Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: May 2012

Ould Abdel Aziz, Ould Boulkheir Et Ould Daddah: Je t’aime moi non plus!

altNotre démocratie va mal ! Très mal même. On s’attendait à l’enrichissement de notre expérience démocratique, mais hélas le vécu quotidien, montre que nous sommes dans une impasse politique. Pourquoi ? Pour répondre à cette question il bon de faire un retour en arrière ?

Au départ, il y a eu un changement de l’ordre constitutionnel intervenu en août 2008. Ould Abdel Aziz tombeur de Sidi Ould Cheikh Abbellahi, s’installait aux commandes avec le titre de président du Haut Conseil d’Etat (HCE). La suite nous la connaissons. Ahmed Ould Daddah du RFD applaudit le putsch tandis que Messaoud Ould Boulkheïr leader de l’APP et président de l’Assemblée nationale, l’UFP de Mohamed Ould Maouloud, le PNDD (Adil) de Yahya Ould Ahmed Waghef alliés à d’autres formations politiques hostiles au coup de force militaire, créent le Front National de Défense de la Démocratie (FNDD) et le camp du HCE. Leur ambition : mener une lutte sans merci contre les auteurs du putsch en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel. Faut-il le souligner, ce coup d’état intervenait dans une période de tension politique aigue marquée, on s’en rappelle, par l’appel à la démission lancé au président déchu par Mohamed Abdellahi Ould Dellahi président des Partis de la convergence nationale (PCN), une coalition de 7 partis politiques mauritaniens. Pour ces partis politiques, Sidi Ould Cheikh Abdellahi se serait « révélé incapable de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu ». Aussi, les Mauritaniens, soutenaient ces partis dans leur déclaration, « continuent de souffrir de misère, de marginalisation, de chômage, et des effets néfastes de la hausse des prix des denrées ». Mohamed Abdallahi Ould Dellahi accusait également le pouvoir qui était en place à l’époque d’avoir détourné les deniers publics, notamment « les fonds de solidarité destinés aux sinistrés de la ville de Tintane (suite aux inondations de septembre 2007) » et ceux « consacrés au Programme spécial d’intervention (PSI), destiné à atténuer les effets de la hausse des prix des denrées alimentaires ». Mais avant Dellahi, des raisons similaires avaient été évoquées par les 25 députés et 23 sénateurs qui avaient démissionné du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD), parti au pouvoir. Les parlementaires avaient notamment affirmé leur intention de créer une autre formation politique à même d’apporter « le changement escompté ». En juillet 2008, le chef de l’Etat avait menacé de dissoudre le Parlement suite à la motion de censure déposée contre le gouvernement par 39 députés de la formation présidentielle. La plupart des députés frondeurs étaient proches à la fois de l’ancien président Maaouya Sid Ahmed Taya et de la junte militaire qui l’a renversé en 2005. Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) de Ely Ould Mohamed Vall avait dirigé le pays jusqu’en 2007. Deux de ses anciens membres, les généraux Ould Cheikh Mohamed Ahmed et Ould Abdel Aziz, respectivement chef d’état-major de l’armée et chef d’état-major particulier du président mauritanien, étaient accusés dêtre à l’origine du bras de fer entre les parlementaires et le pouvoir. Leur limogeage par Sidi Ould Cheikh Abdellahi venait d’être annoncé à la radio nationale. Selon le communiqué du ministre de la Communication, ces nominations ont été déclarées « sans effet » par les nouveaux maîtres de Nouakchott réunis au sein d’un “conseil d’Etat” à la tête duquel se trouve le général Mohamed Ould Abdel Aziz élu pour cinq ans.
Mais beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis les élections présidentielles à nos jours. Ould Daddah qui avait soutenu le coup d’Etat, s’est ravisé huit mois après pour changer son fusil d’épaule en reconnaissant et intégrant le FNDD. Non sans avoir mis à mal son parti déchiré par la participation ou non aux élections présidentielles du 6 juin 2009. Le leader du RFD n’en voulait pas alors que la seconde personnalité du parti défendait le contraire. Au finish, les deux hommes ont divorcé. Une bonne partie de l’aile négro-africaine a quitté le parti avec le député « frondeur ». Pourtant Ahmed Ould Daddah, après la signature des accords de Dakar, se décidera à participer aux élections présidentielles dont la date est repoussée au 18 juillet 2009. Deux candidats négro-africains, Kane Hamidou Baba et Ibrahima Moctar Sarr seront sacrifiés sur l’autel de cet accord qui repousse le scrutin présidentiel.
Quant à Messaoud Ould Boulkheïr qui filait jusque là le parfait amour avec le président du RFD au sein de Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), il a finit par quitter ses amis politiques du fait des divergences de plus en plus profondes au sujet du dialogue initié par le chef de l’Etat en direction de l’opposition. Mais ce n’est pas tout : Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkhheïr se sont toujours crêpé les chignons. Apparemment ils ne se supportent pas longtemps, compte tenu de la personnalité que chacun d’entre eux veut incarner. Résultat : ils sont opposés aujourd’hui. Messaoud Ould Boulkheïr est allié à un adversaire qu’il a toujours combattu. Lequel d’ailleurs n’éprouve aucune gêne à défendre le bilan du despote Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. Position qui heurte bien des consciences négro-africaines. Ould Abdel Aziz qui a combattu tout ce beau monde en maniant la carotte et le bâton, s’est fourvoyé dans une autre politique du diviser pour régner. Or, ce qui était attendu de lui était qu’il mène des actions à même d’instaurer un climat de confiance entre les acteurs politiques mais pas de les diviser les mauritaniens. Si à terme il peut en tirer bénéfice, à plus long terme cette politique comporte beaucoup trop de risques. D’autant que la situation sécuritaire du pays est incertaine dans ce monde agité. Mieux vaut tard que jamais. Les politiques doivent se parler, c’est cela l’intérêt du peuple mauritanien.
Pas autre chose !

