Monthly Archives: October 2012
Communiqué de Touche pas à ma nationalité
Le président de la république a été victime, le samedi 13 octobre 2012, de tirs, qui selon la version officielle, sont de nature accidentelle. Il est évident que cette version ne convainc personne. Le peuple mauritanien a le droit d’être informé surtout quand il s’agit d’une institution aussi importante que celle du président de la république.
Une enquête doit être diligentée pour faire la lumière sur cet incident gravissime qui a ébranlé l’Etat au plus haut point. Cela doit être aussi l’occasion de faire la lumière sur l’ensemble des pages sombres de l’histoire de la Mauritanie : le génocide contre la communauté noire, l’assassinat de Lamine Mangane et bien d’autres forfaitures. En effet ; il ne faut pas s’y tromper ; la survenue d’un tel incident n’est pas fortuite. Le racisme et l’esclavagisme érigés en système de gouvernement dans notre pays ne peuvent prospérer que dans le désordre et le chaos. Il est inutile de rappeler ici les différents coups d’état qui ont ponctué l’histoire du pays et dont le dernier en date est celui qui a justement porté Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir en 2008. Cette tentative d’assassinat du président, puisque selon toute vraisemblance c’est de cela qu’il s’agit, n’est qu’un énième effet pervers du système.
Touche pas à ma nationalité exige la vérité sur cet évènement sans précédent dans l’histoire de notre pays et ose espérer que le pouvoir ouvrira enfin les yeux sur la déliquescence du système de gouvernement inique qui régit la vie des Mauritaniens et qui est inéluctablement voué à l’échec.
Nouakchott le 15 octobre 2O12
La coordination
Le 15 octobre Jour de “l’anéantissement” de Thomas Sankara
Le monstrueux complot qui a emporté le président Thomas Sankara le 15 Octobre 1987 se dévoile progressivement à mesure que passent les années et que le temps fait son œuvre. On sait de plus en plus avec exactitude les mobiles, les exécutants et les commanditaires. Depuis deux ans maintenant, et soupçonnant les risques évidents de fuites sur les événements du 15 Octobre, le dernier cercle des inconditionnels de Blaise Compaoré a pris l’initiative de raconter le 15 Octobre à sa manière. Un cercle d’historiens du ” 15 Octobre ” favorables au président s’est même constitué et il est dirigé par un certain Marcel Kouraogo. Ce sont les historiens de la cour. Après les juges et les journalistes ” acquis “, voici les ” historiens acquis ” du régime Compaoré. La vérité sur les événements du 15 Octobre peut être cependant difficilement et durablement travestie. Tout simplement parce que pour réussir le 15 Octobre, il a fallu mobiliser soigneusement certes, mais assez largement quand même. Le temps faisant son œuvre, les frictions et les abandons en chemin occasionnent de temps en temps des ” oublis de soi ” et certaines choses apparaissent. Depuis le 20e anniversaire, on a fait un grand pas dans la connaissance des circonstances exactes et des conditions d’ ” anéantissement ” du président Thomas Sankara. Les témoins des conditions d’anéantissement du président ne sont plus nombreux. L'” épidémie ” de la mort a largement clairsemé les rangs. Surtout celui des exécutants. Aujourd’hui, de la vingtaine de personnes qui ont fait irruption au Conseil de l’entente, ce 15 Octobre à 16h20 mn environ, il n’en resterait plus que six (06). Les trois soldats qui avaient en charge la DCA, deux officiers, toujours en services et puis évidemment le député Hyacinthe Kafando. Des informations se précisent aussi sur le moyen utilisé. Il est maintenant admis que dès 10 heures de la journée, le dispositif était connu de nombre de soldats qui devaient participer à l’exécution du président. Thomas Sankara en a-t-il été avisé par les renseignements ? C’est possible. Puisque ce même jour, il aurait longuement reçu, l’étudiant Jonas Somé, un protégé de Blaise Compaoré, à qui il aurait tenu ces propos, au moment de se dire au revoir “…je considère que l’incident est clos. Dis-le à Blaise… “1. Thomas Sankara avait-il pensé que cela suffirait à rengainer le complot qui était déjà en exécution ? Peut-être pas. Mais il peut sembler qu’il s’est trompé sur l’heure de l’exécution du coup d’Etat. Même s’il le croyait probable, il le projetait pour certainement plus tard dans la nuit. C’est pourquoi, il s’était remis à travailler sur son projet qu’il devait exposer ce jour même à 20 heures. Espérant, qu’une fois cette réunion tenue, il n’y aurait plus de mobiles pour ses adversaires de passer à l’acte. L’analyse de Sankara n’avait sûrement pas pris en compte le degré d’hostilité dont il faisait l’objet dans la sous région. Ou encore pensait-il, simplement, que ce qui importait, c’était la cohésion du front intérieur. En réussissant à colmater le front intérieur, croyait-il, il ferait échec aux velléités extérieures. Seulement, les choses avaient pris une tournure irréversible.
