Daily Archives: 04/05/2012
Mauritanie: Un péché nommé hypocrisie
Depuis quelques jours on assiste à un tapage médiatique sans précédent dans l’affaire dite d’incinération des livres islamiques, incinération effectuée par le Président de l’IRA Biram Dah Abeib. Tout montre que l’Etat s’était bien préparé à ce coup pour en découdre définitivement avec IRA et son président. On constate comme beaucoup des relents d’instrumentalisation de la part des autorités mauritaniennes qui cherchent à distraire la population en occultant le vrai problème.
Organes officiels : Instruments de propagande
Ainsi, jamais les médias officiels n’auront autant parlé de Biram et de son organisation. Les autorités officielles n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire de cette affaire, une affaire d’Etat en obligeant la population à s’insurger contre l’acte posé par Biram. Aux dernières nouvelles, il serait inculpé pour atteinte à la sureté de l’Etat. On voit ainsi ça et là quelques centaines de personnes appelées à manifester pour condamner cet acte. Au lieu de poser le vrai problème, les autorités mauritaniennes ont cherché à distraire la population pour lui faire oublier la noblesse du combat mené par Biram, aidé dans sa tache par les pseudos érudits qui font de l’Islam leur gagne pain.
Il faut ainsi s’insurger contre l’Islam politique, même si le terme peut ne pas être trop significatif, nous entendons par là un Islam dépouillé de toute sa spiritualité et mis au service d’une cause qui est aux antipodes du respect de l’être humain défendu par l’Islam. On voit que l’hypocrisie des « oulémas » mauritaniens apparait au grand jour. Quand il s’agit de condamner l’esclavage par les discours, cela ne pose pas de problème, mais quand il s’agit de poser un acte concret la fébrilité est de mise.
La constitution mauritanienne interdit pourtant toute propagande particulariste à caractère raciste mais en même temps les autorités laissent faire l’apologie d’un crime contre l’humanité à travers l’enseignement d’un islam erroné loin du message originel, qui est le respect d’autrui, la tolérance. Nul doute que l’Islam nous recommande de faire le bien et de réprimander le mal, dans cette optique pourquoi laisser le mal pourrir notre existence.
Esclavage incompatible avec Islam
En effet, il est bien inutile de se demander si la liberté est naturelle, puisqu’on ne peut tenir aucun être en servitude sans lui faire tort : il n’y a rien au monde de plus contraire à la nature, toute raisonnable, que l’injustice. Ce refus de mettre l’accent sur ces pratiques honteuses qui minent l’islam mauritanien montre la double facette des autorités mauritaniennes et de ses supposés érudits qui ont bâti des empires sur le dos de leurs esclaves en leur faisant croire que c’est le sort que Dieu leur a réservé et que la seule porte qui les mènerait au paradis serait leur totale soumission. « A celui qui Lui demandait ce qu’il devait faire pour mériter le Ciel, Mohammed aurait répondu : «Délivrez vos frères des chaînes de l’esclavage.».
Les mauritaniens devraient s’atteler ainsi à en finir avec cette pratique. On constate aisément que si le souci était de sauvegarder les valeurs de l’Islam de suivre ses recommandations, RIM deviendrait l’anacronyme de République Islamique des Manchots car le vol a été érigé en règle de comportements. Banni par l’Islam, ces supposés érudits trouvent l’ingénieuse idée de rendre licite cette pratique parce qu’elle sert leurs intérêts. Force est de constater que cette idéologie qui vise à réduire l’homme noir de Mauritanie à l’état d’esclave continuent d’alimenter les tenants du pouvoir et de ses acolytes que sont ses prétendus érudits qui ne sont autres que des opportunistes mus par l’appât du gain au lieu d’une quelconque cause.
Il faut aussi noter que des voix discordantes commencent à sortir de l’ombre pour défendre le fait que ces ouvrages qui font l’apologie de l’esclavage, la haine soient mis à feu. Aux FLAM de rappeler les douloureux évènements de 1989 où des musulmans qui n’ont jamais cessé de prononcer le nom d’Allah ont été pendus, car l’idéologie qui sous-tendait ces actes n’avait rien à avoir avec l’Islam.
SOS Esclave pour sa part a appelé les autorités mauritaniennes à oser prendre leurs responsabilités et arrêter de jouer à l’hypocrisie. Quant à l’érudit Cheikh Ahmed Elhady le seul qui mérite ce qualificatif les ouvrages incinérés ne sont absolument pas sacrés pour les musulmans. Ce sont des ouvrages qui ont été écrits à une époque éloignée et ont été abandonnés y compris par les peuples pour lesquels ils avaient été écrits.
Si la Mauritanie fait du combat contre AQMI (qui prétend combattre sur le terrain de l’islam) son cheval de bataille, cela montre que la conception de l’Islam diffère d’un endroit à un autre. Ainsi que la Mauritanie accepte d’ouvrir le débat sur l’incompatibilité de la pratique esclavagiste avec les valeurs promues par l’Islam.
L’acte posé par Biram loin d’être une remise en cause de l’Islam pose la question suivante : Quel islam voulons-nous ? Aujourd’hui plus que jamais nous sommes tous des Biram Dah Abeid.
BA Youssouf & BA Tidjane
Editorial de Flere.fr
Crises dans la sous-region, la C.D.E.A.O haussse le ton.
