Daily Archives: 04/01/2012
Décès du doyen Ba Mamoudou Samboly, membre-fondateur de la Mauritanie et ancien président de l´Assemblée nationale
Nous venons d´apprendre avec tristesse le décès de notre doyen, oncle, père, grand-père Mamoudou Samboly BA un des pères-fondateurs de la Mauritanie indépendante et un des pionniers de la lutte pour le respect des droits de la communauté négro-mauritanienne(BDG-Bloc Démocratique du Gorgol), ancien président de l´Assemblée nationale et ancien ministre, dècès survenu aujourd´hui 04 janvier 2012 à Nouakchott.
Le BEN des FLAM et à travers lui tous nos militants et sympathisants présente ses condoléances les plus attristées à la famille Ba de Sinthiane Padalal, Sinthiane, Bedenki, Sangué, Fimbo, Waali Diantang et plus particulièrement à nos frères et camarades Ba Mamadou Bocar, Dr Abdarahmane Ba neveux du défunt et aux enfants du vieux Mamoudou.
Qu´Allah le tout puissant l´accueille en son Saint paradis et que la terre lui soit légère.
A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons.
Moustapha Ould Limam Chafi sur Kassataya: “Je suis un opposant et je l’assume”
Au lendemain du mandat d’arrêt international émis contre lui par les autorités mauritaniennes, l’opposant -c’est ainsi qu’il se définit- Moustapha Ould Limam Chafi, par ailleurs conseiller spécial de plusieurs chefs d’Etat de la région s’est entretenu par téléphone avec Kassataya. Nous vous livrons ses propos en attendant la réaction des autorités mauritaniennes contactées ce matin par notre rédaction.
Abdoulaye Diagana : Il y a quelques jours votre famille accusait les autorités mauritaniennes de leur avoir refusé des visas d’entrée dans leur pays d’origine, cette version est contestée par le ministre mauritanien des affaires étrangères, qu’en est-il vraiment ?
Moustapha Ould Limam Chafi : (Rires). C’est dommage qu’un pouvoir ne puisse pas assumer. La contestation du ministre mauritanien est vraiment pitoyable. Je pense qu’il n’y a plus de preuves à apporter. Ma famille est belle et bien venue à Dakar…parce qu’en fait, nous sommes Mauritaniens ; et le pouvoir de Aziz a refusé de renouveler nos passeports, mon épouse, mes enfants et moi.
Abdoulaye Diagana : Quel est le motif invoqué pour justifier ce refus ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Ils n’ont jamais invoqué de motif. Vous savez, c’est un pouvoir qui ne trouve pas raison de se justifier. Il ne pense pas qu’il est en devoir de se justifier. Donc ils ne se sont pas justifiés. Et puisque nous n’avons plus de passeports mauritaniens, nous sommes obligés d’utiliser des passeports burkinabé. Et de par ma fonction au Burkina [Moustapha Chafi est conseiller du président Blaise Compaoré NDLR], ma famille et moi avons droit à des passeports diplomatiques. Donc mon épouse et mes enfants ont utilisé leurs passeports diplomatiques. Ils sont venus à Dakar et ont fait une demande de visa ; un cachet a été apposé sur leurs passeports. Au moment de les remplir, le premier responsable de l’ambassade constate qu’il s’agissait de la famille de M. Limam Chafi Moustapha, il leur signifie qu’il doit informer Nouakchott parce qu’il ne peut prendre de risque tant qu’instruction ne lui a pas été donnée. Donc contrairement à ce qu’a dit le ministre devant le parlement, les passeports n’ont pas été déposés le jeudi et retirés le lendemain. Je regrette, c’est mensonger de sa part. Les passeports ont été déposés le jeudi matin….
Abdoulaye Diagana : Un visa a été accordé puis annulé ?
Moustapha Ould Limam Chafi : C’est le cachet apposé qui a été annulé lorsque l’ordre est venu de Nouakchott. Mais de toutes les façons, moi je ne reviens pas sur cette question parce que c’est un détail par rapport à ce que vivent les mauritaniens. Ça ne me surprend pas d’Aziz ; il y a tellement de problèmes en Mauritanie que je ne veux pas revenir sur ça.
Abdoulaye Diagana : Vous avez récemment tenu des propos peu amènes sur la gestion du président mauritanien dont vous avez demandé le départ, que lui reprochez-vous au fond ?
Moustapha Ould Limam Chafi : C’est vrai que j’ai demandé le départ d’Aziz. Et j’ai appelé à sa chute, j’ai demandé aux Mauritaniens d’œuvrer à sa chute…
Abdoulaye Diagana : C’est un casus belli, une déclaration de guerre !
Moustapha Ould Limam Chafi : Ce n’est pas une déclaration de guerre. Je suis Mauritanien, j’ai le droit… J’ai demandé aux Mauritaniens d’œuvrer pour la chute de Ould Abdel Aziz [parce que] les raisons d’œuvrer pour la chute de ce général putschiste ne manquent pas.
Je citerai en premier le risque de désunion nationale où la société entière a failli basculer du fait des discriminations et des dysfonctionnements de l’enrôlement/identification. Et j’ai été parmi les premiers à dénoncer cette identification parce que je considère qu’elle est « ivoiritaire ». Nous en avons vu les conséquences en Côte d’Ivoire, et nous devons l’éviter pour notre pays. Vous vous souvenez sans doute que l’opération [de l’enrôlement en Mauritanie NDLR] a tourné à l’émeute et accentué la fracture ethnique. Parce que les dossiers de fond tels que le passif humanitaire buttent encore sur l’impunité des tortionnaires qui sont toujours autour du général.
Sur la question de l’esclavage et de ses séquelles, le pouvoir ignore toujours le désir d’émancipation d’une importante communauté, victime d’exploitation depuis des siècles. Et quand les militants se mobilisent pour dénoncer des cas avérés de servitude, ce sont eux qui se retrouvent en prison et devant le juge. Et ça je le dis parce que je suis un Mauritanien qui assume ce qu’il dit. Je le dis et je l’assume. La Mauritanie est le seul pays au monde où dénoncer l’esclavage est un délit de sécurité publique. S’il faut justifier l’opposition à Aziz, les motifs nombreux et divers…
Abdoulaye Diagana : Vous lui avez aussi reproché les incursions de l’armée mauritanienne en territoire malien contre les bases qu’Aqmi, la Mauritanie a-t-elle eu tort de s’attaquer à aqmi ? Le cas échéant quelle stratégie aurait-elle du adopter ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je lui reproche sa stratégie ; toutes ses stratégies. Et je trouve que sa présence à la tête de l’Etat menace la stabilité du pays et celle de l’environnement régional. Et j’ai bien dit que l’homme est dangereux. Parce que cet homme, Aziz, à l’abri de sa garde prétorienne, il manque de discernement. Pour être un homme d’Etat et diriger une nation, il faut avoir un minimum de discernement. Il manque de discernement au point d’engager toutes les forces de la Nation dans une entreprise solitaire et spontanée. Cette guerre est solitaire. Sans avoir pris le temps de la recherche, de l’étude, de la planification –parce qu’une guerre ça se planifie- et de l’accumulation des forces ; et ça se retourne contre nous. Ce sont les Mauritaniens de nos paisibles villes et communautés rurales qu’il expose ainsi comme à Adel Bagrou [mardi 20 décembre 2011 un gendarme Mauritanien a été pris en otage dans cette localité de l’extrême sud-est du pays, à la frontière malienne, à 1700km de la capitale Nouakchott. Il serait toujours aux mains d’Aqmi. NDLR]. Il est allé à 1700km avec son armée et n’a pas pu défendre Adel Bagrou. Et les gens [d’Aqmi] sont entrés à Adel Bagrou avec un seul véhicule… La guerre c’est une affaire assez grave pour tomber entre les mains de personnes aussi inexpertes que celles d’Aziz.