Gilbert Diendéré avoue avoir dirrigé l’opération du 15 octobre 1987
En ce 21e anniversaire, on sait plus précisément que la mort du président Sankara n’était pas incidente, mais programmée dès le début de la préparation du complot qui était devenu irréversible dès le mois d’août 1987. En rendant visite aux étudiants réunis, en conférence annuelle de leur CDR à Pô, en début septembre, le président Thomas Sankara évoquait déjà, sa probable mise à l’écart. Il faisait allusion, en terme à peine voilée, à la tension qui avait prévalu à l’occasion de la célébration du 4 Août à Bobo-Dioulasso2. Pendant cette célébration, de folles rumeurs d’un projet d’assassinat du président avaient couru au point de gâcher la fête de la révolution.
Il y a donc suffisamment d’éléments documentés qui montrent la préméditation. La préparation minutieuse du coup d’Etat avec des implications extérieures très précises.
En fait, Blaise Compaoré voulait le pouvoir. Il s’y est préparé et il l’a pris quand il a jugé le moment opportun, avec cependant de grandes appréhensions. Gilbert Diendéré qui était l’officier de service au moment de la perpétration explique que ” la décision a été prise dans un climat général d’inquiétude proche de la panique “.
Quand Blaise Compaoré a été informé de la réussite du coup, il se serait d’abord effondré, puis se serait isolé pendant près d’une heure, avant de sortir faire face à la nouvelle réalité.
Un certain nombre d’enchaînements reste à éclaircir. Il a beaucoup été question de l’argent, notamment des sommes énormes qu’un certain soldat Ballora, aujourd’hui décédé, aurait transporté avec sa femme déguisée à l’occasion en une femme enceinte sur sa moto de Pô à Ouagadougou. Vers la fin de sa vie, le soldat Ballora était tombé en disgrâce. Il est mort dans la misère, comme tous ceux des soldats qui ont perpétré le coup du 15 Octobre 1987.
Il reste aussi à creuser un peu plus les implications libériennes. Les paroles de prince Johnson sont insuffisamment précises. Elles permettent simplement d’accréditer définitivement la thèse de l’implication étrangère.
Dans l’ensemble donc, la perpétration du 15 Octobre 1987 est assez bien connue dans son déroulement. Les implications sont aussi suffisamment claires et c’est peut-être pourquoi, il est difficile à Blaise Compaoré d’aller au delà de certaines contritions. La réhabilitation totale de Sankara par lui est difficile. Il lui faut s’accrocher à la thèse ” c’était lui ou moi ” pour anesthésier sa propre conscience.
Il reste que le 15 Octobre est un haut moment de l’histoire. Nous contemporains des événements, nous ne pouvons même pas nous imaginer la ferveur qui entourera cette date dans les années à venir. Chaque année, malgré les manifestations de diversion des partisans de Blaise Compaoré, ce sont des milliers de personnes qui se recueillent sur les tombes de Dag-nöen. Sur trois étrangers qui foulent le sol burkinabè, pour la première fois, au moins deux demandent à se rendre sur la tombe de Sankara. C’est indicatif de ce qu’il a pu représenter. Sankara, même mort, restera indéfiniment au service des Burkinabè.
On peut dire sans risque de se tromper que Blaise et Thomas, quand ils se sont rendus compte que leur différend était irrémédiable, ils se sont chacun préparés à réussir la séparation. Blaise Compaoré a bien préparé son coup. Thomas Sankara s’est bien préparé à l’immortalité. C’est à la postérité de juger.
