Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: January 2012

L´Édito du Calame: Que Dieu nous garde!

altÇa y est! Les parlementaires de la majorité sont, enfin, sortis de leur torpeur maladive. C’était à l’occasion d’une conférence de presse, tenue, jeudi dernier, dans les locaux de l’Assemblée nationale. Parmi le parterrre choisi pour flinguer l’opposition, figuraient trois députés ayant soutenu, corps et âme, le coup d’Etat du 6 août 2008 et un transfuge sur le tard, plus zélé, aujourd’hui, que ceux-là mêmes qui ont applaudi le renversement d’un président démocratiquement élu. Tous n’avaient qu’un seul mot à la bouche: l’opposition ne veut pas voir ce que le pouvoir a réalisé et en arrive, même, à inciter à la violence. El Khalil Ould Tiyeb, qui sait de quoi il parle, s’en est pris à ceux qui cherchent des intérêts limités et n’ont pas de principes fixes. Lui, en tout cas, ne poursuit jamais ses propres intérêts, comme lorsqu’il se battait, becs et ongles, pour que Messaoud rallie Sidioca, en 2007, au détriment du candidat de l’opposition, ou lorsqu’il a quitté l’APP dont les voix l’avait, pourtant, élu, pour rejoindre l’UPR. Pour les beaux yeux d’Ould Abdel Aziz, peut-être?
Mais la question, essentielle, qui taraude tous les esprits, sur la légalité ou non de l’actuelle session parlementaire, alors que le mandat des députés a expiré, n’a eu droit qu’à quelques mots. Pour un de nos trois larrons, «la prolongation, jusqu’en avril prochain, du mandat du Parlement a été avalisée, par le Conseil constitutionnel, et, si les députés de l’opposition contestent cette légalité, pourquoi continuent-ils à percevoir leurs salaires?». Notre valeureux député n’a, peut-être, pas eu connaissance de l’avis, sur la question, de l’éminent juriste qu’est Lô Gourmo, lors du colloque organisé, récemment, par l’institution de l’opposition. Selon ce spécialiste en droit, «le Conseil constitutionnel ne pouvait donner mandat, à l’Exécutif, de modifier le calendrier électoral. Aucune autorité ne peut inciter une autre à violer la Constitution. Ensuite, encore faut-il, pour donner son avis, que le Conseil constitutionnel en ait la compétence. Cet avis ne change rien a l’inconstitutionnalité, il n’a pas l’autorité d’une décision constitutionnelle […] Lorsque le mois de novembre arrive et que les élections n’ont pas été organisées, les pouvoirs de l’assemblée expirent». Et l’article 51 de la constitution stipule: «est nulle toute délibération hors du temps des sessions et hors des lieux de séances».
En principe, ce n’est pas parce qu’on est soutien d’un pouvoir qu’on peut fouler la Constitution en vertu de laquelle on est élu. Le mandat du Parlement est a-che-vé, qu’on se le dise, une bonne fois pour toutes. On aura tout vu, dans cette Mauritanie nouvelle! Un militaire qui renverse un président parce que celui-ci ne veut plus lui confier sa sécurité. Des parlementaires qui soutiennent un putsch. Un président qui reconnait avoir violé la loi de finances, en autorisant des dépenses extra-budgétaires. Un Premier ministre qui refuse de répondre aux questions des députés. Un Trésor public qui fait main basse sur les fonds de la Communauté urbaine, sans autre forme de procès. Des militants anti-esclavagistes qu’on jette en prison, parce qu’ils ont dénoncé des pratiques punies par la loi. Et la liste n’est pas exhaustive. Chacun pourra y mettre du sien. Pourtant, on n’en est qu’à trois ans et demi. Que serons, alors, dans sept ans et demi, à l’issue du deuxième mandat d’Ould Abdel Aziz?
Que Dieu nous garde!

AOC-LE CALAME

Suite au décès de Mamadou Sow, abattu par un gendarme, sa famille dénonce: «Notre honneur a été souillé et traîné dans la boue»