Abdoulaye Diagana : En chargeant le régime mauritanien en guerre contre Aqmi n’aviez-vous pas conscience de courir le risque de passer pour celui qui pactise avec l’ennemi ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Non, je n’ai pas pactisé avec l’ennemi. Pour moi la stratégie d’Aziz n’est pas bonne. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis un certain temps, de façon régulière, chaque fois, Aqmi arrive à identifier des infiltrés Mauritaniens qui tentent de renseigner les services de leur pays. Ils les identifient, les interrogent, les jugent et les exécutent. Pourquoi y parviennent-ils ? Parce que malheureusement, nos services sont infiltrés par eux. Malheureusement. Et quand tu n’arrives pas à maitriser d’abord tes services, tu ne prends pas le risque d’aller en guerre. Il faut d’abord qu’Aziz organise ses services. Parce que la guerre c’est un tout.
Abdoulaye Diagana : Vous ne lui reprochez donc pas de s’attaquer à Aqmi mais…
Moustapha Ould Limam Chafi : Attendez. …Jamais Aziz n’a pu présenter aux Mauritaniens un élément d’Aqmi infiltré dans ses services et qu’il a pu identifier. Ça c’est très, très grave.
Abdoulaye Diagana : Donc vous ne lui reprochez pas de combattre Aqmi, vous lui reprochez de n’avoir pas bien préparé son combat ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Non, je pense que… Vous savez, un homme d’Etat doit avoir certaines vertus essentielles : circonspection, sagesse, justice. Malheureusement notre général n’a pas ces vertus.
Abdoulaye Diagana : Ce qu’on vous reproche aussi c’est…
Moustapha Ould Limam Chafi : … tout le monde a le droit de défendre son territoire. Les Mauritaniens ont le droit de défendre le pays contre le terrorisme, qu’il soit d’Aqmi ou de n’importe quel groupe terroriste, mais c’est la méthode… On ne peut pas aller en guerre seul, sans avoir bien réfléchi.
Abdoulaye Diagana : Moustapha ould Limam Chafi, vous êtes bien introduit auprès de ces groupes, vous avez réussi notamment à libérer plusieurs otages, qu’est-ce qui vous vaut la confiance de ces groupes armés au point de leur rendre visite sans craintes alors qu’ils sont traqués par toutes les armées du monde ?
Moustapha Ould Limam Chafi : On ne peut pas dire… Ce serait prétentieux de dire que j’ai la confiance de ces groupes armés. Il faut que je vous explique ma présence auprès d’Aqmi et je veux que vous m’écoutiez bien. Moi ma présence résulte d’un processus de sauvetage de ressortissants occidentaux. C’est un objectif pour lequel l’ensemble des parties, en premier les pays de la région, ont collaboré. Le Burkina [Faso] a été sollicité au titre de son expertise en médiation. Et moi, Moustapha, je n’étais dans ce dispositif complexe qu’un élément parmi d’autres. Et il a fallu pour moi veiller des nuits durant, vraiment, souffrir le froid, la peur, vraiment la peur, les grandes peurs ; je ne peux pas vous les décrire ; le soleil, prendre des risques considérables pour parvenir à libérer des innocents enlevés et menacés de mort.
Abdoulaye Diagana : Et dans ces opérations vous aviez la bénédiction des puissances….
Moustapha Ould Limam Chafi : Attendez… je veux finir s’il vous plait. L’erreur d’Aziz comme d’ailleurs celle de plusieurs chefs d’Etat arabes, elle consiste toujours à accuser systématiquement les opposants de soutenir les terroristes… Parce que moi je suis d’abord un opposant à Aziz, je suis surtout un opposant à Aziz…
Abdoulaye Diagana : Vous l’assumez, ça ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je l’assume pleinement et je l’ai déjà dit à Aziz au téléphone
Abdoulaye Diagana : Parce que vous parlez, Aziz et vous ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Aziz, nous nous sommes parlé lorsqu’il a fait son coup d’Etat et qu’il a demandé le soutien de certaines personnes et qu’il a souhaité que je le soutienne. J’ai refusé de lui apporter mon soutien. Je lui ai dit, alors, que tout ce qu’il venait de me dire ne justifiait pas le coup d’Etat ; et [je lui ai dit] que c’était une erreur grave de sa part et qu’il prenait en otage une Nation. Je le lui ai dit, je l’ai dit dans la presse, je l’assume. Je le dit sur votre radio, je suis un opposant. Je me suis d’abord opposé à son coup d’Etat, et je considère que ces élections [la présidentielle de 2009 qui a vu l’élection de Ould Abdel Aziz après le coup d’Etat, NDLR], on y reviendra…
Abdoulaye Diagana : Pour revenir justement à vos rapports avec ould Abdel Aziz….
Moustapha Ould Limam Chafi : … je voudrais d’abord qu’on finisse avec le sujet d’Aqmi, parce que c’est le sujet principal, parce que c’est l’objet de l’accusation. Son erreur à lui, comme d’ailleurs de beaucoup de chefs d’Etat arabes, elle consiste à accuser tous leurs opposants d’être des terroristes ou d’en être des protagonistes. Ils le font dans l’espoir de manipuler les partenaires occidentaux et de s’en faire les alliés dans la lutte pour la conservation de leur pouvoir. Mais, ce qu’ils ne savent pas, ces chefs d’Etat dont Ould Abdel Aziz, c’est que la doctrine et les analyses des services de sécurité de ces grandes démocraties se sont depuis affinées. La méthode ne prend plus. Et il suffit pour s’en convaincre de méditer le sort de tous ces chefs d’Etat : Kaddafi, Ben Ali, Assad… La formule s’est usée à force d’avoir servi à outrance. Et ce pauvre Aziz, qui ne lit pas beaucoup et ne voit pas loin, s’est engouffré encore une fois dans cette brèche. Mais je vais vous dire une chose : les services de renseignements impliqués n’agissent pas dans l’improvisation, ni dans la complaisance. Ils savent exactement qui fait quoi et qui en est supplétif.
Abdoulaye Diagana : M. Ould Limam Chafi est-ce que…
Moustapha Ould Limam Chafi : Je veux finir sur ce sujet parce qu’il est très important. Chez ces services, aucun degré de complicité dans la prise d’otages n’est toléré et ne leur échappe.
