Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: July 2013

La CENI jusqu’au bout… De quel néant ?

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) poursuit, comme si de rien n’était, la mise en œuvre de son chronogramme. En effet, après avoir décidé, presque unilatéralement mais prudemment, d’une fourchette de dates pour les élections municipales et législatives – une initiative qui avait déclenché, à l’époque, l’ire des partis politiques, toutes tendances confondues – la voici enclenchant la vitesse supérieure, avec le lancement, à quelque soixante jours de la date-butoir, du recensement à vocation électorale. Une opération censée établir la fameuse liste des électeurs. Mais qui ressemble fort à la politique de l’autruche. Au lieu de se lancer dans une très incertaine course contre la montre, elle devrait plutôt mettre la pédale douce et tenir compte de la réalité mauritanienne. Le pitoyable spectacle que nous offre la classe politique devrait la préoccuper ; mieux, l’inciter à appuyer les différentes tentatives de rapprocher les positions, au lieu de s’obstiner à poursuivre des préparatifs déjà entachés de nombreuses irrégularités. On dira que la CENI est dans son rôle, ou plutôt, sa mission. Mais, aujourd’hui, il n’échappe à personne que la date calée entre septembre et octobre est quasi impossible à tenir, sauf, bien entendu, si la commission entend s’offrir en ridicule. Car les moyens techniques et financiers ne suivent toujours pas. Recenser les populations sur les registres électoraux, procéder à la révision des listes, commander le matériel électoral et convoquer les électeurs, le tout en moins de cinquante jours ? Si l’on vise un minimum de sérieux, c’est pratiquement irréalisable. Et courir ainsi ne vaut, à la CENI, que de fâcher son quasiment seul interlocuteur crédible, le pôle CAP/AP.

 

La CAP/AP émet de sérieuses réserves

Les présidents des partis composant ce pôle sont allés en délégation, dimanche 21 juillet, exprimer, de vive voix, leur mécontentement à la commission. A en croire une confidence, le pôle « centriste » qui soutient l’initiative du président Messaoud n’y aurait pas fait dans la dentelle. Selon ses leaders, la CENI aurait dû prendre l’avis de ses partenaires, avant d’annoncer sa décision, parce qu’estiment-ils, toutes les chances de rapprocher les positions des protagonistes politiques ne sont pas épuisées. En outre, La CAP/AP aurait émis, a au cours de la rencontre, de sérieuses réserves sur la réussite de l’entreprise de la CENI. Pour les soutiens de l’initiative du président Messaoud, le temps qui nous sépare du mois d’octobre est trop court pour régler les problèmes liés au recensement à vocation électorale, à la confection de la liste en rapport, à la distribution des cartes, à la convocation du corps électoral, le tout suspendu à l’aboutissement convenable de l’enrôlement et aux lents et coûteux retraits de cartes d’identité… Le Ramadan et la période hivernale ne facilitant pas, non plus, cette importante opération…

Pour la CENI, s’il s’agit, officiellement, de s’en tenir à son calendrier, elle cherche, peut-être également, à exercer pressions sur les acteurs politiques, afin de les amener à négocier. Y parviendra-t-elle, en poursuivant imperturbablement la voie qu’elle s’est tracée ? Rien n’est moins sûr. Depuis sa mise en place, l’annonce, dans la foulée, de son chronogramme et les premières rencontres avec les acteurs politiques et la société civile, cet organisme censé indépendant n’a entrepris aucune offensive pour amener les protagonistes à s’asseoir autour d’une table. Mollesse coupable, de l’avis de nombreux observateurs, pour qui la CENI semble se contenter d’occuper le temps, en ne gérant que l’« aspect technique » du processus électoral. Or, sa charge ne se limite pas qu’à cette fonction, elle a aussi mission de facilitation. Sans celle-ci, la CENI paraît superflue. Il suffisait de confier la tâche au ministère de l’Intérieur qui dispose d’une expérience certaine dans l’organisation d’élections. La CENI ira-t-elle donc au bout de sa logique ? Que ferait-elle et quel serait son bilan, si, d’aventure, la CAP/AP boycottait le scrutin ?

