Daily Archives: 19/01/2012
Conseil des ministres : Le gouvernement modifie les dispositions portant le régime de l’immigration en Mauritanie
Le Conseil des Ministres s’est réuni ce mercredi 18 Janvier 2012. un projet de loi prépare le régime de l’immigration en Mauritanie. Le Conseil a examiné les projets de Décret suivants :
– Projet de décret modifiant certaines dispositions du décret no 64-169 du 15/ 12/1964 Portant régime de l’immigration en République Islamique de Mauritanie. Ce projet de décret rentre dans le cadre du nouveau code d’état civil qui intègre la biométrie en vue de satisfaire aux exigences de modernisation de notre système national d’identification. Il permet d’intégrer la dimension biométrique dans la carte de résident sur le territoire national.
– Projet de décret abrogeant et remplaçant le décret no 2000- 028 instituant la Carte Nationale d’Identité et fixant les conditions de sa délivrance Le projet de décret permet d’instituer une carte d’identification sécurisée qui peut servir de support à d’autres titres grâce à la capacité de stockage de la puce qu’elle porte.
Enfin le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :
Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation
Administration Centrale
Direction Générale de la Sûreté Nationale
Directeur Général, Général de Brigade Ahmed Ould Bekrine, précédemment Secrétaire Général du Ministère de la Défense
Ministère de la Défense Nationale
Secrétariat Général
Secrétaire Général, Général de Brigade, Mohamed Ould El Hady, précédemment Directeur Général de la Sûreté Nationale
Conseil des ministres : Le gouvernement se penche sur l’immigration en Mauritanie.
Bruxelles: les mauritaniens manifestent devant l´ambassade de Qatar pour l´extradition du Colonel Ould Taya
Malgré le froid polaire, les mauritaniens de Belgique sont sortis massivement manifester devant l’ambassade de Qatar pour interpeller l’État Qatarit sur l’exil doré du génocidaire Maouya Ould Sid’Ahmed Taya .
Altesse, nous mauritaniens vivant en Belgique, membres de la communauté africaine noire, victimes de la politique raciste et esclavagiste de l’ancien dictateur mauritanien que vous avez accueilli depuis 2005 dans votre pays, attirons votre attention sur la portée politique de la présence de Maouya Ould Sid’Ahmed Ould Taya. Il n’est pas nécessaire de procéder à l’énumération exhaustive des faits, dont est coupable l’ancien dictateur mauritanien, faits qui sont connus de toute la communauté internationale et des partenaires traditionnels de la Mauritanie, dont le Qatar. Notre démarche n’a pas pour but de vous incriminer ou de vous accuser d’aucune forme de complicité, dans la mesure où, votre geste semble relever de l’hospitalité d’un dictateur qui, à l’époque, avait du mal à trouver un pays d’accueil. Le moment est venu pour qu’il soit jugé et réponde de ses actes.
Nous souhaiterions vous faire part de la plainte déposée contre Ould Taya, depuis quelques années, auprès des tribunaux belges, pour crimes contre l’humanité et crimes de génocide, par l’assassinat de centaines de milliers de personnes civiles et militaires au nom de la couleur de leur peau et la déportation de milliers de civils noirs vers le Sénégal et le Mali. A cela s’était rajoutée une politique de massacre, d’extermination, d’humiliation, d’exclusion, de viol et de déportation, par des
pratiques cyniques qui, toutes, relevaient de la cruauté du régime de Ould Taya, qui, de 1986 à 1992, avait comme objectif l’épuration ethnique et raciale de la Mauritanie.
Aujourd’hui, son Altesse, à l’heure où cette plainte est très avancée, nous voudrions vous interpeller sur votre responsabilité qui est entière, dans cette exigence de justice, que nous victimes, réclamons depuis plus de deux décennies, votre collaboration est indispensable. Nous sommes encouragés, dans notre initiative, par des événements récents par rapport auxquels, vous avez pris des engagements importants notamment :
– Votre participation aux côtés des Forces de l’OTAN pour en finir avec le dictateur libyen
– Votre présence au Yémen au près du peuple
– Votre soutien au peuple syrien dans sa résistance contre la tyrannie de Bachar Al Assad Autant d’événements qui prouvent votre engagement et votre soutien aux causes justes, et au respect des droits de l’Homme. Nous vous invitons, en conséquence, à agir dans le même sens pour la cause qui nous concerne, en extradant le dictateur criminel Ould Taya, vers la Cour pénale internationale, ou vers la Mauritanie, ou enfin en le traduisant devant vos tribunaux.