Abdoulaye Diagana : En un mot vous voulez dire que si vous aviez été complice, vous n’auriez pas bénéficié du soutien de l’Espagne et de la France ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Tous les services occidentaux qui ont des otages. Moi j’ai libéré des otages Canadiens, j’ai libéré… mais tous ces services… Je vais vous dire une chose pour ma part, personnellement, je vous le dis M. Abdoulaye [Diagana],… cette implication dans des tentatives de préserver la vie humaine, pour ma part, elle ne m’inspire que fierté, malgré la modestie de ma contribution.
Abdoulaye Diagana : Est-ce que vous entendez les voix qui y décèlent de la connivence…
Moustapha Ould Limam Chafi : Laissez-moi juste finir s’il vous plait Abdoulaye… vous savez, lorsque vous assistez…moi j’ai assisté à des choses. Lorsque vous assistez au spectacle des rescapés de la mort rendus à leurs familles entrain de renouer le fil ténu d’une vie perdue, vous ne pouvez concevoir que de la satisfaction d’y concourir. Et moi, ma contribution est petite…
Abdoulaye Diagana : entendez-vous les voix qui y décèlent de la connivence ou pour le moins une possible collusion d’intérêts ? Certains médias ont récemment fait état d’une inflation des rançons en raison des commissions prélevées par les intermédiaires ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Vous savez, personne n’est allé sur le terrain pour savoir ce qui s’y passe. Les services suivent tout de près. Personne n’est mieux informé qu’eux. Je ne peux pas vous donner le détail de comment ça se passe. Les médias peuvent écrire ce qu’ils veulent, comme ils veulent, si quelqu’un n’est pas allé sur le terrain, n’a pas suivi… je ne veux pas trop… les gens peuvent dire et écrire ce qu’ils veulent.
Abdoulaye Diagana : Cette inflation des rançons ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je ne suis pas au courant, je ne suis pas du tout au courant, pas du tout. Mais demandez aux Etats, demandez aux pays occidentaux. Moi, il ne faut pas me demander ça. Il faut le demander à leurs services.
Abdoulaye Diagana : Justement un mandat d’arrêt international vient d’être émis contre vous par les autorités mauritaniennes, quelle réaction vous inspire cette décision ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je vais revenir sur le mandat d’arrêt mais avant je veux finir par rapport aux otages que j’ai libérés si vous le permettez. Vous savez, ce sont des moments très durs. [Silence]
Abdoulaye Diagana : Lesquels ? Ceux que vous vivez actuellement ou ceux des négociations pour la libéralisation des otages ?
Moustapha Ould Limam Chafi : C’est ce sacrifice que nous faisons pour libérer des otages… Vous savez, quand on est impliqué dans des tentatives de préserver la vie humaine, ça n’inspire que fierté. Lorsque vous assistez au spectacle de rescapés de la mort, rendus à leurs familles, vous ne pouvez concevoir que de la satisfaction. Mais je vous dis une chose : finalement, ce général, il m’en veut à moi de participer au sauvetage de personnes au secours desquelles il aurait dû courir à défaut de les protéger. Lui dispose d’un pouvoir sans partage, d’une armée, de moyens de l’Etat et du statut d’ultime décideur dans ce pays. Moi, quand je travaillais à la libération des otages, je n’avais que la confiance des familles des victimes et la caution officieuse de mes mandataires. Quand je négociais avec les groupes armés, je ne disposais d’aucun filet de sauvetage, d’aucune assurance-vie. Je menais la mission, comme bien d’autres volontaires, à mes risques et périls. Mais compte tenu des résultats, je ne regrette rien et je recommencerais volontiers.
Abdoulaye Diagana : Ces missions vous les conduisiez pour le compte de Blaise Compaoré, vous n’auriez pas pu le faire pour Mohamed Ould Abdel Aziz ?
Moustapha Ould Limam Chafi : [rires] … Je ne peux pas travailler pour le compte de quelqu’un aux compétences duquel je ne crois pas.
Abdoulaye Diagana : Concrètement quels sont les effets de ce mandat d’arrêt international sur vos activités ? Allez-vous par exemple être contraint de réduire vos déplacements ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je vais vous parler du mandat d’arrêt, de ma réaction. Ce qui ressort en premier c’est le caractère anecdotique de la décision, compte tenu de l’épreuve vécue par les Mauritaniens sous le pouvoir actuel. Je trouve la mesure fantaisiste et elle ne pèse en rien en comparaison de l’extrême misère des Mauritaniens, écrasés par le chômage et dépourvus de toute perspective économique. En revanche, le népotisme ascendant se développe au profit d’ould Abdel Aziz, lui-même devenu le principal entrepreneur privé du pays, à telle enseigne que ses concurrents hommes d’affaires sont de plus en plus contraints à s’exiler ou se délocaliser. Jamais avant ce général, la Mauritanie n’a eu un président soucieux d’accumuler autant fortune.
Mais le mandat, avant de le commenter lui-même, il convient de noter son irrégularité et son amateurisme. Un mandat d’arrêt international, c’est une procédure méticuleuse dont la crédibilité dépend de facteurs techniques comme la concordance des indices reprochés, la notoriété d’une implication et l’avis favorable de la police internationale. Tout ça n’existe pas. Dans le cas d’espèce, Aziz tente, comme d’autres arabes, d’instrumentaliser la lutte contre le terrorisme et son mandat pour neutraliser un adversaire.
Il faut toutefois dire qu’en l’occurrence, il s’y est pris dans la précipitation, et sans s’assurer d’un certain nombre de préalables. Bien sûr, il va le regretter parce que je porterai plainte. Il ne peut apporter aucune preuve aux accusations qu’il a formulées contre moi.
Abdoulaye Diagana : Les effets du mandat d’arrêt sur vos activités ? Allez-vous réduire vos déplacements ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Il n’y a aucun effet sur mes activités, aucun. Je continue mes activités normalement.
Abdoulaye Diagana : Cette situation et vos sorties contre le régime d’Ould Abdel Aziz ne risquent-elles pas d’affecter vos relations avec les chefs d’Etat dont on vous dit proches (RCI, Niger, BF…) ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je suis Mauritanien. J’ai le droit de donner ma position en Mauritanie. La Mauritanie c’est ma patrie.
Abdoulaye Diagana : craignez-vous d’être sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je ne serai pas sacrifié.
Abdoulaye Diagana : Vous en êtes sur ? Vous avez des garanties ?
Moustapha Ould Limam Chafi : J’ai appris à me battre depuis très jeune et un peu partout en Afrique. Donc pour moi, c’est un exercice qui ne m’est pas étranger.
Abdoulaye Diagana : Vous avez décidé de contrattaquer en portant plainte contre Ould Abdel Aziz, comment va se traduire cette action en justice et qu’en attendez-vous ?
