Ayant opté pour le boycott d’un scrutin sur laquelle elle n’a aucune prise, la COD avait, dans la foulée, laissé entendre qu’elle ne resterait pas indifférente à l’obstination du pouvoir, entêté à mener, jusqu’au bout, le processus enclenché voici quelques mois. Revenant sur les raisons de son boycott, la COD égrène, entre autres, les aspects discriminatoires de l’enrôlement, son opacité, etc. Sur les préparatifs du scrutin autour desquels nombre de voix se sont déjà élevées, pour dénoncer les improvisations et l’amateurisme de la CENI, causes du retard des opérations d’enregistrement sur la liste électorale, et les conditions de retrait des cartes d’identité dont le coût est un problème pour les familles démunies. La COD cite des chiffres précis, pour appuyer son argumentaire.
Une déclaration, distribuée à la presse, mentionne que, sur une population totale de 3,9 millions d’habitants, seuls 2,7 millions ont enrôlés (moins de 70%) et l’ARTSP a produit 1,9 millions de cartes nationales d’identité (49%), dont 1.2 millions distribuées (31%). Le reste est en souffrance dans les centres d’enrôlement des citoyens (CAC). Quel pourcentage du corps électoral représentent ces 1.2 millions d’inscrits au RAVEL ? Officiellement, le pouvoir avance la proportion de 70%. Autre anomalie relevée par la COD : bien qu’ayant retiré leur carte d’identité, 350.000 personnes n’ont pas pu s’inscrire au RAVEL. Le plus souvent, pour des erreurs sur leur document.
Si l’on y ajoute les déplacements à l’intérieur du pays ou à l’étranger, les décès et l’effet du boycott, ces données compilées par la COD laissent présager un faible taux de participation aux scrutins du 23 Novembre. Un argument que la COD entend exploiter à fond, pour décrédibiliser, aux yeux de l’opinion nationale et internationale, ces élections qui pourraient être, d’ailleurs, reportées d’une à deux semaines, selon une source de l’opposition participationniste, pour diverses contraintes techniques (élaboration de la liste électorale, des cartes d’électeurs et leur distribution, commande de matériel électoral, son déploiement à l’intérieur du pays, etc.). Il semble donc que les démonstrations ne devraient manquer ni aux boycottistes ni aux participationnistes, pour dénoncer les résultats au lendemain du 23 Novembre. Espérons, en attendant, que le gouvernement n’interdise pas la marche prévue le 6 novembre et que la COD restera dans les limites de la légalité constitutionnelle.
Source: Le calame
Au cours d’une conférence de presse, organisée, dimanche, à l’hôtel Khatter, la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) a dénoncé les manquements aux préparatifs du scrutin du 23 novembre 2013, avant d’annoncer une marche de protestation contre l’organisation unilatérale, par le pouvoir, des élections législatives et municipales.
ALAKHBAR (Nouakchott) –La coalition des partis de l’opposition boycottant les élections a appelé, ce dimanche lors d’une conférence de presse, à une manifestation à Nouakchott, le 6 Novembre 2013.



