Monthly Archives: November 2011
Le forum de la Commission africaine des droits de l´homme préoccupé par des pratiques discriminatoires en Mauritanie
Le Forum de participation des ONG, réuni à Banjul (Gambie) du 19 au 21 octobre 2011 à l’occasion de la 50ème session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP)
Considérant l’actuel recensement de la population débuté en mai 2001 avec pour objectif de mettre en place un système biométrique d’identification des citoyens ;
Préoccupé par les informations faisant état de pratiques discriminatoires exercées par les agents recenseurs à l’encontre des populations négro-mauritaniennes ; notamment des questions supplémentaires qui leur sont posées ayant trait à la religion, à la politique ou à leur généalogie, dans le but de contester leur nationalité mauritanienne ;
Considérant la multiplication des manifestations protestant contre ces pratiques discriminatoires ;
Considérant l’interdiction souvent arbitraire de ces manifestations et la répression brutale et disproportionnée par les forces de l’ordre contre les manifestants, en toute impunité ;
Préoccupé par les arrestations arbitraires des manifestants et les sévères condamnations pour « manifestation non autorisée » ;
Rappelant la décision du 11 mai 2000 de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples faisant étant des violations massives des droits de l’homme et de discriminations perpétrées par les Autorités mauritaniennes contre les populations négro-mauritaniennes.
Le Forum de participation des ONG réuni à Banjul (Gambie) du 19 au 21 octobre 2011 à l’occasion de la 50ème session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
Recommande à la CADHP d’adopter une résolution appelant
Les autorités mauritaniennes à :
• Respecter strictement les dispositions de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et notamment son article 2 sur la non discrimination ;
• Prendre toutes les mesures nécessaires pour que cessent immédiatement toutes les pratiques discriminatoires, notamment à l’occasion du recensement ;
• Respecter les dispositions de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatives à la liberté d’expression et de réunion ;
• Prendre les mesures nécessaires pour que les éléments de forces de l’ordre, auteurs des violations des droits de l’homme soient poursuivis et jugés conformément aux dispositions de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Fait à Banjul le 21 octobre 2011
Pétition contre l´impunité en Mauritanie: La liste des signataires
Le 28 Novembre ne pourra plus jamais être ce jour d’optimisme symbolisant la renaissance à la dignité et à la liberté pour le peuple mauritanien, Noires et Arabo-berbères confondus.
Depuis le 28 novembre 1990, ce qui aurait dû rester un grand jour symbole de notre libération du colonialisme français s’est transformé en un Jour de douleur et de grande souffrance, un Jour de larmes, un Jour de deuil, de tristesse pour toute la communauté négro-africaine et plus particulièrement pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu des êtres chers.
En effet, le 28 novembre 1990, le pouvoir ethnico-génocidaire mauritanien fait pendre, de sang froid, 28 soldats noirs mauritaniens, pour fêter le trentième anniversaire du pays ! Ils ont été pendus pour célébrer l’arabité de la Mauritanie. Ils ont été pendus parce qu’ils étaient noirs et non arabes.
01 – Sergent-chef Diallo Abdoulaye Demba
02 – Adjudant-chef Abdoulaye DJIGO
03 – 1ère classe Samba Oumar NDIAYE
04 – 1ère classe Ibrahima DIALLO
05 – 1ère classe Mamadou Hamadi SY
06 – Sergent Mbodj Abdel Kader SY
07 – 1ère classe Samba Baba NDIAYE
08 – 2ème classe Oumar Demba DIALLO
09 – 1ère classe Amadou Saïdou THIAM
10 – 1ère classe Mamadou Oumar SY
11 – 1ère classe Abdarahmane DIALLO
12 – Sergent DIALLO Demba Baba
13 – Soldat Mamadou Demba SY
14 – Soldat Alassane Yéro SARR
15 – Caporal Amadou Mamadou BAH
16 – Sergent-chef Lam Toro CAMARA
17 – Sergent chef Souleymane Moussa BAH
18 – 2ème classe Oumar Kalidou BAH
19 – Sergent Amadou Mamadou THIAM
20 – Sergent Samba SALL
21 – 2ème classe Abdoulaye Beye DIALLO
22 – 1ère classe Cheikh Tidiane DIA
23 – 2ème classe Samba Bocar SOUMARE
24 – 1ère classe Moussa NGAÏDE
25 – 1ère classe Siradio LÔ
26 – 1ère classe Demba Oumar SY
27 – Sergent Adama Yero LY
28 – 2ème classe Samba Demba Coulibaly.
