Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 04/08/2013

Convocation du corps électoral : De l’obligation de respecter la légalité ou une réelle volonté d’opérer un forcing ?

altLe couperet  vient de tomber. Le gouvernement a décidé, en conseil des ministres extraordinaire, de convoquer le corps électoral pour le 12 octobre. Sauf cas  de force majeure, les mauritaniens iront donc aux urnes en octobre prochain pour renouveler  les conseils municipaux et la chambre basse du parlement. Mais, la question que  se posent les observateurs est de savoir qui prendra part à ce scrutin parmi les acteurs de la classe politique. En attendant la réaction des uns et  les autres,  la majorité, qui se dit prête  depuis  quelques temps,  ira aux élections. En rangs  dispersés  ou au garde à vous ?  La  COD, si elle  reste dans sa logique, boycottera  probablement. Et le pôle CAP/AP ? Mystère pour le moment. Une chose est sûre cependant : depuis sa dernière charge contre la CENI, ce pôle semble prendre ses distances avec celle-ci. Ira-t-elle  jusqu’à boycotter comme la COD ce scrutin ? Une source de ce pôle avait déclaré  avant le conseil des ministres  que  le pôle réagira avec fermeté  à la convocation du collège électoral. Une inconnue de taille demeure l’attitude d’El Wiam de  Bodiel Ould Houmeid  qui a jusqu’ici  annoncé sa volonté d’aller aux élections, si les clauses de l’accord politique du dialogue national sont respectés.
Si pour certains le gouvernement  a décidé de convoquer  le  collège électoral  pour des contingences  de la légalité, pour d’autres, il voudrait contraindre l’opposition à dialoguer, ce qui fait penser, même si le contexte est  différent,  à un certain scrutin du 6/6/09. Faudrait-il penser que l’initiative de Messaoud retrouve là toute son actualité ? Les quelques prochains jours nous le diront.
 
 
Source: Lecalame
 
 

FLAMNET-AGORA: L´équation FLAM= ethno-chauvins Nasséro-baathistes peut-elle s´écrire?

altDepuis l´annonce du retour au pays natal des FLAM, les partisans du statu-quo, et certains plumitifs en mal de “refoulement” ressortent la grosse batterie de la “solution finale” contre les FLAM. Des attaques repétées, haineuses, mal fondées et pour tout dire foncièrement malveillantes. Plus c´est gros, plus ça passe et ça casse! Hélas, cela ne fait plus d´effet dans l´état actuel des choses. La motivation cynique de ces illuminés de “l´arabité de la Mauritanie” et de la fumeuse rhétorique baathisto-nassériste s´explique, mais qu´ils comprennent leur but est voué d´avance à l´échec, car comme le dit bien un proverbe du Fouta natal “ko mahaani hoore fusataa ngaandi”. 

Leur mission: diabolisation des FLAM! En les colorant d´une couleur qui n´existe que dans leur structure de conscience, traduisant leur paradigme qui est celui de l´idéologie raciste, exclusiviste et haineuse. L´opinion publique mauritanienne a suffisamment fait justice de certaines accusations absurdes, erronées, pour que nous n´ayons plus besoin de revenir sur certaines de ces inepties. Ceux qui confondent l´effet et la cause ont encore un recyclage philosophique à rattraper chez leurs maitres de Bagdad et de Benghazi. Mais peut-on seulement nous expliquer les causes de la déportation massive des seuls négro-africains hors du pays en 1989, de l´extermination des centaines d´autres dans des casernes et dans la vallée?

 

Revenons sur ce cette propagande mensongère véhiculée par nos adversaires politiques tendant à présenter les FLAM comme une version Négro-africaine du Ba´athisme ou du Nasserisme(Nationalistes arabes).

De ce grossier postulat, les porte-faix du  Système et autres tristes guignols de la même écurie semblent se decouvrir une nouvelle sordide besogne, une croisade contre les FLAM qui ” doivent-être vomi (e)s” au même titre que les déporteurs, les tortionnaires, les geôliers et autres idéologues de l´exclusion et du racisme d´Etat. Quelle injustice!