 

Source: Lecalame

Mauritanie: Trop tôt pour parler d’une participation des FLAM aux prochaines élections (Samba Thiam)

altALAKHBAR (Nouakchott)-Selon le président des Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM), il est trop tôt pour parler d’une participation du mouvement aux prochaines élections législatives et municipales ou du choix de leur candidat pour la présidentielle de 2014. Samba Thiam s’explique dans cette interview à Alakhbar: ” Notre situation actuelle  et notre ordre de priorité ne me permettent pas de répondre avec précision à cette question. Il faut attendre”. 

ALAKHBAR: Qu’en est-il de l’entrée politique des FLAM annoncée après leur redéploiement en Mauritanie ?

Samba Thiam: Les FLAM avaient annoncé qu’elles se redéploieraient, ce volet est en phase d’exécution largement avancée, comme vous avez dû le constatez effectivement sur le terrain.  Ensuite elles avaient déclaré qu’elles intégreraient la légalité. Cette intention demeure, il reste à en déterminer simplement  la forme et les modalités .

ALAKHBAR: Les FLAM vont-elles participer aux prochaines élections législatives et municipales,  et qui sera votre candidat pour la présidentielle de 2014 ?

Samba Thiam:  Il est trop tôt pour le dire. Notre situation actuelle  et notre ordre de priorité ne me permettent pas de répondre avec précision à cette question. Il faut attendre.

ALAKHBAR: Les FLAM sont-elles satisfaites du règlement de la question du Passif humanitaire ?

Samba ThiamSatisfaites, non ! Parce que cette question n’est pas complètement réglée. Disons plutôt qu’elles se réjouissent de l’amorce du règlement de ce dossier, à commencer par la reconnaissance, par l’Etat, de la tragédie, un pardon,  officiellement  exprimé, le retour des réfugiés – en dépit des insuffisances notoires – , et tout récemment l’acquittement entamé des réparations pécuniaires avec leurs lots de manquements, d’approximations et de confusions, qui doivent être corrigés

Bref, ce sont là des actes posés,  importants, allant dans le sens de l’apaisement. Mais cela reste insuffisant ;il faut oser aller au règlement de fond, condition indispensable pour garantir une paix sociale durable.

Faut-il le rappeler?  Pour nous le règlement de la question du passif humanitaire ne saurait  se réduire à des réparations . Sa solution définitive réside dans notre triptyque habituelle, contenue dans notre Mémorandum de mars 2000 – déjà en 2000 !- qui se résume ainsi : “ refus de l’impunité, exigence de vérité et de réparations , nécessité du pardon, au bout”. Cette formule n’a pas changé.

ALAKHBAR: Les FLAM regrettent-elles aujourd’hui d’avoir mené des opérations armées pendant les années 90 contre le régime de OuldTaya ?

 

Samba ThiamNon! Mais alors absolument pas !
 Face à un régime tyrannique et sanguinaire  et à la gravité de la situation de l’époque, c’était le seul recours, la seule réponse adéquate à opposer, et ce d’autant plus que le colonel Ould Taya rejetait toute idée de dialogue autour des problèmes .

Est-ce que les conditions  avaient été réunies pour lancer une telle entreprise, c’est un autre débat  !

ALAKHBAR:  Quel est le plus proche des FLAM parmi les trois pôles politiques en Mauritanie:(majorité, COD ou CAP) ? Et quels rapports entretenez-vous avec les leaders politiques négro-mauritaniens notamment Kane Hamidou Baba et Ibrahima Moctar Sarr ?

Nous venons juste d’amorcer les premiers contacts avec  la majorité, la COD et la CAP, par leader interposé. Il est donc trop pour juger du degré de proximité.

