Daily Archives: 20/01/2012
Ça bouge dans les hautes sphères militaires
Le président Aziz pousse de petits pions avant de faire bouger les grands. La rumeur a mainte fois couru sur un changement au sein de la haute hiérarchie miliaire. A chaque fois on annonçait des départs dans les commandements et tout retombe comme un soufflet. Cette fois, c’en est une autre rumeur qui a fini par se réaliser avec à la clé, une simple permutation entre les généraux Békrine devenu DG de la sûreté et le Général Hadi rétrogradé au rang de Sg de la défense. Est-ce le début d’un changement dans les rangs de cette élite de l’armée coiffée par des généraux ?
Suffisant aussi pour ouvrir la voie à toutes les interprétations sur les rapports entre les hommes dont les humeurs peuvent être à l’origine de changement de positions. Il y a des signes qui ne trompent. Quand les pions commencent à bouger, il faut craindre des glissements capables d’engendrer des bruits de bottes. Ce frémissement intervient dans une période tendue où les unités de l’armée sont en mouvements dans les fronts du combat contre Aqmi. Mais aussi dans un climat politique des plus troubles. Les changements peuvent toujours en appeler d’autres. Il faut pour le moment atténuer la dose de ces rumeurs à tout va pour se contenter de parler de simple passation de témoin. Militairement mais généralement …
Amadou Diaara- Le Rénovateur
Total : victime collatérale de la brouille entre le Qatar et la Mauritanie
Pourquoi la visite de quelques heures qu’a effectuée il y a une semaine à Nouakchott, l’émir du Qatar s’est-elle terminée en «queue de chameau», s’interroge aujourd’hui encore la presse mauritanienne ? Certains ont vu dans le départ précipité de Cheikh Hamad al-Thani les conséquences d’une «prise de bec» avec le président Ould Abdel Aziz, à qui l’émir aurait donné des leçons un peu trop insistantes en matière de démocratisation, et de respect des droits de l’homme. Une source proche de la multinationale française raconte : «L’émir a voulu donner certaines directives au président Abdel Aziz, usant d’un ton quasi comminatoire, et menaçant d’utiliser sa chaîne al-Jazeera pour faire éclater une révolution en Mauritanie, comme en Tunisie et en Egypte. Le chef de l’Etat mauritanien, un militaire, a alors explosé, et a congédié l’émir». Celui-ci quitta Mouakchott sans être escorté à son départ de l’aéroport….
Peu après, le ministère du pétrole mauritanien a fait savoir à Total que si Qatar Petroleum restait partenaire dans le marché de prospection remporté récemment par Total, «et bien la Mauritanie çà ne l’intéressait plus», ajoute la source.
Le 6 janvier, Total a annoncé avoir signé deux permis d’exploration avec les autorités mauritaniennes, au terme desquels Total a acquis une participation de 90% dans deux blocs, l’un en mer à 140 km de la côte, l’autre dans le désert du Sahara. Total est présent en Mauritanie depuis 2005, et explore, aux côtés de son partenaire Qatar Petroleum International, le bassin de Taoudéni situé à 800 km de Nouakchott dans le désert.
Pourquoi Total est-il associé avec le Qatar en Mauritanie ? «Parce que le Qatar exige de Total, comme d’autres compagnies, que celles-ci l’associent à leurs projets de développements à l’étranger. C’était une condition pour que Total remporte des marchés au Qatar», nous a affirmé un cadre du groupe pétrolier.
Après avoir «accusé le coup», Total cherche maintenant à «faire revenir le président mauritanien sur son coup de sang». Sollicité, un représentant de Total au siège parisien nous a déclaré n’avoir «aucun commentaire à faire».
Cette brouille illustre l’agacement que suscite l’activisme du Qatar dans les pays arabes, depuis les révolutions soutenues par le richissime émirat gazier (voir Le Figaro du 12 janvier).
Georges Malbrunot– LE FIGARO
(Crédit : AFP).




