Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: April 2013

Anniversaire des 30 ans des FLAM: Discours d´ouverture du Secrétaire Général des FLAM-Europe

Permettez moi de vous souhaiter la bienvenue parmi nous au nom du bureau exécutif local de la section Europe de l’Ouest. Permettez moi aussi de souhaiter joyeux anniversaire aux Forces de libération africaines de Mauritanie pour ses trente années . Trente années de lutte trente années d’une longue marche.

Une longue marche vers la liberté, difficile et pénible, parsemée d’embûches, au cours de laquelle de vaillants combattants sont tombés. Je pense  à  Moussa Kébé ,Djigo Tafsirou ,Touré Zakaria ,et à notre ami Mamadou Sow  militant exemplaire arraché  à nous à la fleur de l’âge, je pense aussi  à Aboubacry Kalidou Bâ et à Bâ Ibrahima Kassoum.

Mes pensées vont également à Sarr Amadou,Sy Saidou et Bâ Seydi autres héros sacrifiés de la cause, fauchés sous les balles du peleton d’exécution , sans oublier  tous ceux qui se sont investis dans  cette lutte de libération .

Mesdames et Messieurs, je vous invite  à  consacrer une minute de silence à leur  mémoire qui restera à jamais éternelle !

Je vous remercie.

 

 

 

 

Mesdames, Messieurs honorables invités, chers camarades.

Les Flam partagent avec vous leurs préoccupations qui, sont  aussi les vôtres face à l’actuelle  situation politique interne, pleine de menaces  et  d’incertitude quant à notre futur dans notre cher pays la Mauritanie.

Si, au tout début de sa prise de pouvoir, le Président Ould Abdel Aziz  avait  suscité quelques espoirs, aujourd’hui, force est de constater que le système  a, maintenant,  repris-le dessus.

L’équilibre  dans la représentativité des communautés au sein de la haute ’administration reste presque  ignoré ,  la question du  génocide contre les noirs mauritaniens semble  évacuée dans son fond, le retour entamé des réfugiés est brutalement arrêté fort heureusement d’ailleurs car ceux qui sont rentrés sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, certains ont finalement repris le chemin inverse préférant la misère et la dignité des camps au Sénégal plutôt que la vie et le déshonneur qu’on leur imposait en Mauritanie. Les terres de la vallée sont toujours spoliées par l’agro business arabo -berbère . La question de l’esclavage demeure d’actualité car les esclavagistes sont toujours en liberté et les militants anti esclavagistes harcelés et emprisonnés arbitrairement ;le cas du frère Biram Abeid en est une parfaite illustration .

 

Face à ces insuffisances et surtout à la pertinence de la question nationale qui continue de se poser avec acuité, les Flam ont décidé courageusement au cours de leur dernier congrès tenu à Champs sur Marne de se redéployer en Mauritanie

Une première délégation officielle des Flam foulera le sol mauritanien lors du premier pèlerinage d’Inal de novembre 2011.

Elle sera suivie quelques mois après par le retour de la section sénégalaise .

Depuis le 4 avril 2013, le camarade Ibrahima Sow Mifo vice président et secrétaire national à l’organisation est rentré en Mauritanie amorçant l’avant dernière phase du programme de redéploiement.

Les Forces de libération africaines de Mauritanie vont se redéployer et elles sont conscientes des réalités de l’environnement interne marqué par une diabolisation de notre mouvement qu’il faudra soigner et par l’adversité que nous opposera certainement ce système qui, rappelons le, ne nous a jamais pardonné d’avoir été les premiers à sensibiliser l’opinion public international sur le drame vécu par les Négro- mauritaniens à travers la publication du « Manifeste du négro mauritanien opprimé » en 1986 ! Si Mawiya avait fait subir à la majorité noire humiliations, déportations et génocide, Mohamed Ould Abdel Aziz qui fut longtemps un des éléments clés de ce système a inventé sa potion magique : l’enrôlement dont le but principal est de priver la majorité noire de sa nationalité

Le système ayant compris la force économique de cette diaspora tente de l’affaiblir en exigeant des conditions inacceptables pour l’enrôlement en France : l’exigence de la présentation d’une carte de séjour

Si cette diaspora, ne réagit pas de manière vigoureuse et au plus vite, des milliers de nos compatriotes perdront de ce fait leur titre de séjour et leur travail

Si ce n’est déjà le cas pour certains.

