Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: September 2018

Le devoir arabe : plus que jamais dans le soutien à Mohamed b. Salmane, Mohamed b. Zaîd et Sissi (Troisème partie)/ Par Mohamed Yehdih O. Breideleil

altIII-      Les Nouveaux Sassanides

En 1975, après l’offensive des Hauts Plateaux de l’armée Nord-Vietnamienne, le dernier président du Sud-Viêtnam, installé par les Etats-Unis, Thieu, submergé par le cyclone de la débâche de son armée d’un million d’hommes et du corps expéditionnaire américain, n’eut pas d’autre issue que de s’envoler furtivement pour Taïwan , non sans avoir au préalable prononcé un violent réquisitoire contre les Américains qui l’ont lâché.

Quelques mois auparavant, le Général Lon Nol, chef de l’Etat du Cambodge, installé en 1970 par la CIA, avait fui la capitale à bord d’une machine  volante, à partir du toit de son palais, après que les implacables khmers rouges l’aient encerclé.

Sirik Matak, coauteur du coup d’Etat avec Lon Nol, eut ce mot quelques heures avant d’être saisi par les khmers rouges, devant le consul de France  en pleurs qui tentait de lui donner l’asile : ‘’je n’ai commis qu’une seule erreur : celle de croire les Américains’’.

A la même époque,  le pays le plus bombardé dans l’histoire, avant l’Irak, le Laos, connaissait la même fuite des Américains et de leurs alliés. Le prince rouge  Souphanouvong qui tient le maquis depuis douze ans à la tête des communistes du Pathet Lao sort de la grotte où il avait installé son PC. Il est proclamé président de la république. Le roi est envoyé en rééducation dans les rizières de la plaine des Jarres.

L’un des amis les plus fidèles des Etats –Unis était le chah d’Iran, Mohamed Reza Chah Pahlavi, que les Occidentaux avaient installé sur le trône du Paon en 1941, en destituant son père.

Lorsque le peuple iranien a vomi le Chah et sa corruption aux premiers jours de 1979, que les manifestations assiégeaient le palais impérial, quotidiennement , que l’armée impériale proclama sa neutralité, refusant de tirer sur le peuple, un  haut gradé américain, le Général Huyser, adjoint du Général Haig, commandant suprême atlantique en Europe, rendit visite au Chah, environ 40 jours avant l’arrivée de Khomeiny. Ce n’est, pas pour lui conseiller  de partir, mais pour lui demander quand il compte le faire. Il y’avait encore 50.000 militaires américains en Iran.

Les laquais dociles et les alliés accommodants des USA qui ont été lâchés en pleine tourmente par l’Oncle Sam ne se comptent pas, de l’Amérique latine à l’Indonésie et aux Philippines.

Extrêmes dévastateurs

L’un des plus pitoyables est sans doute Mobutu, un agent de la CIA, installé à la tête du Congo pour tenir ce grand pays si riche en dehors de l’histoire et du progrès. Lorsque son heure a sonné aux yeux des Occidentaux, il ne trouva même pas un ami compatissant pour essuyer ses larmes qui coulaient à flot, ni un hôte reconnaissant pour lui offrir le gîte. Il est mort dans une atroce solitude, dans la misère morale, rongé par les remords, la richesse accumulée par le détournement accentuant sa tristesse et sa peur, au lieu de les apaiser.

Voilà comment on peut finir  en comptant sur les USA et les Occidentaux en général.

Les initiatives de décision, en Amérique, ont deux sources. La première ce sont les institutions, c’est-à-dire les monstres froids qui n’ont pas de morale, ni de mémoire. L’autre source, qui est plus souveraine et plus imprévisible encore, c’est l’opinion publique. Elle est despotique. Si nous en croyons l’écrivain Stendhal ; ‘’l’opinion publique  est faite par les sots.’’ En Amérique plus que partout d’ailleurs.

En Amérique, il y a du tout, il ya certes de grands penseurs, de grands écrivains, des idéalistes de toutes les espèces et même  de celles qui se sont éteintes ailleurs. Mais toutes ces catégories ne sont pas représentatives de l’Amérique. Même les savants, les scientifiques, les ingénieurs, les chercheurs, en tous domaines, ne sont pas représentatifs. L’opinion est tenue par  l’Américain moyen et il n’est pas forcément  averti, ni instruit. C’est paradoxal, mais c’est ainsi.

Une étude publiée cette année même, 2018, fait ressortir que seize millions d’américains pensent que le lait chocolaté vendu dans les épiceries, provient des vaches marron.

Qu’est ce qui peut empêcher ces 16 millions auxquels s’ajouteraient  16 millions d’une autre espèce de croire que les Arabes sont anthropophages, d’assiéger  la Maison Blanche et d’exiger l’envoi de force et d’urgence d’une mission d’inspection pour vérifier que dans leurs congélateurs, il n’ y a pas de chair humaine ou que simplement l’horreur est avérée et qu’il faut envoyer sur leurs capitales des missiles ‘’intelligents’’ pour les dissuader d’une pratique interdite par la Bible et que les Mundugumor d’Océanie eux-mêmes, ont abandonnée.

Sans aller jusqu’à ce phantasme outré, toute rumeur moins fabulée, un tant soit peu plausible, ou toute manipulation malveillante peut entraîner une société pareille à des extrêmes dévastateurs, parce qu’elle ne craint pas d’autorité et elle n’est encadrée que par une Presse qui la caresse dans le sens du poil.