 Il n´est pas besoin d´une longue dissertation pour montrer que cette assertion relève de l´amalgame et d´une volonté manifeste de jeter le discrédit sur les FLAM à des fins que le monde imagine. Sans nous étendre, rappelons que notre projet de société se fonde sur le caractère multinational de la Mauritanie où Arabes et Négro-africains auraient les mêmes droits, où le fait d´être arabe, noir, haratine, Zenaga ne serait ipso-facto une condition rédhibitoire. Ce qui est en porte-à-faux avec l´idéologie des nationalistes arabes qui dénie aux Négro-africains tout droit et veut construire une Mauritanie exclusivement arabe. Les thèses des nationalistes arabes ne constituent point un secret, elles ont été accompagnées par des actes ignobles à l´encontre de la communauté négro-africaine.

 

De la même façon que l´Irak de Sadolf Hitsein se battait contre les kurdes et les perses pour garantir l´arabité du flanc Est de la grande nation arabe, la Mauritanie doit, sur le flanc Ouest, chasser les Négro-africains pour préserver la pureté de la nation arabe. Cette théorie aboutit à la conclusion péremptoire selon laquelle tout ce qui n´est pas Maure ou beydane n´est pas mauritanien. Elle s´appuie également sur des arguments historiques fabriqués qui consacrent l´antériorité des arabes en Mauritanie. Donc, tout bonnement, les Négro-mauritaniens sont des “descendants d´anciens footballeurs ou des tirailleurs Sénégalais ou des africains de l´Ouest venus envahir et polluer la pureté de la race arabe” (thèses defendues par un certain El Wafi sur El Jazeera et Bredeleil lors de leur procés de 1988 et par Ould Taya dans Jeune Afrique en 1990 pendant le conflit sénégalo-mauritanien ).

 

 L´attitude des nationalistes arabes envers la communauté négro-africaine est en réalité une attitude de rejet, de négation et d´exclusion à tous les niveaux. C´est l´ancrage de ces convictions diaboliques jusque dans les hautes sphères du pouvoir qui a conduit le régime satanique de Taya à écarter les noirs de la vie publique, à les assassiner massivement, à déporter des dizaines de milliers de nationaux noirs au Sénégal et au Mali. Ce raisonnement simpliste basé sur une attitude de négation des Négro-africains constitue l´essence de l´orientation du nationalisme arabe en Mauritanie au niveau politique, économique et culturel du pays. Dès lors, il est tout a fait justifié de qualifier les Baathistes et les Nasseriens de racistes, particularistes, extrémistes, nationalistes étroits, parce qu’ils cultivent une doctrine prônant l´exclusion pure et simple des Négro-africains de la Mauritanie. Les FLAM ont-elles une attitude semblable par rapport aux Beydanes ?

 

A prendre pour référence, la production idéologique des FLAM, du Manifeste du Négro-mauritanien Opprimé de 1986, aux programmes et orientation politique du Mouvement en passant par le Livre Blanc de 1990, le Mémorandum des FLAM de 2000, La Plate-forme pour une Mauritanie réconciliée de 2007, on ne trouve nulle part une théorie de “la grande nation Négro-africaine dont la Mauritanie constitue le flanc ouest qu´il convient de préserver de l´invasion des arabes venus de l´orient“. Nulle part on ne trouve dans les documents des FLAM, que “devant l´intolérable invasion des arabes la solution consiste à les chasser de la Mauritanie, pour préserver la souillure arabe afin de bâtir une nation négro-africaine avec un pouvoir exclusivement noir ancré dans le monde Négro-africain.” Si les FLAM avaient une telle attitude de rejet et d´exclusion de la composante arabe du pays, à ce moment il serait légitime scientifiquement de les qualifier “d´étroits, d´extrémistes, de racistes” parce que s´appuyant sur une doctrine prônant l´appartenance exclusive de la Mauritanie aux Négro-Africains.

