Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: June 2012

Me Fatimata Mbaye lauréate du prix Trafficking in Persons Report.

altMe Fatimata Mbaye, présidente de l’Association Mauritanienne des droits de l’Homme a obtenu le 19 juin dernier le prix “Trafficking in Persons Report” des mains de la secrétaire d’État Américain Hillary Clinton. Cette distinction prouve combien la lutte, menée par cette mère de trois enfants est noble. L’AMDH a été gratifiée par les distinctions de ses membres depuis sa création jusqu’aujourd’hui. Tous les militants doivent puiser dans ces distinctions, des éléments de motivation et d’abnégation pour faire reculer l’impunité et instruire la population mauritanienne en particulier et africaine en général.
D’autres lauréats venus des quatre coins du monde, ont bénéficié de ce prix. Cette distinction montre l’attachement de l’administration de Barack Obama au respect des droits de l’Homme dans le monde entier.

Même si la situation de la sous région semble occultée, les violations des droits de l’Homme, les militants ne doivent pas désarmer face à la recrudescence des actes de violence à l’égard de la population mauritanienne (emprisonnements arbitraires, cas de tortures, violation des droits de femmes etc…). Il faut que la population puisse prendre sa liberté en main en participant activement à la lutte contre l’impunité.

Maître Fatimata Mbaye donne de sa vie pour défendre la population en s’engagent sur cette voie mais aussi en mettant son cabinet à la disposition des victimes de l’injustice.

La lutte continue et restons unis pour la lutte contre les violations des droits de l’Homme. La lutte continue.

Source: AMDH

Nouvelles d’ailleurs: L’apartheid des esprits….