Moussa Diop- QDN

Isselmou Ould Sidi El Moustapha, conseiller aux affaires religieuses du Premier Ministre : “La femme n’a pas le droit d’accéder à la Magistrature suprême

alt, conseiller aux affaires religieuses du Premier Ministre mauritanien, a déclaré dans une émission à la radio du Coran, que la femme n’as pas le droit d’occuper la fonction de président de la République dans un pays comme le nôtre.

Il a également signalé que la femme ne doit pas se présenter aux postes qui peuvent éventuellement la conduire à la Magistrature suprême, comme la présidence du sénat.

Pour rappel : Ould Sidi El Moustapha,était le ministre chargé des affaires islamiques sous le règne de Ould Taya. Il a tenu à l’époque des propos qui ont soulevé une grande polémique, en menaçant de transformer certaines mosquées en boulangeries.

Mauritanie, Génération facebook : Attention aux effets collatéraux

altLe réseau social le plus important sur la toile (Facebook) a fait une entrée fracassante également en Mauritanie où ses utilisateurs se comptent désormais par dizaines de milliers à grande dominante jeune.Chacun y trouve son compte entre dragueurs d’une soirée, personnes à la recherche d’amis ou parents perdus de vue, politiciens faisant passer des messages, malades en convalescence cherchant compagnie, jeunes musiciens en herbe scrutant des contacts, services de renseignement escaladant les murs de quelques « agitateurs politiques » gênants…Dans ce monde virtuel passionnant, il n y a pas toutefois que du bien.
Même s’il n’existe pas de statistiques exactes sur le nombre d’internautes et d’utilisateurs en particuliers du réseau facebook, on peut avancer qu’ils sont des dizaines de milliers les facebookeurs en Mauritanie. La manie de facebook a gagné en l’espace deux ou trois années les internautes mauritaniens qu’ils soient à Nouakchott, Nouadhibou, Kaédi, Rosso, Néma ou autres. Les jeunes semblent être les plus rompus de cette nouvelle tendance. A la maison, entre deux cours ou chez le copain, toute occasion est bonne de se brancher. On échange entre amis des photos, des vidéos et si le temps le permet on discute instantanément. C’est l’endroit idéal également pour les jeunes timides qui oseront déclarer leur flamme à l’élue du cœur dont on ose à peine croiser le regard en classe. Ces jeunes constituent une bonne clientèle des cybercafés qui se frottent les mains aux heures creuses des écoles. Ces jeunes peuvent être tout petits (à peine 7 ou 8 ans) commençant déjà à goûter aux « délices » de facebook avant d’en être des accoutumés.
Outre ces jeunes, de nombreux fonctionnaires et autres adultes exerçant dans fonctions libérales ont également leurs pages facebook. Certains y passent des matinées entières à discuter et à concocter des plans B de sorties alors que d’autres y jettent un regard de temps à autre, voir ce qu’ils peuvent y trouver d’intéressant concernant une sœur, un parent ou un ami. C’est souvent le lieu où s’échange des informations utiles (baptêmes, mariages, décès et autres) pour des gens qui se trouvent des fois à des milliers de kilomètres.