Ils ont été pendus par «leurs frères d’armes», en guise de solidarité à l’Irak de Saddam Hussein.
Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes. C’est pourquoi, nous, signataires de cette “Pétition pour la justice” parrainée par les Forces de libération africaines de Mauritanie, par devoir de mémoire et par exigence morale, demandons solennellement à toutes celles et à tous ceux qui aspirent à l’unité de notre pays, la Mauritanie, à toutes celles et à tous ceux qui croient scrupuleusement au respect des droits humains :
– de faire désormais de la journée du 28 novembre, un jour de deuil à la mémoire des victimes du racisme et du chauvinisme d’Etat mauritanien, un jour de grande Communion avec toutes les victimes de la barbarie raciste anti-noir du Système fasciste mauritanien.
Ce jour, on consacrera une minute de recueillement et de prières à la mémoire de nos Martyrs.
Ensemble, exigeons du gouvernement mauritanien,
– La restitution des dépouilles des pendus du 28 novembre 1990 à leurs familles,
– L’arrestation et le jugement des auteurs et commanditaires de cette barbarie raciste par un tribunal spécial,
– L’érection d’un monument de souvenir et de réconciliation dédié à la mémoire des pendus d’Inal et à toutes les victimes du génocide survenu entre 1986 et 1991.
Non à l’oubli !
La lutte continue !
LES SIGNATAIRES:
1- Samba Thiam- New-York- USA
2- Ibrahima Mifo Sow- Baltimore- Maryland- USA
3- Kaaw Touré Kalmar- Suède
4- Mohamed Abdoul Sow dit Hamadi – Paris- France
5- Abdoulaye Ba –Montréal-Quebec
6- Abou Backrine Ndongo-Bruxelles- Belgique
7- Ibrahima Athie- Houston-Texas-USA
8- Abdoulaye Malickel Sy- Jacksonville- Florida- USA
9- Ibrahima Abou Sall – Paris-France
10- Habsa Banor Sall-Paris-France
11- Abdoulaye Thiongane- Copenhague –Denmark
12- Abou Hamidou Sy- Tampa-Florida-USA
13- Mamadou Wane-Dakar-Sénégal
14- Abdoul Birane Wane – Coordinateur TPMN- Nouakchott-Mauritanie
15- Alassane Ndiengoudi Dia- Porte-parole TPMN- Nouakchott-Mauritanie
16- Diagana Mamadou Youssouf-Président de l´OCVIDH-Paris-France
17- Dieng Ahmadou Tidiane –Villeneuve le roi -France
18- Diallo Ibrahima dit Babayel- Paris-France
19- Amadou Mody Thiam- Cincinnati-Ohio-USA
20- Ba Mamadou Sidi- Jacksonville- Florida-USA
21- Abou Hamath Sall- Baltimore – Maryland- Usa
22- Sall Mamadou – Baltimore-Maryland-USA
23- Diko Hanoune- S. G de L´AHME-Lyon-France
24- Ba Ciré –Paris- France
25- Boubacar Tidiane Diagana- Rouen-France
26- Ba Tenguella- Tambacounda-Sénégal
27- Camara Abdoul Ghoudouss- Chicago- Illinois-USA
28- Arwa Dieng Touré – Kalmar Suède
29- Mamadou Barry – Willingboro, NJ USA
30- Issa Thiam-Luanda-Angola
31- Dr Babah Ould Mohamed Ali Es-Saleh- Chine
32- Ba Cheikh Oumar –Paris-France
33- Aminata Ousmane Niang-Paris-France
34- Amadou Boubou Niang- Paris-France
