Monthly Archives: April 2013
Mauritanie : La majorité et la CAP mécontentes de la rencontre entre la CENI, Ahmed Ould Bahiye et Boidiel
Les groupes politiques ayant participé au dernier dialogue entre la majorité et certains partis de l’opposition ont exprimé leur mécontentement suite à la rencontre entre la commission électorale nationale indépendante et le ministre d’Etat, et grand responsable du parti au pouvoir, Ahmed Ould Bahiye, d’une part et Boidiel Ould Houmoid, président du parti El Wiam, d’autre part.
Meeting à El Mina : La COD appelle le peuple à «se débarrasser» du président Mohamed Ould Abdel Aziz
Quarte partis de la COD, Moustqbel, UFP, MCD et le PLEJ ont organisé, lundi après midi, un meeting au siège du parti d’Ould Borbosse à El Mina. De partout, sont venus les militants et sympathisants de la COD, et le siège de Moustaqbel a rapidement refusé du monde. Visiblement, les organisateurs avaient sous estimé la mobilisation en ces temps de vaches maigres et de déception
Ce fut une occasion pour les leaders de l’opposition présents à ce meeting de tirer, une fois encore, à boulets rouges sur le président de la République et son gouvernement.
Dans leurs différentes allocutions, Moussa Fall, président du MCD, Bâ Mamadou Alassane, du PLEJ, Mohamed Ould Lekhil de l’UFP et de Mohamed Ould Borbosse de Moustaqbel ont dénoncé la politique « aveugle « » du président Mohamed Ould Abdel Aziz dont le court règne aura fini d’enterrer ce qui restait de «nos valeurs morales et Islamiques». Profitant de ce meeting, prélude à la « grande marche » du 3 avril, les orateurs ont stigmatisé « la méthode Aziz» au cœur d’accusation de «blanchiment d’argent ». Ce feuilleton, le “Ghanagate”, qui tient en haleine le microcosme politique mauritanien, ajoutent les intervenants « met à nu la vraie nature du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui « mène le pays vers le gouffre ». L’un des orateurs a demandé qu’un contrôle soit rapidement organisé au niveau de la banque centrale pour édifier les mauritaniens sur les graves manquements, signalés par ces accusations. Une enquête réclamée déjà par le RFD. D’ailleurs pour étayer leurs propos, les organisateurs ont fait écouter aux participants, l’enregistrement de la conversation portant sur le « supposé blanchiment d’argent.» Pour éviter à la Mauritanie un saut vers l’inconnu, expliquent les intervenants, la coalition des partis de l’opposition a décidé de débarrasser la Mauritanie de ce « pouvoir irresponsable et amoral.» Pour ce faire, une grande marche est prévue à Nouakchott, le mercredi 3 avril. Le but de cette rencontre est d « ’exprimer le ras-le bol du peuple mauritanien » face à ce que la COD considère comme « un mépris ». Mais, se hâte de préciser l’un des orateurs, la responsabilité n’incombe pas qu’aux acteurs politiques, c’est une affaire de tous, parce que la Mauritanie s’enfonce, depuis l’arrivée à sa tête du pouvoir actuel, dans «l’incertitude ».
Et c’est la raison pour laquelle, les partis de la COD se sont dits déterminés à en finir avec Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils en appellent au peuple de Nouakchott pour un meeting « raz de marée » afin d’ « obliger », le pouvoir à entendre sa « détresse » et son « refus de la dictature et du mensonge».
Dans leurs interventions, les orateurs n’ont pas manqué de dénoncer, outre la cherté de la vie, le chômage, l’insécurité endémique qui sévit à Nouakchott, avec un cortège de viols et d’assassinats. Face à cela, le pouvoir ne fait rien, ont-ils fait remarquer.
Auparavant, le coordinateur du pôle Ryad, El Mina, Sebkha et Arafat, M Dicko Doudou du parti Moustaqbel avait, dans son discours de bienvenu, expliqué aux militants et sympathisants les raisons du meeting, à savoir préparer la marche du 3 avril qui s’ébranlera de l’ancienne maison des jeunes pour finir en meeting à la place de la mosquée Ibn Abass, que la COD peine à transformer en « Place Tahrir » du Caire. M Dicko a invité les militants des Moughataa du pôle Ryad, Arafat, El mina, Sebkha à se mobiliser le jour J pour administrer une belle démonstration de force au pouvoir « sourd et muet » de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Signalons enfin que ce meeting s’est tenu en présence de Ahmed Ould Daddah, président du RFD, de Jemil Mansour, président en exercice de la COD et du parti Tawassoul, de Moustapha Ould Bedredine, vice président de l’UFP, du représentant de l’UNAD et de nombre de cadres de l’opposition démocratique.
Source: Le calame
Crise : horizons bouchés
La Coordination de l’opposition démocratique (COD) s’apprête à redescendre dans la rue pour exiger le départ du président Aziz. Certains qui contestent ce mode opératoire de l’opposition radicale diront « une manifestation de plus ».

