Monthly Archives: April 2012
Mali: la violence continue de s’étendre dans le Nord
Ce dimanche 1er avril dans la matinée, les rebelles touaregs du MNLA affirment « cerner » Tombouctou, dernière ville du Nord du Mali encore contrôlée par l’armée malienne, après s’être emparés samedi de la ville de Gao. Dans un communiqué, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) « informe que son état-major cerne la ville de Tombouctou pour déloger le reste de l’administration politique et militaire malienne pour le bonheur du peuple de l’Azawad [la région du Nord du Mali] ».
Des tirs ont été entendus ce dimanche matin à Tombouctou où l’agitation règne actuellement. De nombreux militaires de l’armée régulière se sont habillés en civils pour quitter leur garnison et se mettre à l’abri. Les boutiques sont fermées. On entend des coups de feu dans des quartiers. On voit aussi, selon des témoins, des miliciens arabes, les bérabiches, qui ont pris la défense de la ville en mains. Ils sont épaulés par des militaires de l’armée régulière issus de la même communauté arabe. Tous sont armés. Certains de ces miliciens ont tenté de prendre de force des véhicules de l’Etat. Aucun rebelle n’est visible dans la ville. Il ne sont pas non plus vers le camp militaire comme on le pensait, en tout cas pas pour le moment. Le MNLA a pris ce samedi le contrôle de Gao, avec l’appui du mouvement islamiste Ansar Dine. Gao, une ville stratégique, qui abritait l’état-major pour tout le Nord du pays.
Dans un premier communiqué lu par la radio-télévision nationale, le chef des mutins au pouvoir à Bamako avait pourtant affirmé que les soldats avaient repoussé l’attaque. Mais dans un second texte, diffusé dans la foulée, le capitaine Sanogo a finalement ordonné aux militaires d’abandonner leurs positions. La prise de Gao intervient à quelques heures de la fin de l’ultimatum lancé à la junte par la Cédéao. La Communauté Ouest-africaine a donné aux mutins jusqu’à ce lundi pour rétablir l’ordre constitutionnel dans le pays. A défaut, elle mettra en place un embargo diplomatique et financier. Entre autres mesures prévues, des interdictions de voyager, le gel d’avoirs, le rappel d’ambassadeurs, la fermeture de ports ou encore la fermeture des frontières.
En attendant l’application de l’embargo, le dialogue continue. Ce samedi, une délégation de la junte s’est rendue à Ouagadougou pour rencontrer le médiateur, le président burkinabé Blaise Compaoré. Sur place, la délégation malienne a dit être d’accord pour un rétablissement rapide de la légalité constitutionnelle, sans plus de détails. Dans la foulée, le chef de la diplomatie burkinabè Djibrill Bassolé s’est déplacé à Bamako, où il a rencontré le capitaine Sanogo.
Alida Jay Boye
Par RFI
Abdoul Birane Wane : «Nous n’avons jamais rejeté les intellectuels négro-mauritaniens»
ALAKHBAR (Nouakchott)- TPMN n’a jamais rejeté nos intellectuels, certains parmi eux font un important travail en coulisse, a déclaré le coordinateur du mouvement. Abdoul Birane Wane ajoute, dans cette interview à Alakhbar, que le véritable problème de l’enrôlement éclatera au moment de l’émission des pièces d’identité, et c’est en ce moment que plusieurs négro-Mauritaniens se rendrons compte qu’ils n’ont jamais été recensés.
ALAKHBAR : Avez-vous de cas récents de négro-mauritaniens, rejetés à l’enrôlement, ou qui ont peur de se présenter devant la commission concernée ?
Abdoul Birane Wane : Oui, nous avons toujours dit que le problème de l’enrôlement est loin d’être résolu. Les négro-Mauritaniens sont toujours victimes de cette discrimination. Nous avons reçu des plaintes des populations du 6ème arrondissement, qui sont systématiquement rejetées par des agents racistes et zélés qui sont déterminés à accomplir leur ignoble besogne. Par rapport à ce problème particulier nous prendrons des mesures adéquates. Ce n’est pas tout, on nous signale que le Cadi lui même délivre des certificats de décès avec parcimonie, deux fois par semaine, soit trente certificats le lundi et trente le mercredi, avec toute la population d’Elmina. Nous comprenons, il s’agit de populations noires, donc tous les moyens sont bons pour rejeter.
ALAKHBAR : Certains accuse TPMN de mouvement non structuré. Etes-vous du même avis ?