Le combat mené contre ces injustices politiques raciales sociales et économiques doit être d’avantage intensifié d’où l’exigence d’une conviction inébranlable et d’une détermination sans faille.

Honorables invités chers camarades permettez avant de finir de dire comme Martin Luther King et je le cite « Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique »

Joyeux anniversaire aux flam chers camarades

La lutte continue!

Je vous remercie.

Ahmadou Dieng Secrétaire Général des FLAM-Europe de l´Ouest

www.flamnet.info

 

Le MPR est à deux doigts de sortir de la majorité présidentielle

altC’est en substance ce qu’a affirmé au Calame, une source digne de foi et proche du député Kane Hamidou Baba président du Mouvement Pour la Refondation (MPR) jusqu’ici membre de la majorité présidentielle. Cette décision pourrait être entérinée au cours de la réunion du Comité Permanent du parti, prévu le jeudi prochain. Au cours de la réunion du Bureau Exécutif tenue le jeudi passé, sous le thème : bilan et perspectives de la participation du MPR à la majorité présidentielle, une forte tendance s’était dégagée en faveur du retrait du parti de la Majorité. Des milieux bien informés indiquent que la décision sera peaufinée dans les prochains jours et annoncée aux mauritaniens, le moment venu. Cette décision imminente du parti que dirige Kane Hamidou Baba pourrait faire des émules, si ce n’est déjà fait du côté d’ADIL et du RD, deux partis de la Convergence Patriotique (CP). En envisageant donc de sortir de la Majorité, le MPR signifie sa volonté de ne plus continuer à attendre « les atermoiements d’une Majorité au garde à vous », et qui ne voudrait pas aller au dialogue. C’est là une « attitude contraire à la volonté de la majorité des mauritaniens », estime notre source. Cette décision intervient en pleine manœuvres politiques. La Convergence Patriotique (CP), qui rassemble le MPR, ADIL et RD tous membres de la majorité présidentielle, a décidé, très tôt de soutenir l’initiative de sortie de la crise politique concoctée par le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir. Laquelle initiative prône le rapprochement des pôles politiques, particulièrement entre le Pouvoir et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) pour l’organisation consensuelle des prochaines élections municipales et législatives. La COD qui traînait les pieds pour répondre positivement à l’initiative du président de l’Assemblée Nationale, si l’on en croit les déclarations et confidences de certains de ses responsables, relayées, depuis peu, par la presse, pourrait, au cours d’une réunion annoncée pour ce lundi, répondre positivement à la proposition de Messaoud Ould Boulkheir. Les manœuvres en cours pourraient aboutir à la mise en place d’un front uni contre le pouvoir, accusé de « rester sourd » aux différentes initiatives visant à décrisper la scène politique. Une attitude qui va à l’encontre du souhait de la majorité des mauritaniens, explique-t-on au MPR.

