Monthly Archives: January 2012
Nécrologie: Un grand militant nous quitte! Docteur Hamath Ba 1921-2012
Nous venons d´apprendre avec une grande tristesse le décès d´un des doyens de la lutte, un des pionniers, un homme de refus, un homme juste, un grand militant Docteur Hamath Ba décès survenu à Dakar. Docteur Hamath Ba est membre-fondateur de L’Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve (U.G.O.VA.F) affiliée à la SFIO, créée fin 1946 à Dakar, Docteur Hamath ancien médecin à Aleg sera d´ailleurs le candidat de cette association aux élections législatives de 1951 face à Sidi El Moctar N´Diaye de l´UPM et Horma Ould Babana de l´Entente mauritanienne. Parmi les membres de ce mouvement de la vallée on peut citer Thierno Saïdou Nourou Tall, Samba Gandega, Aly Bocar Kane, Mamoudou Samba Boli Ba, Moustapha Toure, Ismail Sy, Demba Labbo Dioum, Aly Ciré Ba, Boubou SalL, Dr Moussa Sao, Abdoul Aziz Ba, Racine Touré, Dr Bocar Alpha Ba; Après l´échec du Congrès d´Aleg du 2-5 mai 1958 il est resté au Sénégal tout en étant mauritanien dans l´âme et soutien aux mouvements d´émancipation des Négro-mauritaniens.
Rappelons aussi qu´il est à la base du comité de suivi créé en 1988 sous la bénédiction de nos honorables chefs religieux Abdoul Aziz Sy Malick dit Dabakh et Thierno Mountagha Tall pour dénoncer les expropriations des terres de la vallée mais surtout en 1989 pour accueillir et soutenir les déportés négro-mauritaniens. Dr Hamath était aussi un conseiller avisé du président des FLAM et présent à tous les appels pour soutenir cette juste et noble cause.
Le BEN des FLAM et à travers lui tous nos militants et sympathisants envoie ses condoléances les plus attristées à la famille du Docteur et à tout le Fouta. Qu´Allah le tout puissant l´acueille en son Saint paradis et que la terre lui soit légère. Amine!
Communiqué de solidarité de TPMN aux étudiants de l´ISERI
Depuis quelques jours, l’ISERI est agité par des manifestations estudiantines sur fond de contestation d’une décision prise par les autorités de transférer les étudiants de cet institut à l’université d’Aioun nouvellement créée. La seule réponse que l’Etat a apportée à ce mouvement purement syndical qui a tenté de convaincre la tutelle de l’inopportunité de cette décision prise à la va-vite, fut de déployer les forces répressives dans les locaux de l’ISERI pour brutaliser les grévistes et briser l’élan de revendication légitime. Les forces de sécurité se sont acharnées sans ménagement contre des étudiants sans défense. Touche pas à ma nationalité condamne vivement cet usage disproportionné de la violence et apporte son soutien aux grévistes tout en les exhortant à poursuivre leur mouvement jusqu’au rétablissement de leurs droits. TPMN invite les autorités à arrêter le recours à la force et à la désinformation politique pour intimider les étudiants et déformer la réalité sur les causes de cette grève. Cette décision de transférer des étudiants en pleine année universitaire est irréfléchie et contraire à toute pédagogie de l’excellence. La seule solution est de surseoir à cette mesure jusqu’à ce que les conditions soient propices au transfert des étudiants de la capitale vers la nouvelle université. Cette énième maladresse des autorités dénote une fois de plus d’une politique d’improvisation et de navigation à vue érigée en système. TPMN suit de près cette grève, s’inquiète de ses conséquences et rend le pouvoir seul responsable de cette situation.
Le mouvement TOUCHE PAS A MA NATIONALITÉ.
Quel label donner à notre industrie politique ?
La Mauritanie ne souffre pas d’un déficit de partis politiques. Elle en compte à Gogo. Cette profusion de formations n’a servi ni à enrichir le paysage politique national ni à améliorer le niveau du débat et provoquer un climat de décrispation générale, nécessaire pour donner du baume à la démocratie mauritanienne. L’un des signes toujours révélateur de cette distanciation entre les acteurs politiques est l’impossible dépassement des malentendus entre les leaders politiques, que ce soit au sein de l’opposition que dans le camp de la majorité.