Au regard de votre engagement international en faveur des droits des peuples à l’expression de leurs libertés fondamentales, nous vous invitons à mettre tout en oeuvre pour faciliter la traduction devant les juridictions compétentes, qu’elles soient nationales ou internationales, de l’un des dictateurs les plus sanguinaires du XXème siècle qui vit dans un exil doré dans votre pays, le Qatar, jouissant ainsi de toutes ses libertés de mouvement, alors qu’il doit répondre des crimes contre l’humanité dont il
est le principal auteur. Son séjour tranquille dans votre pays, nous semble contraire à votre orientation politique et humanitaire sur le plan international.
Nous en appelons à votre sens de la responsabilité et des valeurs humaines universelles pour que justice soit faite pour les nombreuses victimes du génocide perpétré contre la communauté africaine noire mauritanienne par Ould Taya de 1986 à 1992.
Nous vous, remercions, Altesse, de la bonne réception de notre courrier et de la suite favorable à donner à notre requête.
Bruxelles, le 18 janvier 2012
La coordination de la communauté Mauritanienne de Belgique.
FLAMNET-RÉTRO: De l’identité des Haratines ! par Bara Ba
Les Haratines, cette force montante, constitueront, de plus en plus, un enjeu important dans l’évolution future des rapports de force inter- communautaires. Voilà pourquoi ce groupe ne laisse personne indifférent . Voilà pourquoi, également, le doute, la réflexion et un questionnement qui traversent actuellement certains segments de ce courant sur la meilleure voie devant mener à leur liberation interpellent chacun de nous. Lorsque j’ai lu la réponse de Samory à Nany, suite à une lettre, naïvement, adressée aux Nations-unies, j’ai décidé, à mon tour d’entrer dans le débat . à ma manière. Prenant d’emblée le contre-pied de Ould Nany, je pose que la libération de l’esclave – tout esclave- passe par une rupture ombilicale d’avec le maître , nécessairement.
Cette rupture ombilicale d’avec le maître se justifie en raison de la nature même de la relation d’intérêt maitre-esclave, par essence conflictuelle, antagonique; En effet l’un cherche à asservir, à aliéner une liberté, l’autre cherche à recouvrer cette liberté, à se soustraire à l’asservissement. On entend souvent dire, comme par définition, que « l’esclave est celui-là qui manque de tout, qui fait tout et qui n’a aucun droit, et que le maître est celui qui a tout, qui ne fait rien et qui a tous les droits ».
Par ailleurs l’histoire enseigne qu’en général, l’esclave recouvre rarement sa liberté, par la volonté du maître, ou au gré de celui-ci ! L’esclave se libère ou rompt les chaînes de servitude, par la seule force de sa volonté, dans certaines conditions favorables.
Il me paraît alors normal et tout naturel, pour revenir au cas mauritanien, que le ? “haratine -abeid ?”, pour se libérer, empruntât, lui aussi, cette même voie de rupture; il devra, pour se faire, s’affranchir du lien tribal , psychologique et économique .
J’ai dit s’affranchir du lien tribal car celui-ci participe de l’instrumentalisation du groupe Haratine par le montage, à dessein, d’une « majorité maure », dont les bénéfices et retombées positives reviennent presqu’exclusivement au seul sous- groupe dominant Bidhaan! La tribu, en fait, constitue un carcan subtil qui entretient un semblant de relations affectives inter-membres destiné, en réalité, à maintenir l’esclave dans la dépendance, sentimentalement et socialement .
Autre chaîne dont il faudrait se défaire: ce mensonge « religieux », grossier, déliberement entretenu par le maître, afin de renforcer la dépendance psychologique de l’esclave, qui stipule que ?’ ne pas obeir à la volonté du maître conduirait au purgatoire”; que le maître serait celui- là, seul , capable de lui garantir le paradis, chose au dessus du pouvoir même des prophètes !
Enfin dernière dépendance à briser, et non des moindres, la dépendance économique; ?’l’autonomie économique” de l’esclave vis-à-vis du maître est indispensable pour sa véritable libération. Il est heureux de constater que ce processus est dejà en marche en milieu urbain, forcé par les sécheresses des années 70; à ce niveau les Haratines qui vivent en milieu urbain ont un rôle majeur à jouer, dans le réveil de la multitude, encore endormie dans le fin fond du pays !
Rompre donc, en conclusion, les chaînes tribale, psychologique et économique , afin d’accéder à l’affranchissement définitif et irréversible, telle me paraît être la seule voie qui puisse mener vers la liberté ; mais attention à ne pas tomber dans l’illusion que cette liberté, une fois conquise, conduirait automatiquement à l’émancipation du haratine et surtout à sa pleine citoyenneté; il en faudrait beaucoup plus !