Si, de par notre positionnement, nous nous situons naturellement dans le camp de l’Opposition, il faut toutefois constater que nous ne partageons pas le même ordre de priorités. Nous sommes une opposition hors du Système …

 Pour ce qui concerne les leaders Négro-africains, ici nommés, je dirais que nos rapports sont empreints de cordialité et de courtoisie. 

ALAKHBAR: Quel est le plus proche des FLAM parmi les trois pôles politiques en Mauritanie:(majorité, COD ou CAP) ? Et quels rapports entretenez-vous avec les leaders politiques négro-mauritaniens notamment Kane Hamidou Baba et Ibrahima Moctar Sarr ?

Samaba Thiam: Nous venons juste d’amorcer les premiers contacts avec  la majorité, la COD et la CAP, par leader interposé. Il est donc trop pour juger du degré de proximité.

Si, de par notre positionnement, nous nous situons naturellement dans le camp de l’Opposition, il faut toutefois constater que nous ne partageons pas le même ordre de priorités. Nous sommes une opposition hors du Système …

Pour ce qui concerne les leaders Négro-africains, ici nommés, je dirais que nos rapports sont empreints de cordialité et de courtoisie.


 ALAKHBAR: Quelles sont vos relations avec ces partis politiques (UPR, Twassoul, UFP et RFD) et avec les mouvements de lutte pour les droits des Harratines et des négro-mauritaniens comme IRA et TPMN ?

Samba Thiam: Avec l’UPR ,Tawasoul et le RFD, nous nous découvrons à peine …

Avec  l’UFP -issu du MND- il faut avouer, pour être honnête , que nos relations ont toujours été houleuses, même très orageuses, par le passé. Mais on peut espérer, après ce  premier contact, bref mais apaisé, établi par le Vice- Président des Flam, et les enseignements tirés de l’évolution de la situation interne, que ces rapports s’améliorent, dans le futur.

Concernant  les ONG des droits humains que vous évoquez, l’histoire retiendra que nous nous sommes toujours efforcés de les  soutenir ,  parce que nous avons conscience des enjeux en cause,  du rôle et de la place de chacun, dans cette lutte.

 Nous devons apprendre à nous respecter, à respecter les choix libres et souverains de chacun, sans jamais nous prendre pour des Messies ! 

Le Système est déjà assez coriace comme ça pour en rajouter …



 ALAKHBAR: Selon la presse, les FLAM auraient soutenu la tentative de coup d’Etat de 2003 avant d’aider à capturer son auteur (Saleh Ould Hanna) ; comment répliquez-vous à ces accusations?

Samba Thiam: Le colonel  OuldTaya incarnait , à nos yeux , le mal absolu, la tyrannie dans son essence même ; et qui n’aurait donc pas soutenu la chute d’un tyran ?

 Je laisse toutefois  le soin à Hanena ou à son assistant d’alors –le commandant  Ould Cheikhna- de révéler au public la position des FLAM à l’époque .

Pour l’accusation (aider à la capture de Hanena ), c’est vous qui me l’apprenez. Je la trouve simplement ridicule et grotesque.

On dit généralement qu’entre ce qui se dit (les ragots ) et la vérité, comme pour la légende et l’histoire, il y’a bien souvent un fossé, énorme.

Une chose est sûre,-ceux qui nous connaissent  et suivent notre parcours depuis toujours –  savent que nous ne mangeons pas à ce râtelier, même dans la plus vive adversité …

Mais, il est vrai que les détracteurs des FLAM sont si ingénieux qu’ils manquent quelque fois du sens de la mesure.

 
ALAKHBAR: Personne n’a presque entendu les FLAM sur les affrontements inter communautaires de Kaédi; pourquoi ce silence ?

Samba Thiam: Je suis surpris de vous entendre affirmer pareille chose, car nous avons toujours pensé qu’ Al-Akhbar était parmi les journaux les plus crédibles du pays, pour posséder la bonne  l’information, et poser les bonnes questions. Comment donc cette information a pu vous échapper ?

