Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 13/03/2012

Hommage à mon frère Youssouf DIAGANA (1958 – 2012) Par Boubacar DIAGANA[1]

altYou. C’est ainsi que l’appelaient ses innombrables connaissances de toutes nationalités du campus universitaire de Dakar où il a atterri en septembre 1980, nanti d’un baccalauréat Série A pour suivre des études de Lettres. L’homme était simple, jovial, accessible de tous. Tous sont frappés par son côté relationnel, chacun le partageant de façon particulière. Après l’obtention d’une maitrise, il postule en été 1984 auprès du Ministère de l’Education Nationale à la fois pour un poste d’enseignant du secondaire et pour une bourse de troisième cycle. Le Ministère de tutelle opte pour le second choix et Youssouf embraye alors pour des études de troisième cycle. S’en est suivi donc logiquement un DEA en littérature africaine en 1985 et une inscription en thèse en 1986. 
 Cette période correspondra avec la venue à Dakar d’un premier contingent d’élèves et étudiants noirs Mauritaniens fuyant le régime de Maawiya Ould TAYA pour trouver refuge au Sénégal. Pour ceux qui ont été accueillis à la cité universitaire, la chambre de Youssouf sera un lieu de convergence. La politique n’est pas son truc, mais la détresse des siens ne le laissait point indifférent. Il leur apportera tout ce qu’il pourra comme aide et soutien.
 
Cela parait dérisoire, mais nombreux sont ceux qu’il  introduira au resto U malgré l’absence du bénéfice de la codification de leur carte d’étudiant pour pouvoir se restaurer avec un ticket subventionné que Youssouf leur offrait gracieusement en réussissant au passage à déjouer la vigilance du contrôleur à l’entrée de ce lieu. Quand le contrôle devenait plus rigoureux, il trouvait toujours le moyen d’externaliser son plateau personnel pour le partager avec le, voire les invités du jour. Ce qui fait dire à mon ami Ciré BA que Youssouf était notre  « Abbé Pierre ».
 
Bref, chez lui,  c’était la graille en continu et le thé coulait à flot. Vu de l’extérieur, l’atmosphère dans sa chambre sur le temps du midi, donnait de lui l’image d’un « ambianceur », d’un bon vivant. En réalité, l’homme était simplement un humaniste, traduisant dans les faits le devoir qu’a tout bon croyant d’assister son prochain nécessiteux. Pas étonnant, car ce caractère reflète l’éducation maraboutique qu’il a reçue de son père dans son Kaédi natal, alternant enseignement coranique et école moderne. Il eut le temps de parcourir deux fois le texte du Saint Coran et d’étudier les fondamentaux du droit et de la jurisprudence islamique : Al Aqdari, Al Mouqaddamatoul Al Iziyya, Al Rissala 1 et 2. 
 
Les agréments de la vie d’étudiant ainsi que la rigueur demandée par les études dans la prestigieuse Université Cheikh Anta Diop ne l’ont pas pour autant dévié de sa voie éducationnelle. Ainsi dormait-il le soir bercé par les sonorités des plus beaux lecteurs du Saint Coran. Tout comme, il paracheva lui-même l’enseignement islamique reçu : il revisita notamment Al Mouqaddamatoul Al Iziyya en 1987 pour en tirer la quintessence. Fin connaisseur du Saint Coran, il aimait en psalmodier des morceaux choisis à la mode Soudeïss ou Abdel Basset Abdessamad presque à la perfection. La Waaqiâ (l’Echéante ou l’Evènement selon les traductions, en tout cas la sourate 56 du Saint Coran) était peut être sa préférée. Il aimait la réciter souvent lors de la dernière prière du soir.
 
