Daily Archives: 04/03/2012
Sénégal : Y-a-t-il eu un vote ethnique lors du scrutin du 26 février ?
Lors de la campagne électorale, Maitre Abdoulaye Wade en meeting à Matam, avait indiqué que le candidat de la coalition ‘Macky 2012’ exhortait ses parents Haal Pulaar à voter pour lui ; l’accusant d’ethnicisme. “Si j’avais demandé aux wolofs de voter pour moi, uniquement pour moi et que les Diolas en fassent de même, où est-ce que cela nous mènerait? C’est irresponsable. Ce genre de discours ethiniciste ne doit pas passer car pour gagner une présidentielle, il faut avoir un programme” avait indiqué le chef de l’Etat.
Faisant écho à ces propos et voulant expliquer sa défaite et celle de sa coalition Fal 2012 dans la grande banlieue dakaroise le ministre de la Solidarité Aminata Lo Dieng invoqua elle aussi le vote ethnique accusant Macky Sall d’avoir bénéficié du vote ethnique Haal Pulaar.
Hier c’était le tour de Penda Mbow porte parole de la coalition Benno Siggil Séneéal d’emprunter la même rengaine « qu’on le veuille ou non Macky Sall a bénéficié du vote identitaire »
Ces propos aux relents ethnicistes dénotent d’une profonde méconnaissance des réalités historiques et sociologiques du Sénégal, ou le combat politique a toujours transcendé le fait ethnique.
Durant des siècles au Sénégal ,le parti maraboutique opposé aux pouvoir ceddo lié à la traite atlantique était composé aussi bien de thiernos foutankés que de serignes wolof. A la fin du XVIII eme siècle l’Almamy Abdou Khadr Kane avait comme alliés principaux les marabouts wolofs du Ndiambour dirigés par Malamine Sarr, lors de la guerre qui l’opposa au Damel Amary Ngoné Ndella Fall.
Notons aussi que c’est à l’université islamique de Pire au cœur du Cayor, que pendant des siècles, toute cette classe maraboutique d’origine ethnique diverse fit ses études. Les musulmans sénégalais ont toujours suivi les enseignements de leurs marabouts d’origine hal poular portant des patronymes comme Lo, Dia , Mbacké, Wéllé , Ba , Sy et Bousso. Cheikh Amadou Bamba Mbacke et ElHadj Malick Sy fondateurs des deux plus grandes confréries du Sénégal sont tous le deux d’origine Haal poular des villages du Fouta de Soueima et de Golléré.
En superposant la carte ethnique du Sénégal avec les résultats du scrutin du 26 février ,on voit bien que les suffrages accordés aux candidats Wade et Macky Sall ne correspondent point à un vote identitaire comme en Guinée ou lors des dernières élections présidentielles, le candidat peul Celou Diallo a obtenu 90% des suffrages au Fouta Djalon et seulement 10% en pays mandingue ou par contre le professeur Alfa Condé a recueilli plus de 90 % .Au Sénégal on est loin de ce vote guinéen qui n’a fait qu’épouser les clivages ethniques entre peuls et mandingues.
Pour preuve, le candidat Wade est arrivé en tête dans les départements de Kolda, une région à majorité Peul, à Médina Yoro Foula, Ranérou et Vélingara. Abdoulaye Wade occupe aussi la première place dans le département de Podor avec 32 229 voix contre 30 906 voix pour Macky Sall arrivé en deuxième position. Dans tous les pays du monde tous les candidats sont d’office vainqueur dans leurs fiefs, leurs terroirs d’origine , Bush dans le Texas, Mit Romney en pays mormon, Chirac au Corrèze. Certes Macky Sall a gagné dans la région de Matam ,mais autant on ne parlera pas de vote saloum saloum pour Moustapha Niasse à Nioro ,ni de vote sérère pour Tanor dans le département de Mbour.
Mais parler de vote identitaire c’est méconnaitre, l’ampleur du brassage ethnique et linguistique au Sénégal. Il n’y a pas de frontière sociale fixe entre les groupes ethniques, parce qu’il y a eu une interaction, une interpénétration entre eux depuis des siècles . Ainsi savoir qui est réellement wolof ou hal poular ou sérère ou diola ou mandingue est une gageure. Macky Sall est le prototype de ce sénégalais issu de ce melting pot .Originaire de la vallée du fleuve Sénégal plus précisément du Tekrur actuellement Fouta qui a toujours été peuplé de Poulars, mais aussi de Wolofs, de Soninkés, et de Sérères. Ces derniers le peuple sérèer la plus ancienne population de la vallée du Sénégal fuyant la sécheresse, mais surtout l’islamisation à l’époque de l’empire du Ghana, vers le XIe-XIIe siècle , s’installérent définitivement dans les régions du centre-ouest du Sénégal, au sud de la région de Dakar jusqu’à la frontière gambienne où ils ont créé les deux royaumes sérères, le Sine et le Saloum. Plusieurs siècles après, Macky Sall le Hal poular a suivi le même chemin de migration de l’axe nord est centre ouest que ses cousins sérères,
Y a il plus sénégalais que cet homme pétri de poulagu, né et vivant en pays sérère et parlant la langue wolof, principal idiome véhiculaire du Sénégal dont l’épouse sérère est la cousine à plaisanterie des diolas ? Le Président Macky Sall sera le dénominateur commun de tous les sénégalais, le sénégalais par excellence, car rien de ce qui est sénégalais ne lui est inconnu. Ses meilleurs scores électoraux le candidat Macky Sall les a obtenus au niveau de l’électorat « sénégalais » détribalisé de la banlieue des départements de Dakar ,Guediewaye et de Pikine. Au soir de sa victoire, le 25 mars 2012 Le Président Macky Sall pourra autant savourer le Nguel, les Sabar que le Yela.