Moustapha Ould Limam Chafi : … Pour le moment je puis vous confirmer que mes avocats sont entrain d’étudier la perspective d’assigner Aziz devant les juridictions internationales. Mes avocats à Nouakchott et ailleurs vous tiendront informés des procédures. Vous les découvrirez ; soyez patients, nous n’en sommes qu’aux débuts…
Ce qui est sur… c’est qu’Aziz se trompe d’adversaire. Il ne peut pas m’intimider. Il ne m’intimidera pas ; comme il n’a pas pu me corrompre. Parce que ce que les Mauritaniens ne savent pas, c’est qu’Aziz a tenté de me corrompre…
Abdoulaye Diagana : Il a tenté de corrompre ? Comment ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Il m’a envoyé des émissaires ici au Burkina Faso. Je vais taire leurs noms mais au moment opportun je le dirai.
Abdoulaye Diagana : Pouvez-vous prouver ce que vous dites ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Il m’a envoyé des émissaires au Maroc, des hommes d’affaires qui lui sont très proches et les propositions qui m’ont été faites sont des propositions de corruption.
Abdoulaye Diagana : Des propositions de corruption de quelle nature ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Corruption financière. Toutes les corruptions que les hommes politiques Mauritaniens ont l’habitude de faire. De l’argent, des postes… Au moment opportun mes avocats en parleront. Et des hommes d’affaires proches d’Aziz sont venus me voir au Maroc, à Rabat, à l’hôtel Sofitel, mais je n’ai pas cédé. Parce que je leur ai dit que mon problème n’est pas un problème… D’abord je n’ai pas de problème personnel avec Aziz. Je ne connais pas Aziz, Aziz ne me connait pas…. Je n’ai pas de besoins financiers. Aziz ne peut pas me donner ce que je n’ai jamais eu ou que je n’ai déjà. Je l’ai dit à ses émissaires. Et j’avais alors déjà libéré les otages ; si j’étais un terroriste, il n’aurait pas tenté de me corrompre. Et j’ai dit aux émissaires de ce général que le problème c’est celui de la Nation, la Nation mauritanienne. Elle nous appartient à tous. Aziz n’a pas le droit de la prendre en otage. Ils m’ont dit qu’Aziz a été élu et il est légitime aujourd’hui. Je leur ai répondu qu’Aziz est un putschiste ; il se donne une légitimité aujourd’hui après avoir fait son coup d’Etat ?
Abdoulaye Diagana :Vvous avez récemment demandé le départ d’Ould Abdel Aziz, vous pensez à la prochaine élection présidentielle ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Moi je pense que le départ d’Ould Abdel Aziz doit être…la Mauritanie ne peut pas ne pas être un pays… nous avons besoin de démocratie… j’ai bien pensé à la prochaine élection, parce qu’aujourd’hui…je ne sais pas encore comment se débarrasser d’Ould Abdel Aziz mais …en pleine dynamique des révolutions arabes, sachez qu’Ould Abdel Aziz est anachronisme intolérable.
Abdoulaye Diagana : Vous pensez à la prochaine élection présidentielle donc ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Pensez à l’élection comme quoi ? En tant que quoi ?
Abdoulaye Diagana : Pour le départ de Aziz ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je pense que le départ de Aziz doit être précédée par une vraie transition et un vrai processus électoral, une vraie démocratie et la fin de l’irruption des militaires dans les affaires politiques. Il est temps, il est temps, il est temps que les militaires ne se mêlent plus de politique. Nous avons une classe politique qui s’est battue depuis des années, qui a de l’expérience. Aujourd’hui, il faut la laisser jouer son rôle. Pleinement.
Abdoulaye Diagana : Vous jouissez du soutien de l’opposition mauritanienne, vous disposez d’un impressionnant carnet d’adresses avec plusieurs chefs d’Etats comme amis (Compaoré, Ouattara, Issoufou, Condé…) vous êtes jeune, la cinquantaine, et l’on vous dit homme d’affaires prospère, pensez-vous à devenir un jour le pair, l’alter ego, l’homologue des présidents que vous conseillez ?
Moustapha Ould Limam Chafi : [Rires] Non pas du tout, pas du tout, vraiment… pas du tout.
Abdoulaye Diagana : La classe politique mauritanienne a besoin de renouvellement, vous n’y songez jamais ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je n’ai aucune ambition de parvenir à une position de pouvoir. Vraiment. Vraiment.
Abdoulaye Diagana : M. Moustapha Ould Limam Chafi merci d’avoir accepté notre invitation. Un dernier mot aux auditeurs de kassataya ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Le dernier mot que j’ai à adresser à vos auditeurs c’est qu’ils sachent que ce pays est menacé dans son unité par un groupe d’affairistes qui l’a pris en otage. Il est menacé dans sa division et ce dont il a besoin, c’est la justice. La justice entre tous ses citoyens, quelle que soit leur appartenance, quelle que soit la région dont ils viennent. Ce pays a besoin d’égalité. Pour être une Nation il faut dépasser certains…
Je veux que les Mauritaniens sachent que moi, Moustapha, je suis un militant, un homme de principe, un homme de combats et de constance. J’ai toujours été constant dans mes positions. Je suis un homme régulier dans ce que je défends. J’ai toujours aimé ce pays qui nous appartient à tous. Sans exception. Et mon combat est pour tous les citoyens Mauritaniens sans exception. C’est un combat pour l’unité d’abord, pour l’unité de la Mauritanie. Nous devons tous nous battre pour nous unir. Ce pays nous appartient à nous tous. Nous avons les mêmes droits dans ce pays. Aucun d’entre nous n’a le droit d’exclure un autre pour une raison quelconque. C’est mon combat essentiel pour la Mauritanie. .. J’ai combattu en Côte d’Ivoire contre « l’ivoirité », je me suis battu contre ce concept…
Abdoulaye Diagana : Vous vous êtes battus aussi en Mauritanie contre Ould Taya y compris en soutenant les Cavaliers du Changement [Mouvement armée qui tenta de renverser le régime du colonel Ould Taya au pouvoir en Mauritanie de 1984 à 2005] ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Je me suis toujours battu avec ceux qui se battent pour la liberté, avec ceux qui se battent vraiment pour une Mauritanie meilleure.
Abdoulaye Diagana : L’épisode des luttes armées en Mauritanie, c’est finie pour vous ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Moi, je n’ai jamais pensé à la lutte armée. La lutte armée c’est Aziz ; parce que c’est lui qui a pris le pouvoir par les armes.
Abdoulaye Diagana : Le soutien aux Cavaliers du Changement sous Ould Taya ?
Moustapha Ould Limam Chafi : … Aziz nous l’affrontons par la force du verbe, pas par les armes. C’est lui qui nous impose sa présence par les armes. Donc la lutte armée, moi je n’en ai jamais parlé.
Abdoulaye Diagana : Vous n’allez plus soutenir des groupes comme ceux des Cavaliers du Changement ?
Moustapha Ould Limam Chafi : Les Cavaliers du Changement, ce sont des jeunes très courageux, qui se sont battus. Ils ont apporté quelque chose. Grâce à leur combat, il y a eu un changement en Mauritanie. Leur combat était salutaire et noble. Il faut reconnaître qu’ils ont joué un rôle. N’eut été leur combat, aujourd’hui peut-être que nous serions encore dans une situation… Aziz … ne serait pas là où il est.