 

Que disent les F.L.A.M ?

 

LES FLAM ont toujours reconnu EXPLICITEMENT le caractère biracial et multinational de la Mauritanie ainsi que le droit de toutes les composantes culturelles du pays à vivre et à s´épanouir pleinement en Mauritanie. Les FLAM sont fondamentalement attachées à la vocation naturelle de la Mauritanie qui est celle d´être un trait d´union entre le monde Négro- africain et le monde Arabo- berbère. Ce que les F.L.A.M dénoncent et combattent, c´est justement le constat de la trahison de cette vocation naturelle par l´option de l´arabité exclusive de la Mauritanie (qui ne dérange pas apparemment certains) adoptée par la classe dirigeante Beydane depuis les indépendances jusqu´à nos jours. Cette option exclusiviste a mis en place des mécanismes dont l´effet conjugué aboutit inexorablement à l´exclusion de la composante noire du pays. Ce sont ces mécanismes à l´oeuvre au niveau de l´éducation, de l´économie , de l´administration, de l´armée et de la politique extérieure et intérieure et de la justice que les FLAM dénoncent sans complaisance dans le Manifeste de 1986 par des données empiriques avec des statistiques à l´appui.

 

La communauté Négro-mauritanienne, tout en partageant le lot quotidien d’injustices sociales et économiques avec la communauté beydane, n’en demeure pas moins violentée dans ce qu’elle a de plus cher: sa culture, son identité.

 

Depuis des décennies en effet, la communauté Négro-africaine est victime d’une violence plus pernicieuse et subtile: c’est sa négation culturelle, le refus de la reconnaître comme porteuse de droits particuliers. Ce refus est le fait exclusif de l’État raciste, cet Etat n’a rien à voir avec la communauté Arabo-berbère et encore moins avec la communauté Noire. Le contrôle de cet État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis que les FLAM existent malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.

 

Cette négation nous l’avons toujours combattu, nous la combattrons, c’est pour ce combat que sont tombés: BA SEYDOU AMADOU, SY SAIDOU DAOUDA, SARR AMADOU mais aussi tous ceux qui sont morts dans les conditions les plus atroces pendant leur incarcération: BA ABDOUL GHOUDDOUSS, TENE YOUSSOUF GUEYE, DJIGGO TAPSIROU, BA ALASSANE OUMAR. D’autres sont infirmes pour le restant de leur vie. Et la lutte continue. Mais nous ne devons jamais faiblir, car il est des instants qui font l’histoire. Et nos camarades tombés ont fait à jamais l’histoire de la Mauritanie. Une autre Mauritanie est incontournable, il est honneur d’être dans le même camp qu’eux, le reste n’est que médiocrité. Nous ne devons cependant jamais oublier que nul ne peut détruire totalement cette violence dont nous – SONINKO, PULAAR, WOLOF, BAMANA, HARATINES, sommes victimes sans pour autant intégrer les autres violences que nous partageons avec nos compatriotes beydanes.

 

Notre seule particularité en tant que mouvement est de partir de la violence dont nous sommes l’objet, en tant qu’individus culturellement situés, pour dénoncer l’ensemble des violences subies par tout le peuple mauritanien: on ne peut vouloir être libre en niant l’autre. L’histoire de notre pays démontre que la cause et la responsabilité de la violence verbale et physique sont du seul fait de l’État raciste mauritanien. Jamais dans l´orientation des FLAM , il n´a été question de lutter pour une négro-africanité exclusive de la Mauritanie au détriment de la communauté arabo-berbère.

 

 A ce niveau de l´analyse, l´intégrité intellectuelle nous commande de renoncer à cette classification abusive qui met de facon mécanique dans le même sac les FLAM et les nationalistes arabes de Mauritanie (Baathistes et Nasseriens).

Cette attitude conceptuelle mécanique de nos adversaires politiques revêt à n´en pas douter une motivation cynique intéressante à appréhender.

