Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: September 2013

Elections: Vers un autre report ?

altL’espoir de voir le dialogue se nouer, enfin, entre la Coalition de la Majorité Présidentielle (CMP) et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) continue à se faire attendre. La scène politique bruit de toutes sortes de rumeurs. Report du scrutin prévu le 23 novembre ? Participation de la COD ou maintien de son mot d’ordre de boycott ? Dislocation de celle-ci, conséquence de la probable participation de Tawassoul aux élections ? Autant de questions que les observateurs se posent et qui taraudent également les acteurs politiques.

La rencontre, tant attendue, d’Ould Abdel Aziz et d’Ould Daddah, censée débloquer la situation ou la corser définitivement, est dans toutes les conversations de salon. Pendant ce temps, Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’Assemblée nationale, semble se terrer dans un silence assourdissant, depuis ses dernières rencontres avec le président de la République et divers membres de la COD. C’est comme si nous abordions, là encore, une nouvelle impasse politique, ce qui pousse certains observateurs à se demander si le pouvoir et l’opposition sont réellement pressés d’aller aux élections. Après avoir peiné à harmoniser ses positions après le dernier report de celles-là, la COD multiplie les commissions pour élaborer une énième feuille de route en vue du dialogue avec le pouvoir.

Côté pouvoir, le président de la République semble d’autant moins pressé d’en découdre avec son opposition à travers les urnes, qu’on le croit enclin à des élections triplées présidentielle/municipales/législatives. Les arguments qui plaident en faveur de cette thèse ne sont pas négligeables. Il s’agit, d’abord et surtout, de l’argument financier. Le pouvoir pourrait donc mettre sur la table des raisons économiques, même si nos caisses sont pleines, comme on le vante, alors que nos bailleurs de fonds ne se montrent guère empressés d’annoncer leurs contributions. Un argument technique pourrait, également, entrer en lice. Le pouvoir pourrait dire qu’il est impossible de tenir des élections municipales et législatives en janvier-février ou mars et la présidentielle en juillet. Alors, jumeler les deux scrutins ? Cela ne devrait certainement pas déranger nos parlementaires…

Pour sa part, l’opposition, en général, et la COD, en particulier, pourraient se ménager différents agendas. Comme on le sait, les susceptibilités sont criantes, au sein de la COD. Si certains partis lorgnent du côté du Parlement, le nombre de députés et conseillers municipaux, la subvention de l’Etat qu’ils pourraient en tirer – avec des conséquences, évidentes, sur le leadership au sein de l’opposition – d’autres, comme le RFD, ont plutôt les yeux rivés sur le fauteuil présidentiel. C’est, d’ailleurs, sur quoi achoppent, justement, les discussions, au sein de la COD.

De son côté, l’alliance CAP/AP pourrait avoir atteint son objectif, à savoir rapprocher, enfin, les positions, jusqu’ici divergentes, des deux principaux protagonistes. Elle évitera, également, d’étaler au grand jour – ce que tout le monde sait, d’ailleurs – ses divergences internes de positionnement. Ce n’est, en effet, un secret pour personne : Boydiel Ould Houmeïd, président du parti El Wiam, ne cache pas sa détermination à aller seul aux élections. Une attitude qui embarrasse quelque peu certains responsables de l’Alliance qui voudrait préserver sa position, pour mieux peser sur la suite des évènements.

C’est dire que chaque camp pourrait trouver son compte dans un nouveau report. Le pouvoir, pour mettre de l’ordre dans ses rangs, et l’opposition, se préparer aux élections. Un dénominateur commun, enfin, entre les deux irréductibles pôles !

DL

 

Source: Le Calame

Archives Flamnet: DECLARATION DES Flam sur le cinquantenaire d’independence ( Extraits )!

altQuelle voie, quelles  solutions pour  la Question de la cohabitation    

 Il nous est encore possible de créer cette nation unie, égalitaire et démocratique, à condition qu’il existe une volonté politique réelle; à condition de prendre à bras le corps cette question lancinante de la cohabitation et de l’esclavage, toujours escamotée, objet de fuite en avant permanente; à condition, enfin, d’en déterminer les bases justes.
 