Source: Le calame

Sénégal : Karim Wade conteste 98% du patrimoine que lui impute la Crei

Les événements se précipitent dans l’affaire Karim Wade. Après le dépôt par ses avocats, lundi matin, devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), d’un mémoire en réponse assorti de nombreux documents, Karim Wade a été conduit à la section de recherche de la gendarmerie le même jour, où il a été entendu par les enquêteurs dans la soirée.

karim Wade a remis son dossier de défense à la Crei, le 15 avril. © DR

karim Wade a remis son dossier de défense à la Crei, le 15 avril. © DR

 

Karim Wade avait jusqu’au 15 avril pour transmettre à la Crei les pièces justificatives démontrant l’acquisition licite de son patrimoine. Or le dossier que ses avocats ont transmis lundi matin au procureur spécial Alioune Ndao, que Jeune Afrique a pu consulter, porte en premier lieu sur la contestation de la quasi-totalité du patrimoine d’1,5 milliard d’euros qui lui est imputé. Selon Me El Hadj Amadou Sall, ancien ministre de la Justice d’Abdoulaye Wade, « il s’agit d’un dossier en béton armé, sur lequel ils vont se casser les dents. Nous y démontons une à une les accusations ».

Le patrimoine de Karim Wade établi par la Crei se décompose en quatre catégories principales. D’abord, des flux bancaires relatifs aux deux comptes que l’ancien « ministre du Ciel et de la Terre » détient au Sénégal, à la SGBS et la CBAO. Sur ce point, les enquêteurs ont chiffré les « sommes versées sur ces comptes » au cours des douze dernières années, parvenant à une estimation totale d’1,4 million d’euros (0,13 % du total). Pour Karim Wade, ces versements « proviennent de sommes remises » par son père, l’ancien président, « pour la prise en charge des dépenses familiales et autres ».

Des véhicules ensuite. Les enquêteurs en dénombrent huit (pour 846 000 euros, soit 0,08 % du total), dont la propriété ou la valeur patrimoniale est partiellement contestée par l’intéressé. Selon son mémoire en réponse, la Porsche Cayenne lui a été offerte « par son Altesse royale l’Émir du Koweït », et la BMW Série 5 par « Sa Majesté le Roi du Maroc ». La Ford Ranger aurait été acquise par son père, de même que les trois GMC Denali, importées lors de la campagne présidentielle de 2012 et qui auraient été « dédouanées à son nom ». Karim Wade produit par ailleurs une expertise de ce parc automobile qui montre, selon lui, une nette surévaluation par la Crei.

Hommes de paille

En matière immobilière (23 millions d’euros, soit 2 % du patrimoine total), une partie des biens recensés par la Crei est reconnue par Karim Wade comme lui appartenant, même si la valeur qui leur est attribuée est jugée excessive par sa défense. Il s’agit d’une extension de la propriété familiale du Point E, actuellement en construction. Le terrain aurait été acquis par Abdoulaye Wade, qui l’aurait mis au nom de son fils dans le cadre d’un « partage d’ascendant ». Est également confirmée par la défense de Karim Wade la propriété d’un immeuble situé Sicap Rue 10. Là encore, une attestation opportune de l’ancien président vient justifier l’achat et le financement des travaux concernant ce bien immobilier qui aurait été cédé à son fils dans le même cadre.

En revanche, la propriété d’un complexe immobilier de luxe, baptisé Eden Roc et détenu par la société Hardstand, est contestée par Karim Wade. Celle-ci – valorisée par la Crei à 20 millions d’euros – appartient en effet à deux hommes d’affaires d’origine libanaise, Bibo Bourgi – proche de l’ancien ministre – et son frère Karim. Quant aux deux terrains officiellement détenus par des sociétés civiles immobilières appartenant à l’un de ses amis d’enfance, Patrick William, les avocats de Karim Wade produisent les titres fonciers et contrats de bail indiquant qu’ils sont toujours la propriété de l’État du Sénégal et ne peuvent donc appartenir au fils de l’ancien chef de l’État.

Vient enfin le gros morceau de la mise en demeure. Karim Wade, selon le procureur spécial, possèderait en sous-main pas moins de quinze sociétés (pour un total de 1,03 milliard d’euros, soit 98 % du total). L’une d’entre elles, DP World Dakar SA, est la filiale sénégalaise du troisième opérateur portuaire mondial, Dubai Ports World. Cette société a obtenu en 2007 la concession relative au terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar. Le fait que cette filiale, dont la valeur est évaluée par la Crei à 596 millions d’euros, appartienne à Karim Wade a fait l’objet d’un démenti officiel de la maison mère.