 

En effet, devant l´existence irréfutable de mouvements exclusivistes en milieu arabe (Nasseriens, Baathisme), il faut créer à tout prix un répondant en milieu négro-africain, le fabriquer vaille que vaille de toutes pièces pour faire “partager les responsabilités ” entre les deux communautés de la crise, mais surtout pour apparaitre comme alternative équilibriste devant “deux”extrémismes. Dans cette attitude foncièrement malhonnête, nos adversaires politiques n´hésitent jamais à reprendre à leur compte les positions de la dictature sanglante de Nouakchott sur les FLAM: “mouvement raciste, extrémiste, terroriste” plutôt que de se baser sur le discours et les actions des FLAM, afin de les juger sur cette base objective. Et même sous cette optique, les rares fois qu´ils ont essayé de soumettre à la critique les documents des FLAM, ils s´en tiennent à des boutades crues sans aucune argumentation ou démonstration solide à la base.

 

Posons à nos procureurs la question de savoir en quoi un mouvement qui ne saurait prendre le Beydane anonyme et paisible comme cible, mais l´appareil d´Etat dans toutes ses manifestations est raciste ? Ce dont les FLAM sont coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projétant une lumière crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une nationalité racio-culturelle au détriment des autres. En politique comme ailleurs, les attitudes figées caractérisées par la transposition mécanique des théories d´ailleurs au détriment d´une prise en charge concréte des réalités empiriques de l´ici et du maintenant sont toujours sanctionnés par une grande impopularité dans les masses.

 

Ce sont les FLAM qui ont bel et bien impulsé le sursaut patriotique actuel des mauritaniens autour des véritables questions de l’unité nationale pour leur donner une solution durable et raisonnable. Cela l´histoire le retiendra.

 

Les FLAM ou les mouvements d´opposition Négro-africains(TPMN, AJD/MR, PLEJ…) n´ont pas à souhaiter le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique leur naissance et leur combat. Mais Hélas! l´esprit biscornu des soldeurs du crime et partisans du système ne digére pas cette évidence. La lâcheté est ici sans commune mesure.

 

La logique de notre combat s´inscrit dans la ligne de mouvements de libération, loin des piètres politicards en mal d´exhibition.Tous ensemble, nous aurons encore à mener d’autres combats pour que l’égalite, la justice et la démocratie s’enracinent profondément dans notre pays.

 

Pour être le principal mouvement d’avant-garde de la lutte de libération nationale; Les FLAM ne méconnaissent pas pour autant la nécessité de l’unité d’action de l’ensemble des organisations politiques et de la société civile soucieuses de l’unité nationale et du règlement juste et équitable de la question nationale et sociale. Terminons avec Jaurès qui disait: “le péril est grand mais il n’est pas invincible, si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous avons à la fois, l´héroïsme de la patience et l´héroïsme de l’action, la vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir”.

 

La lutte continue.

 

Kaaw Touré dit Elimane Bilbassi.

www.flamnet.info

 

FLAMNET-ARCHIVES: Les évènements de 1966, le manifeste des “19” et le discours du président Moktar Ould Daddah

altLe 4 janvier 1966 les élèves noirs des Lycée de Nouakchott ont déclenché une grève qu’ils déclarent illimitée en vue de faire supprimer la mesure rendant obligatoire la langue arabe dans l’enseignement du second degré.

Cette action énergique ne fait que révéler un malaise profond et latent, car il est notoire que l’étude obligatoire de la langue arabe est pour les Noirs une oppression culturelle. Cette mesure constitue ensuite un handicap certain à tous les examens pour les élèves noirs qui, de façon consciente ont toujours repoussé l’étude de la langue arabe qu’ils savent un frein à leur développement culturel et scientifique et contre leurs intérêts. C’est ainsi qu’au Lycée de Rosso des élèves noirs ayant obtenu la moyenne dans l’ensemble des disciplines ont eu à redoubler pour n’avoir pas eu la moyenne en arabe.