Ces bases devront reposer sur les axes clairement définis, ci-après :
 –  Un équilibre dans la gestion du pouvoir , entre toutes les composantes nationales. 
 – Une réforme politique et constitutionnelle, qui consacrent les libertés démocratiques, reconnues et protégées, introduit  des amendements constitutionnelles spéciaux portant sur l’Identité de la Mauritanie, l’égalité  des communautés, des langues et des cultures nationales, la fin de l’esclavage, la création d’un observatoire national des libertés et de la cohabitation.
 -Une réforme de l’Education, fondant  une Ecole  moins élitiste, ouverte sur le monde moderne et respectueuse de nos identités multiples.
  -Une réforme de l’Armée, pour en faire  une armée républicaine et de développement, ouverte équitablement à toutes les composantes nationales.
  – Une réforme de l’Administration et de la justice, basée sur l’autonomie régionale, un  redécoupage territorial qui tienne compte des aires culturelles et historiques,  une justice modernisée enfin.
   – Une réforme agraire – dont la vallée serait certainement le pivot – fondée sur le droit de propriété reconnu et réaffirmé, reposant sur une politique d’investissement agricole qui respecte ce droit de propriété, associe les populations concernées, respecte les espaces vitaux des villages, ouvre des couloirs de parcours pour le bétail, préserve les droits séculiers des pêcheurs sur le fleuve, détermine les zones d’investissement dans la vallée, que sont le Waalo, le moyen Jeeri et le haut Jeeri à affecter, respectivement, aux autochtones locaux, aux hommes d’affaires nationaux et régionaux, au grand capital international .
 Ces réformes devront être précédées, pour mieux accrocher, par des mesures immédiates d’apaisement social de la part du Gouvernement qui se traduiront ainsi : 
 – Un réglement correcte du dossier des réfugiés qui passe par la restitution des terres de culture et des villages aux uns, et l’ indemnisation  pour les autres.
– Une volonté politique affirmée de mettre fin à l’esclavage, ( par l’annonce de mesures préventives immédiates ).
– Un réglement immédiat du passif humanitaire, qu’on ne pouvait solder par de l’argent, dont la  solution  passait  par la création d’une Commission Vérité- réconciliation, guidée par cette tryptique : « Equilibre à trouver entre le refus de l’impunité, les exigences de vérité et des réparations, et la nécessité du pardon ».
 
 Il n’y a pas de paix  sans réconciliation , et il n’y a pas de réconciliation sans Justice .
 
Tout comme il n’y a pas de concorde  là où il n’y a pas d’égalité. Et puisque cette égalité n’a pu émerger après 50 ans, à travers le cadre de “l’Etat unitaire centralisé” dans sa forme actuelle, la raison commande de rechercher d’autres voies, telle, entre autres, l’Autonomie. L’autonomie  nous parait la solution la mieux appropriée, dans notre cas d’espèce, pour constituer un mode d’organisation entre des groupes humains aux habitudes mentales, langues et tradition différentes, visant à diluer le pouvoir et le répartissant entre ces groupes, de manière à permettre à chacune de nos communautés de promouvoir elle- même son  propre développement, dans l’unité préservée du pays; historiquement et politiquement cette option se justifie amplement.
 
 
 Les FLAM appellent :
 
– Les réfugiés à rester mobilisés, à ne pas céder, à résister à la spoliation de leurs terres de culture; à ceux qui demeuraient encore à l’extérieur des frontières elles leur demandaient  de continuer à se battre, chaque jour davantage, pour leur droit légitime au retour.
– Elles appellent la jeunesse négro-africaine à cesser de courber l’échine, cesser de gémir et de supplier, et  à compter d’abord sur ses propres forces. 
– Aux Haratines, de refuser d’être les victimes consentantes de leur propre esclavage.
– Et  à  toutes les victimes du Système de  prendre conscience « que la lutte en ordre dispersé n’a pas d’autre issue que la défaite pour tous ».
– Aux forces démocratiques et progressistes, aux compatriotes arabes et berbères honnêtes et Justes, soucieux de notre devenir en commun, de prendre leur responsabilité face au racisme d’Etat, à l´esclavage et à la pauvreté grandissante. 
 
– Enfin au Président de la République, ce poème de Maouloud  Mammeri, en guise d’appel :
        
  «  Quand trop de sécheresse brûle les coeurs
              Quand la faim tord trop d’entrailles
              Quand on rentre trop de larmes
              Quand on baillonne trop de rêves ,
               C’est comme
              Quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher
              à la fin il suffit du bout de bois
              d’un esclave pour former 
              dans le ciel de Dieu
              et dans le coeur des hommes
              le plus énorme incendie».
 