Facebook est également le coin de quelques intellectuels qui y créent des groupes de discussions sur différents sujets touchant l’actualité, la littérature, le sport, la philosophie, la politique…

A propos de politique justement ses différents courants voyant l’audience de ce réseau social, se disputent des pages pour faire passer leurs messages. Les échanges peuvent être acerbes entre tenant de causes différentes mais au moins facebook permet le dialogue entre des gens qui ne se seraient sans doute jamais vus.

Les renseignements également voyant ce fourmillement social gagné de l’ampleur y trouvent leurs comptes car désormais ils peuvent mettre la main (virtuellement) sur des têtes recherchées (se trouvant à l’étranger) et pénétrer dans leurs secrets en voyant par exemple qui sont les amis t’un tel, qui échange avec lui des informations, son audience au sein de tel groupe etc.

Par ailleurs facebook est également l’endroit idéal pour les femmes de se montrer et d’exposer leurs dernières tenues ou coiffures dans l’attente de commentaires flatteurs. Certaines peuvent même y dénicher l’oiseau rare qui mordra à l’hameçon. Enfin il y a lieu de noter que des pervers et autres femmes de légères mœurs pénètrent également cet environnement social à la recherche de coups foirés ou de clients. En tout état de cause gare à la dépendance et à certains profiles trompeurs.

 

Seydi –LE RENOVATEUR

Dialogue intergénérationnel :La problématique de l’unité nationale

altDans le cadre de la semaine du film Europe- Mauritanie qui se déroule depuis le 7 Mai dernier, la Délégation de l’Union Européenne, les Ambassades d’Espagne, de l’Allemagne, et l’Institut français  de Mauritanie, en partenariat avec la maison des cinéastes, ont organisé le 10 Mai une conférence sur le dialogue intergénérationnel à l’Ambassade d’Espagne. Cette conférence a été animée par le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara, Dr en sociologie et professeur des universités.
Il y a eu une projection de film du projet collectif intitulé « Deux Sans Complexe » réalisé par la Maison des cinéastes avec le concours du Fonadh.

 L’intervention des jeunes mauritaniens au sujet de la question de l’unité nationale, sous différentes approches montre combien la construction ou la réalisation de l’unité nationale en Mauritanie demeure une équation à plusieurs inconnues. Pour certains, il faut avoir quelque chose en partage pour parvenir à unifier les citoyens. Car, selon eux, il n’y a pas ce sentiment d’appartenir une nation.
Les intervenants ont fait ressortir les obstacles majeurs qui minent la réalisation de cette unité nationale.

Si certains pensent que les aspirations sont différentes, que le système éducatif qui devrait être un laboratoire est galvaudé, biaisé, d’autres par contre considèrent qu’il n’y a pas une volonté de l’Etat de construire une nation commune.

Les citoyens sont enfermés au sein de leurs communautés respectives et les médias ne jouent pas leur rôle convenablement dans cette construction de l’unité nationale. Le côté religieux, le seul gage d’équilibre de la société constitue un handicap majeur. Les Oulémas, notent certains intervenants, ne jouent pas leur véritable rôle dans le rééquilibrage de la société. Mieux, les ressources et les tâches sont inégalement réparties entre les citoyens.
Toutefois, des solutions ont été proposées à cet effet notamment en renforçant la communication entre les communautés pour favoriser l’intégration intercommunautaire. Il faut également impliquer tous les citoyens sur des questions d’intérêt national et partant, la vie de la nation. Mieux, il faut tout au moins conscientiser les citoyens à partir des valeurs religieuses, unique facteur de communion et de partage. Il faut aussi selon toujours les intervenants, encourager le métissage et le brassage culturel. Pour ce faire, il faut effacer les discriminations dans le milieu professionnel, créer un cadre où tout le monde se reconnaît comme le symbole de la nation. En un mot, l’Etat doit jouer son rôle régalien et qu’il soit au service de tous les citoyens qui partagent une nation commune.