35- Ibrahima Aly Dia- Montreuil- France
36- Ousmane Ba- Paris-France
37- Garba Diallo –Copenhague-Denmark
38- Ibrahima Sow- Professeur- Baltimore-USA
39- Roughiatou Ngaïdé- Dublin-Ohio-USA
40- Soulé Ngaïdé-Paris-France
41- Ba Bocar Oumar –Strasbourg-France
42- Kamilla Pajecka Thiongane-Chercheuse-Université-Copenhague-Denmark
43- Mamadou Touré dit Docteur-Québec-city-Canada
44– Ba Elhadj Saïdou Nourou-Paris-France
45- Ba Mohamadou – Soissons-France
46- Abdoulaye Diallo-Texas-Houston-USA
47- Abou Tagourla -Paris-France
48- Dr Ousmane Sy- Ira-Mauritanie-Sénégal- Dakar –Sénégal
49- Ciré Kane-Rennes-France
50- Wagne Souleimane EL Moctar- Rostock-Allemagne
51- Abdoul Sow- Paris-France
52- Aminata Ba – Willingboro, NJ USA
53- Seri Sidibé Mariam- Pantin-France
54- N’Gaidé Mahmoud – Bucurest-Roumanie
55- BA Aminata- Montréal- Quebec
56- BA Daouda – Montréal Quebec
57- Defa Wane- Nouakchott-Mauritanie
58- Diallo Kadidiatou Montreuil France
59- Koundourou Aissata Deauville France
60- Dia Jarno Demmba Deauville
61- Dia Sammoodi deauville France
62- Ciré Guissé Hamady- Deauville France
63- Guissé Samba Deauville France
64- Dia Moussa Djeol Mauritanie
65- Dia Medina Nouakchott Mauritanie
66- Dia Salimata- Nouakchott-Mauritanie
67- Mamadou Thiam- Nouakchott-Mauritanie
68- Ba Amadou Cincinnati-Ohio-USA
69- Abass Djibril Diagana- Nouakchott-Mauritanie
70- Seybani Diagana- Kaëdi-Mauritanie
71- Ibrahima Samba Touré- Tunis-Tunisie
72- Amadou Gatta Ba –Nouakchott-Mauritanie
73- Idrissa Sow –Poitiers-France
74- Ousmane Dia- Toury-France
75- Mamadou Kelly- Geldrop-Hollande
76- Baboye Ba Kalidou- Lambarene-Gabon
77- Oumouyel Kane-Nouakchott-Mauritanie
78- Mohamedou Ngaïdé- Vicence-Italie
79- Moussa Bocoum-Nice-France
80- Youssouf Touré-Paris-France
81- Ousmane Dia-Paris-France
82- Coumba Sow- Nouadhibou-Mauritanie
83- Alassane Ousmane Touré-Tunis-Tunisie
84- Youma Hawa Sow Kenitra-Maroc
85- Oumar Samba Ly, Calgary, Alberta, Canada
86- Moussa Mbaré Ba- Montréal-Canada
87- Bocar Daha Kane-Bordeaux-France
88- Soumaré Abdoulaye, Barcelone Espagne
89- Me Erika Koenig-Paris-France
90- Elhadje Sakho-Paris-France
91- Nene Galle Tandia- Ferney voltaire (AIN ) France.
92- Téne Ablaye Pampara Diaw-SNIM-Nouadhibou-Mauritanie
93- Baba Touré-Nouadhibou-Mauritanie
94- Ba Mohamadou-Rennes-France
95- Adama Moussa Diallo- Québec-Canada.
96- Bocar Diagana- Nouakchott-Mauritanie
97- Saidou Dem-Cincinnati-Ohio-USA
98- Koundou Soumaré- Montreuil-France
99- Abou Gadio-Les Ulis-France
100- Alpha Ba- Cincinnati-Ohio-USA
101- Lamine Tall-Pennsylvania-USA
102- BA Ibrahima– Brest- France
103- Vania Stoyanova Ba -Brest- France
104- Remy Carpentier- Paris-France
105- Iliana Carpentier Ba- Paris-France
106- Kristel Ba- Brest-France
107- Michael Ba-Brest-France.
108- Demba Ba-Orléans-France.