Je puis vous dire à ce propos que nous sommes les seconds  à avoir réagi face à cet événement , à travers  une déclaration, sans louvoiement ni langue de bois …Mieux, le Vice-Président des FLAM s’est déplacé en personne à Kaédi pour s’enquérir  de la situation. La question de l’unité nationale reste notre credo…


 ALAKHBAR: Que vous inspire le sentiment des Nasséristes mauritaniens qui craignent que le pays perde son identité arabe ?

Samba Thiam: Cette question demande une réponse étoffée, fouillée, qui ne peut avoir  place ici malheureusement ;  car pour y répondre  et bien cerner la question, il eût été nécessaire, d’indiquer qui sont les Nassériens, combien sont –ils, quels sont les soubassements de leur idéologie ?

Mais,  pour m’y essayer,  je dirais assez brièvement que cette crainte de leur part, ( que le pays perde son identité arabe ), repose sur une vision chimérique, étroite du pays; la Mauritanien’est pas arabe, contrairement à ce qu’ils pensent, mais arabe et négro-africaine! Cette peur enfouie a pour base, je l’ai dit, leur  vision sectaire, réductrice d’une Mauritanie exclusivement …arabe. Les Nassériens  se refusent à voir la réalité mauritanienne, telle qu’elle est. Cette vision se nourrit de l’espoir, secret, de parvenir un jour  à assimiler les Négro- africains, comme au Soudan, comme en Algérie ou en Tunisie . Mais c’est une entreprise vouée  à l’échec, tant notre présence et nos cultures sont effectives. C’est peine perdue, à moins d’ériger un rideau de fer entre la Mauritanie et le Sénégal, entre la Mauritanie et le Mali . 

Tant que les Nassériens et consort n’auront pas renoncé à leur dessein secret ,- l’assimilation des autres – ils vivront cette crainte, qui grandira, ravivée, chaque jour, par la dure réalité de la Mauritanie : Multi-ethnique et pluriculturelle …

Nier le réel ou le refuser ne supprime pas le réel ; les Nasséristes feraient donc mieux d’y revenir …

Grandir, nous disent les psychologies,  c’est aussi pouvoir discerner entre le principe de plaisir et le principe de réalité.

ALAKHBAR DU 31 JUILLET 2013.

Mali : Ibrahim Boubacar Keïta serait en tête de la présidentielle

Le candidat à la présidentielle Ibrahim Boubacar Keïta, lors d'un meeting à Bamako, le 26 juillet, dernière journée de la campagne.Les premiers résultats de l’élection présidentielle au Mali, organisée dimanche 28 juillet, donnaient une très nette avance à l’ex-premier ministre de 69 ans Ibrahim Boubacar Keïta, selon la presse malienne. Ces résultats – non officiels – montrent que M. Keïta pourrait même créer la surprise et l’emporter dès le premier tour.

Dès que ces informations ont été diffusées par les radios locales, des milliers de partisans d'”IBK” se sont rendus au quartier général de son parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM) et à son domicile de Bamako. Tous scandaient : “IBK, l’homme qu’il nous faut.”

PAS D’INCIDENTS NOTABLES

Ibrahim Boubacar Keïta, cacique de la vie politique malienne, est l’un des deux grands favoris du scrutin avec Soumaïla Cissé, 63 ans, ancien ministre des finances et ex-président de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

En dépit de menaces d’un groupe djihadiste armé, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le scrutin s’est déroulé sans incidents et a été marqué par une forte mobilisation, selon des observateurs nationaux indépendants.

Dans les villes du Nord (Kidal, Gao et Tombouctou), région qui a subi en 2012 la violence et l’occupation de rebelles touareg et de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, le vote s’est tenu sous la surveillance de casques bleus de la force de l’ONU, la Minusma, et de l’armée malienne assistés par les 3 200 soldats Français restés au Mali après leur intervention en janvier pour chasser les djihadistes.

François Hollande a d’ailleurs salué dans un communiqué “le bon déroulement du scrutin présidentiel malien, marqué par une mobilisation importante et une absence d’incident majeur”Jean-Marc Ayrault s’est de son côté félicité “que les élections au Mali se soient passées dans de bonnes conditions.” “Attendons les résultats officiels”, a  toutefois ajouté le premier ministre en marge de sa visite officielle en Malaisie.