altLe Calame: La mort du chauffeur de l’ONG américaine Counterpart continue de susciter un certain nombre d’interrogations dans l’opinion nationale. Dernier rebondissement en date: la publication, sur le Net, d’une information faisant état du versement, par la Gendarmerie nationale, de 2.500.000 UM qu’aurait exigées la famille, au titre de diya (prix du sang). Cette assertion mensongère a semé l’émoi au sein de celle-ci. Le frère du défunt déplore, dans une déclaration exclusive au Calame, le discrédit jeté sur les siens, avant d’apporter des précisions. «On nous fait un procès d’intention, alors que nous ne faisons que dénoncer les procédures irrégulières de l’enquête. Notre avocat, maître Abidine Ould Taghi, peut édifier l’opinion. Nous n’avons rien demandé. Les membres de la tribu des deux gendarmes, qui ont assisté à notre rencontre avec les autorités, peuvent en attester. S’ils sont de bonne foi, ils témoigneront et soutiendront notre position de pardon, clairement exprimée par notre aîné. Aujourd’hui, la famille est prête à remettre, à la gendarmerie, les 2.500.000 offerts, spontanément, et même 500 millions d’UM, s’il le fallait: notre défunt père nous a légué 7.000 têtes de bovins…»
«Notre honneur a été souillé et traîné dans la boue», ne cesse de répéter notre interlocuteur. «Le fameux don de la gendarmerie, il est entre les mains de la justice et les épouses de Mamadou n’en ont, à ce jour, rien perçu. Mon frère laisse quatre enfants, deux garçons et deux filles, le plus âgé a dix-huit ans et la dernière, trois. Une de ses femmes est enceinte de trois mois.» Revenant sur les circonstances du décès de son frère, l’homme, qui se dit «outré et scandalisé» réfute la thèse défendue par certains, avant de nous donner sa version, détaillée, du drame. La voici.

Malheureux accident?

 

Une mission de Counterpart, agissant pour le compte de l’USAID, devait élaborer un rapport de fin d’année sur un projet situé à Leïwessy en Assaba. A cette fin, une voiture quitte Kiffa, à 21heures, avec, à son bord, le chauffeur Mamadou Sow et Jemal Ould Naha, chef de mission. Arrivé vers 4 heures du matin aux abords du village, Jemal demande à ce que la voiture s’arrête, pour lui permettre de faire ses besoins. Mamadou s’exécute, éteint le moteur et coupe les phares. Mais, ce faisant, il effraye, à son insu, le dénommé Moulay, sentinelle du poste de gendarmerie située à proximité. C’est probablement à ce moment-là que, terriblement inquiet, celui-ci arme son fusil. Arrivée au poste, la voiture s’arrête à nouveau. Moulay se dirige vers la portière droite, celle du chef de mission. «Hé, vous ne me reconnaissez pas ? », s’enquiert celui-ci. Pas de réponse. La sentinelle procède au contrôle d’usage, sans prendre garde au balancement de son arme, toujours en bandoulière. Faux mouvement? Toujours est-il que le coup part. Réveillé en sursaut, Ahmed Salem, un autre gendarme qui dormait à l’intérieur du poste, sort précipitamment et mitraille à tout va. Mamadou Sow est atteint à la tête et décède sur le coup. Absent de Kiffa, le procureur de la République délègue, sur les lieux du drame, le commandant de la brigade de gendarmerie. Arrivé à 10 heures, celui-ci entend enterrer la victime sur place, sitôt effectué le plus sommaire des constats d’usage, sans même requérir un médecin légiste. Ferme opposition d’un membre de la famille qui interpelle le gouverneur sur la gravité de cette affaire. Finalement, la dépouille est ramenée à Kiffa, vers 18 heures 30. «En dépit du mal qui lui a été infligé, la famille n’a pas réagi de façon épidermique. La stupeur et l’émotion avaient gagné toute la ville», indique notre interlocuteur. «Toutes les tribus maures, des Sidi Mahmoud aux Idawali, en passant par les gens de la Ghadima, les Négromauritaniens et les Laglal, ont tenu à compatir à la douleur qui affectait les Sow. Tous ces ensembles, qui avaient des affinités avec le défunt père de la victime, ont attendu, de pied ferme, la dépouille, avant de l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure». Notre interlocuteur poursuit sur un ton ferme, bien que visiblement très affecté. «La famille Sow n’a rien demandé, à qui que se soit. Elle se sent, aujourd’hui, traînée dans la boue. Nous sommes une famille musulmane, loin d’être obnubilée par les biens matériels. Que représente 2.500.000 UM par rapport à la vie d’un homme?», s’interroge-t-il. «Nous avons pardonné, en toute bonne foi et logique. Si notre père était encore vivant, il aurait accepté la thèse de l’accident et pardonné le mal. Cela dit, la famille ne va pas s’interposer entre les ayant-droits et l’Etat», conclut-il.