Nous devons  nous persuader – c’est vital pour nous et pour ce pays – que la voie choisie jusqu’ici était dangereuse et sans issue! « Une nation ne pouvait vivre  moitié libre  moitié esclave»; elle  ne pouvait non plus se construire avec des citoyens à-démi  et des citoyens à part entière.
 Il est possible de faire de ce pays un foyer régional des plus attractifs, un havre de paix et de prosperité si nous nous ressaisissons.  
Il nous faut nous ressaisir, il est encore temps !
La lutte continue!
 Stockholm le 24 novembre 2010
 
 
 

Idée : Le nasserisme dévoyé en Mauritanie

Voilà un (grand) monsieur dont la vision socialiste, panarabe ET panafricaine, a été dévoyée de ses origines et de son objectif unitaire, pour se muer en Mauritanie entre autres, en une idéologie de circonstance, bassement matérialiste, exclusive et raciste. Parcours d’une idée en cette ocre contrée.  


Gamal Abdel Nasser et les autres co-fondateurs du mouvement des non-alignés : Nehru de l'Inde, Kwamr Nkrumah du Ghana, Sukjarno d'Indonésie, et Tito de Yougoslavie, à la fin 1960  

Gamal Abdel Nasser et les autres co-fondateurs du mouvement des non-alignés : Nehru de l’Inde, Kwamr Nkrumah du Ghana, Sukjarno d’Indonésie, et Tito de Yougoslavie, à la fin 1960  

 

 

  Les nationalistes arabes mauritaniens du courant nassériste ont estimé lors d’une assemblée tenue à la fin du mois de juillet dernier, que la Mauritanie “perdait son identité arabe et que la langue arabe et ses adeptes y étaient marginalisés sur tous les plans”. Dans le même temps il déplorait le fait que la pensée nassériste “peine à se faire une place dans la société mauritanienne”.
   
  Si la deuxième affirmation peut être discutée, la première est tout simplement mensongère, au vu de la politique d’arabisation à outrance menée par les autorités actuelles, depuis des décennies, et qui se découvre un souffle nouveau depuis trois ans maintenant. “Cela relève d’une forme de terrorisme intellectuelle pour réclamer mieux en dénonçant un supposé pire” s’indigne un étudiant en sociologie à l’université de Nouakchott. Et surtout, opine un autre à côté de lui, “c’est encore et toujours jouer la carte de la division entre mauritaniens”.
   
Une vision bipolaire du pays des nasséristes mauritaniens, qui depuis 1955 porte les germes d’une division communautaire du pays. “Quand les partis politiques commencèrent à se multiplier aux aurores des premières velléités d’indépendance, l’association de la jeunesse mauritanienne (AJM) vit le jour, pro-arabe et fortement influencée par le nassérisme, dont ils ne retiennent que la part de la lutte panarabe” souligne un éditorialiste. 

 


La rencontre annuelle des nasséristes mauritaniens, en juillet 2013, à Nouakchott. Crédit : Alakhbar  

La rencontre annuelle des nasséristes mauritaniens, en juillet 2013, à Nouakchott. Crédit : Alakhbar  

  Cette perspective bipolaire serait innée par rapport à leur vue du monde : Les nasséristes mauritaniens ne voient le monde qu’en une éternelle dialectique irréductible: l’homme blanc/l’homme noir; l’esclave/le libre,”khayma kabir/kayma sagkir…. De surcroît, ils ne placent la vérité et les valeurs absolues que dans leur «Je» personnel et dans l’unique nombril de leur culture, et de leur communauté, tout le reste n’étant que manifestation basique et vocifération animalière. Par conséquent ne méritant aucun respect et considération humaine” écrit Jamal Sow, dans un article intéressant sur la question.
   
«Les militaires ont depuis longtemps été sous influence nassériste et/ou baasiste, bien que ces deux mouvements aient été vidés de leur idéologie de départ, en Mauritanie en tout cas. Comprenez que le nassérisme n’est pas un mouvement exclusivement arabe, ni raciste. Nasser avait pour vision un tiers-monde fort. Contrairement au baasisme qui est replié sur l’identité arabe, influencé par le socialisme. Maouiya à un moment s’en est réclamé, galvanisé par le sommet sur la sécurité arabe en 1990, organisé par Saddam Hussein à Damas. C’est dans l’esprit de ce mouvement que Saddam visait la reconstitution de l’empire des Abbassides» narrait sur Noorinfo, Ely Ould Allaf, plusieurs fois ministre, notamment des affaires étrangères.