Les chefs d’Etat ouest-africains se sont réunis le 3 mai à Dakar pour faire le point sur les récents coups d’Etat au Mali et en Guinée-Bissau. La pression est toujours maintenue sur les juntes militaires dans les deux pays. Une force ouest-africaine sera déployée au Mali dès que ce pays en fera la demande, sous réserve de trouver des financements. Concernant la Guinée-Bissau, la Cedeao renouvelle son appel à une transition de 12 mois maximum et exige, par ailleurs, la libération de toutes les personnes encore détenues illégalement depuis le putsch. Autrement dit, si tel n’est pas le cas, la force d’attente restera à l’état de projet. Voilà qui devrait satisfaire le capitaine Sanogo. En effet, le chef des putschistes du 22 mars avait été très clair en déclarant le week-end dernier que pas un seul soldat étranger ne poserait un pied à Bamako, sauf demande expresse des autorités.Sur la transition, le texte publié à l’issue du sommet d’hier est moins explicite. Le président par intérim du Mali, Dioncunda Traoré, et le Premier ministre sont encouragés à continuer leurs efforts. Il leur est demandé d’accélérer la préparation d’une feuille de route, en vue d’établir un chronogramme qui puisse mener à une élection présidentielle. Plus aucune référence à la transition de 12 mois annoncée à Abidjan. Le président de la Commission de la Cedeao, Kadrè Désiré Ouèdrago, invite les chefs de d’Etat à être fermes avec les deux juntes (Mali et Guinée). Il a suggéré des « mesures additionnelles spécifiques » pour permettre de sécuriser davantage les processus de transition dans ces deux pays. Une idée qui n’a visiblement pas déplu au président du Sénégal, Macky Sall. « Le Sénégal a décidé d’augmenter sa contribution à la mission militaire de la Cedeao en Guinée Bissau », a déclaré le chef de l’Etat sénégalais dans son allocution.
Dix-sept documents de Ben Laden publiés par les Etats-Unis
Dix-sept documents saisis par les forces spéciales américaines lors du raid de la “Team Six” contre la villa qu’occupait Oussama Ben Laden avec sa famille à Abbottabad, au Pakistan, ont été rendus publics jeudi 3 mai par l’armée américaine.
Dans ces documents, le chef d’Al-Qaida s’est inquiété, entre autres, des victimes musulmanes”inutiles” du réseau terroriste. Contrastant avec ses déclarations publiques dans lesquelles il pointait avant tout du doigt les injustices commises par les “ennemis” des musulmans, ces lettres-ci révèlent les frustations qu’il avait de ne pouvoir exercer un plus grand contrôle sur les groupes djihadistes régionaux, et les exhortait à se concentrer sur les Etats-Unis. “Nous demandons à chaque émir dans les régions de faire extrêmement attention à contrôler le travail militaire” et “d’annuler d’autres attaques en raison de victimes civiles inutiles possibles”, a écrit l’ancien chef d’Al-Qaida dans une de ces missives.
Le Centre contre le terrorisme (CTC) de l’académie militaire américaine de West Point a rendu accesible sur son site Internet l’analyse de 17 lettres électroniques ou manuscrites, traduites en anglais et en arabe et couvrant une période allant de septembre 2006 à avril 2011. Il s’agit principalement de communications internes émises par Oussama Ben Laden lui-même. “Sur la base de ces 17 documents déclassifiés, Ben Laden n’était pas, comme beaucoup le pensaient, celui qui tire les ficelles des groupes djihadistes à travers le monde”, écrit le CTC. “Ben Laden était accablé par ce qu’il considérait comme leur incompétence.”
PLUS DE 6 000 DOCUMENTS DANS LE “TRÉSOR”
En tout, près de 6 000 documents ont été retrouvés dans une cachette de la villa d’Abbottabad. Cette cache, décrite comme un “trésor” par les autorités américaines, contenait cinq ordinateurs, des dizaines de disques durs et plus de 100 clés USB. A l’intérieur, l’armée américaine a aussi trouvé des fichiers audios et vidéos, ainsi que des documents manuscrits et imprimés. Pour l’instant, les autorités américaines n’ont pas précisé si le reste des documents allait être publié plus tard.
Des analystes des services secrets et des unités antiterroristes ont étudié ces documents pendant des mois, cherchant des indices sur les avancées des opérations d’Al-Qaida et leurs éventuelles prochaines cibles. Les documents “nous ont donné beaucoup d’informations sur l’agenda stratégique et les efforts d’Oussama Ben Laden pour toujours maintenir le contact avec les affiliés” d’Al-Qaida, a déclaré un agent des services secrets anonyme.
Incineration des livres religieux: Biram et ses co-detenus risquent gros.
L’acte d’incinération des ouvrages de Figh Malikite, perpétré par Birame Ould Abeid et les autres membres de l’organisation anti-esclavagiste (IRA), le vendre 27 avril dernier continue encore de faire couler beaucoup d’encres et de salives. En effet, cette affaire s’est invite au conseil de ministres du jeudi 3 Mai 2012. Non content d’avoir condamne cet acte,le gouvernement s’est engage a punir severement les auteurs de cet acte.
Cette interference du gouvernement dans une affaire pendante devant la justice est inquietante, car elle viole le principe de separation de pouvoir. Quelque soit ce qu’on reproche a Biram et ses co-accuses, c’est a la justice de dire le droit sans pression aucune.