Il peut paraître étonnant qu’aucune voix ne se soit élevée parmi l’élite et les responsables noirs, pour protester contre une décision qui fasse déjà l’égalité des citoyens et cela dans un domaine aussi essentiel que l’éducation.

 

C’est pourquoi, nous citoyens mauritaniens à part entière, soussignés, déclarons appuyer fermement et sans réserve l’action des élèves. Nous entendons dès cet instant reconsidérer certaines bases de la coexistence entre Communauté noire et Communauté blanche ; car à l’heure actuelle nous assistons à l’accaparement total de tous les secteurs de la vie nationale par l’ethnie maure. A l’appui de cette thèse, voici des faits patents qui révèlent la gravité de cette situation. Dès l’accession de la Mauritanie à l’autonomie interne, le régime mis en place s’empressa de créer le mythe d’une prétendue majorité à 80 % maure, le mythe du quart était né et règle depuis lors les dosages au niveau de toutes les instances politiques et administratives. C’est ainsi qu’au gouvernement il y a deux Ministres noirs sur neuf, au Bureau Politique, National trois Noirs sur treize membres, à l’Assemblée Nationale dix députés noirs sur quarante. Ceci étant, la vie politique administrative ne pouvait être que le fidèle reflet de la situation au sommet. Il est remarquable que les postes de Président de la République, chef du gouvernement, de ministre de la Défense Nationale, des Affaires Etrangères, de secrétaire général aux Affaires Etrangères, de Ministre de la Justice, de l’Intérieur, de directeur de la Sûreté et des forces de la Police, de directeur de l’Information, de directeur de l’Enseignement, de directeur Général du Plan, de la Fonction Publique et de président de la Cour Suprême, etc … sont concentrés selon une règle inavouée, mais systématique entre les mains de l’ethnie maure.

Il est à constater par ailleurs que sur douze cercles du pays un seul est placé sous la responsabilité d’un administrateur noir et sur près de trente subdivisions seulement sont sous la responsabilité de fonctionnaires noirs. 

 

– Que des cadres noirs sous-employés végètent tandis que des traîtres à la Nation, condamnés, se trouvent régulièrement engagés à des postes de choix dans la Fonction Publique.

 

– Que dans la Mauritanie du Sud, exclusivement Noire, tous les commandants de cercle, les chefs de subdivision, les chefs de postes administratifs, les commissaires, exception faite pour Rosso, les juges, les chefs de brigade de gendarmerie, et même les maires-délégués sont tous des Maures.

 

– Que la présence dans cette partie du pays de ces détenteurs de l’autorité se traduit par des actes infâmes d’asservissement, d’humiliation, d’oppression commis à l’endroit des populations Noires, honnêtes, loyales, courageuses et laborieuses ;

 

– Que leurs agissements par leur manque de respect pour la tradition biens fonciers, valeurs spirituelles, sèment la panique, la désolation et l’amertume parmi les populations noires exaspérées et au bord de la révolte. L’exemple de Sass Ould Guig à l’égard des Peulhs de Kaédi est assez édifiant. Ce responsable s’est permis de faire arrêter, battre, torturer lâchement, humilier, emprisonner de paisibles Peulhs dont le seul crime fut le désir de créer une coopérative conformément aux nécessités du développement.

 

– Qu’à Rosso un découpage administratif insidieux vient d’isoler et de rattacher tout le canton de R’Kiz exclusivement maure. – Que quinze gendarmes noirs valides viennent d’être mis prématurément à la retraite sans pension. – Que dans les rangs des goums de la Garde Nationale, de la Gendarmerie, de l’Armée, de la Police où naguère les Noirs dominaient en nombre, la valeur et la vocation étant les seuls critères, la proportion des Noirs de 90 % qu’elle était, est retombée à près de 25 %. – Que les Noirs arabisants ne se recrutent qu’à 10 % parmi les enseignants mauritaniens arabisants, parce que le régime ferme aux plus doués d’entre eux les portes du succès aux examens, les commissions de correction recrutées dans l’ethnie maure, veillant à ce qu’il en soit ainsi. – Que le recrutement à l’Institut des Etudes Islamiques de Boutilimit accorde aux élèves Noirs 5 % des effectifs. – Que les Noirs arabisants ne comptent aucun Inspecteur primaire alors qu’ils disposent de cadres au moins aussi instruits, aussi cultivés et aussi capables que les cadres maures arabisants. – Que les cinquante bourses mises à la disposition de la Mauritanie par le Koweït réparties sans l’avis d’aucune commission, sept seulement furent attribuées aux candidats noirs.