Abdoulaye Diagana : Vous n’allez pas rééditer le coup….
Moustapha Ould Limam Chafi : …les Cavaliers du Changement sont des gens qui ont apporté quelque chose au pays.
Entretien réalisé par Abdoulaye Diagana pour www.kassataya.com dimanche 1er janvier 2012 par téléphone.
Flamnet-Agora: Unité nationale : Eléments de compréhension par Ahmed Jiddou Aly
« Si tu diffères de moi, frère, tu ne m’indisposes pas, tu m’enrichis. » Antoine de Saint Exupéry
L’Unité nationale de la Mauritanie ressemble, depuis trois décennies, à un malade incurable. Il a ses périodes de rémission, suivies de rechutes brutales et douloureuses. Son sort excite les voisins de ce pays, alarme la communauté internationale et met en ébullition la toile. Paradoxalement, les dirigeants mauritaniens, en n’administrant au malade que des palliatifs, font semblant d’ignorer la gravité de sa maladie. Quant aux intellectuels et hommes politiques nationaux, ils ne sont pas d’accord sur l’urgence de la situation.
Pourtant, et pour peu que l’on (re)visite son histoire, les signes de la maladie sont apparus dès la création de l’entité mauritanienne. Sans capitale propre (de 1919 à 1957 Saint-Louis abritait, dans le quartier de Ndar-Tout, la direction de la Mauritanie) , plusieurs fois représentée par des députés d’une autre colonie avec laquelle elle constituait une seule circonscription électorale (Lamine Guèye puis Léopold Sédar Senghor), constituée de territoires dont certains « enlevés » à ses voisins (le Hodh et la rive droite du fleuve Sénégal notamment, waalo compris) et vivant longtemps aux crochets de la générosité de tous ( le Gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française puis son Grand Conseil supportait l’essentiel du budget du territoire) , la colonie de la Mauritanie faillit même disparaître de la carte en 1937 si la proposition de rattachement au Sénégal du gouverneur général de Coppet avait été acceptée par le ministre des colonies Marius Moutet. Ce dernier n’avait pas estimé que l’évolution du territoire permette son rattachement au Sénégal.
Entre l’absorption par la communauté africaine, certes noire, mais déjà présente et solidaire, et le désir de rejoindre un monde arabe lointain et dont la porte est restée un temps bloquée par les revendications marocaines, les pères fondateurs étaient divisés jusqu’à la veille de l’indépendance. Et comme toujours, sont venus se greffer aux soucis des uns et aux craintes des autres les erreurs de gestion des différents régimes dont les conséquences s’appellent arabisation forcée, faille communicationnelle, passif humanitaire, divisions ethniques et partage de pouvoir. Au point que le trait d’union censé lier les deux Afriques (arabe et africaine) s’est transformé en une barrière de plus en plus infranchissable entre les composantes même de la communauté nationale.
Le présent article n’a pour ambition que de jeter un peu de lumière sur certains évènements de notre histoire qui pourraient aider à la compréhension des problèmes actuels de notre pays, de rappeler la chance que les mauritaniens ont d’appartenir à deux ensembles linguistiques historiquement importants, de (re)découvrir des solutions d’un problème sur lesquelles un consensus national s’est déjà dégagé (le passif humanitaire) et de recommander une transparence total dans le processus de recensement prévu en 2012 afin d’obtenir, en prenant en compte le poids démographique des communautés ethniques, une clé de répartition du pouvoir.
Le passif humanitaire : le problème le plus douloureux
C’est le problème le plus urgent à régler, celui dont une solution consensuelle a déjà été trouvée mais dont la mise en œuvre demandera probablement encore beaucoup de travail et de concessions de la part des acteurs. Les 20, 21 et 22 novembre 2007, se sont tenu, à Nouakchott, sous le haut patronage du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, les journées nationales de concertation et de mobilisation sur le retour des réfugiés et le règlement du passif humanitaire à l’issue desquelles un rapport de synthèse a été adopté à l’unanimité des participants, après un blocage au niveau de l’atelier n°4 où Messieurs Bal Amadou Tidiane et le député Sidi Mohamed Ould Maham n’ont pas pu accorder leurs violons.
Il ressort entre autres des débats décrits comme « francs, ouverts et parfois passionnés », la nécessité « d’apurer ce dossier en ayant toujours en vue la restauration et le renforcement de l’unité nationale et la stabilité du pays » ; de tenir compte dans la solution à envisager « des devoirs de mémoire et de pardon pour la Nation, et de justice et de réparation pour les victimes ». Le rapport souligne que « la particularité et la sensibilité de la question exigent qu’un temps suffisant soit donné et que les concertations soient poursuivies, afin de trouver une issue consensuelle pour un règlement définitif ». Trois scenarii sont proposés comme dispositif à mettre en place pour la gestion de ce dossier : une commission indépendante composée de personnalité d’envergure nationale, reconnue par leur compétence, leur probité, leur intégrité et leur patriotisme ; une commission nationale telle que proposée par le document du Comité interministériel ; élargissement de la commission proposée dans le document de travail aux représentants des victimes, aux organisations de défense des droits de l’homme et à des personnalités indépendante. Enfin et en guise de recommandations d’ordre général, le rapport de synthèse préconise, entre autres, « l’adoption d‘une loi d’orientation qui encadre le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire ».
Malheureusement pour les victimes, les résultats de ce consensus national n’ont pu être mis en œuvre à cause de l’éclatement de la crise qui va emporter Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, crise à laquelle la perspective de la solution du passif humanitaire peut ne pas être étrangère. L’administration issue du coup d’état de 2008 et plus tard celle arrivée après les présidentielles de 2009, sont revenues aux méthodes unilatérales, en se satisfaisant de concertations limitées à certaines parties et de solutions partielles qui ont été éprouvées sous d’autres régimes mais n’ont pas donné de résultats. Le plus que la commission Dia Adama a apporté par rapport aux solutions déjà mises en œuvre sous Maaouya Ould Sid Ahmed Taya est qu’elle a donné lieu à une reconnaissance de la responsabilité de l’Etat, introduit la prière de l’absent pour les disparus de 1990-1991, accepté l’indemnisation d’autres victimes des régimes d’exception et demandé la recherche et l’identification des lieux où les victimes furent enterrées anonymement.
