Monthly Archives: February 2012
Pouvoirs- droits de l’homme : l’amour impossible !
Entre le pouvoir et les Ongs des droits de l’homme, le courant ne passe jamais.A chaque fois que ces organisations interpellent les autorités sur un présumé abus humain, les autorités crient à la manipulation orchestrée par ces ongs accusées d’agir pour des partis de l’opposition hostiles au pouvoir.De telle sorte qu’il est difficile de faire la part entre ce qui est défense des droits de l’homme, préservations des valeurs démocratiques et militantisme politique.L’Etat considère que ces organisations sont des bras armés de l’opposition œuvrant à dévaloriser l’image de marque des pouvoirs publics.
Dès lors, tout ce que disent les militants des droits de l’homme est une provocation, des accusations sans fondement. Quel crédit accorde l’Etat à un communiqué publié par des mouvements tels que l’Ira, Tpmn ou des organisation reconnues comme le Fonadh , l’Ona, l’Amdh , l’Afcf , et d’autres Ongs de défense des droits de l’homme qui ne cessent de s’adresser aux autorités sur des cas manifestes mettant en cause le respect de la dignité humaine , les libertés individuelles ou collectives. Mais c’est toujours avec la même oreille sourde, la même indifférence qui frise le mépris que les pouvoirs publics affichent leur désintérêt du discours développé sur de tels sujets. C’est comme si le pouvoir ne veut pas entendre parler de violations dont il est censé être l’auteur et ne mettre à son compte des victoires. Or, aucun pays au monde ne peut se targuer d’être un modèle parfait dans le domaine des libertés et du respect des valeurs démocratiques. Il faut accepter les critiques, avoir le sens de l’écoute et l’esprit de contradiction. Autant les Ongs doivent jouer leurs rôles en toute indépendance et objectivité, autant les autorités supérieures doivent daigner s’instruire de ce que divulguent les défenseurs des droits humains. Au cours des différents incidents qui surviennent dans le pays, les appels lancés par les organisations des droits de l’homme n’ont pas fait changer les méthodes répressives adoptées par les forces de sécurité à l’égard des manifestants. La grève qui a troublé l’université et suivie d’arrestations contre des étudiants majoritairement des noirs a avivé les contradictions entre le pouvoir et les Ongs des droits de l’homme soupçonnées d’ailleurs d’encourager ces manifestations. Les demandes de visites des détenus dans les commissariats de police n’ont pas été acceptées alors qu’elles ont été réitérées par les organisations des droits humains. Comme aussi l’ont été les demandes d’audience adressées par les responsables de ces Ongs à la présidence en vue de discuter avec le président de la République sur des questions d’actualité. Le refus d’accepter le dialogue, les critiques relève d’une manque de considération pour les fondamentaux de la démocratie qui doivent se baser sur la libre expression des opinions des uns et des autres. Quand les rapports entre les défenseurs des droits de l’homme et le pouvoir politique se détériorent, il y a bien des risques de voir les libertés compromises et l’ordre démocratique foulé du pied.
Cheikh Tidiane Dia- le rénovateur
Université: Le Recteur “politise” le campus, selon des syndicats estudiantins
ALAKHBAR (Nouakchott) – “La seule personne politisée à l’université c’est bien son recteur dont la gestion est derrière toutes les difficultés” ont affirmé les leaders du mouvement de la grève ce samedi dans une conférence de presse à Nouakchott.
Abdellah Ould Mballeh, activiste estudiantin, a témoigné : “le recteur m’a invité, avec d’autres étudiants, dans son bureau pour nous proposer de rejoindre le parti du Sursaut de la Jeunesse (Majorité). Il m’a même proposé la direction des syndicats loyaux au Rectorat, à condition que rompt avec le SNEM. J’ai simplement décliné”.
“On m’a aussi torturé pour me pousser à impliquer les étudiants négro mauritaniens. J’ai fermement refusé” a-t-il ajouté, tout dénonçant “la torture” dont ont fait objet les étudiants arrêtés, notamment Souleymane Kébé (Photo).