altPlus de 20 ans après les évènements de 1989, la question des déportations reste vivace, brûlante, sujette à toutes les polémiques et controverses, à toutes les manipulations et les négations. Entre cécité nationale et urgence d’une mémoire apaisée, sinon réconciliée, les fantômes des morts de 1989 et après, les douleurs de ceux qui furent chassés, les mots oubliés et les souffrances réelles n’en finissent plus de hanter les survivants. Nos politiques croyaient qu’en allant se prosterner à Kaédi devant des foules enthousiastes, qu’en demandant pardon au nom de la Nation, qu’en organisant le retour des déportés, l’Histoire se dirait, à nouveau linéaire, réconciliée, rectifiée.
Comme si, chez nous, l’Histoire avait été, un temps, une histoire universelle et commune à tous ces agrégats de sociétés réunies sous la terminologie « mauritanité ». Comme si le leitmotiv d’une unité nationale mainte fois déchirée, maintes fois rapiécée, maintes fois recousue, pouvait servir de mémoire commune.
La seule mémoire commune que nous avons fut celle des idéaux des femmes et des hommes, de moins en moins nombreux aujourd’hui, qui ont rêvé un pays bercé par l’Atlantique à l’Ouest, le Fleuve nourricier au Sud, le Sahara au Nord, le Sahel à l’Est. Cette mémoire politique est la seule que nous ayons. La seule qui nous permet de nous sentir, au travers des déchirures de la mémoire sociale, mauritaniens, passionnément, douloureusement, charnellement.
Quand les peuples se côtoient sans se mélanger, quand les réalités de tous nos racismes nous envahissent, nous nous rattrapons à cette mémoire politique, ardemment défendue par nos anciens des Indépendances.
Et nous regardons ce passé, honteux que nous sommes, où des hommes et des femmes ont eu le courage et le culot de rêver un pays où les citoyens seraient égaux, libres et fiers de se regarder les uns les autres, libres de toutes contingences tribales, sociales, sociologiques, loin des carcans des diktats sociétaux.
Dans ce pays de sable, de marigots, de nomades, d’agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs, ce pays aux multiples langues, dans ce rêve premier, l’avenir se proposait. Et ne s’imposait pas.
La multiculturalité comme terreau de naissance, la diversité comme prisme, la tolérance comme bataille. 1989 a été la fin de ce grand mythe unificateur, la tâche sombre, indélébile, celle de l’infamie, de l’imposture, du vol, du crime d’Etat, de la mystification, de l’ordure.
20 ans après, nous n’avons toujours pas soldé notre passif.
20 ans après, nous refusons toujours de regarder notre passé en face, droit dans les yeux.
Tous savaient, personne n’est coupable. Tous coupables mais non responsables. Tous criminels aux mains propres.
La mémoire passée à la lessiveuse des vœux pieux, karcher confortable qui permet toutes les manipulations.
La pensée, les mots, font partie d’un immense apartheid des esprits qui voudrait qu’il y ait une pensée de « couleur » : les blancs d’un côté, les noirs de l’autre, les bons, les méchants, les racistes, les non racistes. Même la question d’un autre crime, l’esclavage, est perçue comme histoire de « couleurs » : il y aurait d’un côté les méchants Maures et les gentils Noirs; l’histoire manipulée et commode de l’idée pernicieuse que l’esclavage serait plus condamnable quand il est exercé par des blancs sur des noirs, comme si le fait d’être noir et de posséder des esclaves, par une très bizarre contorsion mentale, constituerait un crime moindre…. La géographie des « couleurs »…Concept qui laisse libre court à tous les racismes et xénophobies, à tous les révisionnismes…
La Mauritanie nouvelle se pense en termes de « couleurs ». La mémoire des victimes est vampirisée, fonds de commerce pour certains, réelle lutte pour d’autres, négations pour d’autres encore, enjeu d’un poker menteur qui, par delà les beaux discours, cache des manipulations odieuses sur le dos du sang des morts et des déportés.
Et, à travers ces luttes de pouvoir (tout est pouvoir n’est ce pas?), s’éloigne l’écho des souffrances.
Les noirs manifestent avec les noirs, les blancs avec les blancs. Les politiques, patiemment, déconstruisent notre mémoire.
L’apartheid des esprits…
La haine comme citoyenneté, le rejet, l’incompréhension comme manière de « vivre ensemble » ou, plutôt, du « désunir ensemble ».
Les politiques et les assoiffés de pouvoir, les constructeurs de nos partitions mentales ont réussi : ils ont communautarisé les souffrances et se sont arrogé des droits : les haratines seuls peuvent parler des haratines, les noirs seuls peuvent parler des noirs, les blancs seuls peuvent parler des blancs.
Dès lors que certains, nonobstant ce fascisme des esprits, osent franchir les lignes, ils sont automatiquement suspectés, attaqués, insultés, diffamés.
La couleur de la peau comme tentation sectaire….
1989 recule dans le temps. Demain nous nous réveillerons et 50 ans auront passé, puis 100 ans….
Et l’Histoire aura perdu. La mémoire se sera diluée dans les batailles politiques, les réécritures….
Puisque nous n’avons pas mis la justice au centre du passif humanitaire, puisque que nous aurons refusé de nous colleter avec nos innommables, nous continuerons à danser sur la tombe des victimes.
Puisque nous cherchons quelques coupables sans voir que tout le monde fut coupable, par delà les couleurs de peau, nous continuerons nos amnésies sanglantes.
Et, quelque part en nous, mauritaniens, restera le souvenir de ces temps de honte où la souffrance a servi de tremplin politique, où les cadavres ont servi de perchoir, où les noms ont servi les appétits de pouvoir.
Là, tout au fond de nous, entendrons nous encore murmurer les noms des disparus, des assassinés, des femmes violées, des déportés, des noyés, des pendus, des martyrisés ?
Tous coupables, aucun responsable…..
Que Dieu ait pitié de nous….
Salut

Mariem mint DERWICH

Nigeria: Boko Haram, ennemi public numéro 1

altBoko Haram signifie «l’éducation occidentale est un péché» en langue haoussa, la plus parlée dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman. C’est également une des langues les plus importantes au Niger voisin.

Cela reflète la vive opposition du mouvement aux autorités d’Abuja, la capitale, accusées de promouvoir un Etat laïque, de ne pas faire appliquer la charia (loi islamique) d’une manière stricte dans les 12 Etats du Nord qui l’ont déjà réintroduite, et enfin d’être un allié des Occidentaux, notamment des Américains, dans leur guerre contre al-Qaida.

Quand le mouvement-a-t-il été créé?

Le mouvement a été créé en 2002 dans le nord-est du Nigeria, dans les Etats de Yobe et de Borno, qui comptent parmi les plus pauvres du pays. Il est particulièrement actif dans ce dernier, frontalier du nord du Cameroun et du Tchad. N’Djamena n’est d’ailleurs qu’à 200 km à vol d’oiseau de Maiduguri, capitale du Borno.

Mais à cette époque, les combattants islamistes de cette région sont connus sous le nom de «Talibans nigérians» en raison de leur modèle afghan, alors en guerre contre les Américains après les attentats du 11 septembre 2001.

