Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 13/08/2011

Conséquences de la néo-dictature du pouvoir et de l’immobilisme de l’opposition

altNul n’a le droit d’effacer une page de l’Histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme.” Alain Foka 

 

Problématique Générale

 Aziz « persiste et signe » comme dit l’autre. Cette attitude nous attriste parce qu’Aziz à tort. Mais Aziz n’est-il pas finalement le président qu’il nous faut ? Aziz s’est trompé en plein mois de ramadan a cause surement des mauvais conseils et/ou de son entêtement. Le président devait regarder dans le rétroviseur pour contempler l’histoire politique du pays.

A-t-il consulté le passé politique récent de la Mauritanie ? A-t-il réellement saisi les dangers qui guettent le pays ? Nous pensons que NON. Une telle posture s’avère dangereuse pour quelqu’un qui prétend être le premier magistrat du pays et à qui on prête des ambitions de réconciliation nationale.

Nous ne reviendrons, pas outre mesure, sur le discours du président avec tous les sous-entendus anthropologiques et l’espèce de banalisation insultante de la question nationale symbolisée, hélas, par le racisme d’état dont les victimes mauritaniennes et africaines sont ensevelies dans les terres dans la biomasse de notre vallée, dans le sous-sol d’Inal, dans celui de Oualata, d’aleg, de Boghe, de Ould Yenge pour ne citer que ces quelques lieux. Nous sommes attristés de constater que le rais n’a pas refroidi ses ardeurs : «Il persiste et signe » ; Malgré les questions à relents racistes que soulèvent son « recensement », il n’est point dérangé. De surcroit l’appel de son allié, par ailleurs patron de l’AJD/MR à renoncer à son recensement, tombe éloquemment dans les oreilles d’un sourd ! Notre «président» pense, et nous pensons exactement comme lui (seul point de convergence !!!!!!), que ce recensement est un épiphénomène !!!! En effet des actes odieux et des pratiques plus graves ont été bel bien commis par les régimes qui l’ont précédé mais qu’il a servis loyalement. Mais le rais n’a cure de l’Histoire de notre peuple ; Il s’en moque. Et pourtant cette histoire parsemée d’actes odieux et de pratiques racistes que cet épiphénomène ne fait que rappeler. Tel est le point de divergence entre le rais et nous.

Nous pensions naïvement que le tombeur de SIDIOCA était déterminé a dégraisser la machine fortement asphyxiée ; Lui a qui on prête des qualités de mécanicien diplômé des écoles huppées du royaume chérifien. Mais ce qui est encore grave est qu’Aziz n’est pas le seul qui banalise l’Histoire politique de notre pays. Le sont également l’ensemble des leaders politiques et certaines sommités intellectuelles qui n’ont pas joué ou qui jouent très mal leur vrai rôle. Et c’est là le drame et la chose la plus choquante qui explique le paradoxe politique de la Mauritanie. A regarder de près, il nous semble que la Mauritanie contemporaine est sujette à ce paradoxe qui pourrait certainement servir à provoquer une éventuelle révolution.

Et pour se convaincre de ce paradoxe faisons une lecture rapide de la carte politique dans laquelle il est aisé de détecter ce que nus appelons des pathologies, des espèces de maladie chronique qui, d’une manière ou d’une autre, donnent aux autorités une espèce d’assurance à ne reculer devant aucune injustice et d’agir comme si tout été acquis d’avance.

Revenons à cette carte politique. D’abord l’AJD/MR qui se retrouve au sein de la majorité ! Dans un cercle très bizarre. C’est une position politique invraisemblable et insensée ; C’est une erreur stratégique de taille. Immense compte tenu du projet de société que ce parti défend. L’AJD/MR a toujours fait preuve d’une intransigeance, justifiée d’ailleurs, de son engagement irréversible a se battre pour la question de la cohabitation ; Ce combat part du constat des injustices de toutes sortes infligées aux composantes noires ; Injustice institutionnelles, politiques, économiques, administratives, éducatives, sociales, humanitaires et autres.