109- Elhadj Sidi Ngaïdé-Paris-France
110- Athia Chérif Niang-Paris-France
111- Ba Mohamedou Abou- Paris-France
112- Sala Mamadou Ba-Paris-France
113- Ba Cheikh Ahmadou Tidiane-Paris-France
114- Ramata Zakaria Konte -Baltimore, Maryland, USA
115- Aissata Abou Sall – Cincinnati, OHIO, USA
116- Mamadou Abou Sall- Baltimore, Maryland, USA
117- Amadou Abou Sall- Baltimore, Maryland, USA
118- Houleye Abou Sall – Baltimore, Maryland, USA
119- Hawa Abou Sall – Baltimore, Maryland, USA
120 – Baydy Sih-Columbus-USA
121- Alassane ALy Dia- Kansas City, Missouri- USA
122- Coumba Gako Dia- Kansas City Missouri -USA
123- Coumba Alassane Dia- Kansas City- Missouri- USA
124- Mohamed Dia- Kansas City- Missouri- USA
125- Mame Kadiata Dia- Kansas City Missouri – USA
126- Ibrahim Alassane Dia- Kansas City- Missouri –USA
127- Suleyman Alassane Dia- Kansas City Missouri- USA
128- Bechir Ould Bellal- Nouakchott-Mauritanie
129- Dem Mohamedou-Paris-France
130- Abdoulaye Sy- représentant du PLEJ aux USA-Memphis-USA
131- Fatoumata Watt- Memphis- USA
132- Mamoudou Abdoulaye Sy dit Barack Obama-Memphis-USA
133- Khadjetou Abdoulaye Sy dite Molido Kane-Memphis-USA
134- Thierno Ousmane Kamara-Paris-France
135- Sow Aboubacry- Nouakchott-Mauritanie
136- BA Zoulfaghar -Paris-France
137- Abdoul Bass Hamburg Germany
138- Yahya Thiam- Rochester NY-USA
139- Sy Salah Eddine-Jacksonville-Florida-USA
140- Saïdou Wane-Cincinnati-Ohio-USA
141- Zeinebou Wane-Cincinnati-Ohio-USA
142- Ousmane Baba Touré- Cincinnati-Ohio-USA
143- Halima Kane-Cincinnati-Ohio-USA
144- Mouhamadou Youssouf Dia-Cincinnati-Ohio-Usa
145- Fama Sow- Cincinnati-Ohio-USA
146- Demba Sy-Cincinnati- Ohio-USA
147- Rougui Ba-Nouakchott- Mauritanie
148- Diagana Cheikh – Paris-France
149- Mbaye Alioune Djibril-Paris-France
150- Kalidou Demba Ngaydo-Dakar-Sénégal
151- Fatima Ngaïdé- Dakar-Sénégal.
152- Oumar Ba-Nouakchott-Mauritanie
153- Fama Ba-Nouakchott-Mauritanie
154- Khadjetou Mint Yessa- Nouakchott-Mauritanie
155-Tabara Ba- Nouakchott-Mauritanie
156- Abdarrahmane Ba- Nouakchott-Mauritanie
157- Fatimata Ba- Nouakchott-Mauritanie
158- Oumoulkhairy Ba-Nouakchott-Mauritanie
159- Demba Ndiaye- Paris-France
160- Mamadou Samba Thiam-Nouakchott-Mauritanie
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Au secours, ils reviennent
Le président Ould Taya est parti, mais nombreux sont ceux qui le soutenaient et qui sont restés. Ayant été écartés des centres de décision et des la direction de haut poste, ceux-là sont finalement revenus sur scène. Les dernières nominations dans les derniers conseils des ministres, la désignation à la tête de conseil d’administration de direction publique ainsi les petits mouvements du personnel diplomatique, nous donnent davantage de lisibilité dans la véritable essence de ceux qui nous gouvernent. Nous pensons être aujourd’hui à mesure de tirer des leçons de taille sur le mode de gestion que nous réserve le pouvoir, lequel a décidé de faire du neuf avec du vieux.
Manifestement, le président de la République ignore les hommes et les mœurs politiques du pays. Cruelle vérité qui l’a amené à circonscrire ses choix sur les personnes qu’il a connues il y a plus de vingt ans, le cas échéant, sur la progéniture des anciens du Système !