Le nassérisme, ce trait-d’union des mondes arabe et africain

   
  L’idéologie nassérienne telle qu’elle est définie dans “Philosophie de la révolution”, ouvrage écrit par Gamal Abdel Nasser en 1953, explique que “l’Égypte possède trois cercles d’appartenance fondamentale : la nation arabe, l’Afrique et le monde musulman”. Gamal Abdel Nasser développe donc originellement sa politique dans cette triple dimension, chacune étant ÉGALE à l’autre.
   
  Une triple dimension qu’honnêtes intellectuels, et pragmatiques diplomates s’échinent depuis des décennies à faire appréhender aux autorités de ce pays, qui refusent obstinément d’embrasser la nature “nassériste” primale, dans son sens originel, de la Mauritanie.
   
  C’est dans cette symbiose tri-dimensionnelle que Nasser participa activement à la fondation du mouvement des non-alignés durant la guerre froide, et qui érigeait un système parallèle et qui se voulait en dehors de la guerre indirecte, que se livrait le bloc de l’ex-URSS, et les états-unis, au détriment de leurs pays satellitaires. Il démontrait ainsi dans cet activisme son opposition a toute forme d’impérialisme et de colonialisme.
   
  C’est cet acharnement à démontrer la singularité et l’égalité des peuples dits alors du “tiers-monde”, qui vaut encore à Nasser son image de grand parmi les grands de continent, au même titre qu’un Patrice Lumumba, ou un Nkwame Nkrumah. De la même façon qu’il se riait de l’obscurantisme des frères musulmans en 1953, il se moquerait très certainement aujourd’hui de cette étroitesse d’esprit, et de cette malhonnêteté intellectuelle.
   
Mamoudou Lamine Kane
 
noorinfo

Retour des FLAM : Derniers réglages

altComme nous l’avions annoncé récemment, l’arrivée de la délégation du président  des Flam, M. Samba Thiam n’est qu’une question  de quelques petits jours. Le vice président du Front, Ibrahima Mifo Sow se démène pour les derniers réglages. Selon une source du Front, les questions administratives, pour ne pas dire politique sont presque  totalement réglées, ce qui du coup va permettre sous peu de fixer la date de l’arrivée de la délégation présidentielle.
Pendant ce temps, les travaux de préparation de l’accueil se poursuivent activement au siège du mouvement où règne, déjà, une ambiance de fête.
La commission d’accueil, que préside Wane Mamadou Saada, composée de plus d’une centaine de personnes, renforcée par des cadres de la diaspora, venus d’un peu partout met les bouchées doubles. Objectif : réussir un accueil imposant  à la délégation officielle du front.
Comme annoncé, le programme   du président  Samba Thiam reste inchangé : accueil et meeting populaires, conférence de presse et concertation avec la classe politique.
Outre l’accueil que la commission voudrait grandiose comporte  également  un meeting populaire,  des audiences avec les responsables du  mouvement,  une conférence de presse.
Pour un grand rassemblement politique
Le président Thiam mettra à profit les audiences et  autres rencontres politiques, pour dévoiler et vulgariser, auprès  des acteurs politiques, la vision politique des FLAM. Il  s’agit d’approfondir  les démarches que le vice président Sow a eu à effectuer au cours des nombreuses rencontres depuis son arrivée, à Nouakchott, il y a déjà plusieurs mois. Pour M. Sow, les FLAM prônent un vaste rassemblement politique en vue de peser beaucoup plus  significativement sur la scène politique. Et

même si les  FLAM  ne vont pas présenter  de candidats lors des prochaines élections, elles entendent « les influencer  par leur action et leur présence sur le terrain».

 

Source: Le calame

Allocution du représentant d’IRA-Mauritanie au conseil des droits de l’homme des nations unies à Genève, Khali Ould Maouloud