Que vient faire donc un tel parti dans une majorité qui, non seulement ne fait pas du règlement de ses injustices une priorité mais pose des actes qui révèle son insouciance par rapport aux préoccupations de l’AJD/MR ? Le péril sur la vallée, le recensement sélectif, la question des réfugiés sont autant d’invites à quitter le cercle de la majorité où seuls des partis comme le PRDR devaient se sentir a l’aise. Il est impossible de régler la question nationale « sous tutelle » ou « sous-direction » surtout lorsque le partenaire partage des valeurs différentes!!!!!

Ensuite l’APP qui est à la tête de l’assemblée la plus impopulaire du siècle. Tantôt défendant le «général limogé» contre la violence, tantôt revendiquant son ancrage dans une opposition charcutée et sans boussole, l’APP joue avec son avenir. Finalement ce parti agit à l’image de l’UFP à l’époque de Taya. Cette attitude bizarre ne correspond plus à son projet de société.

 En adoptant cette position mitoyenne, La Hoouna Wala Houna (Ni là ni ailleurs) l’APP ne fait qu’aider le système à s’enraciner au détriment des victimes de racisme et de l’esclavage. Cette Position nous semble anormale et pathologique tellement qu’elle va en contradiction grave avec les ambitions très bien théorisées par son leader Ould Boulkheir ! Mr Ladji TRAORE a bien raison d’être déçu !! Triste sort d’un parti qui « gouverne » une assemblée avec seulement 3 ou 4 députés ! Que peut signifier un président d’une assemblée nationale si ce dernier ne peut en aucun cas infléchir la décision des gouvernants ? A la place d’un jeu démocratique réel, L’APP est de temps a autre convoqué au palais pour « discuter » sans que personne ne sache les substances des « discussions » menées au palais au milieu de l’or de la république !!! Triste sort qui arrive à un combattant qui, à notre avis, devait simplement renoncer à ce poste surtout lorsqu’on se remémore du rôle qu’il a joué pour refuser l’arrivée du « général limoge » au pouvoir ! Avec l’usure, Messaoud sert de la plus belle manière la néo-dictature dirigée par un homme qu’il a combattu il y’a quelques semaines, un homme accusé de tous les torts. Devant l’Histoire l’APP est entrain de nous révéler l’énorme responsabilité qu’elle a dans la résurgence des pratiques racistes d’un état en perpétuel recyclage.

Et enfin plus au centre de cette carte, l’infatigable UFP toujours fidèle à un discours équilibriste malgré le feu qui ronge la case. Le parti de Maouloud très présent dans l’échiquier nous semble parfaitement bien imprégné pour rompre finalement avec leur équilibrisme bizarre, véritable pathologie que ses stratèges  doivent tenter d’éradiquer.

Toutes ces forces politiques et tant d’autres n’ont plus une position tranchée par rapport à la question nationale ; Nous pensons que leurs positions et leur manière de pratiquer la politique ajoutent autant que le pouvoir au paradoxe qui affecte notre pays.

Nous pensons humblement que ces partis devaient et doivent se déterminer et se positionner autrement  au lieu d’afficher une espèce de suivisme politique sans lendemains surtout face à une crise devenue symptomatique d’un pays qui chemine probablement vers le pire.

 Le fantasme du dialogue au rabais pour une question nationale mal entamée que pratique l’AJD/MR et/ou celui d’un dialogue que prône la COD NE SONT NI VIABLES ENCORE MOINS COHERENTS ET LOGIQUES face à un régime têtu qui, pour nous diriger, préfère ne jamais mettre l’histoire politique en face de lui ; L’impunité, l’oubli et la banalisation sont le credo auquel s’adonne le régime actuel qui a fini de se confondre avec celui de Taya. Conséquemment les attitudes très conciliatrices voire même complices dont bénéficie le régime qui n’a reculé encore devant aucune pratique sectaire et divisionniste ne sont que malheureuses et attristantes.