On ne peut donc se fier ni aux instances dirigeantes américaines, ni à leur opinion publique. On ne peut sortir indemne du commerce des Américains que par un miracle. Les Kurdes l’ont vérifié, l’année dernière, à l’issue d’une amitié de plus de 50 ans.

Une chose ne doit pas faire illusion : les gesticulations actuelles entre d’une part les USA et d’autre part les Iraniens et les Turcs. Elles peuvent même prêter  à conséquence pour l’Iran du fait de son verbiage démagogique à propos de la Palestine, destiné justement à amadouer les Arabes, mais aussi de l’hostilité des Israéliens à l’égard du régime des Mollahs. Mais il n’ya  pas d’incompatibilité fondamentale entres les Américains et les Iraniens, si on enlève à ces derniers leurs turbans. Enlevez aux iraniens le rôle d’épouvantail que joue Khamenei et la lune de miel revient entre les Américains  et notre voisin de l’Est  comme elle l’a toujours été, c’est-à-dire intime.

Obscurantisme politique

Les Iraniens et les Turcs n’ont jamais été allergiques à Israël et ont vécu en bonne intelligence avec l’Etat hébreu depuis son existence. L’incompréhension est due à leurs prétentions à diriger la région et à ne plus se contenter de manger dans la main d’un maître. Il y’a un prix à payer : celui de prendre ses distances à l’égard d’anciens alliés, déconsidérés dans la région  et de tenir un verbiage de nature à attirer les Arabes, en plein désarroi. Dans ce jeu, les Américains sont bien autorisés à pincer de temps en temps  l’oreille des Turcs et des Iraniens.

L’incompatibilité des Occidentaux avec les Arabes, elle, est fondamentale. Les Arabes sont rejetés, quels que soient leurs dirigeants ou leurs régimes politiques. C’est même une question de civilisation où entrent les réminiscences du passé lointain et des scories de la période contemporaine.

Quelle part ont les Sarrasins dans la conscience collective et les luttes des Croisés, bénis par le Pape, et rejetés de la Terre Sainte, il y a des siècles ? Quelle part à la diabolisation des ‘’Fellagas’’ dans les années 1950 au Maghreb et la haine que la Presse a entretenue  pendant si longtemps? Quelle peur injustifiée gardent les Occidentaux des discours incendiaires de Nasser, présenté comme un nouvel Hitler ?

Quelle surprise  amère a laissé dans les consciences occidentales la position de Fayçal et à sa suite les Emirs du Golfe, en 1973 – 74, sur le pétrole et la peur de retourner au transport à cheval et à l’éclairage à la bougie ? Toujours est-il que Fayçal a été assassiné sur ces entrefaites.

Il y a peut être plus. Il faut chercher d’où nous vient cette ‘’malédiction’’,  que notre zone est l’un des principaux foyers de tempête et d’inquiétude pour les Occidentaux et qu’ils refusent de dialoguer avec nous et n’acceptent l’amitié que nous leur offrons, sans même de conditions, que du bout des lèvres, et encore à un prix exorbitant, qui ressemble   fort à un chantage dans une prise d’otages.

Israël et son hostilité n’expliquent pas tout. Si c’était seulement Israël, c’eût été dans l’intérêt de ce protégé chéri qu’ils acceptent notre amitié pour mieux ménager, dans la confiance réciproque , une issue au différend  israélo-arabe.

Le problème risque d’être plus insoluble, d’être une appréciation prospective  qui considère notre potentiel humain, économique et stratégique quantitatif, voué, par nature à évoluer vers le qualitatif, dans 30 ou 40 ans, et d’être en lui-même un danger potentiel, une menace latente, pour leur position dominante, qu’il faut entraver  coûte que coûte, par une espèce d’obscurantisme politique avant qu’il ne se révèle une nouvelle Chine.

Mais nous n’en sommes pas là. Une nouvelle fois, pour notre existence en tant que peuple autonome, qui peut se moderniser, qui peut se développer, qui peut résoudre simplement ses problèmes élémentaires de vie, il faut d’abord échapper  aux tentatives immédiates, à l’offensive d’autres sous-développés de nous dominer, de nous diriger.

Si nous sommes prédestinés  à être dominer, mieux vaut  l’être par des gens civilisés et intelligents qui y mettent au moins les formes, en enrobant leurs agissements et leur rhétorique de quantité de considérations comme les droits de l’homme, les droits des peuples et qui ne piétineront pas l’Habeas Corpus.

Il est temps pours les Arabes de prendre leurs responsabilités, tous les arabes, dirigeants et citoyens.

Lorsque les Arabes se sont ressaisis après la tombée de la nuit turque sur eux- sous le nom de califat Ottoman – et ont compris quelque peu la nouvelle marche du monde, ils se sont jetés, quels que soient leurs positions, dans la lutte anti-Ottomanne. Même les théologiens, avant que les nationalistes arabes d’étiquette ne se constituent, ont pris leurs responsabilités. Les prêches du fameux théologien Mohamed Abdel Wahab ont été les premières, selon les historiens, à ébranler la domination turque dans la presqu’île arabique.

A l’heure actuelle, quelques rares dirigeants ont eu la lucidité et le courage de prendre la tête du combat : Le Prince Mohamed Ben Salmane, le Prince Mohamed Ben Zaïd et le Président Sissi n’ont pas accepté de baisser la tête devant le danger. Ils ont ranimé l’espoir et créé la confiance. Le grand penseur, théoricien  du nationalisme arabe, Michel Aflaq, que beaucoup ne connaissent que de nom, mais dont l’œuvre est une source incomparable de force pour celui qui pense à la Nation arabe dit : ‘’ il suffit qu’un seul individu arabe ait confiance en lui-même pour que toute la nation arabe ait confiance en elle-même ‘’.

