisible. La France a pourtant combattu de manière énergique les séparatistes corses et basques au nom de l’indivisibilité de la République Française, alors pourquoi veut-elle que le Mali accepte la naissance de l’Etat de l’Azawad?  

Quant aux Etats Africains surtout voisins du Mali, leur implication directe était la seule attitude à adopter pour étouffer toute velléité  séparatiste. Le Mali pour sa part doit appliquer la logique très simple” si tu veux la paix prépare la guerre” en forgeant une armée républicaine et professionnelle et savoir user de la dissuasion.  

Khar Tenguella BA      

 

Source: boolumbal

Comité d’Organisation d’Inal 2013

altEn avril 1989, des événement d’une gravité sans précédent ternissaient l’image, maintes fois malmenée, de la Mauritanie en matière de racisme. Un conflit entre le Sénégal et la Mauritanie s’est soldé par une déportation de plus d’une centaine de milliers de mauritaniens noirs non arabes vers le Sénégal et le Mali.  

En 1990, le régime du colonel Taya, dans sa volonté de faire du pays un État purement arabe poursuit sa politique d’épuration ethnique au sein des forces armées dont le bilan ce chiffre en centaines d’exécutions sommaires en sus des tortures dans bases militeras (Inal,Jreida, Azlatt, Tiguint, Akjout…), transformés en camps de concentration.  

Le comité d’organisation d’Inal, issu de la diaspora mauritanienne en Europe,soucieuse de préserver la cohésion au sein de la nation mauritanienne, demeure convaincu, que les précurseurs de la concorde restent le devoir de justice,l’obligation de réparation et le devoir de mémoire.  

Si le devoir de mémoire permet la réhabilitation des victimes,elle permet également aux générations futures de se prémunir de telles atrocités. Il constitue donc un enjeu majeur pour l’avenir de notre nation. Le sens de notre démarche dans l’organisation du pèlerinage d’Inal trouve toute sa justification dans l’essence même de cette perspective.  

Fort de l’expérience d’Inal 2011 et 2012, le comité d’organisation est conscient qu’une logistique importante devra être engagée pour la réussite de ce pèlerinage. Aussi compte-t-elle, encore cette année, sur l’aide de toutes les bonnes volontés afin de mener à bien sa mission.  

Contacts :  
Mahamadou SY : 0620034654  
Abou SARR : 0650502028  
Abou N’DIAYE : 0644917772  
Adama WAGNE 0650409382  
Mariam KANE : 0662862964  
Hamet FOFANA : 0630950828  
Demba N’DIAYE 0626853273  
Ousmane DIA : 0689549986  

Ou toute autre personne faisant partie du comité  

Paris, le 15 octobre 2013  
Le président du comité  
Mahamadou SY

 

Source: boolumbal

Mauritanie: des élections sans l’opposition

altLa Coordination de l’Opposition Démocratique mauritanienne à l’exception du parti islamique Tawassoul en ordre de bataille cette semaine à Nouakchott. Les deux principaux leaders Ould Maouloud de l’UFP qui va prendre la présidence et Ould Daddah du RFD sont entrain de mettre la dernière main à une stratégie pour un boycott efficace des législatives et municipales du 23 novembre prochain.

Parmi les pistes déjà connues il s’agira d’empêcher pacifiquement le déroulement du scrutin dans tout le territoire. Cette protestation citoyenne vise à faire annuler les élections mais appelle à une fermeté pour que l’opposition soit plus crédible aux yeux de l’opinion publique..

Le premier tour des législatives et municipales le 23 novembre prochain va s’esquisser sur une confrontation principalement entre l’UPR, parti de la majorité et les dialoguistes de la coalition de la CAP Ould Boulkheir de l’APP et Ould Houmeid d’El Wiam,le principal dissident de la COD Jemal Mansour du parti islamique Tawassoul et Ibrahima Sarr de l’AJDMR.

  Des élections sans l’opposition en quête d’une stratégie cette semaine à Nouakchott pour un boycott efficace .Les deux leaders historiques de la COD Ould Maouloud de l’UFP qui va prendre la présidence et Ould Daddah du RFD en ordre de bataille pour insuffler du sang neuf à la coalition des 10 partis maintenant prêts à aller jusqu’au bout de leur confrontation avec le régime de Ould Aziz.

Les urnes ne sont pas seulement l’affaire des leaders politiques de la majorité ou de l’opposition ou des autres partis mais également celle de la société civile qui attend les dernières consignes pour se décider. L’UPR est à l’épreuve de ses premières consultations populaires depuis juillet 2009. Le mastodonte de la majorité devra se mesurer avec de vieilles pointures du paysage politique et risque de laisser des plumes si le vote se passe normalement c’est à dire sans fraudes et marchandage de conscience des électeurs.

Déjà  le bourrage du fichier électoral  signalé récemment par la presse indépendante dans certaines régions comme le Brakna pour les municipales est révélateur d’un malaise au sein de la classe dirigeante notamment au niveau de certains ministres candidats à la députation. C’est pour ne pas cautionner les contours d’une future majorité absolue de l’UPR que la COD a décidé de boycotter les urnes.

Il s’agit maintenant pour elle d’inventer des dispositifs pour atteindre cet objectif. La piste d’empêcher pacifiquement le déroulement du scrutin dans un mois est d’actualité. Une protestation citoyenne qui sera difficile à mettre en œuvre sans la fermeté des leaders de l’opposition .

Mollement répétée notamment par le chef de l’UFP cette solution  cache la faiblesse de la COD qui a failli plonger dans une crise interne avec le désaccord des instances du parti de Ould Maouloud sur le boycott des élections. L’opposition ne réussira que si elle arrive à convaincre les mauritaniens que sans elle ces élections ne sont pas crédibles.

Ce qui pourrait influer sur le report de celles-ci. Une équation politique difficile à résoudre en espérant que les derniers pourparlers aboutissent pour convaincre le pouvoir à reculer. La partie est loin d’être gagnée pour les leaders de la COD qui devront parler le même langage et agir ensemble pour être plus crédible aux yeux de l’opinion publique.

Dans ce ballet à hauts risques bien évidemment  les seuls gagnants ce sont les dialoguistes Ould Boulkheir et Ould Houlmeid qui avaient fait croire à  tout le monde que Ould Aziz avait violé les accords de Nouakchott de 2011 et que ce dernier était prêt au dialogue inclusif avant qu’ils ne prennent la décision de participer aux législatives et municipales prochaines. Avec cette morale ça ne fait pas le moral des électeurs.

 

Source: cridem