Son érudition frappera son directeur de thèse, le Pr. Madior DIOUF qui, concluant son propos liminaire à la suite de la soutenance de Youssouf, reprend pour le public et les membres du jury une citation tirée du Coran et couchée par l’auteur sur la première page de son document : « ALHAMDOU LILLAHI LéZI HADA NA LIHâZA. WA MA KOUNNA LI NAHTADIYYA, LAW Lâ AN HADâNA ALLAH » (Louange à Allah, qui nous a guidé à ceci. Nous n’y serions parvenus si Allah ne nous avait guidé, aidé). Et M. DIOUF d’en déduire que cette citation à elle seule traduisait la grande capacité de son étudiant à décrypter les textes y compris les plus  chargés en contenu. Cette capacité valide par la même occasion le travail scientifique qu’il soumettait à leur appréciation du jour.
 
Youssouf était un esprit sain dans un corps sain. Grand sportif devant l’éternel, il s’adonnait pèle-mêle au footing matinal sur la corniche, au football, à la pétanque comme au handball. Dans cette dernière discipline, il intègrera même l’équipe du Dakar Université Club pour les entraînements.
 
Diabolique. C’est le qualificatif que lui vaut, de la part de ses camarades du lycée, sa capacité à se sortir des situations les plus complexes.
 
Youssouf exerça le métier d’enseignant dans plusieurs établissements de Dakar et sa région avant que ne lui soit ouverte la perspective cap-verdienne où il enseigna la littérature africaine à l’Université de Praia. C’est dans ce pays, qu’il fut rappelé à Allah. Il laisse une veuve, deux enfants et un grand vide dans nos cœurs.
 
Puisse Allah, le Très Miséricordieux lui accorder Son pardon et lui ouvrir grandes les portes de Son paradis. Amine 
 
BOUBACAR DIAGANA 

Source: BA CIRÉ.
 
Ci-dessous le communiqué officiel publié par les autorités de l’Université de Praia annonçant le décès, avec traduction en français.[3] 
 
Comunicado de Falecimento[4]
 
Terça, 06 Março 2012 16:06
 
O Conselho Directivo do Departamento de Ciências Sociais e Humanas da Universidade de Cabo Verde (Uni-CV) tem o doloroso dever de comunicar a toda a Comunidade Académica, bem assim a Comunidade Mauritaniana residente no País, que faleceu esta manhã, no Hospital Dr. Agostinho Neto, Praia, o DOUTOR YOUSSOUF BOUBACAR DIAGANA, natural da Mauritânia, docente do Curso de Francês desde 2008. 
 
O  Funeral partirá às 17 horas desta terça-feira, 06 de Março, da Casa Mortuária em direcção ao Cemitério da Várzea. 
 
TRADUCTION:
 
Communiqué de décès Mardi 06 mars 2012 Le conseil directif du département de sciences sociales et humaines de l’Université de Cap Vert (Uni-CV)A la douleur d’annoncer à toute la communauté Académique, ainsi qu’à la communauté Mauritanienne résident dans le pays. Le décès, intervenu ce matin à l’hôpital Dr. AGOSTINHO Neto, Praia, du Docteur YOUSSOUF BOUBACAR DIAGANA, ressortissant Mauritanien, Professeur de français depuis 2008. Les funérailles partiront à 17h ce mardi 06/03/2012 de la morgue en direction du cimetière de VARZEA.

« Péril pulaar » : thèses et…foutaises ! par Barka Ba -directeur de l´information de la TFM

altUn mauvais   vent souffle sur le Sénégal. Faire ce constat n’a rien d’alarmiste, au regard de certaines déclarations d’hommes et de femmes politiques, après les résultats du premier tour qui ont vu Macky Sall contraindre le président Wade à un second tour. Après que l’ancien Premier ministre eut battu son ex-mentor à Pikine, la responsable libérale de cette localité et néanmoins ministre de la République, avec tout le fiel qu’elle était capable de sécréter, a  expliqué la défaite de la coalition Fal 2012par un « vote ethnique » en faveur de Macky Sall. Elle faisait ainsi écho au chef de l’Etat qui lui-même, au cours de la campagne, face à la démonstration de force de son ancien collaborateur, a commis une embardée verbale qui fait froid dans le dos : «Si j’avais demandé aux Wolofs de voter pour moi, uniquement pour moi et que les Diolas en fassent de même, où est-ce que cela nous mènerait? C’est irresponsable. Ce genre de discours ethniciste ne doit pas passer car pour gagner une présidentielle, il faut avoir un programme». 