Le devoir de tout arabe sincère et honnête vis-à-vis de sa partie arabe, dans cette étape si cruciale, est d’être  de corps et, s’il  ne peut, de cœur avec Mohamed ben Salmane, Mohamed ben Zaïd et Sissi.

Dans ce combat, la sagesse élémentaire exige que tous les facteurs et tous les tuteurs de résilience soient renforcés.

D’aucuns voient ce renforcement par une action informelle mais suivie, sous la forme de congrès sectoriels ou généraux arabes visant à créer la cohésion et l’appui au Prince Mohamed ben Salmane, au Prince Mohamed ben Zaïd et au Président Sissi et à éclairer le chemin pour tous les citoyens arabes.

D’autres ont tendance à croire que la force viendrait, serait extraite, de réformes institutionnelles au niveau des Emirats Arabes Unis et du Royaume d’Arabie Saoudite et notamment par la promulgation de Constitutions et la création de parlements élus, ses réformes pouvant aller jusqu’à la suppression du terme saoudite dans le nom du royaume.

D’autres encore estiment que la force de Mohamed ben Salmane est tributaire de l’amélioration des conditions de vie de la masse populaire dans les campagnes, les villages et la périphérie des villes.

Ce genre de politiques et de réformes relève naturellement de la seule appréciation et de la seule responsabilité des dirigeants concernés.

Ce qui est général, et concerne tous les Arabes, la tâche actuelle la plus urgente et la plus exaltante, est de faire front commun et d’apporter appui et soutien aux hommes qui refusent que les Arabes, une nouvelle fois, perdent leur âme et la notion même de leur nationalité, de leur appartenance civilisationnelle, devant l’arrogance et la perfidie des nouveaux Sassanides, en mal de revanche.

C’est seulement en rejetant les Perses hors de nos frontières que notre existence aura un sens et que nos aspirations à la dignité et à la liberté seront fondées. A ce moment-là, le projet majeur qui veut réconcilier les Arabes avec l’histoire , c’est-à-dire la marche créatrice du temps historique, les réconcilier avec  les exigences de la vie et les réintroduire dans l’axe de la civilisation, prendra pleinement toute sa signification.

M.Y.B

le calame

Audition de Biram Dah ABEID : “Il a gardé la même ligne de défense”(avocat)

alt Biram Dah Abeïd. poursuivi pour «menaces, appel au meurtre », suite à une plainte de Deddeh Ould Abdellahi, journaliste, a comparu pour la seconde fois, ce mercredi 19 septembre, devant le juge d’instruction du tribunal régional de Nouakchott Sud. « L’audience s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Notre client était serein», a d’emblée lâché au micro du Le Calame, Me El Id Mohameden. « Biram  s’est bien défendu suivant un argumentaire très clair. Il a réitéré sa demande à ce que la procédure soit juste et équitable. Mais aussi à ce que les arguments qu’il a soulevés soient étudiés de la façon la plus diligente. Cela est plus que nécessaire et important », a avancé Me El Id.
Quant à la défense, elle est sereine et consciente de l’importance et de la gravité de la situation, a fait savoir Me El Id. « En effet, elle est consciente de l’importance à ce que dans ce pays la justice soit indépendante et qu’elle ne soit pas utilisée comme le bras armé du pouvoir exécutif qui l’utilise contre ses adversaires, les partis politiques et les militants des droits de l’homme. Il est plus que nécessaire qu’il y ait une justice  équitable et indépendante dans laquelle tout le monde se retrouvera », a plaidé Me El Id.
L es conseils  du leader abolitionniste , arrêté depuis le 7 aout, profitant de cette comparution, ont demandé aux autorités de ne pas s’ingérer dans les affaires en justice mais aussi de ne pas exercer des pressions sur le pouvoir judiciaire. « C’est important! Sans une justice indépendante, on ne peut pas construire un Etat de droit », note Me El Id.

Ayant pu se défaire de l’étau des policiers, Biram s’est adressé, sous les vivats, dès sa sortie du palais de justice, à ses militants les remerciant pour leur forte mobilisation signe d’un militantisme et d’un engagement sans faille. Son compagnon de cellule, Abdellahi Houssein Messaoud s’était contenté de lever le poing affichant un sourire, avant de s’engouffrer dans le véhicule de la police.
Les deux prisonniers abolitionnistes, placés le 13 aout en détention provisoire puis préventive un mois plus tard, ont rejoint la prison civile sous une forte escorte policière et sous de fortes ovations des militants de IRA. Aucun incident n’a été noté.
Dès les premières heures de la matinée, les militants et sympathisants de IRA  ont pris d’assaut le palais de justice scandant des slogans réclamant la libération de leur leader et la fin des poursuites injustes,  selon eux, engagées à son encontre. Les forces de l’ordre en grand nombre avaient érigé un périmètre de sécurité aux alentours du palais. Comme à l’accoutumée, le comité de la paix de IRA avait érigé un bouclier pour canaliser ses militants et éviter tout débordement ou toute infiltration de délinquants.
Pour rappel, plusieurs organisations de défense de droits de l’homme ont exigé la libération du dirigeant de IRA Mauritanie, élu le 1 er septembre dernier, député sur la liste nationale Sawab/RAG.