“L’année dernière l’université a connu des évènements encore plus graves. La police n’est pas intervenue même en voyant les étudiants en train de se bagarrer. Aujourd’hui, on militarise le campus pour des simples doléances”, a affirmé pour sa part Boubacar Diagana, dirigeant au sein du SNEM.
Diagana s’est dit étonné de “l’acharnement sécuritaire” contre des étudiants qui ont exprimé des revendications justes, et de “la campagne de dénigrement”, menée par des hauts responsables dont mêmes des ministres, contre les étudiants.
Ce que je pense de ce qui se passe par Kissima Diagana
Mardi 21 février 2012, il a été décidé au parquet que les étudiants Kebé souleymane, Illo Idrissa Sow,Boubacar Diallo, Moustapha Aliou Thiam, Boubou Thiam et Abdarrahmane Kamara dit Papisse comparaitront devant la cour criminelle pour « attroupement illégal et destruction de biens publics ».
Plus de vingt autres étudiants, dont des filles, venaient d’être libérés après avoir été entendu par le procureur dans le cadre des troubles survenus à l’université il y a quelques semaines…Ces troubles sont survenus sur fond de revendications de généralisation et d’augmentation de bourses ainsi que de meilleures conditions d’études.
Mercredi 22 février 2012, à Nouakchott, la police disperse dans la violence des manifestations de colère estudiantine. Des blessés graves ont été déplorés dans les rangs des étudiants de l’institut supérieur des études et recherches islamiques. Une quinzaine d’autres seront arrêtés puis libérés quelques heures après. Ces étudiants, protestaient contre une décision de fermeture de leur institut au profit d’une université des sciences islamiques ouverte à Aioun dans l’est du pays, à environ 800 kilomètres de Nouakchott. Et ce alors même que le ministre des affaires islamiques avait déclaré la veille que «la fermeture de l’ISERI ne fut jamais envisagée et qu’il était question de préparer cette structure à ne recevoir à partir de l’année universitaire 2012-2013 que des sortants des « Mahadras » ou écoles coraniques d’enseignement traditionnel.
Voilà donc deux situations que les autorités ne parviennent pas à gérer avec la sagesse qui devait être la leur. Deux situations qui sont en train de prendre des proportions dangereuses alors qu’elles existent pratiquement depuis le début de l’année. Deux situations qui parmi tant d’autres sont l’expression de frustrations accumulées par les mauritaniens…
La frustration procède de l’impossibilité à recevoir un enseignement de qualité à cause d’enseignants trop souvent en voyage pour des occupations personnelles et très rarement disponibles pour suivre les étudiants qu’ils décident d’encadrer pour la préparation de leurs diplômes…
Cette frustration procède également d’un faible niveau de vie dû à une insuffisance ou à une absence de bourse…
Le manque de niveau face aux contenus des enseignements programmés du fait d’une arrivée au supérieur sans le bagage nécessaire censé les rendre autonomes en matière de recherches. Cela aussi est frustrant pour ces étudiants qu’une pauvreté partagée a fait atterrir dans les facultés de Nouakchott au moment où les enfants des dirigeants se sont envolés pour l’étranger ou à défaut ont pris un ticket pour des instituts privés avec une garantie de débouchés.
Ces étudiants sont choqués parce qu’ils sont le produit d’un système éducatif qui les a discriminés à la base. Discriminés car n’ayant pas fréquenté les écoles privées que seuls les enfants des riches ont eu la chance de fréquenter. Ecoles le plus souvent tenues par des étrangers et ne dispensant même pas le programme national…
Autre point d’offuscation : ces étudiants en colère savent qu’à leur sortie, ils ne seront pas intégrés dans certains secteurs, publics ou privés, pour la bonne et simple raison qu’ils ont été formés dans une langue qui les rend inaptes à servir…
Et l’Etat, responsable de toute cette frustration a envie de juger ces étudiants pour « attroupement illégal et destruction de biens publics. »
Et puis, les étudiants ne sont pas les seuls frustrés de lé République. en une année deux personnes se sont immolées par le feu à côté de la présidence de la République.