Ces «Talibans» font très vite parler d’eux. En 2003 et 2004, ils lancent des attaques contre des postes de police, notamment pour s’emparer des armes et munitions. Un déploiement massif de militaires et de policiers dans la région gèle la situation pendant environ deux ans. Mais les islamistes sont réapparus en 2006, cette fois sous le nom de «Boko Haram». Et surtout en se dotant d’un chef, Mohammed Yusuf, né en janvier 1970 dans l’Etat de Yobe, selon une étude très complète réalisée par l’organisation International Crisis Group (ICG). Ce leader religieux, passé par des écoles coraniques au Tchad et au Niger, a enclenché en juillet 2009 une véritable insurrection dans quatre Etats du nord.

Si une grande partie de la région s’embrase, faisant craindre une guerre civile, les pires violences entre les islamistes et les forces de sécurité ont lieu dans la ville de Maiduguri, peuplée d’un million d’habitants.

Policiers et militaires emploient les grands moyens: ils lancent l’assaut contre une mosquée de Maiduguri servant de quartier-général à la secte; arrêtent le chef de Boko Haram et rasent l’édifice religieux. Le leader islamiste est tué lors de sa garde à vue.

Aucun bilan officiel n’a été publié, mais la Croix-Rouge a fait état de 780 corps enterrés dans des fosses communes de Maiduguri.

Comment expliquer la recrudescence des attaques?

Les autorités croyaient en juillet 2009 avoir exterminé Boko Haram. Mais ils ont transformé le chef de la secte en véritable martyr, que les combattants ont immédiatement voulu venger. Ils ont d’abord trouvé refuge au Niger et au Tchad voisins ou ont simplement fait profil bas à Maiduguri, selon ICG.

Ils se sont progressivement réorganisés, et, en septembre 2010, ont attaqué la prison de Bauchi, libérant plus de 700 prisonniers dont 150 de leurs combattants. Boko Haram avait plié un an plus tôt mais venait de relever la tête. La secte multiplie les attaques de commissariats, élimine les responsables politiques et religieux qui barrent sa route.

Depuis le début de l’année, le mouvement islamiste est passé à la vitesse supérieure: les attaques se font de plus en plus fréquentes et visent majoritairement les bars en plein air, souvent installés près ou même à l’intérieur des campements militaires. Le message est clair: boire de l’alcool, même une simple bière, est un crime ici, puisque la charia l’interdit.

Les victimes civiles sont donc de plus en plus nombreuses. La police est dépassée et, en juin 2011, l’armée a pris les choses en main en créant des unités spéciales. 

Il est vrai que les forces de sécurité venaient de subir un affront majeur.

Début juin, le chef de la police nigériane Hafiz Ringim fanfaronnait que les jours de Boko Haram étaient comptés et qu’il les exterminerait en 10 jours. Peu après, une bombe a explosé devant le quartier-général de la police à Abuja, tuant deux personnes. C’était la première attaque de Boko Haram dans la capitale fédérale. 

La secte est-elle liée à al-Qaida?

Selon les services de sécurité, des liens existent entre Boko Haram et la nébuleuse d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans la bande sahélienne, de la Mauritanie au Niger. Ces derniers mois, Aqmi a enlevé plusieurs occidentaux à Arlit, la grande cité nigérienne de l’uranium, et même dans la capitale Niamey.

Des camps de formation d’Aqmi sont installés dans le nord du Mali et attirent de plus en plus de ressortissants ouest-africains, notamment des Nigérians. Et l’organisation terroriste a réussi à mettre la main sur des armes lourdes libyennes à la faveur de la guerre contre Kadhafi. Ces armes pourraient être revendues dans le nord du Nigeria.

Boko Haram est également liée aux shebab somaliens, eux-mêmes liés à al-Qaida et qui contrôlent une partie de la capitale Mogadiscio et du sud du pays. Mi-juin, le mouvement nigérian avait annoncé que certains de ses membres, formés en Somalie, venait de rentrer au Nigeria pour intensifier le «jihad», la guerre sainte.

Des liens avec des cellules d’al-Qaida au Pakistan, pays où s’était réfugié Oussama Ben Laden et où il a été tué par un commando américain le 2 mai 2011, existeraient également.

Va-t-on vers une guerre civile?

Les attaques de Boko Haram dans le Nord-Est, mais aussi jusqu’au centre de la capitale Abuja, gagnent en intensité semaine après semaine. Mais elles ne semblent toutefois pas, à ce stade, pouvoir faire basculer le géant démographique du continent (plus de 160 millions d’habitants) dans la guerre civile.

Les raids du mouvement islamiste appuient toutefois là où ça fait mal. Le Nigeria est un colosse aux pieds d’argile, avec de vives tensions entre le Nord majoritairement musulman et le Sud, en grande partie chrétien.