le calame

 

 

Biram Dah Abeïd. poursuivi pour «menaces, appel au meurtre », suite à une plainte de Deddeh Ould Abdellahi, journaliste, a comparu pour la seconde fois, ce mercredi 19 septembre, devant le juge d’instruction du tribunal régional de Nouakchott Sud. « L’audience s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Notre client était serein», a d’emblée lâché au micro du Le Calame, Me El Id Mohameden. « Biram  s’est bien défendu suivant un argumentaire très clair. Il a réitéré sa demande à ce que la procédure soit juste et équitable. Mais aussi à ce que les arguments qu’il a soulevés soient étudiés de la façon la plus diligente. Cela est plus que nécessaire et important », a avancé Me El Id.
Quant à la défense, elle est sereine et consciente de l’importance et de la gravité de la situation, a fait savoir Me El Id. « En effet, elle est consciente de l’importance à ce que dans ce pays la justice soit indépendante et qu’elle ne soit pas utilisée comme le bras armé du pouvoir exécutif qui l’utilise contre ses adversaires, les partis politiques et les militants des droits de l’homme. Il est plus que nécessaire qu’il y ait une justice  équitable et indépendante dans laquelle tout le monde se retrouvera », a plaidé Me El Id.
L es conseils  du leader abolitionniste , arrêté depuis le 7 aout, profitant de cette comparution, ont demandé aux autorités de ne pas s’ingérer dans les affaires en justice mais aussi de ne pas exercer des pressions sur le pouvoir judiciaire. « C’est important! Sans une justice indépendante, on ne peut pas construire un Etat de droit », note Me El Id.

Ayant pu se défaire de l’étau des policiers, Biram s’est adressé, sous les vivats, dès sa sortie du palais de justice, à ses militants les remerciant pour leur forte mobilisation signe d’un militantisme et d’un engagement sans faille. Son compagnon de cellule, Abdellahi Houssein Messaoud s’était contenté de lever le poing affichant un sourire, avant de s’engouffrer dans le véhicule de la police.
Les deux prisonniers abolitionnistes, placés le 13 aout en détention provisoire puis préventive un mois plus tard, ont rejoint la prison civile sous une forte escorte policière et sous de fortes ovations des militants de IRA. Aucun incident n’a été noté.
Dès les premières heures de la matinée, les militants et sympathisants de IRA  ont pris d’assaut le palais de justice scandant des slogans réclamant la libération de leur leader et la fin des poursuites injustes,  selon eux, engagées à son encontre. Les forces de l’ordre en grand nombre avaient érigé un périmètre de sécurité aux alentours du palais. Comme à l’accoutumée, le comité de la paix de IRA avait érigé un bouclier pour canaliser ses militants et éviter tout débordement ou toute infiltration de délinquants.
Pour rappel, plusieurs organisations de défense de droits de l’homme ont exigé la libération du dirigeant de IRA Mauritanie, élu le 1 er septembre dernier, député sur la liste nationale Sawab/RAG.

L’Editorial du Calame: Un pas vers 2019

L'Editorial du Calame: Un pas vers 2019La situation se répète à chaque élection. Invariablement. Le peuple est appelé à voter ; on lui fait miroiter l’espoir que sa volonté sera respectée ; la campagne électorale prend, chaque fois, des allures de fête foraine ; les portraits des candidats sont affichés partout ; les logos et les slogans foisonnent ; les media publics sont, une fois n’est pas coutume, ouverts à tous, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité ; tout a l’allure d’une démocratie réelle où un homme égal une voix…. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

Car, entre l’une et les autres, il y a un chef d’orchestre. Plus précisément, le président en exercice de la République, auto-promu directeur effectif de campagne du parti au pouvoir. Il sillonne le pays, tient meeting sur meeting, reçoit, promet, menace, tempête et sort même, parfois, de ses gonds.

Les généraux sont mobilisés. Les hommes d’affaires et les banquiers obligés de débourser et de battre campagne. Un redressement fiscal plane sur leurs têtes, comme une épée de Damoclès. Leur préférence doit aller au parti du chef. Interdit de s’afficher ailleurs ou de donner la moindre ouguiya à un autre parti ! Les notables et autres gabegistes recyclés sont appelés à la rescousse, pour monter la « bonne » voie aux électeurs.

L’opposition est diabolisée, vouée aux gémonies et nul n’a le droit de lui manifester la moindre sympathie, s’il veut conserver ou prétendre à la moindre petite fonction dans un État mafieux qui classe ses ressortissants selon leur appartenance politique. L’armée, comme d’habitude, est appelée en renfort.

Des régiments entiers, encadrés par leurs chefs, votent un peu partout, souvent sans être inscrits sur les listes électorales. Ils feront pencher la balance en faveur des candidats du pouvoir. Les représentants de la Commission électorale, jugés peu dociles face aux injonctions des notabilités, sont mutés sans autre forme de procès.

Ajoutez, à ce sombre tableau, les pressions en tous genres exercées sur les électeurs, l’achat des consciences, le bourrage des urnes par des gens sans scrupules ; les votes multiples, le déplacement en masse des électeurs pour voter dans des zones où ils n’ont aucune attache et l’utilisation de l’argent sale.

Comment parler d’élections honnêtes et transparentes, dans ces conditions ? Comme toutes celles que le pays organise, depuis l’avènement de cette pseudo-démocratie octroyée par les militaires en 1991. Aucune n’a dérogé à la règle. Toutes étaient des simulacres de consultation électorale, des pièges à cons, des pièces de goût où le recyclage, parfois, même, l’acharnement thérapeutique, sont de règle.