Qu’un président de la République, censé incarner l’unité de la nation,  puisse soutenir de telles calembredaines, en toute impunité, renseigne  sur la régression mentale qui s’est emparée de certains de nos dirigeants. Une parole de haine, longtemps  enfouie, s’est subitement libérée, et on assiste à une sorte de compétition  de la part d’apprentis sorciers : c’est à  qui sortira la petite phrase la plus nauséabonde sur la communauté Hal pulaar. Par désir de ne pas répondre à une provocation malsaine et refusant le piège des « identités meurtrières », pour reprendre Amine Maalouf, les intellectuels issus de cette communauté ont jusque-là évité de polémiquer avec des idéologues de sous-préfecture. Mais l’on aurait tort de prendre leur silence assourdissant pour de la faiblesse. Au nom de quoi se permet-on de stigmatiser toute une ethnie,  là où l’on rampe à plat ventre devant d’autres communautés ? Quand Idrissa Seck gagne à Thiès, Abdoulaye Wade à Kébémer et Moustapha Niasse à Kaolack, c’est « normal».  Mais il suffit que Macky Sall gagne au Fouta, même en perdant symboliquement à Nguidjilone, d’où est originaire sa mère, pour qu’on entende des cris d’orfraie et qu’on  agite l’épouvantail du« péril peul » avec une fixation malsaine et incompréhensible sur cette ethnie. Que l’on nous comprenne bien : prétendant à la magistrature suprême, Macky Sall s’expose naturellement,  de la part de ses compatriotes,  à des critiques légitimes, y compris sur sa capacité  à prendre en charge  les destinées du Sénégal. C’est un exercice salutaire pour la démocratie. Mais les suspicions et les sommations interpellatives sur son appartenance communautaire sont inacceptables. Au nom de quoi un Joola, un Hal pulaar, un Soninké  ou un Badiaranké, devraient-ils donner des gages pour occuper le palais de Roume ? Comme si le fait d’appartenir à ces communautés était un vice rédhibitoire  incompatible avec les charges de la République ! A notre humble avis,  qu’un « allochtone » comme le candidat Sall puisse faire ses plus gros scores chez ses  cousins  à plaisanterie Sérères devrait réjouir et rassurer tous les républicains de ce pays. Comme c’était l’honneur du Sénégal de voir le musulman Foutanké Seydou Nourou Tall, l’un des marabouts les plus influents de son époque, choisir le camp du catholique Sérère Senghor contre le « Toucouleur » Mamadou Dia pendant les évènements de 1962. Passe encore que des politiciens irresponsables entrent dans ce genre de considérations honteuses et franchement rétrogrades. Mais qu’un intellectuel de haute facture comme Babacar Justin Ndiaye, dans une émission télévisée,  puisse évoquer  les dangers d’une « république toucouleur » (sic),   et  ratiociner, au moyen d’une prospective fantaisiste, sur un soutien automatique aux Flam mauritaniens, en   victoire de Macky Sall, est profondément déplorable. Curieusement, on n’a pas souvenance d’avoir entendu notre  ami Justin évoquer une« république Wolof » dans un pays où le président de la République, le Président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale, le président du Conseil économique et social, le  médiateur de la République, le chef d’Etat-major général des armées, sont tous issus de cette communauté. Par peur de réveiller les vieux démons, personne ne s’est offusqué de ce déséquilibre pourtant patent à la tête  de la quasi totalité des institutions du Sénégal. Pis, l’éminent politologue, ne craignant pas des raccourcis non seulement  erronés mais dangereux, a longuement insisté sur le cas de la Guinée. Pays où effectivement, pour barrer la route au candidat Cellou Dalein Diallo arrivé premier au premier tour de la  présidentielle,  les partisans d’Alpha Condé avaient agité la menace du « péril peul » avec une trouvaille qui fait frémir: l’ « ethno-stratégie », autrement dit l’instrumentalisation de l’ethnie à des fins politiciennes. Dans son admirable pièce  « La Résistible Ascension d’Arturo Ui », tirant  les leçons du cauchemar nazi, Bertolt Brecht,  avertisseur d’incendie incomparable, avait lancé la mise en garde suivante: « Le ventre est encore fécond d’où a  surgi la bête immonde ». Nos politiciens devraient se garder d’ouvrir une boite de Pandore aux conséquences incalculables.