1 Jonas Somé, étudiant en médecine et responsable des structures CDR de l’université avait tenus des propos forts désobligeants envers Thomas Sankara, à propos des reformes politiques qu’il préconisait. C’était au moment de la commémoration de l’anniversaire du Discours d’orientation politique (DOP), la bible de la révolution burkinabè. Jonas Somé, ancien PMKaliste a depuis rejoint l’armée dont il est aujourd’hui un officier supérieur.
2 Sous la révolution, la date du 4 Août, date de l’avènement de la révolution, était fêtée comme fête nationale.
Source : archives.evenement-bf.net
Mauritanie: “L’attentant” contre Aziz était “prévisible” (TPMN)
“L’attentat” contre le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz “était prévisible”, selon le Mouvement Touche Pas à Ma Nationalité. “Il traduit un profond malaise même dans les rangs de l’armée raciste”.
Le mouvement rappelle, dans une déclaration parvenue à Alakhbar, que “le président Ould Abdel Aziz a été victime le samedi 13 octobre d’un attentat alors qu’il rentrait à Nouakchott. Selon le ministre de la communication, il s’agit d’une erreur et non d’un attentat, ce qui est loin d’être logique vu l’impressionnant dispositif militaire à certains endroits de la capitale”.
“Cette situation était prévisible. Depuis son accession au pouvoir le président Ould Abdel Aziz dirige le pays d’une main de fer favorisant le racisme, le clientélisme, le tribalisme, la gabegie et l’impunité”, ajoute la déclaration.
“L’attitude du président qui s’est opposé à toute forme de dialogue a eu pour conséquences l’instabilité et la radicalisation de la population. Cet attentat traduit un profond malaise même dans les rangs de l’armée raciste”.
TPMN se profite pour dresser à Ould Abdel un bilan “très médiocre: La paupérisation des masses, Le recul de la Démocratie, le renforcement de la discrimination raciale, la persistance de l’esclavage, les répressions sauvages a favorise une vague de contestations”.
“Devant cette situation, au lieu de privilégier le dialogue, le président a opté pour la logique de la force”.
TPMN “exhorte le président à tirer une leçon de cet attentat en acceptant d’écouter le peuple outragé et martyrisé qui est déterminé à arracher ses droits”. Il encourage, par la même occasion, le peuple “à résister contre les dérives du général et ses acolytes qui incarnent le système raciste appelé à s’écrouler brutalement”.
Source: Al Akhbar
Notes de lecture : De la plume d’un ingénieur mauritanien au Pnud : « L’obsession du Retour », un ouvrage d’Amadou Demba Ba dit Nyérih aux éditions 15/ 21
L’ingénieur fait couler l’encre de sa mémoire !Telle est cette belle aventure à laquellen s’est délectée avec brio Ba Amadou Demba Ba dit Nyérih en publiant un ouvrage au titre révélateur et hallucinant dans sa narration des faits majeurs évoqués par la trame du texte :« L’obsession du Retour ».A la première lecture de ce livre, rehaussé par la préface dense de Ba Adoulaye Mamadou, cousin de l’auteur, se pose déjà la question pour tout critique littéraire de lui trouver une étiquette dans l’un des genres narratifs, car faudrait-il au moins qu’un écrit trouve sa place dans le vaste champ de la sémantique littéraire.Mauritanie – Armée: Arrestation de deux officiers accusés d’avoir tiré sur Aziz (nouvelles précisions)
Deux officiers de l’armée mauritanienne accusés d’avoir tiré sur le président Ould Abdel Aziz ont été arrêtés quelques heures après l’incident. Le président mauritanien a été blessé par balle dans la soirée du samedi 13 octobre vers la localité de Tweila à environ 35 km au nord de Nouakchott sur la route de Tidjikja. Des sources exclusives à Alakhbar ont raconté que le président était à bord d’une voiture particulière de marque V8. Il était en compagnie de son cousin, Ahmed Ould Abdel Aziz. Les deux sortaient, comme tous les weekends, dans les environs d’Akjoujt. Au retour à Nouakchott, ils refusent de s’arrêter au poste de contrôle situé à 35 kilomètres de la capitale. Deux officiers de l’armée en poste leur lancent un premier avertissement. Aziz et son cousin continuent leur discussion et refusent toujours d’obtempérer. Les officiers tirent sur la voiture, et celle-ci quitte la route principale et emprunte une autre secondaire.ALAKHBAR