Et comme si cela ne suffisait pas, notre tristesse est exacerbée avec l’attitude de la diaspora. Notre déception est grande de voir, comme une loi, que la diaspora, ou ce qui en reste, ne s’agite que de façon informelle donc sans aucune organisation ; Il est des évènements (manifestations, marches etc.) dans lesquels certaines organisations et sommités sont absentes révélant la profondeur des contradictions, non pas philosophiques, mais crypto-personnelles qui minent cette diaspora.

Avec tout ce que nous comptons d’hommes et de femmes bien instruits et des politiques, Il est frustrant de constater que notre population diasporisee agit presque toujours en rangs dispersés et se querelle sur des questions organisationnelles mineures exactement à l’image des forces politiques internes. Les 21 ans de souffrances et humiliations ont-ils réellement servi pour nous assagir ? L’heure du bilan de notre cheminement n’a-t-il pas sonné pour agir autrement et mieux ?

 

Solution radicale : Aux Grands maux les grands remèdes

Si le pouvoir s’entête à pratiquer le racisme, l’opposition responsable n’a aucun intérêt à le suivre dans cette pédagogie ! Si la dictature est l’idéologie gouvernante, l’opposition doit s’approprier les méthodes de débat et de réflexion et d’organisation pour battre le régime. Nous devons d’abord évoluer de l’informel pour nous inscrire au formel, l’organisé et le pragmatisme politique. Que peut-faire une opposition qui ne fait pas jamais son bilan ? Que peut faire une opposition charcutée ? Rien. Absolument rien.

En effet le meilleur service que nous rendrons à notre pays et donc aux générations futures est d’inscrire nos activités politiques dans la durée avec des actions programmées intelligibles, des réflexions continues et une critique documentée des 50 ans d’indépendance mais aussi des 50 ans d’opposition ; En adoptant une telle démarche nous arriverons certainement à mettre face-à-face les bilans de l’état (un bilan chaotique) à celui mitigé d’une opposition qui n’a pas toujours été à la hauteur ; Et pour aller de l’avant des ajustements via une union sacrée comme le proposait quelqu’un est seul capable de servir de précurseur d’un dialogue politique inclusif assorti de propositions concrètes pour un gouvernement d’alternative qui passera inéluctablement par le renversement de l’actuel. Mais l’attitude des forces politiques ressemble à une démission. Entre droits et devoirs il y’ a débat. Si nous pouvons renoncer à notre droit de nous recenser, il n’en est pas ainsi de nos devoirs pour paraphraser Feu Mamadou DIA du Sénégal. Feu Mamadou DIA répondait à Senghor dans la tentative de ce dernier de le “libérer” après le mensonge de coup d’état de 1962 inventée pour liquider un homme politique rigoureux et un économiste révolutionnaire. Mamadou DIA, devenu gênant pour la classe parlementaire corrompue, pour la justice instrumentalisée, pour une classe maraboutique apeurée par les reformes agricoles et enfin pour les milieux commerciaux, véritables vassaux d’une puissance coloniale qui ne voulait pas de l’indépendance, le père de l’indépendance sénégalaise succombera au complot de la majorité des hommes politiques de cette époque…………..Bref un véritable gâchis qui semble suivre encore le Sénégal d’aujourd’hui parce que beaucoup d’intellectuels qui ont analysé objectivement cette période de l’Histoire sénégalaise se rendent à l’évidence que le complot contre Mamadou DIA est un complot contre le Sénégal des reformes révolutionnaires durables……………qui auraient protéger le Sénégal contre la « domestication » présente de l’état entre une classe politique corrompue et « une société civile maraboutique » bizarre convoitée au détriment des fondements même d’un état de droit………….Nous fermons la parenthèse sénégalaise…….