 

– Que le régime a toujours travaillé pour qu’à l’extérieur, la Mauritanie apparaisse comme un pays essentiellement maure. – Dans cette optique le Chef de l’Etat lui-même prend soin de toujours souligner à l’extérieur “que la Mauritanie, en majorité arabe, compte une minorité d’origine Africaine” (discours de Bizerte) comme si cette présence prétendue minorité était là par un accident de l’histoire alors que l’accident de l’histoire ce sont bien les invasions berbères ; – Qu’à Nouakchott où les citoyens noirs sont au moins aussi nombreux que les Maures, le Conseil Municipal compte quatre Noirs sur vingt deux membres.

 

Il est à souligner par ailleurs que simultanément au désir exprimé par les Maures de voir officialiser la langue arabe, la communauté noire exigeait que lui soient consenties des garanties concrètes et absolues contre toute assimilation que les responsabilités nationales soient partagées et que la constitution soit révisée dans un sens Fédéral (congrès 1961 et 1963). Mais le régime politique, peu après avoir muselé certains porte-parole noirs, s’est ménagé l’officialisation de la langue arabe dont la première étape est cette mesure rendant l’arabe obligatoire dans le premier et le second degré, cependant qu’il étouffe les revendications fondamentales de la Communauté Noire. Les Maures savent qu’avec l’arabisation à outrance le pays va à l’échec. Mais y tiennent tout de même, animés qu’ils sont par un complexe d’infériorité devant la supériorité qualitative des cadres noirs, et poussés par le désir ardent de couper la Communauté noire de l’ensemble négro-africain et à réaliser ainsi l’assimilation des Noirs à leur mode de vie et de pensée. Ainsi le bilinguisme n’est qu’une trahison à l’endroit des Noirs car il tend à les écarter de l’ensemble des affaires de l’Etat. Toute cette situation se traduit par un marasme général qui affecte tous les rapports entre citoyens Maures et Noirs. En effet, le jeunesse du pays, future relève, se trouve profondément divisée. A Dakar, à Paris, au Caire et dans les autres centres universitaires, les groupes d’étudiants noirs et groupes d’étudiants maures sont à couteaux-tirés dans tous les établissements du second degré, la scission est consommée entre élèves noirs et élèves maures. Considérant que les membres de la communauté noire sont irréversiblement engagés à recouvrir intégralement leur liberté et leur dignité, à choisir librement une culture et un mode de vie conforme à leur civilisation négro-africaine, à leur aspiration au progrès, au développement harmonieux de l’homme, et convaincus que l’obstination du régime dans sa politique aboutira fatalement au chaos et à la guerre civile.