Outre DP World Dakar SA, la Crei soupçonne Karim Wade d’être l’actionnaire caché de la société sénégalaise de service au sol AHS (Aeroport Handling Services) et de ses sept « sœurs » (Bénin, RCA, Guinée équatoriale, Guinée Bissau, Niger Ghana et Jordanie), mais aussi de la société chargée de l’exploitation de l’aéroport de Malabo, Adge. Des entreprises pourtant détenues majoritairement par les frères Bourgi. Figurent encore sur la liste de son patrimoine la société sénégalaise Daport SA, spécialisée dans le domaine aéroportuaire et officiellement détenue à 60% par l’opérateur allemand Fraport AG. Ou encore les sociétés BlackPearl Finance, ABS Sénégal, An Media (qui détient la chaîne de télé Canal Info News), CD-Media Group (qui contrôle le quotidien Le Pays et le site web lesenegalais.net).

Confrontation ou arrestation ?

Outre les différents motifs de nullité de procédure agités par les avocats de Karim Wade, les nombreux documents qu’ils fournissent à l’appui de leur mémoire en réponse semblent fragiliser la thèse de la Crei. Car les actes notariés, comptes consolidés et autres attestations émanant des dirigeants de plusieurs de ces sociétés confirmant que Karim Wade n’y détient aucune action, ne perçoit aucun dividende et n’entretient aucune relation d’affaires ou financière avec elles, risquent de peser dans la balance. La principale question qui se pose aujourd’hui n’est donc pas tant de savoir si Karim Wade a acquis son patrimoine de manière licite mais plutôt si le patrimoine estimé par la Crei peut, de manière incontestable, lui être attribué.

En milieu d’après-midi, ce lundi, alors que la masse compacte des supporters du fils de l’ancien président s’était regroupée aux alentours de la maison familiale du Point E, où la sécurité avait été renforcée, un nouveau rebondissement allait survenir. Des gendarmes en civil sont venus chercher Karim Wade pour l’emmener à la section de recherche de la gendarmerie, à Colobane, où celui-ci avait déjà été entendu à six reprises au deuxième semestre 2012. Selon diverses sources, il y aurait retrouvé plusieurs protagonistes soupçonnés d’avoir fait du portage d’actions à son profit.

Lundi soir, tout Dakar bruissait de l’affaire, même si la situation restait confuse sur la nature de cette convocation. S’agit-il seulement d’une énième confrontation avec d’autres témoins ? Ou faut-il y voir le signe annonciateur d’une prochaine mise sous mandat de dépôt ? Le procureur spécial Alioune Ndao, totalement muet depuis le mois de novembre, doit tenir une conférence de presse mardi 16 avril à 16 heures GMT. Au vu du mémoire en réponse, qui prétend réduire en cendres 98% de son enquête, les déclarations du magistrats sont particulièrement attendues.

Mehdi Ba, à Dakar
Pour JA

 

Vernissage à la Galerie Zeinart : Le Fouta en vedette

La Galerie Zeinart de Nouakchott accueille ces jours-ci une exposition forte en couleurs ! Il s’agit des oeuvres de l’artiste Oumar Ball qui retracent toutes les facettes de la vie quotidienne dans la vaste région du Fouta.


Vernissage à la Galerie Zeinart : Le Fouta en vedette
En prélude à son exposition intitulée « Palette du Fouta », Oumar Ball a organisé mardi 9 avril un vernissage à la Galerie Zeinart. L’occasion pour l’artiste de valoriser sa région natale, le Fouta, par le biais de ses œuvres.