Le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, s’est lui félicité de la mobilisation des Maliens, estimant qu’ils avaient “contredit les oiseaux de mauvais augure”. “C’est une très belle démonstration des Maliens qui croient en l’avenir de leur pays et une remise en selle d’un pays qui se retrouve”, a conclu le ministre.

Source: Lemonde

Mauritanie: Les FLAM, “une opposition hors du Système” (Président)

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ALAKHBAR (Nouakchott)- Dans une interview exclusive à Alakhbar à publier ultérieuement, le président des FLAM, Samba Thiam, définit la position de son mouvement par rapport aux principaux pôles et partis politiques et aux ONG de défense des droits humains en Mauritanie.

Il précise: ”si, de par notre positionnement, nous nous situons naturellement dans le camp de l’Opposition, il faut toutefois constater que nous ne partageons pas le même ordre de priorités. Nous sommes une opposition hors du Système” .

 

Et ajoute: ”Avec l’UPR ,Tawasoul et le RFD, nous nous découvrons à peine (…)  Avec  l’UFP -issu du MND- il faut avouer, pour être honnête, que nos relations ont toujours été houleuses, même très orageuses, par le passé”.

 

Pour ce qui est des ONG des droits humains, Samba Thiam ”l’histoire retiendra que nous nous sommes toujours efforcés de les  soutenir ,  parceque nous avons conscience des enjeux en cause,  du rôle et de la place de chacun, dans cette lutte”.

 

Plus loin, le président des FLAM répond aux nationalistes arabes, les Nasseristes qui craingent que la Mauritanie ne perde son indentité arabe.  Il dit : ”Les Nassériens  se refusent à voir la réalité mauritanienne, telle qu’elle est. Cette vision se nourrit de l’espoir, secret, de parvenir un jour  à assimiler les Négro- africains, comme au Soudan, comme en Algérie ou en Tunisie . Mais c’est une entreprise vouée  àl’échec, tant notre présence et nos cultures sont effectives”. 

Comparer Biram Dah Abeid à Nelson Mandela? oui mais transcendantale pour Madiba

altPartant de la méthode empirique la connaissance humaine se fonde sur l’accumulation d’observations et des faits dont on peut extraire des lois, des théorèmes, des axiomes des postulats hypothético-déductifs ou encore des conclusions hâtives et enfumantes.

Parmi ces conclusions, il y a ce qu’on appelle le raisonnement par analogie, vieille recette inductive et qui stipule par exemple, après le constat de similitudes entre notre planète-terre et la planète Mars, d’émettre l’ hypothèse d’ une probabilité de vie sur cette petite planète rouge.

Notre “leçon des choses” ou déduction peut s’étendre également dans le domaine sociologique à des êtres humains qu’à priori rien ne lie si ce n’est …justement l’humanité.

En effet comparer Biram Dah Abeid à Nelson Mandela s’avère être un exercice très délicat dans sa forme, mais aussi ingrat dans son esprit. Cette comparaison même altruiste écorche l’image emblématique, universaliste de l’icône Madiba, la ramenant à la même strate qu’une kermesse villageoise. Certes Biram est un défenseur des droits de l’homme en Mauritanie tout comme Mandela en Afrique du Sud pendant l’inique système d’Apartheid ou séparation.

Que l’adage qui dit: “comparaison n’est pas raison” trouvât ici toute la dimension disproportionnée de sa sémantique! Car du point de vue de la symbolique, de la portée du combat, de l’abnégation, du style dans la communication, des idéaux, bref de la weltanschauung chez nos deux combattants de la liberté, s’en découlent deux lignes de conduite opposées, immanente chez Biram mais transcendantale pour Madiba.