A chaque fois ces solutions, celles d’hier et celles d’aujourd’hui, au lieu d’aider à tourner la page du passif humanitaire, n’ont fait que renforcer les droits des victimes : du déni des années 90, on n’est passé à la reconnaissance des crimes par les plus hautes autorités de l’Etat. Ceux qui croient qu’une indemnité, une prière, une amnistie ou des excuses peuvent suffire à éteindre un droit sans le consentement de la victime se trompent lourdement et prouvent qu’ils n’ont rien appris de l’histoire récente. Un jour ou l’autre, le passé rattrapera le fuyard. Tous ceux qui se sont attaqués au problème du passif humanitaire ont oublié que quand on veut dépecer un mouton, on ne s’arrête pas aux aisselles ! Le président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz devra se remémorer ce proverbe maure de bon sens et aller de l’avant. Que reste-t-il d’ailleurs pour clore ce dossier ? Connaître la vérité sur ces évènements et juger cette satanée « diarrhée sélective » découverte par ce cher docteur Meguett et qui a décimé de chers soldats de ces chères forces armées de cette non moins chère République Islamique de Mauritanie ! Et en cas de condamnation de cette « diarrhée », et s’il estime que c’est dans l’intérêt de l’unité nationale du pays, le président de la République dispose de leviers à l’article 37 de la Constitution qu’il peut actionner (le droit de grâce et celui de remise ou de commutation de peine). Comme on le voit, tout est là pour régler ce problème sauf peut être la volonté politique.
Identité culturelle: lieu de déchainement des passions
En Mauritanie, le problème de l’identité culturelle est celui qui cristallise toutes les passions. Pour les uns, il est la source de toutes les injustices. Pour les autres, la solution imposée (appartenance à l’ensemble arabe et unilinguisme) va une bonne fois pour toute apporter au pays paix, sécurité et … pétrodollars. La question pour les premiers a pris l’allure d’une lutte de libération. Elle est pour les seconds une question de vie ou de mort. Quant au poids démographique de chaque communauté ethnique, établi très approximativement par le colonisateur, il n’a pas toujours été contesté, au contraire, du moins jusqu’aux années 80. Il faut peut être remonté le temps pour comprendre les peurs des uns et les craintes des autres. Puis regarder s’il n’y a pas des solutions simples et à portée de main et de bourse que le déchainement des passions a empêché le pays de voir.
Les premières escarmouches entre représentants des communautés nationales eurent lieu à l’occasion de « l’élection du 31 mars 1957 à l’Assemblée territoriale » qui « avait pour enjeu la mise en place du Conseil de gouvernement, pouvoir exécutif du futur régime d’autonomie » (lire sur ce chapitre Joseph Roger de BENOIST, La place de la Mauritanie dans les institutions de l’AOF, MASADIR : Cahiers des Sources de l’Histoire, n°3, 2002, pp. 165 à 190). Un désaccord opposa les Maures et les Noirs, au sein du parti majoritaire en ce moment là (l’Union Progressiste Mauritanienne (UPM) à qui appartenait le député à l’assemblée française Sidi el Moctar Ndiaye et le futur président de la République Moctar Ould Daddah), sur le choix des candidats. Les premiers « entendaient que chaque communauté soit représentée proportionnellement à son importance » démographique. Une partie des seconds « refusèrent : quelle que soit son origine, chaque mauritanien était habilité à représenter le Territoire, pourvu qu’il en ait les compétences ». L’élite occidentalisée, à l’époque peu nombreuse, était composée surtout de Noirs. Derrière les arguments des uns et des autres, « il y avait un souci profond : l’équilibre des deux communautés était nécessaire sous peine de domination des Noirs par les maures numériquement plus nombreux ».
Faute d’entente, les mécontents décidèrent de concourir sous leur propre bannière et créèrent le Bloc Démocratique du Gorgol (BDG) qui se rapprocha du Bloc Populaire Sénégalais de Senghor. D’autres listes plus petites apparurent aussi contre l’UPM particulièrement en Assaba et au Guidimakha. Joseph Roger de BENOIST notait que «ces courants étaient composés surtout de fonctionnaires et d’universitaires qui voulaient s’opposer à la monopolisation des nouvelles institutions, et plus largement de la fonction publique par les Maures ». Un autre parti voit le jour dans la même période à Dakar : l’Union des Originaires de la Vallée du Fleuve (UOVF). Ceux qui l’ont créé, des « émigrés ou fonctionnaires en service au Sénégal », accusaient l’UPM « de devenir un parti maure et d’entreprendre la « mauritanisation » des cadres.
Le mot « mauritanisation » n’avait pas encore pris son sens relatif à la Mauritanie mais aux Maures ! Les représentants d’une autre Union, celle des Originaires de la Mauritanie du Sud, firent aussi entendre leurs voix. Dans une motion, signée Moussa Sall, Thierno Bâ et Djibril Guèye, ils affirmaient que « la minorité noire en Mauritanie » était « opprimée… » et que « la mauritanisation » de la fonction publique dissimulait une ségrégation raciale. Ils considéraient le fleuve Sénégal, non comme une frontière, mais un trait d’union entre deux régions identiques. La motion se terminait par un appel « pour réaliser l’unification de la Vallée du Sénégal ». Ces partis émanant du sud de la Mauritanie reçurent plus tard (en avril 1958) l’appui de Senghor, furieux que l’UPM s’alliât avec le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) de Félix Houphouët Boigny au cours du renouvellement du Grand Conseil de l’AOF, ne laissant à son propre pari, le Parti du Regroupement Africain , selon ses termes, que des « joujoux et des sucettes ». Il alla même jusqu’à menacer de soutenir « le Mouvement des Noirs de la rive droite du Fleuve Sénégal, qui vise leur retour dans la communauté sénégalaise ».
Si, à la veille de l’indépendance, les accusations du BDG et de l’UOVF paraissaient exagérées – la fonction publique étant encore largement dominée par les Noirs assez tôt scolarisés – leurs craintes vont se révéler tout à fait justifiées au regard de l’évolution future du pays. Et plutôt qu’ils ne le pensaient ! Trois mois seulement après cette élection, la bataille de la place de la Mauritanie dans l’AOF était engagée. Tous les élus et hommes politiques noirs voulaient que la Mauritanie restât dans l’ensemble africain dont l’unité était entrain d’être réalisée au sein d’une structure fédérale. Même quand cette structure ne vit le jour qu’entre le Mali et le Sénégal, ils voulaient conserver avec cet ensemble des relations privilégiées. Ils étaient même soutenus par les représentants de l’UPM au Conseil général qui voulaient que le Territoire continuât de bénéficier des largesses de l’AOF et recevoir l’appui de cet ensemble contre les visées marocaines.
La position de Moctar Ould Daddah, seule voix autorisée pour exprimer la position officielle du futur Etat, était nuancée. Pour lui, il n’y avait pas de doute, l’identité globale du pays était imprimée par les Maures. Quelques jours après son investiture comme Vice-président du Conseil du Gouvernement, le futur président Moctar Ould Daddah conviait le 1er juillet 1957 les habitants d’Atar, région dont il est l’élu, « à regarder (avec lui) au-delà de la falaise du Dhar, au-delà des dunes de l’Akchar et de l’Azefal, pour embrasser d’un seul coup tout le « Trab el Beïdane » c’est-à-dire la Mauritanie ». Quant à sa position par rapport au projet de Fédération, elle s’exprimait ainsi : « La situation géographique de la Mauritanie – entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire – lui interdit de s’intégrer à l’un de ces deux blocs… La délégation mauritanienne a voté la motion par solidarité. Je ne la désavoue pas, mais j’affirme que la position de son gouvernement est différente et plus nuancée » (Afrique Nouvelle n°530 du 1er octobre 1957).