Un exposé qui fait ressortir la crise des valeurs sociales

 Le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara a entamé son exposé en posant un certain nombre de questions du genre : Comment la solidarité entre les générations s’est-elle métamorphosée par l’évoluti.on des mœurs, de la mixité sociale et de l’ouverture accrue au monde? Y a-t-il une spécificité mauritanienne quant au dialogue entre générations? Comment ce dialogue se traduit-il dans la sphère sociale et plus intime aujourd’hui? Comment l’influence extérieure a-t-elle modifié les codes régissant les liens entre jeunes et moins jeunes aujourd’hui? Ce sont là des interrogations qui ont permis au conférencier d’apporter des éléments de réponse à travers un exposé court, claire et concis. D’abord, le Pr Kamara a évoqué les caractéristiques principales de la Mauritanie, pays de confluence de plus en plus inséré dans la mondialisation. Il a mis en exergue l’impact des relations privilégiées dans tous les domaines de la vie active. Certaines spécificités ont été relevées par le conférencier notamment la systématisation de la société mauritanienne. Les antagonismes sociaux ont abouti au conflit de génération. Les jeunes des années 30 jusqu’aux années 70 étaient plus contestataires avec une forte influence de l’extérieur matérialisée par les mouvements estudiantins basés au Sénégal, en Algérie, au Maroc, en France etc. Pour régler cette question, il fallait selon le conférencier, créer la confrontation, ou la convergence ou encore le consensus. Ce qui implique déjà l’obligation d’un dialogue intergénérationnel. Là intervient la famille avec le rapprochement entre vieux et jeunes pour casser les tabous et créer les convergences. Car, les coutumes ont beaucoup changé. Il y a aussi les facteurs exogènes qui influent dans le dialogue. Ainsi, la diaspora a joué un rôle important en œuvrant pour l’instauration de la démocratie et ce, en s’interférant dans le jeu politique. Le conférencier a mis l’accent aussi sur les effets de la mondialisation avec ses avantages et ses inconvénients mais aussi le rôle de la société civile dans le jeu démocratique.
En claire, pour le conférencier, trois facteurs ont intervenu dans le sujet : le manque d’entente qui aboutit à la confrontation atténuée par l’approche d’une convergence de vue. Cela a créé des situations d’optimisme pour enfin trouver une issue favorable à tous.

Compte rendu Ibou Badiane-Tahalil-hebdo.

Mauritanie: carte de séjour exigée pour presque tous les étrangers dès juin.

altUne carte de séjour pour tous les étrangers, à l’exception de ceux de pays voisins, sera exigée pour vivre en Mauritanie à compter du 1er juin afin de mieux lutter contre le “terrorisme” et “le crime organisé”, a appris mercredi l’AFP de source officielle. 
Le ministère des Affaires étrangères “a officiellement écrit aux représentations internationales présentes” en Mauritanie “pour les informer de cette mesure qui s’impose désormais dans le cadre de la sécurisation du pays face au terrorisme et au crime organisé” a précisé cette source.
La lettre, dont l’AFP a obtenu copie, affirme que les étrangers “ont été sensibilisés sur cette question par le biais des représentants des colonies étrangères” en Mauritanie et qu’un bureau spécial a été ouvert à cet effet dans un commissariat de la capitale Nouakchott.
Les étrangers doivent désormais fournir des dossiers comportant un passeport en cours de validité pour obtenir une carte de séjour, sauf pour les “immigrés privilégiés” que sont les ressortissants de pays voisins – Sénégal, Mali et Gambie – qui n’ont besoin que d’une carte d’identité pour entrer en Mauritanie.
La réciproque est valable pour les Mauritaniens se rendant dans ces trois pays.
Le ministère a averti que la nouvelle mesure, qui s’inscrit dans le “cadre du contrôle du flux migratoire”, concernait “l’ensemble des étrangers, adultes et enfants, vivant sur le sol mauritanien, sans exception”.
Cette mesure avait été évoquée mi-avril avec les autorités mauritaniennes par le ministre sénégalais des Affaires étrangères Alioune Badara Cissé, lors d’une visite à Nouakchott. Il avait déclaré que “ces opérations de sécurisation” du pays permettaient à la Mauritanie “non seulement la protection de son espace mais aussi de tout l’espace ouest-africain et même africain”.

Source : AFP