Ces deux lignes de conduites comme deux asymptotes parallèles, sont condamnées à ne jamais se confondre quand même que le mauritanien à la fleur de l’âge, entame ses premiers pas et l’autre, au crépuscule de sa vie, sur son lit d’hôpital au vu et au su du monde entier, lance des signaux alarmants au corbillard. Les “marques de fabrique” des deux hommes permettent d’établir avec discernement la traçabilité du parcours intrinsèque de chacun, nonobstant les théories mensongères ou velléitaires.

Nelson Mandela n’est pas n’importe qui, de par son passé, son charisme, son opportunisme politique. Militant de l’ANC (African National Congress) depuis 1944, et ayant constaté que le combat pacifique contre le racisme institutionnalisé, cette fois, ne mènera à rien, Madiba, de son nom tribal, fonde en 1961 la branche militaire de l’ANC.

Arrêté le 12 juillet 1963 sur indication de la CIA, il devient le symbole de la lutte anti-Apartheid, après le procès de Rivonia. L’homme a purgé 27 ans de prison avant d’être relâché le 11 février 1990 certes en faveur des changements majeurs survenus dans le monde le siècle dernier à savoir: l’effondrement du mur de Berlin et la dislocation des deux blocs.

De son lieu de detention, Mandela leader incontesté se tenait toujours au courant des activités de l’ANC, tout en refusant et à maintes occasions de se faire libérer sous conditions, c’est à dire en trahissant son peuple. Il a préféré tailler la pierre des années durant plutôt que de vivre “libre” sous la protection complaisante mais non moins humiliante de ses geôliers blancs, autrement en “godillot“.

On peut imiter, vouloir aller sur les traces de Madiba, comme un artiste-peintre qui recrée la nature sans jamais pouvoir l’égaler, mais personne ne peut-être Mandela. Le mental en beton, l’on se demande avec admiration comment un homme peut tenir 27 ans en prison sans jamais vouloir changer sa ligne de conduite initiale et en sortir jouissant de toute son intégrité, s’il n’avait pas un rendez-vous éminent avec l’Histoire?

Il est permis de constater que Biram, après seulement quatre mois de prison à Nouakchott, a visité maintes fois le CHU de la capitale mauritanienne pour cause de maladie imaginaire ou effective se manifestant par “une tension artérielle” . A noter que la “tension” est une des maladies répandues chez le mauritanien qu’il soit Moissé Sbâ ou Moissé Kembess.
Dans les deux cas de figures l’opinion aura pris acte de la fragilité “psycho-physico-morphologique” de notre demi-Mandela. Le but des fréquents séjours du président de l’IRA au Chu était sans doute d’attirer l’attention sur son sort en sollicitant tacitement la mansuétude de ses geôliers, qu’il épargne d’ailleurs depuis sa sortie de prison. Quelle est la teneur du deal?

Biram est libre de composer avec qui il veut mais qu’il le fasse connaitre à ses sympathisants, aux autres défenseurs des droits de l’homme qui luttent sans tapage, afin de ne pas couper l’herbe de la compromission, cette fois, sous les pieds de tous ceux qui portent en lui l’espoir du changement tant attendu. Mandela n’aurait jamais fait ça.

Une ascension fulgurante

Il est politiquement opportun, rationnellement légitime dans l’ordre naturel et constant des choses de se demander le comment et le pourquoi de l’ascension fulgurante de Biram Dah Abeid en moins de trois années seulement de lutte!

Pour quelques slogans lors de rares manifestations contre l’esclavage en Mauritanie, Biram a raflé tous les prix décernés par l’Allemagne et l’Irlande surtout, des pays, il faut le souligner traditionnellement et historiquement peu enclins à la défense des droits humains.

Pourtant ces slogans ont longtemps été échafaudés auparavant par une kyrielle de défenseurs des droits des Haratines, des négro-mauritaniens à certains égards plus sincères, plus crédibles que Biram sans que ces derniers puissent bénéficier de l’actuelle aura, soit-elle surprenante mais aussi combien enfumante du président de l’IRA.