Abdoul Birane Wane : Le chien aboie la caravane passe. Qui peut dire que le mouvement n’est pas structuré! Nous avons un bureau de la coordination, un mouvement des femmes, et des cellules qui sont représentées dans nos réunions par leurs délégués.
ALAKHBAR : Pourquoi êtes-vous réticent par rapport aux intellectuels noirs et ONG de droit de l’homme qui veulent se rapprocher de TPNM ?
Abdoul Birane Wane : Nous n’avons jamais rejeté nos intellectuels, certains parmi eux font un important travail en coulisse, le combat que nous menons, nous savons qu’il doit impliquer toutes les catégories. Quant aux ONG des droits de l’homme dont vous parlez , j’aurais bien voulu que vous m’en donniez un exemple, c’est nous qui avons par contre tendu la main aux mouvements négro-Mauritaniens, à l’intérieur et à l’extérieur en perspective d’une large coalition. Et ce communiqué a même été publié par Al akhbar. Nous avons prouvé que nous sommes disposés à travailler avec les autres car nous n’avons aucun complexe. Les 24 et 25 Mars(meeting et marche), nous avons associé le Collectif des veuves et le Regroupement des victimes des évènements de 1989, n’est-ce pas une preuve d’ouverture?
ALAKHBAR : Aujourd’hui vous sautez sur tout les événements, (langues nationales, passif humanitaire…) cela veut-il dire que vous n’avez plus rien à dire sur l’enrôlement ?
Abdoul Birane Wane : Nous avons des revendications qui sont toutes légitimes. Le problème de l’enrôlement reste encore sans solution, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas parler de l’officialisation de nos langues, de nos terres spoliées, du partage des richesses et du pouvoir, de l’égalité des chances…Alors toutes ces revendications sont liées aux droits de l’Homme, nous devons en parler, sinon c’est comme si on ne reconnaissait pas l’existence de ces injustices.
ALAKHBAR : TPMN n’est-il pas affaibli par les dernières mesures du gouvernement de forcer les populations, surtout les fonctionnaires, à aller se faire enrôler ?
Abdoul Birane Wane : Non l’attitude du gouvernement nous renforce car elle démontre que ces recensements constituent un échec, c’est maintenant qu’on peut vraiment parler d’enrôlement, c’est comme un enrôlement de soldats, l’Etat oblige les fonctionnaires à se recenser .C’est du chantage. Le véritable problème éclatera au moment de l’émission des pièces d’identité, et c’est en ce moment que plusieurs négro-Mauritaniens se rendrons compte qu’ils n’ont jamais été recensés.
ALAKHBAR : Y a-t-il une partie tiers qui apport un soutien financier à TPMN ?
Abdoul Birane Wane : Touche pas à ma nationalité fonctionne avec ses moyens, nous voulons démontrer que la volonté est à la base de tout combat pour la libération.
ALAKHBAR : Que vous inspire-t-il la journée de réconciliation nationale du 25 mars
Abdoul Birane Wane : La journée du 25 Mars nous inspire la honte, un régime de criminels soutenu par des nègres de service qui veut faire table rase des crimes commis au mépris des victimes. Nous dénoncerons avec vigueur.
Mali: tirs d’armes lourdes sur le camp militaire de Tombouctou
Des tirs d’armes lourdes ont visé dimanche matin le camp militaire déserté de Tombouctou, dernière ville du nord du Mali encore sous contrôle gouvernemental et menacée par les rebelles touareg, ont indiqué à l’AFP des témoins, interrogés au téléphone depuis Bamako.“On entend actuellement des coups de feu à l’arme lourde sur le camp militaire de Tombouctou qui est vide”, a déclaré un infirmier de la ville.
“Moi aussi j’entends des tirs vers le camp, ça pilonne fort. Mais le camp est vide. Il n’y a plus personne”, a ajouté un autre témoin, hôtelier en ville.
“Les milices arabes qui sont censées se battre ne sont plus tellement visibles”, a commenté la même source.
Ces miliciens arabes loyalistes, issue de l’influente communauté arabe locale des Bérabish, ont pris position dimanche matin pour défendre Tombouctou, où de nombreux militaires de l’armée malienne ont abandonné leurs positions et leurs uniformes.
Les rebelles du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) ont affirmé dimanche “cerner” Tombouctou, au lendemain de la capture de Gao, principale ville du nord malien qui abritait l’état-major des forces gouvernementales pour toute la région.
A environ 800 km au nord-est de la capitale Bamako, la ville historique de Tombouctou, sur le fleuve Niger, compte environ 50.000 habitants. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, elle est habituellement surnommée “la perle du désert”. Elle est située près de 300 km à l’ouest de Gao.
AFP