altIRA (initiative de résurgence pour le mouvement abolitionniste créer en 2008) lutte contre toutes formes de discriminations et particulièrement l’esclavage en Mauritanie.
Avec une population de 3,5 millions d’habitants la Mauritanie est un trait d’union  entre le monde arabe et le monde africain. Cette population est composée de 20% d’Arabo-berbères qui détiennent le pouvoir économico-social et politique, les 80% restant sont d’origines Négro-africaine dont 45% d’Haratine (esclaves affranchis) avec plus de la moitié esclaves à ce jour.
Les Haratine ont subi un transfert de civilisation, comme les Antillais ou les noirs Américains. Par conséquent, ils ignorent leur société d’origine. Ils forment la communauté la plus marginalisée de Mauritanie.
  Leur exclusion du système, qu’il soit traditionnel ou moderne, conduit à une privation de toute forme de savoir qui aurait pu participer à leur émancipation.
Les esclavagistes s’épanouissent sur la base de cette ignorance entretenue par différents moyens tels que leur maintenance dans l’ignorance, une fausse interprétation de la religion et en les isolant le plus possible de la population éveillée. Toutes les composantes de la société mauritanienne sont concernées par l’esclavage.
A savoir les Arabo-berbères et les Négro-Mauritaniens (Haall-pulaar, Soninké, Wolof et Bambara). L’esclavage est vécu comme un problème de conscience dans ces différents milieux. L’existence des castes impose, aujourd’hui, dans cette communauté, des inégalités statutaires entre individus qui sont communément admises. Toutes démarches tendant à remettre en cause l’esclavage butera contre des intérêts économiques, juridiques, politiques etc., quelle que soit la communauté considérée.
Première prise de conscience dans les années 1970 avec le mouvement El hor (Mouvement pour la libération et l’émancipation des Haratine) a été créée le 5 mars 1978, accompagné  d’une pression internationale, en découle une première loi sur l’abolition de l’esclavage en 1981.
Article 1 : L’esclavage sous toutes ses formes est aboli définitivement sur toute l’étendue du territoire de la République Islamique de Mauritanie.
Malgré la promulgation de cette loi, le pays étant soumis à la loi de la charia islamique qui a pour référence quelques oulémas esclavagistes qui imposèrent l’article 2 conformément à la charia.
Article 2 : Conformément à la charia, cette abolition donnera lieu à une compensation au profit des ayant droits.
Quelques années plus tard on a vu naître SOS  esclaves, mais ce fut uniquement sous formes de déclarations, puis dans les années 2000 le premier mouvement IRA qui suscita l’engouement populaire avec des caravanes de sensibilisations.
En effet, IRA s’est distinguée  par ses actions spectaculaires, par l’incinération du code négrier, la dénonciation permanente des cas d’esclavages et de les porter au-devant des tribunaux, des sit in devant des institutions publiques afin d’obtenir justice.
Au moment où je vous parle, notre délégation IRA avec son président se trouvent à 200km de la capitale pour porter secours à une jeune fille de 18 ans, asservie depuis sa naissance, esclave par ascendance  venant de subir des maltraitances physiques et psychologiques par ses bourreaux qui ne sont autres que des haut-fonctionnaires de l’État ce qui complique la démarche juridique.
Suite à la pression de la rue et une prise de conscience de tous les négro-africains ainsi qu’une partie de la population arabo berbères ; quant aux problèmes de l’esclavages qui enchainent notre pays et l’empêche de s’épanouir ; Le gouvernement a promulgué en 2007 la première loi condamnant l’esclavage même si l’application reste difficile (juge et partie).
Loi n° 2007 – 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes
Malgré ces petites avancées nous devons maintenir la pression et soutenir toutes les initiatives visant à améliorer les conditions de 80% de la population mauritanienne (négro-africaine) en vue d’obtenir une équité et l’accès aux droits. Cela doit commencer entre autres par respecter ses engagements en appliquant efficacement les lois promulguées ou ratifiées.
En dépit de toutes les richesses dont regorge le pays : l’une des côtes les plus poissonneuse du monde, le cuivre, le phosphate, le fer, l’or et depuis trois ans le pétrole en ajoutant les subventions extérieurs notre pays fait partie des pays les plus pauvres du monde. Nous émettons alors l’hypothèse facile que la richesse est concentrée entre les mains des 20% de la population (Arabo-berbères).
Enfin, selon le rapporteur spécial des Nations unies sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale Mr. Mutuma Ruteere a achevé une mission d’évaluation en Mauritanie. Il confirme qu’il existe toujours dans le pays des victimes de pratiques analogues à l’esclavage, le rapporteur a plaidé pour un amendement à la loi anti-esclavage de 2007 qui permette aux ONG de se porter partie civile au nom des victimes afin de mieux lutter contre l’impunité.
Genève  13 septembre 2013

Biram Dah Abeid
Président de l’Initiative de Résurgence
du Mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie)
Prix Weimar 2011 Prix Front Line Défenders 2013
Tel: 0022247576797
0022232002425
 
 
Source: IRA Mauritanie