Où même les apparences ne sont plus sauves. Où la forme n’est pas respectée. Où la commission chargée de les organiser n’a pas fait l’objet d’un consensus et dont les membres sont choisis sur des critères paternalistes. Où l’administration affiche un parti-pris flagrant.

Un système bâti de la sorte ne peut que générer fraude, dévoiement de la volonté des uns et des autres et profond sentiment d’injustice. Mais à quelque chose malheur est bon. Malgré tous les moyens mis en œuvre, l’omnipotent parti au pouvoir a tremblé. Ses plans sont tombés à l’eau.

Des citadelles, jusqu’ici imprenables, sont tombées. Des gros bonnets ont sué, jusqu’à la dernière minute. Un pas vient d’être franchi dans la déconstruction du système. Petit, diront les uns. Mais un pas tout de même, rétorqueront les autres. 2019 tranchera-t-il ?

Ahmed Ould Cheikh

le calame

Le devoir arabe : plus que jamais dans le soutien à Mohamed b. Salmane, Mohamed b. Zaîd et Sissi II/ Par Mohamed Yehdih O. Breideleil

altII  La tentation d’Ibn Al Alghami

Même Israël, la sentinelle de l’Occident chez nous, n’est pas le bénéficiaire de cette guerre multiforme que mène depuis si longtemps l’Occident et qu’il poursuit  contre les Arabes. Israël n’est pas en mesure ni matériellement ni démographiquement, ni politiquement, ni psychologiquement de remporter une victoire réelle. Les guerres depuis 1948 sont des attentats, des actes terroristes qui font certes mal, mais qui ne peuvent avoir l’envergure d’une guerre qui change fondamentalement les données dans la région. Et la faiblesse ne tient  pas au nombre  de sa population. L’invalidité qui l’enserre dans son ghetto tient au fait qu’il ne partage, et ne veut partager, aucun item minimal, aucun élément de cohésion avec l’océan arabe dans lequel il a été parachuté.

Israël ne s’est jamais donné la sagesse de nous expliquer son problème pour nous amener à le comprendre, à défaut de le partager. En temps normal, les Arabes ne sons pas particulièrement sectaires. Les Arabes d’Asie, si loin, ont été solidaires de la cause et du combat des noirs d’Afrique du Sud. Les Arabes ont été solidaires des grecs chrétiens  de Chypre opposés aux turcs musulmans de Chypre. Ils ont, au moment des grandes crises  entre l’Inde hindouiste et le Pakistan musulman, fréquemment  penché du côté de l’Inde.

Israël a préféré être venimeux, mais son venin sera plus  nocif à la longue pour lui-même que pour ses ennemis. S’il fait mal il ne tue pas. Même sa bombe atomique est plus encombrante  pour lui-même que dangereuse pour ses ennemis.

Israël aurait été dangereux dans quelques rares cas de figure : s’il avait mis en avant sa sémité, sa proximité avec les Arabes, rappelant que les hébreux sont un simple rameau des araméens ou alors s’il avait parié sur l’ouverture humaniste du type du mouvement : ‘’la paix maintenant’’.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des vainqueurs militaires sont vaincus politiquement et c’est la défaite  la plus irrémédiable, la plus durable.

La Grande Bretagne est sortie au nombre des vainqueurs  de 1945 qui se sont arrogés le droit de membres permanents du Conseil de Sécurité mais il est bien difficile de distinguer aujourd’hui, si c’est bien elle qui était victorieuse ou si c’étaient le Japon et l’Allemagne.

Pathétique élan

Il y a deux façons d’être vaincu: par la force, la défaite militaire, et elle n’est pas mortelle pour les peuples puissants. On renaît, si la sève nourricière n’a pas tari, si elle persiste. C’est le cas du Japon et de l’Allemagne, peuples dans la force de l’âge, battus en plein élan. Il fallait plus que deux bombes atomiques pour anéantir leurs ressorts.

La défaite ne tue que des peuples qui étaient malades de leur civilisation, qui étaient cliniquement morts, même s’ils respirent encore  ou sont même debout, mais sont vermoulus, la vie ne les habite plus. Un coup de pied les transforme en poussière. C’est le cas de ces malheureux indiens d’Amérique lorsqu’ils ont reçu l’inopportune visite des Européens. Ils n’avaient plus en eux-mêmes de ressources pour organiser une résistance salutaire  et encore moins pour  découvrir une approche de long terme  permettant leur renaissance future. Ils se sont éteints.

C’est pratiquement la trappe  où est tombée Byzance, à la fin du Moyen-âge. L’ancienne colonie de Mégare  reculait depuis longtemps, sans se ressaisir. Elle a accepté, contrairement à la Chrétienté  d’Occident, la fatalité et a pris sa sous -vie pour un état normal, vivant sur son passé glorieux, ruminant ce qui n’a plus de tonus, répétant les idées, les mots et les gestes d’autrefois, veillant à leur pureté, à ne rien y ajouter, à ne rien y retrancher, se glorifiant même de cette stagnation.

Elle s’est fourvoyée dans une impasse  conceptuelle  où la pensée  est bannie et la spéculation cosmogonique et eschatologique est reine. La ’’discussion byzantine’’ est devenue depuis un adage. L’esprit a été donc prémuni, immunisé contre toute innovation, toute invention, toute création, tout renouveau, tout progrès. C’est ainsi que Byzance, qui a vécu deux mille ans, est morte.