Les nombreux tableaux accrochés aux murs de la Galerie Zeinart, représentaient chacun une facette de cette région qui s’étend géographiquement sur une grande partie de l’Afrique de l’ouest. Des œuvres qui mettent en valeur la terre, le vent, le fleuve, le vécu quotidien de la population de la vallée, et surtout ces terres fertiles et assoiffées d’eaux et la période de crue et de décrue. Fort de son pinceau, l’artiste a relaté le vécu quotidien des habitants du Fouta à travers leurs activités quotidiennes qui se ressemblent et se juxtaposent. Fort des relations qu’il lie avec la population locale du Fouta, Oumar Ball décrit l’hospitalité et la solidarité des « Foutankins ».

« J’ai grandi au Fouta jusqu’à l’âge de 14 ans avant de rejoindre mes parents à Nouakchott. J’ai gardé le souvenir de cette terre, et des images sont restées gravées dans ma tête. C’est pour cela que, je peints et dessine mon Fouta mais avec une certaine nostalgie » confie Oumar Ball, l’artiste peintre. « Un jour l’idée m’est venu d’y retourner pour me baigner de nouveau dans ce monde du Fouta. Depuis, j’ai gravé dans ma tête ces portraits chocs que j’essaie de traduire par des images ».

Le public qui a effectué le déplacement à la Galerie Zeinart ne devrait pas regretter. Les murs du site sont décorés de ces tableaux qui dégagent certes le Fouta, mais aussi et surtout, l’Afrique dans ce qu’elle a de plus originel et de plus spécifique.