Amadou Bakhaw DIAW- Responsable Politique du Walo
Majorité- opposition, un débat cacophonique !
Le débat télévisé entre la majorité et l’opposition a accouché d’une cacophonie.Il pouvait difficilement en être autrement.Le contexte politico-social actuel ne facilite pas des discussions sereines en mesure d’aider à analyser avec lucidité les problèmes les plus urgents du pays pour envisager des solutions à la hauteur des attentes.Il faut dire que le choix des hommes a quelque peu fait défaut à la qualité de ce face à face apparemment pris comme un cadre de règlement de vieux comptes remontant des « désaccords de Dakar ».
Peut –être que les intentions de la TVM étaient de proposer un régal plus appétissant à ses téléspectateurs tout en évitant au maximum des dérapages. Mais il vaut mieux remettre soit à plus tard cette émission, soit fixer clairement et professionnellement ses contours pour produire des résultats meilleurs. Dans un débat, les contradictions sont nécessaires et mêmes enrichissantes. Sans antagonisme, les interventions évoluent dans un sens unique rendant sans intérêt le contenu des discussions. Mais quand la contradiction pollue le climat télévisuel, elle sème le doute et installe la zizanie. Tel fut le cas lors du débat du jeudi opposant les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition par parlementaires interposés. Si les invités avaient su dépasser les préjugés et posé le débat en termes non pas de responsabilités historiques de la situation du pays – car chacun a sa part de responsabilité – mais de volonté de rectifier les erreurs par les actes et les idées, le débat gagnerait en pertinence. Au contraire, il s’est embourbé dans des joutes agressives et superficielles. Quand des personnalités politiques de ce rang se mettent autour d’un plateau d’une télévision, on doit s’attendre à plus que de simples accusations. Le nombre d’invités ne permettait pas une bonne prise de parole surtout que l’objectif était d’ouvrir une passerelle sur le petit écran pour habituer le public à voir de duels entre des opinions divergentes. Le cadre de l’émission était devenu plutôt un espace –forum qui a débordé sur les normes techniques et noyé le journalise dans une avalanche d’expressions assourdissantes. Le débat s’est éclipsé avant même de prendre forme, laissant penaud les téléspectateurs et libre cours à des rancœurs qui n’arrivaient pas à se vider dans un vase serré et trop petit pour contenir les nerfs excités. Cette première tentative a péché par un manque de distances politique de la part des invités qui se sont laissé aller loin dans les querelles au détriment d’une recherche de contributions constructive au débat. Les approches doivent évoluer si on veut décomplexer les rapports entre une certaine opposition allergique aux louanges des thuriféraires de la majorité et une certaine majorité détestant le radicalisme de ses adversaires. Chaque camp étant investi d’une mission à laquelle il ne doit pas d’un cran faillir. Tant que c’est comme ça, on ne pourrait pas s’attendre à des scènes attrayantes que la TV souhaite livrer à ses téléspectateurs. A défaut de trouver mieux, il faut instaurer un débat citoyen à la TV avec la société civile et des intellectuels indépendants.
Cheikh Tidiane Dia- le rénovateur
Nouakchott cède aux conditions de Aqmi : Chassé- croisé entre deux prisonniers
Le gendarme mauritanien Ely Ould Moktar enlevé le 20 décembre dernier à Adel Bagrou et le salafiste Abderrahmane Ould Meydda Al Azawadi, condamné par la justice mauritanienne dans le rapt des espagnols en 2009 sur la route Nouakchott-Nouadhibou se seraient croisés dans le désert aux frontières mauritano-malienne hier samedi 23 mars 2012. Ce chassée-croisé est intervenu à l’issue d’une négociation entre les autorités mauritaniennes et Aqmi pour obtenir réciproquement la libération de l’otage mauritanien d’un côté, et de l’autre l’extraction du prisonnier salafiste du pénitencier de Dar Naim.