 

 

Barka Ba – directeur de l’information Tfm

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Mega-meeting de l’opposition : Du poisson contre le poison de la COD

La grande marche de la COD a eu lieu. L’appel à la mobilisation lancé par la coalition des partis de l’opposition a été largement entendu.Ce fut un ras- de-marée aux alentours de la mosquée marocaine où des milliers de personnes se sont rassemblées pour écouter les discours et slogans des partis de l’opposition.L’ambiance rappelle les grandes occasions politiques.Les grandes figures de la contestation du pouvoir de Ould Abdel Aziz se sont données rendez-vous pour cette messe dont « l’objectif est de mettre à nu les mensonges et les montages du régime qui cherche à détourner l’attention des populations  sur ce qu’ils qualifient de situation sociale, politique et économique sans précédant que le pays connaît depuis une longue période ». Le cadre était bien circonscrit pour une opposition enflammée de monter sur ses chevaux de bataille devant des foules nombreuses venues de tous les quartiers notamment populaires. Le pouvoir qui s’était aussi préparé pour une telle « manifestation de déstabilisation » a usé de ses méthodes pour saper cette démonstration de force de la COD. Des centaines de bus ont été immobilisés dans le parc du CSA pour provoquer une crise dans le transport des cars desservant les axes des quartiers périphériques de la capitale. Une distribution de poissons et de produits alimentaires a été organisée le jour de la marche au profit des populations, pour les occuper aux besoins vitaux. Des embouteillages monstres auraient été créés à tous les carrefours de la Capitale pour permettre d’empêcher les manifestants, venus de la périphérie, d’accéder à l’itinéraire de la manifestation. Un ordre aurait été donné par ailleurs aux membres des brigades de la Police Routière pour bloquer ces bus chargés de transporter les manifestants vers le lieu de regroupement. Mais la mayonnaise, n’a apparemment pris que de moitié. Le meeting aura au moins permis à la COD de tenir sa promesse et ce à la veille de la visité du président Aziz à Nouadhibou.
Cette marche pacifique qui devait se poursuivre jusqu’au crépuscule vise à protester contre la situation politique, économique et sociale du pays. Composée d’une douzaine de partis politiques, la COD veut également dénoncer « l’incurie du pouvoir, le blocage politique, le pillage des ressources nationales, la persistance des grandes tares de la société mauritanienne » et demander la démission du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Tous les ténors de l’opposition mauritanienne ont pris part à cette manifestation. L’Ira qui avait indiqué la veille ne pas aller à cette marche, a finalement décidé de participer, avec des militants brandissant des banderoles évocateurs de combat contre l’esclavage. Selon d’autres sources qui ont suivi cette marche, on rapporte que les services de l’Etat se sont entièrement mobilisés pour faire échouer la marche. Des instructions auraient été donnés aussi aux gérants des boutiques Emel 2012 de distribuer gratuitement des dattes et du poisson. La mesure vise le captage des habitants des quartiers périphériques pour les empêcher d’aller à la Marche.


Amadou Diaara –LE RÉNOVATEUR.