C’est justement cette espèce d’environnement qui nous enlise et nous guette. En effet le péril sur les terres arables, le passif humanitaire, l’esclavage, la corruption à tous les niveaux, le vol de l’argent public à des fins de promotion sociale, familiale, tribale et régionale, LE SABOTAGE DU SYSTEME EDUCATIF AVEC UNE BANALISATION DE nos langues nationales (dc de notre humanité….), le drôle de recensement sont des questions liées les unes aux autres et qui, somme toutes, sont le RESULTAT d’un système politique inique ; Ce système est fortifié par la présence des vassaux que sont les parlementaires, les agents de l’état qui doivent aux peuples ses ressources publiques blanchies via des infrastructures insolentes, par la présence aussi d’une opposition «tétanisée» pour reprendre Feu Saidou KANE(Rahima Hou Allah) et bien sûr d’une classe intellectuelle inerte dans sa majorité.

C’est au contraire les « intellectuels alimentaires» qui font la loi et qui jouent un rôle terrible dans la pérennisation du système actuel prêts qu’ils sont à soutenir les nouveaux régimes et prêts à verser des sommes énormes pour animer les Ziarras annuelles ; Ces dernières sont devenues de véritables retrouvailles inventées pour détourner les populations de leur chance de se doter d’une conscience politique qui les aiderait à saisir la responsabilité de l’état dans les crises quotidiennes auxquelles elles font face.  Ces «intellectuels alimentaires» qui se comportent comme des «domestiques» sont malheureusement les plus nombreux et ne reculent devant aucune initiative pour soutenir l’état dans ses ambitions suicidaires de continuer ses pratiques racistes, esclavagistes et féodales dont les corollaires sont dramatiques.

Le drame est là, la QUESTION NATIONALE reste entière et n’est même pas évoquer dans ses aspects les plus élémentaires. Cette Question nationale qui correspond aux injustices de toutes sortes et qui affectent les noirs ne bénéficient pas de l’attention philosophique de la part de la classe politique et des intellectuels. Or les nombreuses inégalités politiques, administratives (la carte électorale), institutionnelles, économiques, sociales, éducatives, culturelles pour ne citer que celles-là, exige un nouvel ordonnancement de l’état longtemps revendiqué par plusieurs acteurs politiques. Notre grande tristesse, est que les acteurs qui devaient jouer le rôle de pression manquent à l’appel et sont noyés dans des querelles essentiellement de survie bureaucratique donc de promotion éphémère et non pas idéaliste renvoyant à cet idéal de cohabitation réelle.

Nous devons changer d’idéal politique et pour ce faire une FORTE CONSCIENCE POLITIQUE….doit aider à en arriver là. La psychologie des dominés que nous sommes doit absolument changer. Hélas ! Dans notre majorité écrasante, le commun des mauritaniens cherche à SURVIVRE et/ou à régler le problème de la “pauvreté” ou de la marmite comme si cette pauvreté était métaphysique!!!!!! N’est-il pas courant d’entendre le commun des mauritaniens lancer des propos du genre: « Je vais partir à l’école pour avoir tel diplôme parce qu’il sera plus de facile de trouver du boulot » ;ou des propos du genre : « Chercher à réussir au lieu de faire la politique » ; ou encore : « Occupez-vous de votre avenir parce que ce pays ne changera jamais » ; « Construisez des maisons d’abord et faites-vous des terrains et chercher à économiser pour visiter la Mecque »……………autant de propos qui renseignent sur le sentiment de démission et de défaite consommée et en même temps de culpabilité terrible d’une génération qui refuse de se prendre en charge et qui, sans le savoir, reprend la logique du pouvoir et des « pouvoiristes » qui ont toujours milité pour la politique du ventre.

Or cette “pauvreté” a des causes; Elle est généré essentiellement par des politiques sans vision, des pratiques de corruption systémique et le vol organisé des ressources publiques accompagnés de violation des droits humains manifestement symbolisées par une justice inféodée totalement à l’exécutif.