Tant que demeurera le racisme anti-Noir il serait illusoire de nourrir un tel espoir .
Sans l’élimination de la discrimination raciale, érigée en Système, contre les Négro -mauritaniens ( Haratines et Négro- africains ), les Haratines, en se libérant de l’esclavage, changeraient, simplement, de type de « ghetto » ; ils auront quitté le ?’ghetto” de l’esclavage pour retomber dans celui du racisme, ni plus ni moins !.
Voilà pourquoi ils devront comprendre que la voie la plus courte pour leur libération et émancipation totale passe, nécessairement, par la fin du racisme d’Etat .
Voie toute politique, on en convient !
Cette approche, on le voit, milite, par voie de conséquence, si tant est qu’elle est bien comprise, pour un changement dans la stratégie actuelle, adoptée jusqu’ici par certains leaders Haratines, axée essentiellement sur la dimension exclusive « droits de l’homme », qui se mène comme en vase clos ! L’engagement politique militant est nécessaire, qui prendrait en charge toutes les dimensions de la lutte devant mettre fin à l’esclavage …
Ici se situe mon incompréhension à voir certains militants activistes de cette cause, se tenir en marge des chapelles politiques, comme par évitement, alors que les choses restent fortement imbriquées !
Bien entendu cet « engagement politique » ne se fera pas sans un choix .difficile, voire douloureux !
En effet cet engagement politique et militant suppose, au préalable, une clarification sur « l’identité des Haratines » !
Qui sont -ils ? Négro-africains ? Arabo-berbéres ? Une entité spéciale à part ? ou encore juste une classe sociale tout court ?
Il leur appartiendra de se définir, de déterminer leur identité ou ce qu’ils souhaitent devenir. Alors seulement se dégagerait une stratégie claire et adaptée, pour leur libération et émancipation !
Nous avons dit que ces choix ne seront pas sans douleur, ni sans passion et sans heurts, car le front Haratine n’est plus ce qu’il paraît , c’est- à -dire uni .
J’ai encore en mémoire certains propos de leaders Haratines, teintés d’une sorte de dilemme douloureux qui définit le Hartaani comme objet d’un double rejet, coincé entre « le mépris des uns et l’esclavage des autres », coincé entre« un déni de statut dans un cas, et un déni d’humanité dans l’autre », pour emprunter cette formule à quelqu’un.
J’avoue pour ma part ne pas bien comprendre ce dilemme, fondé sur des termes aux effets négatifs certains , mais dont les préjudices moraux et sociaux respectifs sont sans commune mesure, l’un de l’autre !
J’ai aussi entendu parler d’une certaine terminologie, comme de « Hartaani arabe », assumée de surcroît , que je trouve doublement absurde .
En s’identifiant au maître, l’esclave, quelque part, ne retardait-il pas ou pire, n’hypothéquait-il pas par là même, les chances mêmes de sa libération?
En second lieu, il m’avait toujours semblé que, biologiquement, l’Arabe était de race sémitique et le Hartaani nègre!
Hartaani arabe** ? Peulh arabe ? ces notions étaient pour moi un non sens, et cachaient une vaste tromperie !
J’affirme qu’il est faux de prétendre que le Hartaani « est essentiellement de culture arabe ».
Le fond culturel du Hartaani est nègre, encore une fois, fait de vestiges sur lesquels se sont déposés, progressivement, des éléments de culture arabe.
Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’habitat du Hartaani, d’observer son pas de danse rythmé par la “Taballa”, ses cérémonies festives qui rappellent étrangement celles de fin des travaux champêtres, cette manière bruyante et joyeuse de s’éclater, toute sédentaire, ces coeurs de l’Est qui vibraient au moindre grincement des cordes « noires » de Banzouman Sissoko, et j’en passe .
Ce sont là, sans aucun doute, des débris de culture négro- africaine, ensevelie sous le limon de l’apport arabo-berbère .
Le Hartaani est donc de culture hybride ; il n’est pas culturellement arabe mais « linguistiquement » arabe, comme le soutenait à juste titre quelqu’un, récemment à Flamnet. Et la nuance est de taille !
Ce fond culturel nègre est si présent chez le Hartaani, que l’intégration des Haratines en milieu négro- africain ne posait pas de problème. Cela est prouvé au Sénégal voisin, et cela a également été prouvé dans la région du Tooro où les évènements de 86 /89 ont révélé des groupes entiers insoupçonnés de Haratines qui s’étaient complétement fondus dans les populations Négro-africaines locales ; ces « Hartaanis assimilés » , se sont vus forcés de se démarquer, de s’expurger des villages sur exigence de l’Armée , afin d’éviter de se faire réprimer ou déporter .