Certes la configuration géopolitique a changé car la Mauritanie a rompu ses relations diplomatiques avec Israèl dès l’arrivée du général Aziz, poussée en cela par Kaddafi, qui après la rectification du 6-8-2008 en avait fait une condition sinequanon avant de reconnaitre le putsch. De là à croire que Biram est une fabrication fantoche des services de renseignements de l’Etat Hébreux, il y a un pas que j’hésite de franchir.

A vrai dire cette pensée me taraude l’esprit et personne ne peut empêcher mon imagination de vagabonder….En tout cas la coïncidence est flagrante, tranchante. Je suis sûr d’une chose: le jour où le pouvoir Azizien entamera ne serait-ce qu’un flirt même secrètement avec l’entité sioniste, notre défenseur des droits de l’homme Biram reverra la copie de sa côte de popularité exogène en baisse.

Comme du temps d’Ould Taya où la diaspora negro-mauritanienne, pourtant mieux implantée un peu partout en hémisphère-Nord , disposant d’attention particulière dans plusieurs officines occidentales, et qui n’a pu matérialiser ni ses rêves, encore moins rendre concrètes ses revendications, quand l’ancien président mauritanien Maaouiya a établi des relations diplomatiques avec Tel Aviv.

Enfin certaines des sorties hasardeuses récentes sur les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision de France 24 en direct ou en “off” face à l’avocat Jemal Ould Mohamed, le qualifiant de “forgeron“, dénotent de l’amateurisme militant et du manque de consistance dans le projet sociétal du président de l’IRA.

En effet, il est surprenant voire même inimaginable (selon Jemal Ould Mohamed) d’entendre le défenseur des Haratines, la frange la plus martyrisée, se trouvant au bas de l’échelle dans l’anachronique stratification de notre société, proférer des propos dignes d’un aristo-beidhane adepte de Khlil et d’Ibn Acher à l’égard d’un compatriote qui ne fait que son boulot d’avocat.

On ne peut pas, on ne doit pas juger un avocat sur l’orientation de sa profession dite libérale. L’autre couac d’il y a quelques jours du président de l’IRA et qui consiste également en une attaque musclée contre les FLAM, met en exergue la fébrilité manifeste de son auteur qui, me semble-t-il ne veut pas entendre un autre son de cloche.

Or la lutte contre l’esclavagisme et le racisme peut être multiforme et ignorer en même temps les auspices partisans ou velléitaires. Les Flam et l’Ira se regardent désormais en chiens de faïence, se disputent l’espace public, veulent se transformer en partis politiques afin de concrétiser leurs projets de société. Noble initiative. Disons-le franchement, il sera difficile pour les Flam de porter leur dévolu sur un “Hardané” comme figure de proue.

Cette attitude “communautariste” attise la colère de l’IRA et de son président Biram qui n’y va pas du dos de la cuillère en s’adonnant à son tour à des discours “soixante dixard” dignes d’un Sekou Toure de Guinée à l’égard du président Senghor.

Les FLAM, la négritude, Gaston Kelman, la “tigritude” et tutti quanti…..

Mais qu’est-ce qui lie un indien dravidien, un aborigène d’Australie, à un agriculteur de Senoboussobé en Mauritanie; un Zoulou du Transkei à un rappeur du Bronx si ce n’est la couleur de la peau? En investissant toute leur libido objectale sur un Hartani, certains négro-mauritaniens croient trouver en Biram l’homme providentiel, le messie qui mettra fin à leur souffrance.

Et Biram de son côté en candide croyait que son arrestation allait mettre la Mauritanie à feux et à sang. L’explosion communautaire tant attendue et qui n’est dans l’intérêt de personne tarde à venir quand même que l’Etat-major de l’IRA devrait revoir sa stratégie. Car en Mauritanie depuis l’indépendance toutes les composantes ethniques souffrent.

Certes le pèlerinage d’Inal ,de Sorimalé peuvent être mis à l’actif du président de l’IRA .Incontestablement Biram a donné une chiquenaude à la lutte pour l’émancipation des Haratines, des esclaves negro-mauritaniens, et d’ailleurs de tous les castés qui élèvent désormais la voix.