Il faut dire que la stagnation de Byzance correspond à la pleine  décadence — Inhitat – du Monde arabe. Tous les deux n’ont pas  su prendre le chemin de la coupure épistémologique de la pensée qui a permis à l’Europe d’accéder à la renaissance et de prendre définitivement son envol.

Il n’est pas exagéré de dire que les deux voisins, Byzance et le Monde arabe, se sont contaminés de la même maladie du cerveau et se sont effondrés dans un pathétique élan commun.

La Grèce, pour dire les choses telles qu’elles sont, est orientale et les influx civilisateurs réciproques entre les Arabes et les Grecs sont bien plus anciens et plus suivis  que ce que connait tout le monde, c’est-à-dire les Phéniciens qui passent l’alphabet et certaines conceptions religieuses à la Grèce et à la Grèce qui passe aux Arabes la culture philosophique et certaines connaissances mathématiques.

Selon le philosophe  Zeki Al Ursuzi , l’un des théoriciens du Parti Baath avant 1970, ‘’ils se sont épaulés dans une double démarche : l’esprit sémitique arabe qui tend vers la réalité de l’âme idéale, contrairement à l’esprit grec qui tend vers la découverte de l’ordre de la nature.’’

Toujours est –il que l’ordre étrange des choses voulut que les héritiers de la culture grecque et les descendants d’Al Walid et de Rachid tombèrent sous la domination des Hordes du Mouton noir et du Mouton blanc, d’obscurs nomades descendus des confins de la Mongolie et du Tarim que l’histoire ignorait, et dont la langue est encore mal assurée : les Turcs.

Profonde amertume

Lorsque le tour de la Chine est venu, tardivement, au 19e siècle de faire face aux défis existentiels, la riposte nationale  a été différente de tout ce qu’on connaissait. Mais la Chine n’est pas un pays, c’est un monde et un monde qui a une brillante civilisation millénaire.

Quand maître Kong, Confucius, est né, la civilisation chinoise avait derrière elle au moins mille ans. La différence fondamentale avec le monde arabe, c’est que les chinois ont préservé leur unité étatique.

Si la révolte des Taïpings et celle des Boxers ont ouvert les yeux des Occidentaux sur l’impossibilité pour eux de gouverner la Chine, le sursaut national invincible a été mené seulement au début du 20e siècle par le Parti Communiste Chinois dirigé par Mao Tsé Toung. Ce ne fut pas pour prendre un pouvoir. Les communistes chinois sont partis de ce diagnostic : on ne peut plus rapiécer la Chine. Il faut une refondation totale et surtout une refonte                                                                  comme on refond un métal – de l’homme, avec cette soif insatiable de regagner le prestige perdu.

C’est avec ces hommes trempés, que la Chine, après l’orientation donnée par Deng Hsiao Ping, a pu accomplir son miracle, a réalisé en trois décennies les progrès économiques que les occidentaux ont mis trois siècles à accomplir.

Notre cas, celui des Arabes, est l’un des plus complexes, parce qu’il se révèle avec une acuité déconcertante, à ce stade troublé, en quelque sorte tardif, de l’histoire. La révolution culturelle dans les esprits, nous l’avons ratée à l’aube  des Temps Modernes  et nous n’avons pas su  muer au 20e siècle, politiquement et socialement, pour créer notre rêve de toujours d’un Etat unique ou, au moins, avoir un système socio- politique homogène et avançant au même rythme.

Les grandes nations ont, en règle générale, accompli leur unité et atteint un degré avancé de développement et de puissance. Nous ressentons avec une profonde amertume ce retard et nous nous débattons, de travers, pour refuser ce sort.  Beaucoup parmi nous et ailleurs pensent  que les jeux sont fait, que les positions sont réparties, que les meurtrières sont occupées, que la hiérarchie est établie une fois pour toutes. Francis Fukuyama a parlé même de ‘’fin de l’histoire’’. Cependant   Samuel Huntington constate, plus qu’il ne prédit, le choc des civilisations.

Il n’ya pas d’ère statique, une séquence calme de quelques années dans le rythme du mouvement peut seulement faire illusion. Même dans la respiration d’un individu, il y a de très brefs moments de suspension, des apnées.

Personne dans l’histoire n’a jamais trouvé un terrain vide, propice ou rarement en tout cas  au Proche-Orient et sur le pourtour de la Méditerranée où il pût s’installer à son aise, grandir et se développer et dire aux autres : nous sommes là, composez avec nous, faites-nous de la place. Si on est digne de respect et de considération, si on est déterminé à être un partenaire fiable, on impose sa place. Sur la tribune d’honneur des nations, il n’y a pas de tricherie, il n’y a pas de cadeau. Seul compte le mérite.

Une chose est certaine, nous n’obtiendrons nos droits qu’au prix d’efforts titanesques et en cessant de compter sur le hasard. Définir nos objectifs et travailler en conséquence : voilà la voie.

 La justesse de la stratégie, son audace et son réalisme aussi sont déterminants. L’audace est dictée par l’aspiration de notre peuple à rattraper le temps perdu, son refus, chaque jour  renouvelé, d’accepter la défaite, parce que sa sève nourricière est intacte. Ce refus permanent de reculer s’appuie sur nos points positifs, sur les avantages nombreux dont nous disposons. Nos faiblesses qu’il ne faut pas se cacher, nos points faibles qu’il ne faut pas sous-estimer, nous enjoignent d’accepter de possibles et sans doute de nombreux compromis.