Nous soussignés :
– Déclarons être hostiles à la mesure rendant l’arabe obligatoire dans les enseignements primaires et secondaires.
– Engageons le combat pour détruire toute tentative d’oppression culturelle et pour barrer la route à l’arabisation à outrance.
– Exigeons l’abrogation pure et simple des dispositions des lois 65-025 et 65-026 du 30 janvier 1965 rendant l’arabe obligatoire dans les 1er et 2ème degré et qui ne tiennent aucunement compte des réalités mauritaniennes.
– Rejetons le bilinguisme qui n’est qu’une supercherie, une trahison permettant d’écarter les citoyens Noirs de toutes les affaires de l’Etat.
-Dénonçons la discrimination raciale, l’illégalité, l’injustice et l’arbitraire que pratique le régime en place.
– Dénonçons toute confusion hypocrite visant à poser un problème à tendance politique (Arabe) sous l’optique religieuse (Islam).
– Nions l’existence d’une majorité maure, car les propositions proclamées sont fabriquées pour soutenir le régime dans l’application intégrale de sa politique de médiocrité déjà entamée à l’endroit de la communauté noire.
– Exigeons le remplacement immédiat de tous les commandants de cercle et Adjoints, des chefs de subdivision, des chefs de postes administratifs, des commissaires de police, des commandants de gendarmerie, des juges et Maires-délégués, tous maures se trouvant dans le Sud par des administrateurs et fonctionnaires noirs, seuls soucieux du développement de cette partie du pays et respectueux des populations, et de toutes leurs valeurs.
– Exigeons le placement immédiat de tous les cadres noirs sous-employés dans les situations conformes à leurs diplômes et références.
– Sommes prêts à rencontrer le Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Groupe Parlementaire ;
– Mettons en garde tout responsable noir contre une éventuelle prise de position susceptible de léser les intérêts de la Communauté (noire) ;
– Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la Communauté noire et jusqu’à ce que tout citoyen noir vive libre, digne et heureux en Mauritanie”.


Les signataires
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LA RÉACTION DU PRÉSIDENT MOKTAR OULD DADDAH

 

Mes Chers Compatriotes,

Lorsque le 28 Novembre 1960 à 0 heure, je proclamais solennellement l’indépendance de la Mauritanie, je coupais, du même coup, le lien de subordination qui reliait les hommes et les femmes de Mauritanie à l’ancienne puissance coloniale.

Aussitôt après, lorsque vous m’avez tous élu à l’unanimité Président de la République, puis Secrétaire Général du Parti du Peuple, je me suis engagé, devant Dieu et devant les hommes, à mener à la tête de l’Etat mauritanien, une action susceptible d’améliorer le niveau économique et social de la nation.

Il va sans dire que cette action ne pouvait et ne peut s’inscrire que dans le cadre et sur les bases d’une unité nationale solide qui permette à l’ensemble du peuple mauritanien de supporter le lourd fardeau de l’indépendance, et de lutter efficacement contre les ennemis intérieurs et extérieurs de la Nation.

Je me suis engagé solennellement engagé sous serment à protéger et à renforcer cette unité.

Lorsque celle-ci a été menacée par les revendications marocaines qui tentaient d’organiser dans notre Pays une subversion visant, à terme, à faire de la Mauritanie une province marocaine, je n’ai pas hésité à mâter ceux qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, ont voulu ruiner nos efforts et notre volonté de bâtir une Mauritanie forte et indépendante. Ce ne fut pas en vain.

Aujourd’hui, certains compatriotes du Sud, tous fonctionnaires et parfois hauts-fonctionnaires de l’Etat, aveuglés par des positions passionnelles, se déclarent décidés, ni plus ni moins à mettre en cause l’unité nationale, en menant une action contraire à la doctrine du Parti, parti de l’Etat et contre les lois qui concrétisent cette doctrine.

En effet, ces compatriotes n’ont pas hésité à diffuser un manifeste dans lequel ils appuient la grève des élèves des établissements secondaires, et encouragent ceux-ci à refuser l’application de la loi n° 65.026 du 30 janvier 1965 qui déclare obligatoire l’enseignement de la langue arabe dans les établissements du second degré.

Ainsi, les signataires du « manifeste », lâchement – il faut le dire – ont engagé dans leur action néfaste des jeunes gens chez lesquels il est trop facile de faire vibrer des cordes passionnelles et irrationnelles.

Ils n’ont pas hésité, pour réaliser leur dessein, à utiliser de jeunes Mauritaniennes et de jeunes Mauritaniens, dont la seule préoccupation actuelle devrait être de poursuivre paisiblement leurs études pour se préparer demain à assumer, à leur tour, les responsabilités du pouvoir et à diriger les destinées de la nation.

