Daily Archives: 21/03/2012
La Mauritanie attend le retour de ses ‘derniers’ réfugiés au Sénégal
ALAKHBAR (Nouakchott)-Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, se rendra dimanche prochain à Rosso-Mauritanie, où il devra accueillir le “dernier” contingent des mauritaniens, qui s’étaient réfugiés au Sénégal depuis les événements de 1989.
Après le retour, hier, de 200 réfugiés, l’opération de rapatriement volontaire, décidée par la Mauritanie, le Sénégal, et le Haut Commissariat des refugiés, prendra officiellement fin le 25 mars 2012.
Cependant, des ONG mauritaniennes de défense des droits de l’Homme dénoncent les “mauvaises” conditions d’accueil dans lesquels “se trouvent” les ex-réfugiés, qui sont de retour dans leur pays. Ces derniers déplorent la “spoliation” de leur terre, et évoquent des “difficultés liées au rétablissement” de leurs pièces d’état civil.
Les ONG soulignent aussi que l’opération de rapatriement “ne concerne pas les mauritaniens qui se sont réfugiés au Mali” suite aux mêmes événements. Le nombre de ces derniers n’est cependant pas chiffré du fait d’absence d’organisation par rapport à ceux qui étaient expulsés au Sénégal, lesquels sont regroupés en associations locales et régionales, pour défendre leurs droits.
D’autre part, certains refugiés, restés à Dagana(Sénégal), refusent de rentrer en Mauritanie ; ils accusant les autorités de Nouakchott de vouloir “leur imposer, la Vallée (régions du sud de la Mauritanie) comme unique destination”. Alors qu’ils veulent retourner à Nouakchott, la capitale politique ou à Nouadhibou, la capitale économique, où ils travaillaient au moment du déclanchement du conflit en 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie.
Récemment, lors d’un déplacement à Nouadhibou le 13 mars 2012, le président Ould Abdel Aziz, s’attaquant à l’opposition mauritanienne qui demande son “départ immédiat” du pouvoir, affirmait : “Certains de ceux qui tentent de l’exploiter (le passif humanitaire) aujourd’hui seraient impliqués dans l’exécution et la traque de groupes mauritaniens comprenant des frères et collègues à nous dans l’armée.” Les regards aussitôt tournèrent vers Ely Ould Mohamed Vall, directeur de la sûreté nationale à l’époque des événements. Ely, président de la transition de 2005, venait d’accuser son cousin, Ould Abdel Aziz, d’avoir organisé ‘’une rébellion pour confisquer’’ le pouvoir en août 2008. Ould Abdel Aziz avait renversé Sidi Ould Cheikh Abdallah, le premier président mauritanien démocratiquement élu.
Vingt quatre heures plus tard, le 14 mars, le président Ould Abdel Aziz est revenu sur ses propos. Répondant à une question d’ALAKHBAR,il a affirmé que le dossier du passif humanitaire “est déjà clos, parce que sa solution est venue des victimes elles-mêmes”. Des montants ont été versés aux ayants droit, une prière a été effectuée en la mémoire des victimes, et un pardon, au nom de la Mauritanie, a été demandé aux parents des disparues.»