 

Propos recueillis par KAAW THIERNO-LE CALAME

 

 

Enrôlement: Touré, n´est pas mauritanien!

altPas de nom de famille Touré dans les Hodh ; en tout cas pas du côté de Néma. Vous êtes Malien ; on ne doit pas vous recenser », dixit le brigadier de police du centre de l’enrôlement de Tevragh – Zeina à côté de l’Ecole Justice au nord-ouest de la Polyclinique, à l’adresse d’un citoyen du nom de famille de Touré ayant tous ses papiers au complet.
Le citoyen Sidi Mohamed Touré a eu tous les malheurs du monde pour se faire enrôler, ce dimanche 8 janvier 2012. Son droit de citoyen mauritanien lui allait être confisqué car il s’était heurté à la volonté d’un policier qui s’est investi le pouvoir de décider qui est Mauritanien et qui ne l’est pas, selon sa vision (particulièrement étroite et étriquée).
Pour se faire enrôler, le marabout (Touré) de Djigueni a fini par mettre en branle la machine régionale (le Hodh) pour faire entendre raison à l’ignorant du jour qui était d’un zèle incroyable. Seul le policier lui avait refusé ce droit bien que ses collègues avaient cherché à le raisonner. Ce flic « historique » finira honteusement, après le déferlement de toute une région, d’abdiquer et de s’excuser. Et si Mr Touré était un pauvre citoyen sans soutien, aurait-il pu se recenser ?

La Nouvelle Expression

Entretien avec Abdoul Birane Wane : Coordinateur du mouvement Touche Pas à ma Nationalité (TPN” Nous n’avons aucune relation particulière avec les partis politiques “

altTouche Pas à ma Nationalité (TPN) est devenue depuis un certain moment un mouvement citoyen d’une envergure telle que personne ne peut plus ignorer sa forte présence sur le front intérieur et extérieur. Il devient de plus en plus incontournable dans le processus de réconciliation nationale et détient aujourd’hui une assise populaire au sein de la communauté négro-mauritanienne qui dépasserait selon certains de ses sympathisants le poids de plusieurs partis politiques. Son Coordinateur, Wane Birane Abdoul revient sur certains aspects de la lutte que mène son mouvement que d’aucuns croient déjà essoufflé, ainsi que sur ses rapports avec les forces politiques et ses ambitions.

L’Authentique : votre mouvement est de moins en moins visible sur la scène nationale. Est-ce un essoufflement ?

Wane Birane Abdoul : notre mouvement est loin de s’essouffler. Nous avons fonctionné pendant six mois au cours desquels le nombre de nos sympathisants s’est beaucoup accru. Il nous fallait juste nous donner un petit répit de trois à quatre semaines, le temps de capitaliser nos actions. Je crois que c’est un non sens que de continuer à appeler les gens puis de se séparer. Ainsi, c’est uniquement pour faire le bilan que nous nous sommes accordés ce temps que nous consacrons à un travail de terrain pour organiser nos militants en cellules que nous confions par la suite à des jeunes. Ce travail a l’avantage de nous offrir la possibilité de mobiliser nos forces, notamment à l’intérieur du pays, et de mieux expliquer à nos militants et sympathisants la philosophie du mouvement afin qu’ils puissent eux-mêmes défendre ses intérêts. Donc le mouvement ne s’essouffle pas, c’est juste le calme qui précède la tempête.

L’Authentique : que répondez-vous à ceux qui comparent votre forme de lutte, qualifiée de violente, à celle de l’IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) qui prône la contestation pacifique ?

Wane Birane Abdoul : je dirais que ceux qui ont fondé IRA avaient leurs propres raisons et nous aussi, au moment de créer notre mouvements, nous avions les nôtres. Personnellement, je n’ai aucun commentaire à faire par rapport à la manière de voir des gens de l’IRA. Nous ce que l’on sait c’est ce que fait le mouvement TPN et nous l’assumons.

Par ailleurs, nous avons toujours initié des manifestations pacifiques et ce sont les forces de l’ordre qui nous ont toujours attaqués et provoqués. Quant à la stratégie d’IRA, c’est un mouvement indépendant qui a sa manière de voir et nous, nous n’avons aucun commentaire à faire là-dessus.

L’Authentique : quelles types de relations entretenez-vous avec les partis politiques, notamment les partis proches de la mouvance négro-mauritanienne et ceux de l’opposition ?

Wane Birane Abdoul : nous n’avons aucune relation particulière avec les partis politiques. Nous les connaissons sur le plan individuel, mais il n’y a aucune relation sur le plan formel ou informel. D’ailleurs, nous nous sentons plus proches de Bâ Mamadou Alassane du PLEJ (Parti pour la liberté, l’égalité et la justice-opposition), car chaque fois que nous avons une manifestation, il nous soutient et ses militants sont là. Mais nous n’avons aucune relation officielle ni avec lui ni avec un quelconque autre parti politique.