Les signataires de ce « manifeste », enfin, ne sont mandatés par personne, ni dans le cadre des organes de l’Etat, ni dans le cadre des organismes du Parti. Ils ont préféré la menace, le chantage et l’intimidation au dialogue dans le cadre du Parti et de l’Etat.

J’ai toujours été quant à moi, partisan du dialogue, chaque fois que l’exigeait l’intérêt général. Or, la voie choisie par les signataires du « manifeste », c’est-à-dire, je le répète, la menace, le chantage et l’exploitation coupable de la jeunesse scolaire m’oblige, en tant que garant de la Constitution et de l’unité nationale à sanctionner ceux qui se déclarent ouvertement contre la Constitution et les lois de l’Etat et mettent en cause l’unité de la nation.

J’ai, en conséquence, décidé la suspension à compter du mercredi 5 janvier, des 19 fonctionnaires signataires du « manifeste ».

Parallèlement, des poursuites judiciaires  seront engagées contre eux.

Je saisis l’occasion, qui m’est offerte ici, pour avertir, solennellement, tout individu ou tout groupe d’individus, quel qu’il soit, que toute action, visant à mettre en cause les fondements mêmes de l’unité nationale, sera châtiée sans pitié.

Il reste entendu que tout les problèmes nationaux doivent faire l’objet de discussions approfondies dans le cadre légal des institutions du Parti et de l’Etat, afin de leur trouver des solutions satisfaisantes pour tous.

 

Moktar Ould Daddah

Président de la République Islamique de Mauritanie.

10 Janvier 1966- discours radiodiffusé.

 

Les élections législatives et municipales auront lieu le 12 octobre

altLe conseil des ministres mauritaniens, réuni ce samedi trois août, a pris un décret portant convocation du collège électoral pour le premier tour des élections législatives et municipales le 12 octobre 2013 et en cas de second tour le 26 octobre 2013.

L’annonce a été faite par le ministre de la communication et des relations avec le parlement, Mohamed Ould Yahya Ould Horma,  cet après midi à Nouakchott. Le décret pris en conseil des ministres reste donc dans la fourchette fixée par la CENI qui avait annoncé la tenue de ces élections législatives et municipales entre le 15 septembre et le 15 octobre 2013.

Après l’annonce de la date des élections, il a été, entre autres,  posé la question suivante au ministre de la communication : « L’opposition mauritanienne juge la date fixée par la CENI unilatérale ; En la maintenant, ne risquez-vous pas d’organiser des élections avec seulement le pouvoir et ses partisans ? »

Réponse du ministre de la communication : Il faut rester collé au cadre institutionnel qui régit les élections. Ce n’est malheureusement pas l’opposition qui fixe la date des élections, c’est la CENI et c’est le gouvernement qui convoque le collège électoral ; Chacun est dans son rôle.

Ensuite, cette convocation est le fruit d’un dialogue national qui a duré un mois, un dialogue qui s’est voulu inclusif. Chacun doit donc assumer la responsabilité des positions qu’il prend. L’opposition avance des arguments qui, pour nous et pour l’ensemble des citoyens ne sont pas convaincants, cela se traduira à travers la participation à ces élections.

D’ailleurs, il y a de petits signes parus dans la presse, l’opposition a appelé  ses militants à s’inscrire sur le fichier électoral, c’est quand même un bon petit présage. La situation est dynamique, les contacts sont menés à tous les niveaux.

Il faut noter aussi que nous somme tenus de respecter la loi.  Les mandats de l’assemblée nationale et des conseillers municipaux, dans un souci de recherche de consensus, ont été prorogés de presque deux ans, c’est quand même excessif… Les formations politiques désireuses de s’engager dans ce processus crédible, transparent et indépendant ont une fenêtre de titre qui n’a jamais existé en Mauritanie

Avec une offre électorale comprenant un nouveau code électoral, une ceni consensuelle, un fichier électoral biométrique… je me demande comment quelqu’un peut prendre la responsabilité de ne pas s’engager dans ces élections ? »

Source:cridem