Aujourd’hui les mauritaniens souffrent des effets de la néo-dictature et de l’immobilisme de l’opposition très désorganisée et il sera ainsi impossible de faire l’économie d’une transformation RADICALE ; autrement la majorité d’entre nous sera réduite en esclaves si nous ne le sommes déjà.

Les forces politiques significatives (sociologiquement et/ou politiquement) doivent faire des ruptures pour quittaient leur état d’immobilisme suicidaire et surtout engager des débats de philosophie politique a la place des querelles de préséance qui nous ont tant minées. Les populations sont encouragées à bouger et à créer la pression en organisant des sit-in, des grèves, des journées villes mortes avec l’appui des forces politiques significatives qui doivent impérativement se démettre de leurs querelles. La mise en place d’un cadre autour d’une union sacrée comme disait l’autre, à la place de l’isolement des forces politiques et l’éparpillement aussi bien au niveau national qu’au sein de la diaspora, devient une condition sine qua non pour contrarier le pouvoir actuel.

Nous prônons et nous encourageons les oppositions mauritaniennes à faire un bilan exhaustif a l’image de l’opposition sénégalaise qui a eu la grande intelligence de créer un cadre d’unité appelée « Beno Siggil Senegal » sous la direction d’un Homme de consensus de la grandeur du professeur Amadou Mokhtar MBOW. Si la Mauritanie n’a pas un Homme de sa carrure, ce dont je doute,  alors faisons appel à un ou deux anciens présidents africains, ou à un ou deux anciens fonctionnaires internationaux africains pour résoudre la question de neutralité dans les débats et les réflexions qui doivent être rigoureuses et scientifiques donc dénuées de toute subjectivité politicienne. Et dans ce débat politique inclusif un code d’éthique politique pourrait être élaboré qui comporterait entre autres l’ouverture du dialogue a toutes les parties même le pouvoir, mener les débats dans toutes les langues nationales. En effet les paysans, les éleveurs doivent être tous associés à ce débat politique pour donner leurs avis sur ce qu’ils pensent être meilleurs pour leur développement de leur terroir naturel. Des commissions scientifiques seront créées et dans lesquelles toutes les parties seront associées (Commission Education, Culture, Economie, Politique etc..)

Une espèce de « Beno Siggil Senegal » est nécessaire à la Mauritanie sinon la seule alternative qui sera viable s’imposera d’elle-même des que nous arriverons a la maturation : C’est la VIOLENCE dans laquelle personne ne sera gagnant.

 

Adama NGAIDE. DESS ENVIRONEMENT.

 

Ce que je pense de la prestation radiotélévisée du Président Aziz

altA l’instar de beaucoup de nos compatriotes, j’ai suivi aussi avec intérêt la prestation radiotélévisée du Président Aziz d’il y a quelques jours. Je n’ai malheureusement pas pu suivre l’intégralité de ladite conférence de presse, faite très largement en arabe, du fait que la traduction, délibérément ou par négligence, n’a été assurée ni dans les langues nationales ni en français. Il s’agit là d’un manquement extrêmement grave pour un pays multilingue et pluriculturel comme le nôtre. J’ai cependant noté l’effort fourni pour procurer aux malentendants et aux muets une modeste interprétation des propos du Président. Si seulement on avait assuré ce même type de service minimum aux non malentendants/muets, cela aurait été très bénéfique à plusieurs milliers de mauritaniens à travers le monde qui ne parlent forcement pas l’arabe.

A mon humble avis ; le Président a complètement raté sa sortie. J’ai été très choqué et même peiné par certains de ses propos. Au lieu d’utiliser cette plateforme pour rassembler tous les mauritaniens autour d’idéaux fondamentaux communs, Il a plutôt saisi l’occasion pour diaboliser certains de ses compatriotes.