C’est cette opposition transformée en adversité irréductible qui pollue l’atmosphère et banalise les professionnels de l’institution politique. Nos hommes politiques ne se voient que comme des belligérants qui n’ont rien à partager d’autre que des querelles de chapelles, des échanges d’insanité et des sempiternelles accusations. La fameuse formule anecdotique : « Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi » trouve ici toute sa signification. Il y a une sorte de débauche discursive causée par l’anarchie qui entache une industrie politique qui, loin de se donner un label plus professionnel, continue à tirer le produit vers le bas, en dévalorisant l’image de marque de la démocratie mauritanienne. C’est ce qui a maintes fois cantonné le système dans la médiocrité et pris en otage un modèle importé qui n’arrive pas à tenir la route. A chaque fois que la machine politique s’emballe, elle créé un climat délétère qui envenime les rapports entre les partis de l’opposition et ceux de la majorité. Depuis le début de l’ère démocratique dans le pays, les mêmes scénarii se sont répétés de façon étrange. La première période fut celle de la naissance des dissensions entre des forces dites de l’oppositions unies ou pas qui se sont disputées d’âpres batailles avec les partis de la majorité rangés du côté du pouvoir en place. Au fil des hostilités les rapports de forces finissent par basculer largement en faveur du Parti-Etat, un géant disposant des moyens publics pour écraser tout ce qui bouge. Ainsi, Taya est arrivé à réduire au silence ses adversaires sans se soucier de laisser une marge de manœuvre à la démocratie fondée sur un système d’alternance politique. Jusqu’au jour où un coup d’Etat dirigé par un ancien officier radié de l’armée fit irruption pour secouer le vieux colonel qui régna deux longues décennies à la tête du pays. Un autre officier de sa garde prétorienne n’a pas eu du mal à achever les prolongations d’un régime fragilisé. Les opposants à son régime n’auront joué alors aucun rôle pour faire chuter le dictateur déguisé en démocrate. Une deuxième période politique située entre –deux – alternances courtes se mit à recomposer les lambeaux du vieux paysage démocratique sans aboutir à donner les contours à la refondation d’un système alternatif crédible qui allait sortir le pays des zones de turbulence. C’est dans ce contexte que la courte parenthèse de Sidi Ould Cheikh Abdallahi où les lignes commençaient à se dessiner que tout retomba comme un château de cartes. Les partis politiques sont tous renvoyés à la promenade avant de se lancer de nouveau dans la reconquête d’un pouvoir sous la sentinelle de la grande muette. La démocratie se fourvoie dans une nouvelle crise de confiance entre des acteurs politiques englués dans les vieux discours qui n’ont d’autres armes que leurs lourdes ganaches pour continuer à entretenir le peuple d’une énième parodie qui attendra son timing pour faire tomber les rideaux sur la partie.
Cheikh Tidiane Dia -le Rénovateur.
Les élections municipales et législatives auront lieu a partir du 31 mars 2012(officiel)
Les élections municipales et législatives seront organisées à partir du 31 mars prochain, a révélé à l’ANI une source officielle. Cette même source a affirmé que tous les textes juridiques issus des recommandations du dialogue politique pouvoir-opposition relatifs à l’organisation de ces élections seront complets avant la date des élections. En outre, cette source a estimé que la désignation de la CENI se fera en janvier courant, avant d’ajouter que le gouvernement tient à organiser ces échéances avant la prochaine session parlementaire qui devra s’ouvrir le 1er avril.
La session parlementaire actuelle a été prorogée jusqu’à mai 2012.
ANI
L’IRA ira à Sorimalé: Pèlerinage dans la vallée des larmes
Après le pèlerinage d’Inal, le 27 et 29 novembre, le président de l’IRA-Mauritanie, Biram Ould Dah Ould Abeid, a décidé de se rendre à Sorimalé, le 28 novembre 2012. Objectif: se recueillir sur la fosse commune de ce paisible village fortement traumatisé, lors des fameux évènements de 89-91. Situé en bordure du fleuve Sénégal – un crime, à l’époque – ce village, peuplé de cultivateurs, de pêcheurs et d’éleveurs a payé un très lourd tribut à sa situation géographique.