Cette position de Moctar va être expliquée aux congressistes convoqués pour entériner la fusion des partis mauritaniens (Aleg, les 2, 3, 4 et 5 mai 1958). Selon Moctar, « la majorité des habitants de ce pays reconnait son origine arabo-berbère » et « elle en est fière ». Pour lui, si la Mauritanie « veut jouer pleinement le rôle de trait d’union auquel la vouent sa position géographique, ses traditions, sa dualité ethnique, elle ne peut s’intégrer trop intimement à l’un de ces deux pôles qu’elle est chargée de mettre en contact. S’il est inconcevable qu’elle consente à se laisser englober et noyer dans un ensemble maghrébin, il lui est également difficile de se laisser absorber par un ensemble africain… ». Devant le congrès, il assume aussi sa responsabilité dans « l’accentuation de la politique d’africanisation des cadres… » qui vise à affirmer « la personnalité mauritanienne ». Enfin, il déclare que son gouvernement « s’est consacré au développement de l’enseignement arabe, aussi bien en pays maure que dans la région du fleuve… ». On le voit, si Moctar avance masqué en ce qui concerne l’orientation du pays vers le Maghreb et le monde arabe, il ne fait pas mystère de ses intentions quand il s’agit de la langue arabe.
A ce même congrès d’Aleg, les représentants de la vallée ont continué à exiger une place importante dans la Mauritanie future. Et ils n’ont pas manqué d’arguments. Pour Sidi el Moctar Ndiaye, le pays « ne peut se passer de l’Afrique noire… » et son élément noir ne se sentira à l’aise que s’il a la garantie qu’il ne sera pas « dominé par l’élément maure plus nombreux ». Moussa Sall a noté que « le thème de Mauritanie trait d’union a été rendu caduque par les prises de positions marocaines » et a mis en garde contre de « douloureuses divergences » si l’activité du Territoire n’est pas « axée vers la Fédération en général, et le Mali et le Sénégal en particulier… ». Cheikh Saad Bouh Kane n’a demandé rien moins qu’un « traitement égalitaire ». Les demandes et mises en garde des représentants de la vallée n’ont pas empêché le congrès d’Aleg de voter une motion sur l’enseignement où, « considérant que la Mauritanie est un pays en majorité de langue et de culture arabes, considérant que l’arabe est un élément extrêmement important dans la vie des peuples de religion musulmane », il demande aux autorités responsables « de faire la part la plus large à cette langue dans les écoles publiques, autant dans le cycle post-primaire que dans le secondaire… ».
Cette tendance vers une Mauritanie à dominante maure va être accélérée par la crainte d’un gouvernement fédéral noir « qui, de Dakar, ferait la part belle aux Sénégalais et qui, par enchaînement, amènerait les autres leaders d’AOF, à poser à leur tour la questions des Noirs de Mauritanie » (Georges Chaffard, La Mauritanie entre Dakar et Rabat, série d’articles publiés dans le journal Le Monde du 10 au 12 mai 1958). Cette accélération prendra, l’euphorie de l’indépendance passée, la forme d’un concept nouveau appelé le bilinguisme. Ce nouveau concept, présenté comme celui qui va placer « peu à peu sur un pied d’égalité, l’arabe et le français », est considéré comme « une option fondamentale qui concerne chaque citoyen mauritanien» par le congrès d’Aïoun el Atrouss. L’entrée en vigueur, au commencement de l’année 1966, de la loi rendant obligatoire l’enseignement de l’arabe dans les établissements secondaires faillit, de l’aveu même de Moctar Ould Daddah, « dégénérer en conflit racial dangereusement passionnel » (Intervention le 18 juillet 1966 devant la Commission des Affaires Culturelles, désignées par le 2ème congrès du Parti du Peuple Mauritanien).
Les évènements auxquels le président Moctar faisait allusion sont la publication d’un document, resté connu pour la postérité sous le nom de Manifeste des 19, et les troubles qui ont suivis. Ce manifeste dénonce ce qu’il appelle les « injustices à caractère racial au niveau de l’embauche », « l’éviction des Noirs des postes essentiels de la vie collective et de l’appareil de l’Etat ». Pour ses auteurs, «il est notoire que l’étude obligatoire de l’arabe est pour le noir une oppression culturelle » et son « étude est un frein au développement culturel et scientifique » des élèves noirs et « contre leurs intérêts ». Le manifeste dénonce « les brimades » dont les noirs sont l’objet. Il fait appel à l’histoire du pays pour étayer son argumentation en rappelant « que le colon français, pour assurer la pacification des tribus maures nomades et leur domination, leur avait facilement accordé le privilège du pillage et fermait les yeux sur leurs pratiques esclavagistes ». Il accuse « l’ethnie maure » d’avoir, depuis l’indépendance, « forte de sa majorité et sûre de l’impunité… perpétré ses méthodes archaïques et aggravé la domination de la minorité ». Enfin, le manifeste souligne et condamne l’existence de l’esclavage, qu’il considère comme une pratique exclusivement maure. Dans le sillage du manifeste des 19, l’Union Générale des Originaires de la Mauritanie du Sud (UGOMS), dans un autre document qui aurait été remis en main propre au président Moctar par des ministres et des parlementaires noirs, réclame le fédéralisme : « Nous ressortissants de la Mauritanie noire, adjurons le Congrès, le Parlement et le chef de l’Etat de réviser immédiatement les structures de l’Etat, dans un sens fédéral pour répondre à la volonté du pays ».
Il est un fait que « de nombreux mauritaniens noirs, de langues non arabes se sont sentis lésés, menacés dans leur identité culturelle », déclare feu Moussa Diagana (Dembo pour les intimes) à propos de ces évènements. « Dans un premier temps, le problème ne fut pas tant l’opposition entre l’arabe et la langue maternelle qu’entre l’arabe et le français », ajoute-t-il (Interview accordée à la revue littéraire Le Traversier n°3, 1992, pp 2, 3, 4 et 5). Moussa note que « tout cela a été vécu de façon épidermique ou spontané… ». Et il a semblé à l’éminent linguiste « que la solution linguistique doit se trouver dans chaque pays. Toute la difficulté est de savoir comment gérer ce plurilinguisme, cette hétérogénéité, comment faire pour qu’il y ait une coexistence qui ne soit pas frustrante pour certains ». Pour lui « ce sont des problèmes sensibles qui exigent à la fois du temps et du tact ». Malheureusement, les mauritaniens n’ont pas cherché à prendre le premier (le temps), et leurs dirigeants n’ont pas fait preuve en la matière de l’autre (le tact).