La propension à manifester tend même à pousser le pouvoir dans ses derniers retranchements, en choisissant, le radicalisme comme attitude pour faire face à la surenchère de la COD. Tout ce qui est entrepris par le pouvoir est destiné à lui faire gagner du temps, pas plus. A commencer par le dialogue, en arrivant à la date fixée pour les élections et en passant par la création de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’enrôlement. Et même si les problèmes économiques et sociaux ont tendance aujourd’hui à submerger la crise politique, il reste que cette dernière est celle par laquelle passe toute solution.
Ce n’est pas la peine de feindre que l’acceptation d’un nouveau dialogue entre les trois parties en présence (coalition des partis de la majorité, COD et Coalition pour une Alternance Pacifique) n’est pas possible à l’heure actuelle, quand on sait pourtant que c’est l’unique voie de sortie de la crise. Le retour en force de l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, est en réalité un désaveu flagrant pour le dialogue « national » de septembre 2011. Sans la COD, le problème reste entier. On peut certes organiser des élections, avec la participation de la CAP mais ce ne sera pas suffisant pour servir de faire-valoir pour un gouvernement qui s’entête à reconnaitre que la plupart des institutions démocratiques (pour ne pas dire toutes) sont maintenant dans l’illégitimité totale.
On est dans l’administration du provisoire. En attendant que se tiennent les élections. Mais on sait aussi que celles-ci doivent impliquer tout le monde pour avoir une certaine légitimité mais surtout pour empêcher que la COD ne continue à réclamer, avant termes, une remise des compteurs à zéro. C’est le seul moyen de sauver ce qui peut encore l’être au niveau d’une situation où toutes les cartes sont brouillées. Il ne s’agit plus seulement d’’évoquer l’illégitimité du mandat « bonus » des députés mais aussi la présence à la tête du Sénat d’un président dont on ne sait s’il est intérimaire ou « héritier » de facto d’un poste laissé vacant par le décès de son occupant élu.
Un autre souci qui vient s’ajouter à ceux qui alimentent aujourd’hui la polémique sur les contradictions d’une démocratie bien particulière. Où tout ne se fait pas suivant les normes internationales mais les spécificités de la Mauritanie. Un pays où un coup d’Etat peut être validé par des parlementaires qui l’habillent en « rectification ». Où l’argent de l’armée sert à alimenter les affaires des civils, sans que l’on pousse les investigations plus loin pour savoir s’il y a une chaîne de « solidarité » autre que celle qui concerne le comptable et le principal protagoniste de cette affaire. Mais peut être bien que c’est la profusion des crises (ailleurs on parlerait de scandales) qui justifie cette administration du provisoire, l’objectif étant d’empêcher ces débordements qu’on a vu ailleurs et qu’on a appelé le « printemps arabe ». Un retour sur 2008 A quelques exceptions près, la crise actuelle ressemble, étrangement, à celle qui a suivi le coup d’Etat du 6 août 2008.
Qui est loin d’être consommé. La COD joue ici le même rôle que le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) mais avec moins d’efficacité, sur le plan intérieur et extérieur. Sans parvenir à convaincre le pouvoir que le rapport des forces n’est plus en sa faveur ou à persuader l’extérieur qu’il faut agir maintenant, comme en 2009, avec l’Accord de Dakar, pour empêcher le pays de sombrer. Ce défaut d’implication de la communauté internationale dans la recherche d’une solution à la crise, et dont on ne sait s’il est positif ou négatif, tient au fait que la COD ne tient pas compte, véritablement, de la singularité de la situation par rapport à celle de 2008 : Elle demande le départ d’un président élu alors que le FNDD réclamait celui d’un putschiste. Une confusion totale entre légalité et légitimité. Si en 2008, la communauté internationale dans son ensemble, menée par la France et les Etats-Unis, était d’accord pour que l’ordre constitutionnel devrait être restauré, même avec des accommodements qui ont permis au général Aziz d’être candidat, en 2013, c’est la démocratie qu’il faut sauver ! La situation actuelle fait de la Mauritanie le Gondwana de Mamane où tout est travesti pour que le Chef s’assure un semblant de tranquillité.
Tout le tintamarre fait donc autour de la tenue prochaine d’élections municipales et législatives, version CENI ou Majorité, ne constitue pas encore une « feuille de route » pour la sortie de la crise, de la formation d’un gouvernement de « compétences » et (et non d’union nationale) pour fléchir la position de principe – et de bon sens – d’une COD qui ne veut pas refaire les mêmes erreurs que lors de l’Accord de Dakar. Du côté de la Majorité, la situation devient intenable. Comme ils le font depuis le 6 août 2008, les soutiens du pouvoir mettent en avant la légitimité populaire qu’ils sont les premiers à avoir transgressée en soutenant la destitution d’un président élu au suffrage universel !