En décidant d’enfoncer le clou sur un certain nombre de questions importantes du moment, dont notamment celles relatives à l’enrôlement des populations en cours, la question centrale de l’existence ou non de l’esclavage dans notre pays ou encore la non résolution du problème des refugiés,

le Président a préféré la fuite en avant au détriment du compromis constructif. En ce qui concerne l’enrôlement des populations par exemple, j’avoue que ce n’est qu’après avoir suivi ladite conférence presse que j’ai réellement compris les vraies motivations et les enjeux autour de celui-ci.

En fait, la situation s’est révélée encore plus grave que je pensais. En effet, j’avais auparavant compris qu’il s’agissait d’un recensement classique des populations mauritaniennes.

Mais le Président nous a plutôt révélé au cours de sa prestation radiotélévisée qu’il était en gros question d’établir la « mauritanité » de tous ceux et celles qui prétendent être des citoyens mauritaniens.

De toute évidence ; l’approche ressemble étrangement au scenario à l’ivoirienne où le concept de « l’ivoirité » avait été introduite dans la foulée par le Président Henri Konan Bédié, alors au pouvoir en Cote d’Ivoire, pour entre autres éliminer certains de ses opposants en leur extirpant de leur nationalité ivoirienne.

Nous savons, et l’Histoire a répertorié, ce que le concept d’ivoirité a engendré comme résultats : une longue, douloureuse et extrêmement coûteuse (autant en vies humaines qu’en biens matériels) guerre civile.

Ce qui est pire c’est qu’ailleurs on a au moins fait des débats publics sur les tenants et les aboutissants d’un tel concept; mais Chez nous tout est entrain de s’opérer selon des critères complètement méconnus du grand public d’autant plus qu’aucune campagne de sensibilisation n’a eu lieu, pour entre autres expliquer au citoyen ordinaire lambda qu’il s’agit d’une table-rase au sens cartésien.

En gros, ce que le Président Aziz veut faire et dire est en substance ceci : « si vous étiez mauritanien depuis votre naissance, cela n’a aucune espèce d’importance désormais. Ce qui est important, c’est ce qui se passera dorénavant avec l’enrôlement. J’utiliserai des procédés propres à moi pour déterminer votre mauritanité ou non-mauritanité. Et à partir de là, un nouveau état civil fiable sera constitué ».

En opérant de cette manière, le Président mauritanien est entrain de fouler aux pieds la loi fondamentale mauritanienne qui définit le droit à la citoyenneté. C’est une approche extrêmement dangereuse parce qu’elle crée des problèmes la ou il n’y avait pas. Pour preuve, même si le Président Aziz ne veut l’admettre, les populations mauritaniennes dont notamment celles issues des milieux les plus modestes sont assujetties à l’humiliation et à la discrimination au quotidien.

Ce ne sont certainement pas des paroles en l’air : pour s’en convaincre il suffit de se référer aux nombreux récents témoignages pour se rendre compte du calvaire de certains de nos compatriotes. C’est cette réalité-là qui pose problème à certains d’entres nous dont ma modeste personne ; même si le Président Aziz ne veut l’admettre.

Les accusations de discriminations notoires émanant des communautés précitées ne devraient pas être balayées d’un revers de la main : elles nécessitent au contraire humilité, courage et justice de la part du Chef de l’Etat pour qu’il exige d’en connaitre les tenants et les aboutissants, pour une solution juste et durable.

Encore une fois, la procédure en cours est très dangereuse, et si elle n’est pas justement suspendue pour être repensée et corrigée, elle pourrait constituer un « turning point » pour une éventuelle implosion du pays comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire.