Les affrontements interreligieux et intercommunautaires enflamment régulièrement la région des Plateaux, dans le centre du pays, notamment autour de la ville de Jos. Les morts se comptent à chaque fois par centaines.

La brutalité de la répression des forces de sécurité, accusées de faire des victimes parmi des civils supposés soutenir les islamistes, n’arrange pas les choses. Elle risque de faire basculer les nombreux jeunes sans emploi vers une radicalisation religieuse et politique, favorisée par la pauvreté et la corruption.

Des millions de Chrétiens vivent dans le Nord. Si les violences s’étendent, ils risquent de fuir vers le Sud, provoquant d’importants mouvements de population. Et dans le Sud, ceux-ci pourraient se venger à leur tour sur la minorité musulmane. Une meurtrière spirale de vengeance s’enclencherait alors.

Il ne manque pas grand-chose pour faire exploser la poudrière nigériane. Boko Haram a allumé une mèche. Il n’est pas trop tard pour l’éteindre.

Adrien Hart

Source: SlateAfrique

Les dirigeants de Tawassoul appellent à la mobilisation pour le départ d’Ould Abdel Aziz.

altLe parti Tawassoul a organisé, mercredi soir, un meeting populaire à Arafat sous le slogan « les signes précurseurs du départ » du pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
 Ils ont également appelé les sympathisants de leur parti à « venir massivement » prendre au meeting « décisif » que devra organiser la coordination de l’opposition le samedi 23 juin prochain.
Au cour de ce meeting, qui s’est poursuivi pendant trois heures de temps, les orateurs de Tawassoul, dont son président Mohamed Jemil Mansour se sont succédés à la parole pour fustiger la politique du régime qu’ils ont accusé de vouloir porter atteinte à l’unité nationale à travers« les dissension semés au sein des différentes composantes de la société ».
Les intervenants ont également expliqué devant les foules que le régime du président Ould Abdel Aziz n’a fait qu’enregistrer « des échecs successifs sur le plans politique, sécuritaire économique et sociales et qu’il doit impérativement quitter le pouvoir ».
« Aziz ne peut plus terminer ce mandat, car le peuple en a assez de l’improvisation et de la dictature » ont-ils répété au cours de ce meeting.
Il faut noter qu’au cours de ce rassemblement, les dirigeants de Tawassoul se sont rejouis de la victoire du candidat des fréres musulmans en Egypte etsimant qu’il s’agit de leur propre victoire.

Source: ANI

Décryptage – Ousmane Ngom a bien cherché,… l’humiliation

altOn ne pensait pas si bien dire dans l’édition du Quotidien du11 juin dernier, quand on mettait en garde Me Ousmane Ngom et compagnie que «force resterait à la loi». Nous écrivions notamment que «tout ancien ministre ou Premier ministre qui défierait la police ou la gendarmerie, pour ne pas déférer à leur convocation, s’exposerait à y être conduit, manu militari, sans qu’aucune loi ne soit violée». Mais Ousmane Ngom, ancien ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, poussait la provocation jusqu’à inciter ses camarades de parti à ne plus déférer à ces convocations avant la fin de la campagne électorale et que lui prêcherait par l’exemple.