Le compromis, quand on avance vers un objectif stratégique clair, est un pas en arrière qui facilite la réussite, quand on est sans objectif partagé par le peuple, il est désastreux, c’est au mieux, une marche à rebours, au pire une nage dans les ténèbres.

Compter sur ses propres forces

L’idéal eût été de trouver un dialogue avec ceux qui nous font perpétuellement la guerre, c’est –à-dire les occidentaux. Mais ces derniers, installés déjà sur leur piédestal, nous regardent de haut et refusent toute égalité, toute compréhension. Le goût et l’habitude de dominer, joints à un insatiable appétit de gain les rendent sourds et ils poursuivent une envolée qui ressemble beaucoup au drame des compagnons d’Ulysse enchaîné.

Dans ces conditions, il faut compter sur ses propres forces, car se sont les conditions  qui dictent le chemin, pas seulement l’objectif final. ‘’Compter sur ses propres forces’’, pas à la manière de Saloth Sar, qui avait sa notoriété sous le nom de Pol Pot, qui disait : ‘’jamais on ne demandera rien à personne, ne serait ce qu’un comprimé de quinine…      Il faut  travailler dur, il faut que les gens apprennent qu’ils naissent du grain de riz. En suant pour défricher, pour semer, planter, récolter, l’homme connaît la vraie valeur des choses’’. Ce n’est pas ce discours juste qu’il faut reprocher à Pol Pot, c’est la méthode désastreuse qu’il a suivi. Il n’a pas tenu compte des conditions de son peuple,  du contexte régional et international.

La première analyse à faire est de déterminer le danger immédiat, l’autre étant connu. La situation se résume en peu de mots : nous tentions de parer aux visites nocturnes du lion occidental, mais voilà qu’en plein jour un loup enragé pénètre dans notre tente. Quelle attitude prendre ?  Continuer à parer à la visite éventuelle du lion ou tenter d’échapper au loup qui veut nous dévorer ici et maintenant ? Il n’ ya pas de doute possible, il faut échapper au danger immédiat.

Le danger immédiat, ce sont les Perses et les Turcs, ces barbares haineux et mal dégrossis qui n’ont pas la profondeur  de notre civilisation  et qui, chaque fois que nous traversons un moment  d’assoupissement, nous surprennent pour semer la désolation et approfondir les sillons de l’arriération. Toutes les guerres et les défaites militaires que nous ont infligées les occidentaux ont été gagnées, politiquement, par les Perses et les Turcs. Leur aspiration à nous diriger  et à nous dominer provient de ce sentiment  et de cette réalité. Ils sont passés depuis   plusieurs années de la volonté aux actes.

Beaucoup d’entre nous sont incapables d’appréhender la situation où nous nous  trouvons et restent tétanisés, d’autres sont tentés par l’acte ignoble d’Ibn Al Alqami, le visir  qui livra Baghdad au 13e siècle aux Mongols.

Dans cet affrontement qui était inévitable, nous avons peu d’alliés. Les Européens parient sur l’Iran, la Russie et la Chine, avouons-le, n’arrivent  pas à nous situer  et donc à s’engager  stratégiquement avec nous.

Il faut plus que de bonnes paroles pour leur inspirer confiance. Seuls des actes spectaculaires de notre part sont susceptibles de faire bouger les lignes.

Le comportement des USA n’est  un mystère pour personne. Nous pouvons peut-être faire un bout de chemin avec eux, mais personne ne peut compter sur les Etats –Unis. La volte-face  aux moments difficiles, est leur habitude  sinon leur méthode. Ce n’est pas ou ce n’est plus un allié fiable  et il ne faut , en aucun cas, lier ce jugement  à Donald Tremp. Il est peut-être le meilleur président des Etats-Unis que nous ayons connu.

Il est même possible qu’il soit la concrétisation de l’idée de Goethe à propos de ‘’cette force qui veut toujours le mal et toujours fait le bien’’.

                                                                            – A suivre-

Le calame

FLAMNET-AGORA: Après la déception, le temps de se remettre en cause

altLes résultats des élections locales, régionales et nationales en Mauritanie s’avèrent un échec pour les partis de la mouvance négro-mauritanienne. L’absence de voix autorisées à l‘assemblée nationale ou au niveau des conseils régionaux donne droit à deux interprétations possibles : les leaders négro-africains ne représentent pas les Noirs comme ils le prétendent, ou bien la population noire est insignifiante en Mauritanie. Évidemment, Ces deux assertions sont fausses. Dans les faits, les négro-mauritaniens forment un groupe important, si ce n’est le plus important dans le pays. Mais aussi les différentes formations négro-mauritaniennes ont des programmes qui militent pour le rétablissement de la justice et de l’égalité entre toutes les communautés mauritaniennes, de facto pour l’intérêt de la communauté négro-mauritanienne étant la plus lésée de toutes. Alors, qui en est responsable et quoi faire pour rétablir notre crédibilité ?

