L’espoir de voir le dialogue se nouer, enfin, entre la Coalition de la Majorité Présidentielle (CMP) et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) continue à se faire attendre. La scène politique bruit de toutes sortes de rumeurs. Report du scrutin prévu le 23 novembre ? Participation de la COD ou maintien de son mot d’ordre de boycott ? Dislocation de celle-ci, conséquence de la probable participation de Tawassoul aux élections ? Autant de questions que les observateurs se posent et qui taraudent également les acteurs politiques.
La rencontre, tant attendue, d’Ould Abdel Aziz et d’Ould Daddah, censée débloquer la situation ou la corser définitivement, est dans toutes les conversations de salon. Pendant ce temps, Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’Assemblée nationale, semble se terrer dans un silence assourdissant, depuis ses dernières rencontres avec le président de la République et divers membres de la COD. C’est comme si nous abordions, là encore, une nouvelle impasse politique, ce qui pousse certains observateurs à se demander si le pouvoir et l’opposition sont réellement pressés d’aller aux élections. Après avoir peiné à harmoniser ses positions après le dernier report de celles-là, la COD multiplie les commissions pour élaborer une énième feuille de route en vue du dialogue avec le pouvoir.
Côté pouvoir, le président de la République semble d’autant moins pressé d’en découdre avec son opposition à travers les urnes, qu’on le croit enclin à des élections triplées présidentielle/municipales/législatives. Les arguments qui plaident en faveur de cette thèse ne sont pas négligeables. Il s’agit, d’abord et surtout, de l’argument financier. Le pouvoir pourrait donc mettre sur la table des raisons économiques, même si nos caisses sont pleines, comme on le vante, alors que nos bailleurs de fonds ne se montrent guère empressés d’annoncer leurs contributions. Un argument technique pourrait, également, entrer en lice. Le pouvoir pourrait dire qu’il est impossible de tenir des élections municipales et législatives en janvier-février ou mars et la présidentielle en juillet. Alors, jumeler les deux scrutins ? Cela ne devrait certainement pas déranger nos parlementaires…
Pour sa part, l’opposition, en général, et la COD, en particulier, pourraient se ménager différents agendas. Comme on le sait, les susceptibilités sont criantes, au sein de la COD. Si certains partis lorgnent du côté du Parlement, le nombre de députés et conseillers municipaux, la subvention de l’Etat qu’ils pourraient en tirer – avec des conséquences, évidentes, sur le leadership au sein de l’opposition – d’autres, comme le RFD, ont plutôt les yeux rivés sur le fauteuil présidentiel. C’est, d’ailleurs, sur quoi achoppent, justement, les discussions, au sein de la COD.
De son côté, l’alliance CAP/AP pourrait avoir atteint son objectif, à savoir rapprocher, enfin, les positions, jusqu’ici divergentes, des deux principaux protagonistes. Elle évitera, également, d’étaler au grand jour – ce que tout le monde sait, d’ailleurs – ses divergences internes de positionnement. Ce n’est, en effet, un secret pour personne : Boydiel Ould Houmeïd, président du parti El Wiam, ne cache pas sa détermination à aller seul aux élections. Une attitude qui embarrasse quelque peu certains responsables de l’Alliance qui voudrait préserver sa position, pour mieux peser sur la suite des évènements.
C’est dire que chaque camp pourrait trouver son compte dans un nouveau report. Le pouvoir, pour mettre de l’ordre dans ses rangs, et l’opposition, se préparer aux élections. Un dénominateur commun, enfin, entre les deux irréductibles pôles !
DL
Source: Le Calame
Quelle voie, quelles solutions pour la Question de la cohabitation
Voilà un (grand) monsieur dont la vision socialiste, panarabe ET panafricaine, a été dévoyée de ses origines et de son objectif unitaire, pour se muer en Mauritanie entre autres, en une idéologie de circonstance, bassement matérialiste, exclusive et raciste. Parcours d’une idée en cette ocre contrée.
Comme nous l’avions annoncé récemment, l’arrivée de la délégation du président des Flam, M. Samba Thiam n’est qu’une question de quelques petits jours. Le vice président du Front, Ibrahima Mifo Sow se démène pour les derniers réglages. Selon une source du Front, les questions administratives, pour ne pas dire politique sont presque totalement réglées, ce qui du coup va permettre sous peu de fixer la date de l’arrivée de la délégation présidentielle.même si les FLAM ne vont pas présenter de candidats lors des prochaines élections, elles entendent « les influencer par leur action et leur présence sur le terrain».
Source: Le calame
IRA (initiative de résurgence pour le mouvement abolitionniste créer en 2008) lutte contre toutes formes de discriminations et particulièrement l’esclavage en Mauritanie.