La secousse de 66 n’a pas été mesurée à sa juste gravité. Elle n’a pas empêché non plus le président Moctar Ould Daddah de rompre la promesse faite de ne pas « s’intégrer trop intimement à l’un de ces deux pôles » que la Mauritanie « est chargée de mettre en contact », le pôle maghrébin et arabe et le pôle africain. La Mauritanie adhèrera à la Ligue arabe en 1974, puis en 1985 à l’Union du Maghreb Arabe. Et elle quittera logiquement la CDEAO dans les années 90. Entre temps, et sans la retenue et la sagesse de Moctar mais avec l’ignorance et l’agressivité des militaires, l’arabisation fut imposée avec beaucoup de casse. Avec les résultats que l’on sait : un manifeste en a chassé un autre (le manifeste du Négro-mauritanien Opprimé remplaçant celui des 19), un système d’enseignement pour chaque communauté, une faille communicationnelle difficile à combler, apparition d’autres problèmes que l’on peine aujourd’hui à résoudre (passif humanitaire), des revendications de poids démographiques que le refus de publication des résultats des recensements rend crédibles et une société prête à s’enflammer à la moindre allusion d’un ministre ou d’un Premier Ministre à l’identité nationale du pays. Malgré tout, il se trouve toujours qu’entre gens de bonne volonté et désireux de toujours vivre ensemble, une solution pour une coexistence pacifique est possible.
Indications pour une solution consensuelle définitive
« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Cette réflexion frappée du coin du bon sens d’Albert Camus doit pousser les mauritaniens d’aujourd’hui à ne pas léguer aux mauritaniens de demain leurs problèmes. Les citoyens et les responsables de ce pays qu’est la Mauritanie doivent se retrouver et mettre à plat tous les sujets qui les divisent. Et d’abord la question linguistique si sensible. On a l’impression, avec le recul, que les responsables de l’Etat, en imposant la langue arabe aux habitants de la vallée, enfonçaient une porte ouverte. La conversion à l’islam et la constitution d’émirats théocratiques au Fouta faisaient déjà de cette région un lieu où l’arabe était la langue de travail et de communication avec l’extérieur. Malgré 60 ans de domination française, il est toujours resté un substrat de langue arabe dans cette zone. Et, en bon musulmans qu’ils sont, l’arabe est la première langue que les habitants de la vallée font apprendre à leurs enfants aujourd’hui. Tout comme les maures.
De l’autre côté, il ne doit pas être ignoré « un fait désormais inscrit dans l’histoire : Soixante années d’une colonisation culturelle de laquelle étaient déjà nées plusieurs générations utilisant cette langue française, langue universelle tant technique que littéraire dont le rayonnement a atteint tous les continents et seule langue écrite moderne dans l’Afrique noire d’expression française » (Moctar Ould Daddah, Intervention le 18 juillet 1966 devant la Commission des Affaires Culturelles, désignées par le 2ème Congrès du Parti du Peuple Mauritanien – PPM). Ces deux héritages constituent sinon une fierté, du moins une chance pour tous les habitants de ce pays. Les mauritaniens doivent donc les utiliser comme des instruments de raffermissement de leur unité et non les considérer comme des obstacles à celle-ci. Si ce consensus est obtenu, il ne restera plus que deux mesures à prendre dans ce domaine. La première est de traduire dans la Constitution du pays l’accord trouvé en ajoutant à l’article 6 un troisième alinéa qui stipule que « l’Arabe et le Français sont les langues de travail ». La deuxième mesure est celle qui fera le mieux et le plus rapidement abattre les barrières linguistiques actuelles.
Tous les constituants mauritaniens, depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, ont inscrit les langues nationales (Puular, Soninké et Ouolof) dans la Constitution. Mais cette simple reconnaissance n’a pas apporté de valeur ajoutée ni pour le pays ni pour les populations sensées leur plaire. Il faut donc innover et rendre obligatoire pour tout responsable administratif affecté dans une des régions du pays de parler le dialecte local dominant. Ou rendre obligatoire, comme on le fait pour l’arabe et le français, l’apprentissage des langues nationales par le personnel administratif et politique. Et plus vous voulez monter en grade, plus vous avez le devoir de connaître encore plus de langues nationales. Ainsi les candidats à la présidence de la République, le Premier Ministre, les ministres et assimilés et les chefs de parti seront obligés de parler toutes les langues nationales sinon ils ne pourront plus postuler à ces postes. Si cette mesure est prise, toujours dans un cadre consensuel, les parents d’élèves se feront une obligation de faire apprendre à leurs enfants les langues nationales qu’ils finiront par maitriser avant même d’atteindre l’âge de travail, pour le grand bien de l’unité nationale.
Last but not least, le poids démographique de chaque groupe ethnique est en Mauritanie un enjeu majeur. Longtemps considéré par le colonisateur, puis les autres composantes, comme l’élément majoritaire dans le pays, les Maures ne le sont plus aujourd’hui. Le refus de tous les gouvernants du pays, tous jusqu’à présent maures, de procéder à la publication des résultats des recensements successifs accréditent aux yeux des tenants de cette thèse et d’une grande partie de l’opinion étrangère cette réalité. On prête au président Mohamed Ould Abdel Aziz son intention de publier les résultats du prochain recensement prévu en 2012. La question est de savoir si à la majorité spatiale actuelle (les Maures occupent près de 90% de l’espace) va correspondre la majorité numérique. Il est à penser que cette majorité va être déterminée par le choix que feront les Haratines de s’inscrire comme Maure, Noirs ou comme un nouveau groupe ethnique indépendant. Tous ces choix ont leurs adeptes au niveau de cette frange de la population. L’actuel rapprochement de Mohamed Ould Abdel Aziz avec messieurs Boïdiel Ould Houmeïd et Messaoud Ould Belkheir peut aussi augurer d’une alliance dans ce domaine.
Pour être crédible, le futur recensement doit être réalisé avec transparence et surtout ne pas ressembler à l’actuel enrôlement. Ces résultats connus et publiés, il reste simplement soit à les transposer dans la Constitution comme clé de répartition du pourvoir, soit à laisser la latitude au pouvoir d’en tenir compte. Dans tous les cas, une commission indépendante devra être créée pour en suivre l’application sur le terrain. Enfin, et pour renforcer l’ensemble de ce dispositif, il serait heureux de procéder à une large décentralisation régionale qui donnera plus de pouvoir aux gouverneurs (Walis) qui seront du coup soumis au suffrage populaire.
Comme il a été dit dans l’introduction, ces idées n’ont pas la prétention de constituer La solution aux problèmes du pays. Si elles contribuent à (re)lancer le débat sur les questions de fonds qui déterminent l’existence même de la Nation, elles auront atteint leur objectif. Tous les mauritaniens doivent se rappeler qu’il existe des forces unifiantes dont la religion musulmane et le métissage ethnique qui sont en œuvre pour nous rapprocher chaque jour un peu plus. Tous doivent avoir en tête que la connaissance d’une ou plusieurs langues ouvre des horizons nouveaux pour celui qui les acquiert. Tous doivent se dire que la différence est une richesse et non un handicap. Les Mauritaniens doivent formuler le vœu que l’année 2012 soit celle de la concorde, du raffermissement de leur unité nationale et pour que plus jamais le pays ne rencontre les difficultés qu’il a connues ces derniers temps. Amen !
Ahmed Jiddou ALY