Toka Diagana –
Washington DC – USA

Des étudiants mauritaniens militants de l’IRA interpellés par la police sénégalaise

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Des étudiants mauritaniens militants de l’IRA-Mauritanie (Section Sénégal), qui protestaient vendredi matin(12 août), devant l’ambassade de Mauritanie au Sénégal, contre l’esclavage et le recensement en Mauritanie, auraient été réprimandés par la police sénégalaise, sur ordre du conseiller de l’ambassadeur de Mauritanie au Sénégal, Massar Cissakho. « Monsieur Massar Cissokho a ordonné à la police de déloger les manifestants qui occupaient l’ambassade dans le cadre d’ une manifestation pacifique sous prétexte qu’ils dérangeaient et qu’ils n’avaient pas le droit d’occuper l’ambassade pour une manifestation », a affirmé un étudiant mauritanien militant de l’IRA-Mauritanie (Section Sénégal). Ce dernier a expliqué que la police sénégalaise serait arrivée sur les lieux aux environs de dix heures pour tenter de négocier avec les manifestants en vue de leur faire quitter les lieux, ajoutant que devant le refus de ces derniers, la police aurait fait usage de la force contre les manifestants qui ont été pourchassés à coup de matraques. Les manifestants auraient escaladé les murs de l’ambassade pour pouvoir occuper son enceinte car le Conseiller de l’ambassadeur avait demandé au vigile de fermer la porte d’entrée de l’ambassade.

 

Info2larue

FLAMNET-INFO: Dr Bocar Alpha Ba – Ancien ministre de la Santé, premier directeur général de l’Hôpital , un des pères fondateurs de la Mauritanie interdit d´enrôlement!!

altAncien ministre de la Santé, premier directeur général de l’Hôpital national, Dr Ba Bocar Alpha est l’un des tout premiers médecins du pays. Technocrate, il n’a pas hésité à démissionner de sa fonction de ministre de la Santé parce que, dit-il, « j’étais médecin et je ne voulais pas mener une vie de politicien». Fervent défenseur de l’unité nationale, Dr Ba a demandé aux Mauritaniens, surtout aux générations montantes, de considérer que leur pays a encore besoin d’être construit. Ces générations doivent comprendre que l’intérêt de la Mauritanie doit primer sur l’intérêt particulier et que ce n’est pas parce qu’on n’est responsable de quelque chose qu’on doit en faire sa chose personnelle

«  D’abord, je vous remercie de venir jusqu’à moi qui n’ai plus aucune signification, pour me demander de me remémorer le passé récent de notre pays. Par la grâce de Dieu, j’ai été assez représentatif de tous les passages de la Mauritanie, de l’indépendance à nos jours.

L’indépendance, pour nous, était un miracle.

Toutes les autres colonies ont eu à faire la guerre de libération par les armes. Nous, nous avons acquis notre indépendance par la parole.

Ça n’a pas été plus facile mais plus efficace.

Nous étions convaincus que la Mauritanie ne pouvait avoir son indépendance que dans la paix et dans l’unité de son peuple et en cela, Dieu nous a aidés. Le colonisateur, avec le peu qu’il connaissait de la Mauritanie, a estimé qu’elle pouvait faire d’elle ce qu’elle voulait et qu’il allait lui octroyer son indépendance au moment où il le voudra.

Ils se sont évidemment détrompés assez rapidement.

Par la grâce de Dieu, nous avons posé, dès le départ, nos véritables problèmes. Il s’agit du problème de l’unité nationale ; le but suprême que nous voulions coûte que coûte réaliser. Cette unité nationale est notre vocation.

Nous avons une religion fédératrice, qui rassemble.

Les problèmes que nous avons rencontrés à l’indépendance, c’est que de toutes les indépendances, celle de la Mauritanie a été la plus discutée et la plus députée, mais nous avons été un petit groupe, avec Sidi El Moctar N’Diaye, notre député, Moktar Ould Daddah, le plus ancien des étudiants de Mauritanie que nous connaissions avant son retour en Mauritanie.

Nous étions restés en relation permanente avec lui pour bâtir l’avenir de notre pays. Nous étions aux premières loges, au moment où tous les problèmes d’indépendance se posaient.