Si l’intégration a pu être ainsi possible et même aisée dans ces milieux, c’est bien parce que le fond culturel nègre était là, enfoui dans leur inconscient collectif, qui ne demandait peut-être qu’à revivre !.
Alors, Hartaanis arabes ? Hartaanis nègres , ou « awlad hartaani » tout court ?
Quand le choix sera fait, les leaders du mouvement se devront alors d’identifier le camp des forces-partenaires ou des alliés naturels .
Il est à penser qu’ils se rangeront au coté de ceux avec qui ils partageaient cette commune discrimination profonde, cette commune oppression subie, cette commune exclusion imposée, côtoyant les forces avec lesquelles ils partageaient aussi, « cette communauté de résistance continue et de lutte opiniâtre pour la liberté et l’indomptable esperance » , pour citer Césaire .
Alliance du camp des opprimés dans leur marche pour l’émancipation et la conquête d’une pleine citoyenneté , non pas pour opprimer, à leur tour, qui que ce soit, mais pour jeter les bases d’un Etat de droit , respectueux de la dignité des uns et des autres, sans distinguo.
Une nation ne peut pas vivre moitié libre, moitié esclave, disait A Lincoln .
J’ai déjà dit que ces choix ne seraient pas sans passion, ni sans heurts.
De jeunes loups émergeaient enfin, au discours controversé, et dont la virulence du propos dérange les cercles du pouvoir, agace les figures de proue du mouvement .
Entre autres, Biram Ould Dah Ould Abeid – sorte de Malcom X des Haratines -.
Ould Abeid qui se voit accusé de précipiter la violence alors qu’il est, lui même, la victime première de cette violence exercée par ceux- là mêmes qui l’accablent aujourd’hui, et pourtant le condamnent à l’inhumaine indignité de l’esclavage !
Ould Abeid fait face, présentement, à la même situation qu’avait vécue Martin Luther King Junior, auprès des Blancs du Sud ( Etats-Unis), pendant les campagnes chaudes du “Civil rights movement”.
Je crois que Ould Abeid, tout comme Samory ( en plus timide ), tente d’une certaine manière, de s’inspirer de la méthode et des justifications du Dr King.
King rappelait, à travers une lettre écrite à partir de sa cellule de prison à Birmingham, la nécessité de ?’créer la tension?’, seule façon, disait -il, « d’amener en surface l’injustice vécue par les négros, et d’aider les honnêtes gens à se hisser au dessus de l’esclavage et du racisme, et à tendre vers la fraternité ».
Une différence essentielle toutefois entre les deux hommes, King, lui , bénéficia d’une complicité interne de taille à la maison blanche, en la personne de Lyndon B Johnson qui incita au jeu de rôle « inside-outside »*** ; circonstance favorable très éloigné de Ould Abeid, quand on sait que le « Président des pauvres » tergiversait et hésitait encore à s’attaquer aux problèmes de fond , en s’offrant quelque diversion !
King , songeur , soulignait par ailleurs sa déception à l’endroit « des Whites moderate »( Blancs modérés ) qui restaient plus dévoués à l’ordre qu’à la justice ; qui préferaient la paix négative -qui est absence de tension -, à la paix positive -ou présence de justice. Whites moderate qui, constamment, vous disent, ajoutait -il,« je suis d’accord avec vous sur vos objectifs, mais je ne puis être d’accord avec vos méthodes » !
Ces « whites moderate » sont symbolisés, chez nous, par Ould Nany et ce type de professeurs à l’image des Ould Bilal, Ould Maouloud et consort et qui sont légion …
Miské , Yehdih Bredeleil , Babaha, Mohameden Ould Babah symbolisaient le KKK !
Daddah et Jemil, eux, avancaient, masqués . mais non loin des seconds.
Ould Abeid, Samory, et tous ces jeunes loups, se devraient, je crois , de méditer cette maxime de Césaire , « une révolte qui n’est que révolte conduit à une impasse historique » !
Hartaanis arabes, Hartaanis-négro-africains ou « awlad Hartaani » tout court ?
La problématique est posée, qu’il appartiendra aux haratines de trancher !