Le procureur général près la Cour d’Appel de Dakar, Youssoupha Mbodji, qui avait personnellement servi une convocation à Me Ousmane Ngom, s’est alors rendu compte que l’homme ne méritait pas les égards que les autorités judiciaires voudraient lui réserver. En effet, quand les autres dignitaires du régime de Abdoulaye Wade tels Cheikh Tidiane Sy, Samuel Sarr, Awa Ndiaye, Farba Senghor entre autres, avaient répondu, sans y être priés à deux fois, aux policiers et gendarmes chargés des enquêtes sur des affaires les concernant, lui Ousmane Ngom, comme Me Madické Niang avaient bénéficié d’un traitement de faveur. Le procureur général avait voulu tenir compte de leur statut d’avocat pour leur accorder un privilège. Madické Niang n’a posé aucune difficulté pour répondre au Parquet général.  Ousmane Ngom, lui, continuait de plus belle à fanfaronner dans les médias.
Le procureur général, excédé par ce comportement qui sape l’autorité de l’Etat et de la justice, s’est résigné à y mettre un terme. Il a d’abord adressé une lettre à Me Alioune Badara Fall, bâtonnier de l’Ordre des avocats, pour l’informer que les faits pour lesquels Me Ousmane Ngom devrait être entendu n’ont rien à voir avec sa qualité d’avocat et que donc les règles observables pour les auditions d’avocats ne sont pas de mise dans le cas d’espèce. Le bâtonnier a naturellement pris acte de la lettre du procureur général. Ce dernier a alors transmis au procureur de la République près le Tribunal régional de Dakar, Ousmane Diagne, le dossier de la pro­cédure pour toute diligence à entreprendre. Ousmane Diagne,  de délivrer un mandat d’amener et d’ins­truire alors la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) de la police d’aller chercher Ousmane Ngom à Kolda. Ironie du sort, c’est cette même Bip qui avait exfiltré le ministre de l’Intérieur d’alors du domicile du Khalife général des tidianes à Tivaouane, il y a moins de trois mois de cela, où il était séquestré par des fidèles en furie après la profanation de la Zawiya El Hadji Malick Sy de Dakar. C’était, faut-il le rappeler, sui­te à la répression policière des manifestations de l’opposition contre la candidature de Abdoulaye Wade pour la Présidentielle de 2012.
La réaction des autorités judiciaires constitue un geste fort symbolique. Elle a le mérite de restaurer l’autorité de l’Etat car force est de constater que depuis un certain temps, celle-ci est piétinée par des personnalités qui ont eu à exercer de hautes fonctions au sein de l’appareil de l’Etat. Des anciens ministres de la Justice ou de l’Intérieur, se permettent de toiser sans retenue le chef de l’Etat sous les ordres duquel ils ont pourtant eu à servir dans un gouvernement. Un ancien chef de l’Etat méprise son successeur qu’il avait pourtant nommé Premier ministre et fait désigner comme président de l’Assemblée nationale jusqu’à refuser de prononcer son nom ! Et qu’un Bara Gaye se permette de traiter de yambar (Ndlr : vaurien) le président de la République élu par plus de 65% des citoyens. L’arres­tation de Cheikh Bethio Thioune avait été un acte fort pour la restauration de l’Etat de droit, mais la descente de la police à Kolda pour cueillir Ousmane Ngom n’est pas moins significative dans la perspective de consolidation de l’Etat de droit.
On voit d’ici des gens dire que Ousmane Ngom était en campagne pour les élections législatives. Soit ! Le même Ousmane Ngom n’avait-il pas envoyé la même Bip au Ranch de Dolly cueillir la garde rapprochée de Idrissa Seck candidat à la Prési­dentielle ? Ousmane Ngom se gaussait de Idrissa Seck qui avait, ce jour-là, échappé à dos de cheval, déguisé en paysan. Ousmane Ngom avait boudé il y a quelques semaines, las d’attendre d’être reçu par le procureur général qui l’avait convoqué. Il est interdit de rire ! Combien d’honnêtes citoyens avaient été laissés sur des chaises pendant des journées à la police pour attendre que Ousmane Ngom, ministre de l’In­térieur, daigne lire un procès verbal d’audition et se décider à ordonner que la personne soit relâchée. Com­bien d’honnêtes citoyens avaient été placés en garde à vue sur ordre de Ousmane Ngom et contre l’avis du procureur de la Répu­blique ? Est-ce que Ousmane Ngom a plus de dignité ou de respectabilité que les personnes victimes de ses abus d’autorité ? Il doit s’estimer heureux que la monnaie de sa pièce ne lui soit pas rendue lors de son arrestation. Et il est heureux qu’il en soit ainsi. Ceux qui incarnent l’autorité de l’Etat n’ont pas à se venger de qui que ce soit.  Les hommes sous les ordres de Ousmane Ngom brutalisaient les responsables politiques qu’ils arrêtaient. Les images de Ibrahima Fall ou de Cheikh Bamba Dièye, candidats à la Pré­sidentielle et en pleine campagne électorale, chargés par la police jusqu’à être traînés sur l’asphalte de la Place de l’Indé­pen­dance sont encore là pour en attester. L’homme Ousmane Ngom est peut-être peu respectable mais malgré tout, la police lui a réservé un traitement digne. Par ailleurs, en ville, Cheikh Tidiane Sy, passait pour une «bombe ambulante», et menaçait de secousse tellurique le régime de Macky Sall si jamais on s’en prenait à lui. Les gendarmes l’ont entendu mardi dernier, comme tout le monde, sans que la face de Dakar en soit changée. Qui ne respire pas mieux dans un Etat de droit où les citoyens sont logés à la même enseigne ?

Madiambal Diagne.

mdiagne@lequotidien.sn