Je rappelle que TPN est un mouvement citoyen qui s’est constitué tout seul. Il n’est influencé par aucun parti ou mouvement aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Nous prenons nos décisions de manière tout à fait souveraine.

L’Authentique : quels sont aujourd’hui les objectifs du mouvement TPN ? Une fois ces objectifs atteints, pensez-vous vous dissoudre, vous muer en parti politique ou en intégrer un ?

Wane Birane Abdoul : nos objectifs sont encore loin d’être atteints dans la mesure où nos revendications ne se limitent plus à cette question de l’enrôlement, bien qu’elle reste entière. Nous avons au cours d’un meeting tenu dernièrement fait connaître l’orientation de notre mouvement qui a décidé de prendre en charge d’autres problèmes de la communauté négro-mauritanienne, notamment le partage du pouvoir et des richesses, la question de nos terres spoliées par des hommes d’affaires étrangers, la question de nos langues nationales…A propos de nos langues nationales, nous envisageons une marche le 28 janvier prochain aussi bien à Nouakchott qu’à l’intérieur du pays pour exiger leur officialisation, c’est notre devoir, et leur inclusion dans les programmes du système éducatif.

Parmi nos revendications, figure également une véritable lutte contre l’esclavage. Juste après, on verra ce qu’on va faire. Personnellement, quand toutes nos revendications seront satisfaites, je trouve que je n’ai plus aucune raison de militer ou de faire de la politique. Le travail que nous entreprenons, nous considérons qu’il s’agit juste d’un devoir national que nous devons remplir.

Maintenant, ce qui est de l’avenir de TPN, je ne peux pas en parler, surtout concernant un mouvement qui est appelé à exister, d’ici des années. En réalité, personne ne peut prédire l’avenir de ce mouvement. Notre souci principal est d’en faire un mouvement de masse implanté partout, en Mauritanie mais aussi à l’étranger.

Propos recueillis par Cheikh Aïdara- L´Authentique.

Déclaration du Comité de Suivi de la Coalition des Marginalisés

altQue dire ? Que dire encore au risque de se répéter. Combien de correspondances ont été adressées à qui de droit pour élucider notre situation de victimes éternelles, marginalisées ? On nous laisse croire tantôt, qu’on est sensible à notre situation tantôt que des instructions fermes ont été données par Monsieur le Président de la République pour la résolution globale des problèmes des victimes et pourtant, le dossier en question a atterri chez Madame la Ministre de la Fonction Publique depuis bientôt plus de trois mois ; mais hélas, il dort encore dans ses tiroirs et nous ignorons les raisons de cet immobilisme si ce n’est un manque de volonté politique. Nous avons fait suffisamment preuve de patience, de responsabilité et de patriotisme mais l’Etat a choisi de faire la sourde oreille, ne faisant pas de notre cas une priorité, contrairement  à la situation des victimes militaires. En tout état de cause , de telles attitudes peuvent faire naitre , des situations désagréables et imprévisibles provoqués sciemment par l’Etat.

N’est-il pas temps que Justice soit rendue à ces victimes et à leurs familles qui souffrent depuis tant d’années ?

Face à cette situation, nous, victimes de ces évènements, rappelons encore aux Autorités que nous nous sentons aujourd’hui beaucoup plus résolus à poursuivre notre lutte par tous les moyens imaginables jusqu’à recouvrer nos droit qui passent par :

–          le respect de notre citoyenneté entière ;

–          le rétablissement de l’Etat –civil ;

–          le rapatriement des déportés restés encore au Sénégal et au Mali ;

–          la restitution des terres spoliées ;

–          la restitution des biens confisqués ;

–          la réintégration des fonctionnaires et agents de l’Etat, des cadres et agents du parapublic ;

–          la prise en compte des secteurs privés et informels ;

–          l’insertion des diplômés (étudiants, élèves) ; 

Nous faisons ainsi appel aux force vives de la Nation toutes tendances confondues et à la Communauté Internationale à soutenir notre juste lutte sous toutes formes jusqu’à l’aboutissement de nos droits.

Nous demeurons disponible à participer à toutes concertations en vue de trouver une solution juste et consensuelle à ce douloureux passif.

                                                                                                                          Nouakchott, le 12/01/2012

                                                                   Le Comité de Suivi des Victimes   

                   Tél : 22 05 12 34 – 46 43 63 54 – 46 54 45 75 – 46 74 32 95 – 44 67 00 32 – 45 50 94 69