Daily Archives: 08/07/2013
Les FLAM dans le Tooro: au contact du pays réel, le compte-rendu de notre envoyé spécial
FLAMNET: Une délégation des Flam conduite par notre camarade Ibrahima Mifo Sow vice-président des Flam et comprenant les camarades Mamadou Wane et Hamat Diallo s’est rendue le 4 et 5 juillet 2013 en mission de contact de proximité dans le Trarza. La mission a notamment visité les villages de Salnde ( Madina Fanaye ), Gnakwar, Dar Essalam, Gourel Moussa, Djolly, Fada, Gawdal, Ganki Toro, Madina Ndiaybe, Mboul et Palkone. Partout où elle est passée, la délégation a fait l’objet d’un accueil enthousiaste et chaleureux.
Cette visite des Flam revêtait un triple objectif: annoncer le retour imminent du Président de l’organisation, s’imprêgner du vécu quotidien des populations et, conséquemment , les remobiliser dans le cadre de la défense de leurs droits.
Le Vice-président a fait des exposés exhaustifs sur les péripéties de la longue lutte de résistance patriotique contre la domination hégémonique d’une composante nationale sur les autres. Il a ainsi replacé le combat héroique des Flam dans la logique du devoir de relève générationnelle. Il dira que son mouvement a initié un combat pacifique en atttirant l’attention du pouvoir de l’époque sur la situation des discriminations généralisées. Le Manifeste n’avait qu’un seul objectif, celui d’inviter les leaders de toutes nos ethnies à un dialogue franc et responsable pour la prise en charge consensuelle de notre avenir en commun. Mais face aux dérives ethno-génocidaires du régime de O/ Taya, les Flam se sont vaillamment défendues sur tous les fronts.
A l’issue de cette introduction instructive, le camarade Sow s’est fait fort de transmettre la bonne nouvelle que tout le monde attendait. Il dira que son organisation revient pour continuer le combat avec son peuple. Il a assuré que les Flam seront partout où la dignité des Mauritaniens est à rétablir, partout où les opprimés et les exclus seront à défendre. Il a invité ses interlocuteurs à s’associer aux Flam et à tous les combattants de la liberté pour la défense de leur droit à une citoyenne pleine et entière. Il leur fera comprendre que ce combat est le leur, que personne venant d’ailleurs ne l’assumera à leur place.
Le message du retour des Flam a été accueilli avec enthousiasme et ferveur. Partout, dans ces 11villages visités, les intervenants ( responsables religieux, chefs coutumiers, hommes, femmes et jeunes ) ont exprimé leurs espoirs de voir leurs interêts mieux défendus maintenant que les Flam sont revenues parmi eux. Beaucoup d’entre eux ont déjà pratiqué les Flam dont ils connaissent la détermination et la disponibilité aux sacrifices pour servir l’intérêt commun. Ils ont presque tous fait remarquer qu’ils n’avaient auparavant droit qu’à la visite de politiciens à la chasse de leurs suffrages. Ils se sont dit remobilisés comme jamais aupravant pour la prise en mains fermes de leur destin.
Ces populations étaient d’autant plus reconfortées qu’elles se sentaient jusque-là abandonnées à elles-mêmes face aux implacables difficultés délibéremment entretenues par les autorités pour les amener à renoncer à vivre sur les terres de leurs ancêtres. Elles se sont ouvertes aux missionnaires des Flam, énumérant dans les détails les peines de leur quotidien.
Le lot commun ici est fait, entre autres, de l’accaparement de leurs terres par des bandes de nouveaux venus, l’impossible enrôlement à l’état civil, difficile accès à l’eau potable. Les exemples emblématiques ont été cités comme ceux de Gnakwar ( le village natal de feu le lieutenant Sall Oumar, supplicié à Inal ) dont l’espace vital est allègrement violé par une exploitation agricole d’un promoteur allogène. Partout ailleurs, les terres sont mises en coupes réglées par une poignées de privilégiés qui ne cédent aux autochtones que la portion inexploitable. Ainsi, du village de Gourel Moussa aux confins de celui de Djolly et sur une longueur allant des bords du fleuve Sénégal aux berges du lac Kiray rêgne en maitre un seul propriétaire. Ailleurs, ce sont des centaines d’hectares frauduleusement octroyés à de riches promoteurs qui pillent, sans scrupules aucun, le couvert végétal transformé en charbons de bois, bloquent les voies de desserte entre les villages et, comble de l’ironie, s’érigent en négociants véreux de la terre qui ne leur appartient pas. A Djolly même, le pire a été frôlé le 16 juin passé quand 5 familles allogènes ont tenté de s’accaparer de 20 ha sur 48 mis en valeur par la SONADER au détriment d’une centaine de familles autochtones. L’incident a dégénéré en bataille rangée occasionnant blessés et arrestations. A Fada, les rapatriés campent toujours, 3 ans après leur retour de la déportation, sur des terres inondables alors que leur village natal, dont ils ont été séparés d’une rue, reste occupé par des populations venues d’ailleurs. Le cas du villlage de Gawdal est encore plus dramatique parce qu’il concerne l’accès à l’eau potable. En effet, le seul puits à eau pure dont les populations se servaient se trouvent maintenant bloqué par des digues et des conduites d’eau érigées en barrières infranchissables par une exploitation agro-pastorale pakistanaise. Les populations sont contraintes désormais à aller puiser l’eau de rivière à plus de 2 kms. A ce jour, toutes les démarches entreprises à l’endroit des autorités communales et régionales pour que les propriètaires du projet daignent aménager une voie d’accès à ce puits vital sont restées vaines.
Quant aux problèmes d’état civil que rencontrent les populations locales, ils sont tout simplement incrompréhensibles. Ces populations essentiellement rapatriées ont bien passé les tests inquisitoires de vérification de leur citoyenneté avant que l’Etat mauritanien n’accepte leur retour. Pour elles, l’obtention des documents définitifs ne devrait relever que de simples formalités. Mais que non! Des embûches continuent d’être posées sur le chemin de leur réhabilitation citoyenne par une administration tatillonne, foncièrement incompétente et manifestement idéologisée.
Notons que le président de la République a été informé de tous ces problèmes à l’occasion de sa récente visite dans le Trarza. C’est un délégué venu de Gourel Moussa dûment mandaté par les rapatriés qui l’en a saisi. Il ne peut plus donc se dérober. En tout état de cause, les frustrations et le raz-le-bol y ont atteint un tel degré que la prise en compte urgente des droits de ces citoyens ne peut plus être différé sans consèquences.
La délégation des Flam se félicite du succès éclatant de cette mission caractérisée par une parfaite symbiose de vues et d’engagement entre le mouvement et ces populations. Ces dernières ont marqué leur adhésion au discours des Flam et à leur message pour le rassemblement de toutes et de tous pour que prévalent dans notre pays la justice et l’égalité entre les Mauritaniens. Ces populations ont promis une mobilisation exemplaire pour accueillir dans la ferveur militante le président des Flam et ses collaborateurs.
La lutte continue!
Le département de la communication.