A notre grand malheur, le tour de la vieille garde est revenu. Ils sont enfin parvenus à se hisser, triomphants, au sommet du podium. C’est la ” main invisible”, le ” Système ” qui les a tant couvés ce dernier quart de siècle qui a, encore une fois, fait preuve de sa baraka. C’est cette main couveuse, complice et pourtant coupable, tapis quelque part dans une haute officine obscure, qui s’évertue à mettre tout un peuple sous leur coupole. Pour la nième fois, nous nous contenterons d’épier leurs gestes, de voir la qualité de la “sombre lumière ” qu’ils ne tarderont pas à faire jaillir dans l’entourage du Chef. Nous ne nous lasserons pas, la peur au ventre, de surveiller leur petite fortune pour en évaluer l’évolution. Ils sont de nouveau puissants. Ne l’ont-ils d’ailleurs pas toujours été ? Aujourd’hui plus que par le passé, ils jouissent de ce sentiment de pouvoir, celui de toujours imposer, avec la bénédiction de l’Etat, le mode de gestion et les pratiques décriées de leur groupuscule. Les malheureuses confrontations tribales qui se sont produites vendredi à l’est du pays sont là pour en témoigner. “Ils ont trouvé une nouvelle opportunité pour tirer les ficelles du jeu. Tels qu’ils étaient connus des Mauritaniens, ces ” nouveaux ” élus “, ne nous sortiront certainement pas de l’auberge. Espérons seulement qu’ils ne nous replongent pas dans le pétrin !
Sneiba.
Le Dialogue a accouché « d’un rat! » selon les Flam
L’accord du dialogue national récemment signé continue de faire l’objet de moult interprétations de la part des acteurs politiques. Après la satisfaction de l’Upr et de l’Ajd, c’est aujourd’hui, le mouvement interdit en exil les Flam qui livre son verdict, précisant qu’il « n’aura pas accouché d’une souris mais d’un rat! ». Le mouvement fait savoir que s’il faut saluer les vertus du dialogue et de la concertation, les dernières assises de la concertation paraissent à ses yeux « anachroniques au regard du contexte spécial, particulier » dans lequel elles se sont tenues. Un contexte marqué et par la répression de manifestations pacifiques, ayant conduit à la mort tragique du jeune martyr Lamine Mangane et t par la fissure sociale doublée d’une crise de confiance des populations négro-mauritanienne vis-à-vis de l’Etat et du pouvoir qui l’incarne souligne les Flam. Le mouvement parle d’avancées timides quand il aborde les résolutions des conciliabules du dialogue citant la création d’une Ceni, les nouvelles modalités de désignation des membres du Conseil constitutionnel, le choix des maires, l’interdiction du vagabondage politique, la lutte contre cette flopée de partis cartables, tous points qui œuvrent à l’instauration de la démocratie. Toutefois, il indique que « si ces points, mineurs, ont été abordés, l’on ne peut ne pas regretter, une fois de plus, que l’on soit passé à côté de l’essentiel; l’on a éludé les questions centrales! », précisant que la Mauritanie n´est pas comme les autres, que ce pays spécifique de par son caractère multiethnique et bi-racial, ne saurait emprunter les voies classiques, sans crever l´abcès. Allant dans sa démonstration de l’échec du dialogue, les Flam estiment que si le processus d’apaisement était sincère, il aurait associer à ce dialogue et la société civile et toute l´opposition interne et externe, qui sont parties prenantes pour toutes les questions d’intérêt national, concluant enfin qu’il aurait au contraire fallu, « face à un chef d’Etat qui s’est rendu expert dans l’art de manœuvrer ses partenaires politiques, nécessairement rassurer sur les garanties de respect et de l‘applicabilité des décisions qui sortiraient du dialogue ».
LE RÉNOVATEUR QUOTIDIEN
Maghama rage contre l’administration
De source généralement bien informée, le commandant de brigade de la gendarmerie de Maghama, son adjoint et un gendarme reconnu comme étant un de ceux qui ont fait usage de leurs armes à feu pendant les manifestation anti enrôlement, ont quitté Maghama pour une destination inconnue. Un nouveau commandant de brigade et son adjoint, ont pris service.
