Majorité- opposition, un débat cacophonique !
Le débat télévisé entre la majorité et l’opposition a accouché d’une cacophonie.Il pouvait difficilement en être autrement.Le contexte politico-social actuel ne facilite pas des discussions sereines en mesure d’aider à analyser avec lucidité les problèmes les plus urgents du pays pour envisager des solutions à la hauteur des attentes.Il faut dire que le choix des hommes a quelque peu fait défaut à la qualité de ce face à face apparemment pris comme un cadre de règlement de vieux comptes remontant des « désaccords de Dakar ».
Peut –être que les intentions de la TVM étaient de proposer un régal plus appétissant à ses téléspectateurs tout en évitant au maximum des dérapages. Mais il vaut mieux remettre soit à plus tard cette émission, soit fixer clairement et professionnellement ses contours pour produire des résultats meilleurs. Dans un débat, les contradictions sont nécessaires et mêmes enrichissantes. Sans antagonisme, les interventions évoluent dans un sens unique rendant sans intérêt le contenu des discussions. Mais quand la contradiction pollue le climat télévisuel, elle sème le doute et installe la zizanie. Tel fut le cas lors du débat du jeudi opposant les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition par parlementaires interposés. Si les invités avaient su dépasser les préjugés et posé le débat en termes non pas de responsabilités historiques de la situation du pays – car chacun a sa part de responsabilité – mais de volonté de rectifier les erreurs par les actes et les idées, le débat gagnerait en pertinence. Au contraire, il s’est embourbé dans des joutes agressives et superficielles. Quand des personnalités politiques de ce rang se mettent autour d’un plateau d’une télévision, on doit s’attendre à plus que de simples accusations. Le nombre d’invités ne permettait pas une bonne prise de parole surtout que l’objectif était d’ouvrir une passerelle sur le petit écran pour habituer le public à voir de duels entre des opinions divergentes. Le cadre de l’émission était devenu plutôt un espace –forum qui a débordé sur les normes techniques et noyé le journalise dans une avalanche d’expressions assourdissantes. Le débat s’est éclipsé avant même de prendre forme, laissant penaud les téléspectateurs et libre cours à des rancœurs qui n’arrivaient pas à se vider dans un vase serré et trop petit pour contenir les nerfs excités. Cette première tentative a péché par un manque de distances politique de la part des invités qui se sont laissé aller loin dans les querelles au détriment d’une recherche de contributions constructive au débat. Les approches doivent évoluer si on veut décomplexer les rapports entre une certaine opposition allergique aux louanges des thuriféraires de la majorité et une certaine majorité détestant le radicalisme de ses adversaires. Chaque camp étant investi d’une mission à laquelle il ne doit pas d’un cran faillir. Tant que c’est comme ça, on ne pourrait pas s’attendre à des scènes attrayantes que la TV souhaite livrer à ses téléspectateurs. A défaut de trouver mieux, il faut instaurer un débat citoyen à la TV avec la société civile et des intellectuels indépendants.
Cheikh Tidiane Dia- le rénovateur