Objectivement, la responsabilité est partagée individuellement et collectivement entre les différents acteurs que sont la jeunesse, la diaspora et surtout les leaders de nos partis politiques. En effet, la jeunesse, celle-là même qui semble s’intéresser peu à la politique, privilégie la promotion personnelle sous prétexte que les leaders ne veulent pas s’entendre. Motivés essentiellement par des ambitions individuelles, et certainement aussi par une certaine suffisance, de jeunes gens démultiplient les candidatures sous le parrainage de partis marginaux. Le faisant, ils encouragent et accentuent, consciemment ou non la division entre les différentes formations politiques. Au lieu de choisir un des leaders le plus crédible pour le renforcer dans la sécurisation des votes, ils participent de fait au maintien de certains de nos ‘’partis cartables’’ pour favoriser la disqualification du plus crédible parmi les autres. Il apparaît donc que la priorité pour nos jeunes était de se ruer vers les différents partis qui assuraient le meilleur placement sur la liste. Naïvement, ils croyaient que leur participation régulière aux manifestations ou leur activisme dans les réseaux sociaux leur conférerait assez de visibilité pour garantir leur succès aux élections.

Pendant que notre jeunesse jouait au trouble-fête, la diaspora mauritanienne, elle, brillait dans l’ambiguïté. Elle, qui est supposée être la plus éduquée et avertie de la ‘’chose politique’’, s’est avérée la plus inconséquente entre les deux. J’ai été choqué de cette méconnaissance et/ou de la banalisation des différentes idéologies des partis politiques mauritaniens et leur incapacité dans l’appréciation des perspectives entre les élections locales d’une part et celles des régionales et nationales de l’autre. Ce flou artistique a donné lieu à des situations surréalistes telles que des campagnes électorales menées par des éléments issus de la mouvance négro-mauritanienne en faveur des ténors des Ex-MND a la députation contre les candidats de leur propre parti. Pour ceux de la diaspora qui possèdent encore un grain de lucidité dans leur esprit, ils réagissent toujours tardivement. Apparemment, nous sommes incapables d’être proactifs, nous ne faisons que réagir à des situations déjà matérialisées. La diaspora doit savoir qu’avec le développement des réseaux sociaux tout le monde a droit et peut participer aux discussions virtuelles, mais exercer ce droit doit avoir des limites. Avoir un droit à quelque chose ne vaut pas nécessairement son utilisation.

Enfin, la plus grande responsabilité est portée par nos organisations politiques. Pourquoi nos responsables n’ont pas pu prévoir cette probable débâcle électorale et pour la contrecarrer.  Franchement, ces résultats étaient prévisibles depuis un certain temps et rien n’a été apparemment fait pour les conjurer. Ce qui manque, entre autres, à nos dirigeants c’est une bonne stratégie de mobilisation des électeurs et une pédagogie adéquate de communication de leur discours.  Comment comprendre que l’AJD/MR soit incapable d’obtenir des candidats compétitifs à Kaédi, ou qu’un PLEJ ne puisse pas trouver des candidats à Maghama et qu’un Arc en Ciel ne peut placer un bon poulain à Selibaby ? L’explication est simple, nos partis politiques ignorent complétement leur base naturelle et se focalise sur Nouakchott. Depuis les dernières élections, qui peut dire qu’il a aperçu où rencontrer nos leaders ou leurs lieutenants dans nos villes et villages ? Par exemple un Ibrahima Moctar Sarr, ou Mamadou Alassane Ba, Alassane Soma Ba ou même un Samba Thiam a Teccaan, Koudel, Wali et autre localité de la vallée ? La réponse est simple, personne. En plus de ces manquements, nos dirigeants politiques doivent bannir un autre comportement contreproductif. Celui qui consiste à ignorer des dissidents à chaque fois qu’ils  manifestent le désir d’être entendus. L’épisode de l’UFP qui a tout fait pour maintenir en son sein  la tendance de Khadiata Malick devrait servir de leçon.

A la différence de beaucoup d’analystes ou de commentateurs, je ne vois pas cet échec comme une cause émanant des citoyens ordinaires de notre communauté. Si certains pensent que les Fuutanke sont achetables, pourquoi alors, ils (surtout ceux de la diaspora) n’ont pas mobilisé des fonds pour acheter leurs voix ? Je pense que le problème est ailleurs et il faut l’affronter avec courage et sincérité. Aujourd’hui, la stratégie de diversité des partis négro-mauritaniens a montré ses limites et cette thèse ne tient plus. Alors, sans plus tarder toutes nos organisations doivent s’auto-dissoudre pour former un seul grand bloc sous un titre expressif, par exemple : Bloc pour la défense et la promotion des droits et des intérêts des négro-mauritaniens. Etant donné que les maures ne voteront jamais pour un parti négro-mauritanien, il ne faut plus perdre du temps à vouloir donner à nos organisations des noms démagogiques qui voudraient ressortir l’union entre le maure et le noir.

Désormais, il est plus que clair que les intérêts des négros africains sont plus que jamais menacés en Mauritanie. Toute diplomatie ou politique politicienne pour plaire à la composante maure n’est que participation à la disparition politique de notre communauté. Alors tout complexe d’infériorité ou de crainte d’être taxé de raciste doit disparaître. Cette organisation serait de nature dualiste combinant les formes politiques et celle de la défense des droits civiques de la communauté négro-africaine.  Un des rôles de cette nouvelle organisation sera d’exercer des pressions sur les membres de notre communauté élus sur la liste des partis au pouvoir. L’organisation devra établir un bilan mensuel de chaque élu et l’accompagner de leurs appréciations à l’intention de notre communauté. Ainsi, dans notre action d’évaluation et de contrôle des alliés du pouvoir, nous les obligerons à travailler pour leur communauté ou à être désavoués par elle. Car le peuple sera capable de les juger régulièrement et il n’y aura plus de mensonge ou de confusion par rapport à leurs activités en tant que représentant de la communauté au sein du pouvoir.

 

Mamadou Barry dit Hammel

USA.