Le président de l’IRA est dorénavant pris au sérieux, adulé par les pouvoirs publics qui veulent canaliser son action en le dressant cependant contre tous ses alliés objectifs à savoir les FLAM, les Opposants au régime.

Je parie que le jour où Biram accédera à l’olympe, c’est d’un regard impérieux et méprisable qu’il scrutera ses “misérables” compatriotes Beidhanes et surtout negro-mauritaniens, les exhortant à compter sur leurs propres forces afin d’éradiquer le racisme et l’exclusion dont ils sont victimes.

D’autre part l’on se demande si Gaston Kelman n’a pas raison quelque part quand il rebute l’éternelle victimisation des Noirs de tous temps et en tous lieux. En effet ramener l’histoire des peuples Noirs à des perspectives colorielles uniquement serait de nos jours une indigence intellectuelle, une entreprise contre-productive.

Au début du siècle dernier, les chantres de la condition noire: Léon G.Damas,Léopold S.Senghor, ou Aime Cesaire en faisant l’ apologie du néologisme de la negritude, repondaient à un imperatif socio-culturel qui revendique haut et fort l’appartenance à une entité de couleur longtemps”sans culture”,clouée au piloris par les vissicitudes de l’Histoire. Depuis les vents favorables ont soufflé et les Noirs doivent cesser de s’en prendre constamment au passé.

Quand le poète Senghor chantait la beauté noire-bois-d’ébene de Coumba Ndofene Diouf,quand le deputé-maire et poète antillais Césaire accablait le colonialisme,ces pionniers de la négritude n’ont fait que riposter à l’agressivité raciste adverse d’où qu’elle venait.Ce,il y a eu un temps pour la victimisation et il faut desormais un temps pour le combat où le Noir ne doit plus s’ériger constamment en dernier rejeton des clichés qui émaillent l’Histoire Humaine .

Certains intellectuels africains ont dejà adopté cette position impetieuse tel le prix littéraire,l’écrivain et dramaturge nigérian Wole Soyinka et qui dit:“le tigre ne doit pas parler de sa tigritude;il capte sa proie,la tue et la mange”.D’ailleurs à force de parler de racisme,d’exclusion à son égard,on reconnait de manière latente son infériorité vis à vis de son interlocuteur.

Il n’est point utile d’être un adepte de Jung,Lacan ou Freud pour “com-prendre“cette subtilité.Depuis belle lurette le sablier de la clepsydre s’est vidé,l’homme est parait-il allé sur la lune,l’Amerique a élu un Noir à la Maison Blanche et certains Noirs se complaisent toujours à se referer sur un passé certes douloureux mais à jamais révolu.

Enfin nous devons savoir que la société mauritanienne souffre dans son hétérogeneité.M’Boirik de Bassiknou,Penda d’Aeré Goleré,Brahim Salem d’Atar et Moussa de Gouraye ont quotidiennement les mêmes problèmes depuis l’independance de leur pays.Nous avons besoin de patriotes capables de hisser la Mauritanie au firmament des nations où il fait bon vivre.

Pour éradiquer la tare de l’ésclavage,juguler le racisme,lutter contre la pauvreté,l’injustice,la dilapidation des deniers publics,nous prônons des solutions mauritaniennes endogènes.Certes on est,on existe toujours par rapport au monde qui nous entoure.

Mais la comparaison doit être porteuse de bourgeons dont le nectar sera reparti équitablement à tous les niveaux de la société mauritanienne.Dans ce cas,je conseille à Biram de rester humble,accessible,tolerant mais intransigeant quant à lutter contre les ésclavagistes,les racistes de tous bords. Biram doit rester Biram,il n’est ni martin l. King ni Nelson Mandela.

Bonne fin de Ramadan pour tous les Mauritaniens.

Capitaine Ely Ould Sid’ahmed Ould Sidi Dit Krombele