Allons donc savoir si cet état, qui a vu ses citoyens s’immoler au feu sans avoir pu compatir avec leurs familles, osera emprisonner nos enfants par ce que tout simplement ils se sont révoltés contre un système qui les a poussés à bout !
KISSIMA DIAGANA-JOURNALISTE
Quand le pouvoir perd ses amis
Le vide se fait encore autour du régime actuel qui semble se distinguer par sa prestance à multiplier les foyers de tension et à révulser, même ses propres alliés. Un renversement de tendance qui profite à l’opposition qui se renforce de jour en jour. Dernier rallié de taille, l’ancien chef d’Etat-major des forces armées, Abderrahmane Ould Boubaca, mais aussi Mohamed Salem Ould Lekhal (notre photo) qui appelle à l’organisation d’élections présidentielles.
Trois ans après l’euphorie créée par le slogan “Président des pauvres “, la désillusion est de plus en plus grande chez quelques uns des grands soutiens de la première heure du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Parmi les grands déçus du phénomène Aziz, le président du parti AJD/MR, Sarr Ibrahima qui avait cru à l’engagement du nouveau régime dans le règlement du passif humanitaire et de la fracture intercommunautaire. Après avoir attendu des promesses qui ne venaient pas, et assisté à l’application de politiques contraires à ses engagements politiques, il a claqué la porte. Le même sentiment de frustration gagne plusieurs pans des alliés du régime, tel le parti ADIL de Yahya Ould Ahmed Laghdaf qui avait rejoint la majorité avec armes et bagages, avant d’exprimer sa déception, comme celui qui vient de constater qu’il avait cru à un mirage. Seul l’orgueil empêche encore ses dirigeants d’annoncer leur retrait de la majorité, même si leur attelage à cet ensemble reste purement factuel.
La grogne d’anciens officiers.
Il y a deux jours, le colonel Mohamed Salem Ould Lekhal, président du parti Hamam et l’un des opposants dialoguistes, vient de capituler. Il a déclaré se retirer du groupe des quatre partis politiques qui avaient apporté leur caution au soi-disant dialogue qui était sensé ouvrir au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz les portes de Bruxelles. Mais l’Europe est restée indifférente à ce scénario joué à cinq et attend toujours ce fameux dialogue inclusif avec l’opposition démocratique. Le retrait fracassant de Mohamed Salem Ould Lekhal est un coup dur pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et de ses alliés qui avait tant galvaudé le dialogue supposé. En déclarant ce dialogue nul, l’un de ses plus grands protagonistes jette ainsi le discrédit sur tout un processus pour lequel la Mauritanie est restée longtemps attentive. Certains parlent même d’une trahison au nom du peuple mauritanien qui ne pensait pas que ses dirigeants pouvaient jouer de la comédie pendant un mois autour d’un accord préétabli et monnayé à forts prix. Hormis les grands électeurs, les défections au niveau individuel se comptent par centaines, la plupart déçu par des promesses non tenues et des engagements non respectés. Un autre officier de taille, l’ancien chef d’Etat-major des forces armées, Abderrahmane Ould Boubacar vient de rallier l’opposition démocratique qu’il a accueillie aux portes de la ville d’Aleg. Ce revirement, ajouté à celui du colonel Ould Lekhal marque un tournant décisif, pour qui connaît le poids de l’armée et de ses officiers, même retraités, dans les rapports de force politique en Mauritanie.
Gestion partisane
Il faut dire que la gestion partisane et familiale de la Mauritanie telle qu’elle est instaurée actuellement par le clan Aziz rebute plus d’un Mauritanien, qui croit assister à la réminiscence sous nos cieux du clan Duvalier. L’économie nationale a perdu ainsi au cours de ces trois années la plupart de ses opérateurs qui ont déserté le champ pour investir ailleurs, hors des sautes d’humeur péremptoire. En plus de la chasse aux sorcières lancées contre le privé mauritanien, l’emprisonnement de cadres compétents pour leur option politique, les fournisseurs courent depuis trois ans, derrière des dettes envers l’Etat, d’une valeur de 60 Milliards d’UM et que le Trésor public refuse d’honorer. Avec une dette intérieure de 100 milliards d’UM, opérateurs et banques con fondus, le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz cherche à appauvrir tout le monde pour mériter réellement son titre de “Président des pauvres”. Pourtant, le budget de l’Etat ne cesse de s’accroître sans que le niveau de vie des habitants ne soit amélioré. A ces contreperformances économiques s’ajoutent d’autres contreperformances sur le plan politique et social, avec la grogne qui gagne tous les secteurs de l’Etat, alors que les partis politiques sont réduits à deux clans, ceux qu’il faut manipuler et ceux qu’il faut abattre. Pire, un travail de sape tend à diviser l’opposition et à éclater la société civile, avec des doublons créées tous azimuts au sein des organisations hostiles au pouvoir.