Les deux négociateurs seraient tombés d’accord sans trop d’encombre. C’est dans ces conditions que le feuilleton carcéral d’Ely Ould Moktar viendrait se refermer. C’est à la veille de l’expiration de l’ultimatum fixé par Aqmi que tout semble se nouer et les événements se précipiter. L’attitude des autorités mauritaniennes avaient peu inspiré confiance une opinion publique et politique qui commençait à désespérer de la volonté du pouvoir de céder aux conditions fixées par l’organisation terroriste. La famille du prisonnier avait multiplié les appels pour demander la libération de son fils. De même que les partis politiques et les organisations des droits de l’homme qui avaient exprimé leurs préoccupations et alerté le pouvoir des conséquences qui découleraient d’une issue fatale sur cette capture. Il semble que le Président de la république aurait à la dernière minute levé la réserve en dépêchant sur le front des pourparlers le colonel Mohamed Ould Znagui, chargé d’entrer en contact avec Aqmi. Officiellement on attend encore un communiqué du gouvernement sure cet échange de prisonniers pour en savoir davantage sur ce dénouement heureux de cette capture. Pour le moment on s’en tient aux seules sources distillées par la presse électronique locale. Selon l’ANI, la mère d’Ely Ould Moctar Fatimettou Mint Brahim a affirmé que « l’épouse de son fils a été informée par la gendarmerie de sa libération et qu’il doit arriver, dans quelques heures à Nouakchott ». Par ailleurs, une source sécuritaire a affirmé que le gendarme mauritanien serait libéré, en même temps que l’otage italien Rosita Aouro. Les contours du processus ayant conduit à la libération des deux otages ne sont pas encore défini. La semaine dernière, une envoyée spéciale du gouvernement italien, Margueritta Bonivar avait été reçue, à Nouakchott par le président mauritanien Ould Abdel Aziz. Toujours de une source sécuritaire, on affirme que le détenu salafiste Abderrahmane Ould Medou de nationalité malienne avait été amené, dans la nuit du jeudi à vendredi vers une direction inconnue. « Son départ serait liée à la libération du gendarme otage d’AQMI », affirme la même source. AQMI avait exigé la libération de deux de ses membres détenus en Mauritanie contre celle du gendarme. Le 11 février, l’organisation avait menacé d’exécuter, dans les vingt jours qui suivent, le gendarme mauritanien enlevé si les autorités mauritaniennes n’accèdent pas à ses exigences.
Des ouf de soulagement
Partout, même encore gagnés par le suspens d’un dénouement non encore prouvé sur le terrain de la réalité, tant que le gendarme n’est pas arrivé en lieu sûr ou rentré dans son pays, les mauritaniens sont satisfaits de cette issue qui pourrait permettre à l’otage de s’en sortir. Le pouvoir mauritanien aura également bien agi en préférant la discrétion dans une libération négociée au moindre coût où son absence aurait été perçue comme un déni à la cause citoyenne, alors que le régime s’est déjà considérablement investi dans des tentatives de libération d’otages européens. Toutefois, cette présumée relaxe, n’augure pas la fin du tunnel et montre si besoin est qu’Aqmi pourra désormais faire de la tactique des enlèvements une nouvelle stratégie pour obtenir la libération un après l’autre de ses détenus aux mains du régime mauritanien. Notons enfin que si l’otage mauritanien a été croisé contre un détenu salafiste, ce ne serait pas le cas de l’humanitaire italienne Rossella Urru, relaxée simultanément, contre la libération de laquelle Rome aurait versé 30 millions d’euros. Vrai ou faux ?
Cheikh Tidiane Dia –Le rénovateur
Etat civil: Les Archives manipulées pour exclure les déportés (ONG)
ALAKHBAR (Nouakchott) – Des ONG réunis dans le Front du FLERE ont accusé dimanche les autorités d’avoir «manipulé» les archives pour priver les déportés mauritaniens de leurs documents de nationalité et de propriété foncière. Les ONG, qui présentaient dans une conférence de presse à Nouakchott les résultats d’une tourné dans les sites des rapatriés, ont vivement dénoncé «des vastes irrégularités» dans l’Etat civil. « Dans des familles rapatriées, on découvre que seuls les parents, ou un d’eux, sont recensés. Sans papiers, Les enfants Ils sont, pour les autorités, des étrangères, confrontant ainsi énormes problèmes scolaires», a estimé Mohamed Ouerzeg Ould Razga, porte parole du FLERE.
« Plus grave, quelques rapatriés qui ont échappé avec des documents de nationalité et de propriété foncière, sont surpris que leurs document n’ont plus aucune trace dans les archives, à cause de la manipulation » ont affirmé ces ONG.
Les ONG ont accusé « des généraux, des colonels et des ministres » mauritaniens de confisquer « les terrains arables et mêmes les maisons » des rapatriés. Lorsque ceux-ci se plaignent, on procède à des manouvres dilatoires infinies, ont déploré les ONG.