 
Source: L’Authentique

Turquie: la paix avec le PKK marcahandee au Kurdistan

altRecep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, reconnaît qu’il parlemente avec Abdullah Öcalan, le chef historique du PKK emprisonné depuis 1999. Ce dernier appelle ses combattants à cesser le feu. Espoir de paix ou jeu de dupes ?
Ils envisagent de faire taire les armes après trente ans d’un conflit qui a fait 45 000 morts : 8 000 militaires turcs et, pour l’essentiel, des combattants de la guérilla kurde du PKK. Ils ? Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre et leader du Parti de la justice et du développement (AKP), d’un côté ; Abdullah Öcalan, 64 ans, alias « Apo », le chef historique du PKK, de l’autre.
L’un rêve de se faire élire président en 2014. L’autre, condamné à la prison à perpétuité, et à l’isolement total dans l’île-prison d’Imrali, en mer de Marmara, depuis 1999, espère se voir sinon libéré un jour, du moins assigné à résidence. Pour parvenir à ces objectifs, l’islamiste relooké et le marxiste-léniniste vieillissant avaient tout intérêt à s’entendre. C’est chose faite. En confirmant, fin 2012, que les services secrets parlementaient avec l’ennemi public numéro un, le « terroriste », le « tueur d’enfants » avec qui il était officiellement exclu de négocier, Erdogan a levé un tabou. En appelant ses guérilleros, le 21 mars, à cesser le feu et à quitter le territoire turc, Öcalan a scellé le principe d’une réconciliation.
Cette évolution a de quoi surprendre. Jusque-là, Erdogan, le « démocrate-musulman », refusait de recevoir les députés du BDP, le parti prokurde, pourtant légalement élus, tandis que des vagues d’arrestations décimaient l’élite kurde. Maires, députés, intellectuels, journalistes… Ils sont près de 15 000 à avoir été jetés en prison, dans l’intention manifeste de « casser » le dynamisme de cette minorité de 23 millions de personnes qui réclame une autonomie régionale et d’élémentaires droits démocratiques, rejointe en cela par d’autres segments de la société civile, au premier rang desquels les libéraux turcs.
L’islamiste relooké et le marxiste-léniniste vieillissant avaient tout intérêt à s’entendre.
Mais entre-temps, le contexte régional a changé. D’ami intime de Bachar al-Assad, Erdogan s’est mué en virulent détracteur du raïs syrien, s’attirant du même coup la sourde hostilité de Téhéran, allié de Damas. Le PKK bénéficie aujourd’hui d’un soutien logistique du régime Assad et dispose de bases arrière dans le nord du pays, tenu par le Parti de l’union démocratique (PYD, son alter ego syrien). En 2011, la Turquie a soupçonné l’Iran – qui réprime sa propre minorité kurde – d’avoir arrêté puis relâché Murat Karayilan, le numéro deux du PKK, le laissant rejoindre les montagnes de Kandil, dans le nord de l’Irak, à partir desquelles 2 000 combattants kurdes lancent des raids meurtriers en territoire turc.
Autonome
Déstabilisée par la guerre en Syrie, harcelée sur son territoire et cernée à ses frontières, la Turquie redoute plus que jamais la création d’un État kurde. Déjà, depuis l’invasion américaine de 2003, les Kurdes d’Irak possèdent leur propre gouvernement autonome, de vastes gisements de pétrole et même une université attrayante, à Erbil. Ankara a fini par s’en accommoder pour se livrer à un business effréné, mais n’a pas la moindre intention de laisser ce modèle s’étendre et menacer son intégrité territoriale. Il était donc urgent de calmer le jeu, à l’intérieur.
Loin de ces considérations géostratégiques, la tactique politicienne entre elle aussi en ligne de compte. Erdogan a besoin de l’appui des 36 députés du BDP pour faire adopter une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel taillé à sa mesure. Öcalan, après avoir reçu quelques visites (son frère, ses avocats, des élus du BDP) et un poste de télévision, espère voir s’améliorer son ordinaire. Avec son idéologie marxiste-léniniste dépassée, son culte du chef anachronique et ses combattants épuisés par des années de lutte stérile, le PKK a tout intérêt à se renouveler pour être en phase avec les aspirations pacifiques des Kurdes : reconnaissance de leur identité, accès à l’éducation dans leur langue maternelle, octroi d’un certain degré d’autonomie. Le Premier ministre est-il prêt à leur accorder tout cela ? Le peut-il, face à une armée et à des milieux kémalistes pour qui le caractère unitaire et centralisateur de l’État est un dogme ?
« Ce marchandage risque de tourner au marché de dupes. Erdogan va diriger le pays de manière de plus en plus autocratique, et Öcalan aura vendu à la fois les Kurdes et les démocrates turcs », estime le politologue Erol Özkoray. Déjà, plusieurs commandants du PKK, s’ils obtempèrent aux ordres d’Apo, demandent des garanties du gouvernement et du Parlement avant de désarmer leurs hommes. Ce vieux conflit est en effet jalonné de cessez-le-feu rompus et de tentatives de dialogue avortées. Lancées par l’AKP en 2009 et en 2010, les deux dernières n’avaient d’ailleurs abouti qu’à la recrudescence de la guérilla : 700 morts entre mai 2011 et septembre 2012.
Nuisance
Autre écueil redoutable pour la paix, la capacité de nuisance des extrémistes des deux camps (ultranationalistes turcs, jusqu’au-boutistes kurdes), qui ne reculent devant aucune provocation. Si les auteurs de l’assassinat à Paris, en janvier, de trois militantes kurdes, dont deux étaient appelées à jouer un rôle clé dans le processus de réconciliation, n’ont toujours pas été identifiés, leur mobile ne fait aucun doute : saborder la paix.
Comment s’assurer que le processus entamé aujourd’hui sera durable ? Les conditions dans lesquelles s’opérera le retrait des combattants du PKK du territoire turc (calendrier, garanties de sécurité, etc.) donneront une première indication. À moyen terme, l’orientation du régime sera déterminante : Erdogan s’engagera-t-il enfin sur la voie des réformes démocratiques ? Ou profitera-t-il de cette trêve pour en engranger le bénéfice politique et accroître son emprise sur les rouages du pouvoir ? À moins qu’Abdullah Gül, jusqu’ici son fidèle bras droit, déjoue ses plans en s’accrochant à son fauteuil de président

Source: JA