La santé s’est réduite ces derniers temps à des dépenses de prestiges pour des bâtiments neufs, dans un contexte de déficit chronique en personnel qualifié, en spécialistes et en consommables. L’enseignement est pour sa part devenu le domaine du grand mercenariat, avec des écoles étrangères qui essaiment à chaque coin de rue, sans aucun contrôle sur les matières enseignées. Certains parmi ses établissements sont mêmes devenus de véritables centres de débauche. La jeunesse mauritanienne est ainsi livrée à des corps enseignants étrangers qui pourront à loisir les dépraver et les élever sur d’autres valeurs autres que celles héritées de leurs parents.
Tous les autres chantiers engagés, que ce soit dans le domaine de l’urbanisme et de la restructuration des habitats précaires s’enlisent, avec des violations graves de la propriété privée et des passes droits qui grossissent chaque jour le rang des mécontents. La plupart des locaux et installations de l’administration régionale se trouvent pour la plupart dans des états avancés de dégradation, même si des améliorations notoires ont été notées sur le plan des routes.
Sur le plan diplomatique, le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz s’est distingué par son talent à fâcher les voisins, telle la crise qui sourd avec le Mali depuis la guerre touarègue. Mis à part les déclarations des plus hautes autorités qui semblent prendre fait et cause pour la rébellion touarègue, Nouakchott accueillerait ses plus hauts dignitaires ainsi que leur cellule de communication. Il y a eu des clashs avec l’Algérie avant que les rapports ne s’améliorent, des hauts et des bas avec le Sénégal, sur le problème du transport terrestre et de la pêche, un froid glacial avec le Maroc. Puis la dernière bourde, ce voyage insensé du Premier ministre en Syrie pour jouer aux facilitateurs au moment où ce pays est mis aux bancs de la communauté internationale, bannie par les pays du Golfe, principaux bailleurs de la Mauritanie. Avec la gestion improvisée du pays, le mécontentement populaire est devenu l’image iconoclaste de la Mauritanien nouvelle. Les remous secouent ainsi tous les secteurs, avec les grèves en boucle des syndicats estudiantins, celles des travailleurs du secteur privé et des fonctionnaires de l’enseignement. Pire, le mouvement a gagné même plusieurs régions intérieures, alors que toutes les contestations étaient habituellement circonscrites à Nouakchott et à Nouadhibou.
Cheikh Aïdara.L´AUTHENTIQUE
Mauritanie: Libération de 13 étudiants dont 5 filles
ALAKHBAR (Nouakchott) – Les autorités viennent de libérer l’ensemble des étudiantes détenues, au nombre de 5, en plus de 8 des étudiants, et ce après leurs comparution ce mardi devant le Procureur de la République à Nouakchott.
Dizaines des étudiants de l’université de Nouakchott, arrêtés suite aux récentes émeutes universitaires, ont été déférés aujourd’hui devant le Procureur de la République à Nouakchott.
Dans le même temps les forces de l’ordre ont dispersé un sit-in des membres du Comité de soutien auxdits étudiants, devant le Palais de justice.
Seuls ont étaient permis de rentrer dans le Palais les avocats ; Maîtres Fatimata Mbaye, Ahmed Salem Ould Bouhoubeina, El Hadj Diqllo, qui constituent le collectif de défense des étudiants et l’activiste des droits de l’homme Lalla Aïcha Ouedrago.