Un double langage qui, de plus en plus, est en train de s’effriter, à mesure que le temps passe et qu’on se rende compte qu’en l’absence de perspectives claires pour un pouvoir qui fait face à des horizons bouchés, la situation d’un Parlement « périmé » est le premier facteur d’un désaveu qui va crescendo. Incapables de se départir de leurs velléités putschistes, incompatibles avec leur statut de parlementaires et de « représentants du peuple », comme ils aiment à le rappeler, les élus de la Majorité semblent privilégier le principe dépourvu de conscience politique du « ça passe ou ça casse » ! En cela, ils rejoignent la COD qui, elle aussi, croit toujours possible une « récupération » du pouvoir par la rue. Fâcheux programme.
Source: Elhourriya
Prière de Kaédi du 25 mars 2009 : Quid du Passif, quatre ans plus tard ?
Cela fait quatre années, depuis le 25 mars 2009, que Mohamed Ould Abdel Aziz avait présidé à Kaédi, capitale du Gorgol et symbole de la communauté négro-africaine, la prière dite de l’Absent, en mémoire de tous les disparus civils et militaires des pogroms de 1989. Cette prière avait pour objectif, selon les ténors du pouvoir, de renforcer l’unité nationale sur la base de valeurs et de tolérance en vue de solder ce que le langage officiel a consacré comme le « Passif humanitaire ».

Pour le pouvoir mauritanien, le dossier des évènements de 1989 est définitivement clos. Contre quelques millions d’ouguiyas, les Négro-mauritaniens ont en principe accepté de passer par perte sèche la mort de leurs tués, au cours de ces années de braise qui se sont étalés de 1989 à 1991. Plus aucun ayant-droit ou ancienne victime n’a plus le droit de faire la moindre réclamation. Les veuves et les orphelins ont été indemnisés, ainsi que les anciens militaires et agents des forces de l’ordre, les fonctionnaires refoulés ont été soit indemnisés soit réintégrés, tous les réfugiés sont retournés au pays, poussant ainsi l’Agence nationale d’appui et d’insertion des Réfugiés (ANAIR) à fermer boutique. Enfin, la prière de Kaédi de 2009 supervisée par le président Mohamed Ould Abdel Aziz a donné l’ultime onguent aux disparus de ces années de haine. Que certains continuent à réclamer justice n’a plus de sens, dans la mesure où les ayants droits, en signant les documents d’indemnisation avaient renoncé à toute poursuite judiciaire. Le ministre de la Défense pouvait ainsi tranquillement annoncer solennellement la fin du Passif Humanitaire.
Cette version officielle d’un dossier aussi lourd pour la conscience nationale ne semble cependant pas satisfaire tout le monde. Le droit à la mémoire et le pardon restent des exigences morales de pans importants de la communauté négro-mauritanienne qui estiment que le dossier est encore loin d’être épuré. Ils assimilent les solutions appliquées et l’annonce officielle faite comme la cendre qui couve un feu, formant un volcan endormi qui risque de faire éruption à chaque moment. L’impunité des auteurs présumés d’exactions commises à travers la torture, l’assassinat physique et la disparition forcée de milliers de noirs, est considérée comme une braise ardente sur le cœur meurtri des familles éplorées qui croisent chaque jour les bourreaux de leurs proches. Le parti Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD/MR) avait ainsi organisé dans ce sens une manifestation populaire pour dénoncer l’armistice de 1993 qui couvrait tous les auteurs de crimes. Mais cet appel restera certainement orphelin, en l’absence d’une adhésion plus large et plurielle.
Aujourd’hui, les Négro-mauritaniens considèrent qu’ils font face à un péril plus lourd que ceux vécus par les victimes de 1989-1991. Il s’agit de la marginalisation de leur jeunesse dans le marché de l’emploi, celle des fonctionnaires noirs à accéder à des promotions ou à des avantages. Alors que jusqu’en 1989, les Noirs représentaient l’écrasante majorité au sein de la Fonction Publique, dans l’armée et les corps constitués, ils ne sont plus qu’une faible minorité. Eliminés systématiquement dans les concours, ils se voient apatrides dans leur propre pays. D’où l’exil de plus en plus massif des Noirs de Mauritanie, la fuite des compétences et la sourde colère de ceux qui s’estiment désormais citoyen d’un pays où leur chance s’amoindrit de plus en plus. La dénégrification de la société mauritanienne se poursuit ainsi inexorablement à l’heure où des appels de plus en plus nombreux à l’unité nationale deviennent le leitmotiv de ceux-là même qui en détruisent les fondements. La réalité amère montre en effet, de quelques regards qu’on se tourne, que l’heure est au « blanchiment » des institutions, que cela soit dans l’audiovisuel, quatre radios privées et quatre télévisions privées aux mains d’une seule communauté, dans les ministères, les établissements publics, les institutions militaires et assimilées. Seules les organisations internationales et quelques entreprises privées internationales où les critères de compétence valent plus que l’appartenance tribale ou ethnique, restent ainsi le seul salut pour des couches entières de la population mauritanienne laissées en rade.
JOB
Pour l’authentique