Avec une population de 3,5 millions d’habitants la Mauritanie est un trait d’union entre le monde arabe et le monde africain. Cette population est composée de 20% d’Arabo-berbères qui détiennent le pouvoir économico-social et politique, les 80% restant sont d’origines Négro-africaine dont 45% d’Haratine (esclaves affranchis) avec plus de la moitié esclaves à ce jour.
Les Haratine ont subi un transfert de civilisation, comme les Antillais ou les noirs Américains. Par conséquent, ils ignorent leur société d’origine. Ils forment la communauté la plus marginalisée de Mauritanie.
Leur exclusion du système, qu’il soit traditionnel ou moderne, conduit à une privation de toute forme de savoir qui aurait pu participer à leur émancipation.
Les esclavagistes s’épanouissent sur la base de cette ignorance entretenue par différents moyens tels que leur maintenance dans l’ignorance, une fausse interprétation de la religion et en les isolant le plus possible de la population éveillée. Toutes les composantes de la société mauritanienne sont concernées par l’esclavage.
A savoir les Arabo-berbères et les Négro-Mauritaniens (Haall-pulaar, Soninké, Wolof et Bambara). L’esclavage est vécu comme un problème de conscience dans ces différents milieux. L’existence des castes impose, aujourd’hui, dans cette communauté, des inégalités statutaires entre individus qui sont communément admises. Toutes démarches tendant à remettre en cause l’esclavage butera contre des intérêts économiques, juridiques, politiques etc., quelle que soit la communauté considérée.
Première prise de conscience dans les années 1970 avec le mouvement El hor (Mouvement pour la libération et l’émancipation des Haratine) a été créée le 5 mars 1978, accompagné d’une pression internationale, en découle une première loi sur l’abolition de l’esclavage en 1981.
Article 1 : L’esclavage sous toutes ses formes est aboli définitivement sur toute l’étendue du territoire de la République Islamique de Mauritanie.
Malgré la promulgation de cette loi, le pays étant soumis à la loi de la charia islamique qui a pour référence quelques oulémas esclavagistes qui imposèrent l’article 2 conformément à la charia.
Article 2 : Conformément à la charia, cette abolition donnera lieu à une compensation au profit des ayant droits.
Quelques années plus tard on a vu naître SOS esclaves, mais ce fut uniquement sous formes de déclarations, puis dans les années 2000 le premier mouvement IRA qui suscita l’engouement populaire avec des caravanes de sensibilisations.
En effet, IRA s’est distinguée par ses actions spectaculaires, par l’incinération du code négrier, la dénonciation permanente des cas d’esclavages et de les porter au-devant des tribunaux, des sit in devant des institutions publiques afin d’obtenir justice.
Au moment où je vous parle, notre délégation IRA avec son président se trouvent à 200km de la capitale pour porter secours à une jeune fille de 18 ans, asservie depuis sa naissance, esclave par ascendance venant de subir des maltraitances physiques et psychologiques par ses bourreaux qui ne sont autres que des haut-fonctionnaires de l’État ce qui complique la démarche juridique.
Suite à la pression de la rue et une prise de conscience de tous les négro-africains ainsi qu’une partie de la population arabo berbères ; quant aux problèmes de l’esclavages qui enchainent notre pays et l’empêche de s’épanouir ; Le gouvernement a promulgué en 2007 la première loi condamnant l’esclavage même si l’application reste difficile (juge et partie).
Loi n° 2007 – 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes
Malgré ces petites avancées nous devons maintenir la pression et soutenir toutes les initiatives visant à améliorer les conditions de 80% de la population mauritanienne (négro-africaine) en vue d’obtenir une équité et l’accès aux droits. Cela doit commencer entre autres par respecter ses engagements en appliquant efficacement les lois promulguées ou ratifiées.
En dépit de toutes les richesses dont regorge le pays : l’une des côtes les plus poissonneuse du monde, le cuivre, le phosphate, le fer, l’or et depuis trois ans le pétrole en ajoutant les subventions extérieurs notre pays fait partie des pays les plus pauvres du monde. Nous émettons alors l’hypothèse facile que la richesse est concentrée entre les mains des 20% de la population (Arabo-berbères).
Enfin, selon le rapporteur spécial des Nations unies sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale Mr. Mutuma Ruteere a achevé une mission d’évaluation en Mauritanie. Il confirme qu’il existe toujours dans le pays des victimes de pratiques analogues à l’esclavage, le rapporteur a plaidé pour un amendement à la loi anti-esclavage de 2007 qui permette aux ONG de se porter partie civile au nom des victimes afin de mieux lutter contre l’impunité.
Genève 13 septembre 2013