Sorimalé a obtenu sa triste et amère célébrité, avec deux évènements choquants: la découverte d’une fosse commune où étaient enterrés plusieurs de ses ressortissants – voir «Mauritanie Nouvelles» n° 10, en date du 21 mars 1992 – et l’assassinant, dans la nuit du 22 au 23 août 1992, d’un commerçant maure installé, dans la localité, depuis 1988.
Assassinés froidement
Les populations de Sorimalé ont subi, de plein fouet, les conséquences des évènements de 1989. Comme nombre de villages situé sur la rive du fleuve, Sorimalé s’est vu flanqué d’un poste de police dont la principale mission était de surveiller les va-et-vient à travers le fleuve, avec, à la clef, droit de rançon des populations. Pour traverser, ne fût-ce que pour des condoléances, chacun devait s’acquitter de 100 à 200 UM. Pour les commerçants, la taxe variait selon la quantité et la valeur en transit. Ambiance également variable, au gré des mutations des policiers et des arrestations plus ou moins arbitraires. Sorimalé et les villages voisins, situés un plus loin de la rive, s’accommodèrent, difficilement, des humeurs des commissaires et des commandants de brigade qui se succédèrent à M’Bagne, durant cette période.
Cette situation, pesante mais, tout de même, vivable, dura jusqu’à l’intrusion, dans la zone, d’hommes armés, travaillant officiellement, dans la coupe du bois, mais chargés, manifestement, de beaucoup plus basses besognes, sous la protection de l’administration et des forces de sécurité. Cette sorte de milice para-militaire circulait à sa guise, tandis que les populations locales n’osaient même plus se rendre dans leurs champs, à certaines heures de la journée. Ceux qui avaient le malheur de s’aventurer à peine hors de leur village risquaient, tout simplement, d’être abattus. C’est ce qui est, hélas, arrivé, le 18 mars 1990, à Samba Dioulé Dia, Abou Mamadou et Diallo Thierno Moctar, partis à la recherche de leurs animaux. Tirés comme des lapins, à en croire les sources dignes de foi, par la bande armée qui écumait la forêt dite de Diakal, au nord-ouest de Sorimalé. Leurs corps seront découverts dans une fosse commune, deux ans plus tard. La presse indépendante se déplaça sur les lieux et Sorimalé, village martyr, fût placé sous les feux de l’actualité. Le permanent du CMSN de l’époque, le docteur N’Diaye Kane fut dépêché sur les lieux, sans suites.
A ces personnes froidement assassinées, il faut ajouter Amadou Harouna Thiongane. Cet homme, très connu, dans la zone, pour sa jovialité et sa courtoisie fut abattu par des éléments de la Garde qui avaient remplacé les policiers. Presque tous analphabètes, ces nouveaux-venus se sont livrés à toutes sortes d’exactions: interdire les cérémonies de famille et la surveillance de champs, poussant, même, le culot à prohiber la lumière dans les maisons, la nuit, et à obliger les gens à leur apporter des moutons, pour leur alimentation.
Thiongane Amadou a été arrêté, de nuit, au bord du fleuve: c’était un crime. Les gardes l’ont accusé de venir de l’autre côté du fleuve et de servir de vaguemestre pour les mauritaniens de la diaspora. Autrement dit, de convoyer l’argent que la diaspora envoyait aux familles restées au pays. Les villageois ont déclaré avoir entendu les gardes le battre à coups de crosses et de ceinturons, en traversant la ville, pour l’achever hors du village. Que Dieu accorde justice et repos à ces hommes lâchement assassinés par des forces dites de sécurité ou des sbires à leur solde.
Prétexte tout trouvé
Dans la nuit du 22 au 23 août 1992, Sidi Ould Soueid est attaqué par des hommes armés. Criblé de balles, il meurt, peu après son évacuation vers Kaédi, via M’Bagne. Alerté, Isselmou, le commandant de brigade de M’Bagne, se rend à Sorimalé et entame l’enquête, avant d’en être dessaisi par les fusiliers marins installés à Bababé, venus, en force, sous le commandement de Sidi Mohamed Ould El Vaida. Selon Isselmou, rencontré, à M’Bagne, le jour même de son limogeage, les assaillants étaient venus du Sénégal et il s’agissait d’un règlement de compte.