Bara Ba – Militant FLAM- Dakar Sénégal
Le 30 Mars 2010
Notes
** Certains esprit retors se plaisent à arguer que « tous les Haratines ne sont pas noirs, et que tous les Bidhaans ne sont pas blancs » !… Nous fondons nos assertions sur l’immense majorité, et n’avons que faire de quelques rares cas d’exception isolés !
Aussi, ces quelques Bidhaans qui sont noirs de peau, se sentaient-il ou se considéraient-ils dans leur tête , comme Noirs ? certainement pas !
*** « role inside -outside » .le Président Johnson s’etait entendu secrétement avec M L King dans la distribution des rôles : King devait agiter le système de l’exterieur en lui donnant le pretexte d’apporter les changements de l’interieur !
Pourquoi l’histoire se répète-t- elle au palais présidentiel ?
Le défunt Senghor disait que « les contestataires d’aujourd’hui seront les contestés de demain ». Cette assertion trouve sa signification dans notre paysage politique où les velléités de conquête du pouvoir ont tant de fois remis en cause l’ordre constitutionnel et poussé à la porte de sortie l’homme fort du pouvoir. Le tout sans la volonté du peuple. Mais à leur tour, les auteurs de ce changement anti-démocratique qui font péricliter les institutions en place ne mettront pas trop de temps pour être contestés par d’autres hommes jusqu’à ce que le système dominant se fissure avant de s’écrouler.
Une quadrature du cercle dans laquelle s’enferme le destin de tout un pays. Les scénarios risquent encore longtemps de se suivre et la démocratie encore remise en question par des révolutions militaires ou populaires. Aujourd’hui il est clair que les cercles de contestations se forment sur plusieurs fronts : politiques, social, religieux. A l’intérieur comme à l’extérieur, la combinaison peut être dangereuse dans un pays qui a du mal à se remettre sur les rails de la démocratie maintes fois dévoyée. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz se trouve devant deux positions ambiguës : il est d’une part placé sous le viseur de Aqmi qui se dispute rageusement le sort de son pouvoir ; d’autre part, il y a ses adversaires politiques qui , faute de pouvoir dialoguer avec lui pour trouver des solutions consensuelles durcissent le ton appelant souvent à son départ comme ce fut le cas pour certains acteurs politiques qui ont renoué avec la méthode cavalière pour secouer le locataire du palais. Plus le discours contestataire se nourrit d’ambitions de conquêtes du terrain présidentiel avant même l’échéance alternative perçue comme lointaine, mieux les acteurs sont gagnés par le virus de l’impatience frondeuse. Quand après le renversement de Taya, le CMJD conduisit la transition démocratique, la classe politique accueillit au départ cette parenthèse avec espoir avant de douter du fameux discours sur « le vote blanc » lâché par Ely Ould Mohamed Vall. Ce dernier se ravisa que les délices du pouvoir transitionnel sont éphémères face à une armée de politiciens en attente de se lancer dans la bataille politique. Mais le chef de la transition finit par céder non sans regrets sous les pressions de celui qui se cachait derrière les rideaux, aujourd’hui aux commandes. L’histoire allait bien pu se répéter si Ely avait décidé de garder le pouvoir provisoire qui lui était confié. Que serait-il advenu de la Mauritanie si cette hypothèse avait eu lieu ? Le processus qui allait suivre, lui, n’est pas allé jusqu’à son terme pour se refermer sur une nouvelle transition démocratique. Et si aujourd’hui Sidi était encore au pouvoir où en serions-nous avec la démocratie en Mauritanie ? Le coup de sifflet de son tombeur est venu mettre fin à la partie sans donner le temps à la démocratie mauritanienne naissante de se mettre en marche. Là aussi la main politique du Challenger de Sidioca aidée par la fronde parlementaire commandée a remis au lendemain l’éclair démocratique. Cette sorte de malédiction qui hante le fauteuil présidentiel est-elle consubstantielle d’un destin politique imprimé sur l’histoire de nos mœurs politiques où la stabilité finit par user les hommes mais où l’instabilité n’apporte rien de durable ?
Cheikh Tidiane Dia- LE RÉNOVATEUR.
Nomination : Les généraux Hadi et Bekrine échangent de fonction
ALKHBAR (Nouakchott) – Le Général Mohamed Ould EL hadi est nommé secrétaire général au ministère de la défense, remplaçant ainsi le général Ahmed Ould Bekrine, qui, à son tour, est nommé directeur général de la sureté nationale, a appris Alakhbar de source informée.
Ould El hadi était directeur général de la sureté nationale depuis 2008. Son successeur, Ould Bekrine, est un ex chef d’état major de la Gendarmerie et membre du Haut Conseil d’Etat.