C’est la molle réponse apportée à la revendication des jeunes de Maghama qui avait exigé de l’administration la poursuite judiciaire de ou des responsable de la mort du jeune manifestant, Lamine Mangane, tué le 24 septembre dernier, lors des violentes manifestations contre les «procédures humiliantes » d’enrôlement. Au regard des engagements pris par l’administration de satisfaire toutes les doléances des jeunes manifestants de Maghama, il était entendu que la lumière soit faite sur cette affaire et que les coupables soient punis. Surtout que le départ au plus vite de Maghama du commandant de la brigade de la gendarmerie, celui de la garde ainsi que deux policiers (Ould Aimore agent de police et Alioune Fall chef de corps urbain de la police) était une exigence des jeunes manifestants. Ce n’était pas tout d’ailleurs, puisque entre autres revendications, les jeunes voulaient aussi savoir d’où venait l’autorisation donnée aux commerçants de porter des armes avec lesquelles ils les ont menacés. Mais avec ce qui se passe sur le terrain, tout porte à croire qu’elle a choisi l’option de rester ferme et de ne pas poursuivre les coupables.
Refus de l’impunité
Même si elle donne l’impression d’avoir reculé sur les questions humiliantes des agents recenseurs, dans la pratique, les tracasseries restent toujours une réalité amère, vécue surtout par certains mauritaniens nés à l’étranger. A l’exemple de cette épouse très âgée d’une importante personnalité des années de l’indépendance née à Kayes et à laquelle les agents recenseurs du centre d’accueil de Tevragh-Zeina ont fait toutes les misères, au point de la mettre hors d’elles parce qu’on lui demandait sa date de mariage. Exaspéré, elle a jeté l’éponge et renoncé à l’enrôlement sans autre forme de procès. A Nouadhibou ce serait un homme d’affaires très riche qui s’est vu opposer le refus de l’enrôlement par le centre d’accueil de Nouadhibou au prétexte qu’il serait sahraoui. Lors des interrogatoires particulièrement humiliants dont des citoyens mauritaniens nés à l’étranger, ou dont des parents et grands-parents sont nés dans des pays de la sous – région, des agents recenseurs ici ou là dans les centres d’accueil, ont fait très souvent montre d’intolérables préjugés. Soupçonneux et bien souvent arrogants, ils ont considéré la « mauritanité » des intéressés douteuse voir frauduleuse. Sans autre forme de procès, ces derniers ont été rejetés. Ces actes inqualifiables ont été perpétrés par des agents de l’Etat dont l’ignorance ou la mauvaise foi n’ont d’égal que leur stupidité. Ils ont ainsi créé, chez leurs victimes, les frustrations qui ont produit le désordre à travers des émeutes d’une extrême gravité. S’ils ont agit par ignorance, la faute de ceux qui les ont nommés est lourde. Car, il est inconcevable qu’à ce niveau de responsabilité, on puisse ignorer que jusqu’à 1945, les deux Hodhs étaient soudanais, c’est-à-dire que leurs ressortissants étaient citoyens du Mali actuel. Saint – Louis était jusqu’en 1957 la capitale à la fois du Sénégal et de la Mauritanie, et le 1er Gouvernement de la Mauritanie siégeait à Ndar-Toute un des ses quartiers du bord de mer distant de 14 km de Ndiago, dans ce qu’on appelle la langue de barbarie. La première pierre de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, a été posée en 1958 par BA Amadou Diadié Samba Diom, Ministre des travaux publics, des Transports, des Postes et de Télécommunications, en présence des Présidents Mokhtar Ould Daddah, et Charles De Gaulle (voir photo). Le premier Conseil des Ministres du Gouvernement de la Mauritanie s’est tenu sous une tente, sur une dune située à l’endroit actuel de la Poste et de l’Hôtel Marhaba. Des pièces d’Etat civil essentielles étaient établies à Saint-Louis sans mentionner la Mauritanie (CNI du père de la Nation feu Me Mokhtar Ould Daddah). Si, par contre, ils n’ignorent rien de ce qui précède, la preuve de leur mauvaise foi est incontestable. Ils sont alors coupables d’une atteinte délibérée à l’unité nationale, et doivent, par conséquent, connaître toute la rigueur de la loi en la matière.
Moussa Diop-LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT.