Mais, pour les fusiliers marins, le commerçant avait été tué par les jeunes du village où il tenait boutique, depuis 1988. Comme on dit, dans la vallée: «un chameau ne meurt jamais naturellement, près des champs, il est toujours abattu par les cultivateurs locaux». Sitôt arrivés, les fusiliers marins placèrent le village en état de siège, durant trois jours. Personne ne sort, personne ne rentre, sauf les animaux. Presque tous les hommes valides furent conduits au poste, installé à l’école du village. Tortures, bastonnades, humiliations… tout y passa. C’est des suites de ces exactions que Dia Hamatt Atoumané, un grand notable du village, décèdera. Une mort atroce qui a suscité une vive polémique, entre l’UFD de l’époque et le PRDS naissant. Pour les premiers, c’était le chef de village qui avait été tué, pour les seconds, c’était son frère. Venues pour les condoléances, les populations des villages voisins furent soumises à des enquêtes et intimidations.
Au terme de leurs interrogatoires musclés, les fusiliers marins retinrent onze personnes au poste: Diop Kalidou Penda Dikel, logeur du commerçant; Astel Mairam, son épouse; Dia Demba Atoumané, chef de village; Anne Ali Maya, adjudant de la Garde à la retraite; Sarr Ousmane Thierno, garde à la retraite; Sarr Alassane Dama, Niass Yaya, Sow Abou Mairam, Hamidou M’Bodj, Diop Ismail Demba et Tall Malick. Quatre seront déférées au Parquet d’Aleg: Niass Yaya, Hamidou Bodj, Diop Ismaila Demba seront relaxés, quelques mois plus tard, tandis qu’Alassane Dama Sarr croupit, en ce début d’année 2012 encore, en prison à Aleg.
Malgré le déploiement en force des fusiliers marins et du déplacement, sur les lieux, du commandant de la 5ème région militaire (Aleg), l’enquête n’a pas permis d’élucider le meurtre. Les populations du village à qui l’on fit porter le chapeau gardent le sentiment d’avoir été victimes d’une expédition punitive de l’administration et des fusiliers marins de Bababé. Les douilles, trouvées sur les lieux du crime, n’ont pas l’objet d’analyse poussée. Mais, selon diverses informations concordantes, elles proviendraient d’armes de guerre détenues par les forces de sécurité ou les bandes qu’elles armèrent. Craignant d’être emprisonné voire exécuté sans autre forme de procès, personne de la vallée n’osait détenir une arme à feu, pas même un mousquet traditionnel. Beaucoup s’étaient débarrassés de leur fusil, pour ne pas s’attirer des ennuis. Seuls les expulsés de l’époque, qui organisaient des raids en Mauritanie, pour récupérer leur bétail spolié, utilisaient des armes à feu.
Le pèlerinage qu’IRA Mauritanie et les organisations de défense des droits de l’Homme vont effectuer à Sorimalé, en novembre prochain, constitue une importante consolation, faute de réparations, pour des citoyens qui se sont sentis, pendant les évènements 89/92, comme n’étant pas des mauritaniens. Comble de cruelle ironie, le poste de police, installé, à Sorimalé, après les gendarmes et les gardes, continue, aujourd’hui encore, à racketter les populations amenées, pour des raisons diverses, à traverser le fleuve Sénégal qui ne constitua jamais, avant ces évènements, une frontière. Pour traverser le fleuve, les gens de ce village et des localités voisines, traumatisés par les exactions qu’ils ont subies, se résignent à payer octroi. Des montants qui ne sont, bien évidemment, jamais reversés dans les caisses de l’Etat.
Espérons, en tout cas, que le pouvoir ne fera pas obstacle à ce pèlerinage censé lever, un tout petit peu, le coin du voile, encore opaque, sur ce qui s’est passé dans cette vallée des larmes.
DL- LE CALAME