Moi, j’étais médecin à Boutilimit pendant quatre ans. C’est en ce moment que s’est tenu le Congrès d’Aleg.

Nous irons à l’ indépendance tous et unis

Au Congrès d’Aleg, toutes les tribus de Mauritanie, toutes les familles étaient représentées, les familles maraboutiques, guerrières et les gens du Fleuve. Quand tout ce monde s’est retrouvé, nous avons posé le problème de l’indépendance de la Mauritanie. Personne ne croyait que la Mauritanie allait demander son indépendance. Le miracle est que nos anciens, nos chefs de tribus, ont suivi notre idée. Quand au Congrès d’Aleg, tout ça s’est dessiné, les anciens ont dit, vous les jeunes, faites ce qu’il faut, nous suivrons. Nous n’avons même pas besoin de postes. Voilà comment nous avons lancé l’indépendance de la Mauritanie dans l’unité. Auparavant, certains disaient: il faut que le Nord parte de son côté et que le Sud en fasse autant. Nous avons dit Niet. Nous irons à l’indépendance tous et unis. Nous avons donc imposé l’unité et l’union. Grâce à Dieu, tout s’est bien passé sans crash.

J’ai dit auparavant que notre indépendance était la plus discutée parce qu’il y avait la main du Maroc qui voulait nous phagocyter. Nous avons fait comprendre au Maroc que l’indépendance de la Mauritanie ne signifie pas sa rupture avec ce pays ni avec ceux du Nord mais que nous sommes un trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Nous avions l’éducation et l’expérience qu’il fallait et la volonté de créer un ensemble humain harmonieux.

Il ne faut pas oublier que bon nombre de citoyens du Sud faisaient leur humanité religieuse dans le Nord. Cela a servi. Chacun avait la bonne parole et la Mauritanie s’est ainsi faite. Elle s’est faite avec des personnalités remarquables. Je cite Sidi El Moctar N’Diaye qui a été un élément fédérateur, un trait d’union. Je cite Moctar Ould Daddah qui, revenu de France où il poursuivait des études, a trouvé un terrain favorable et sans qu’il ne l’ait demandé, nous l’avons mis en avant.

Ainsi, il a été le premier président de la Mauritanie indépendante. C’est de son temps que la Mauritanie a réalisé son indépendance totale.

L’indépendance de la Mauritanie, en parfait accord entre les gens du Nord et ceux du Sud

Ceci dit, un certain nombre d’empêchements, que nous avons eu l’intelligence d’éviter, parce que certains gens du fleuve disaient, il faut qu’on aille à l’indépendance mais avec le Sénégal parce que le fleuve est un fleuve Sénégal mais nous, nous avons dit que le peuple maure et nous constituons le même peuple et nous n’acceptons pas d’être divisés racialement. Voila pourquoi l’indépendance de la Mauritanie s’est faite en parfait accord entre les gens du Nord et ceux du Sud.

La Mauritanie était déjà faite dans les coeurs, chez-moi, par exemple, pendant plusieurs mois de l’année, on retrouve Mohamed Bouna Moctar. Quand Abdallah Ould Cheikh Sidiya venait, on m’avertissait, et je partais chez lui.

Ayant posé les jalons de l’unité, nous avons créé le premier gouvernement qui avait pour tâche de confirmer l’unité de la Mauritanie. Ce qu’on a considéré comme des frictions n’était pas autre chose que les péripéties d’idées nouvelles qui remuaient les populations mais nous avons eu la sagesse de donner à ces idées nouvelles la place qu’elles méritent sans que cela dérange l’assise de la communauté mauritanienne dans toutes ses composantes.

Ceux qui ont fait la Mauritanie, c’est d’abord les griots qui ont chanté l’indépendance, ce sont les grands chefs qui ont voulu cette indépendance.

Hamam Fall, qu’Allah ait son âme, est l’un de ceux qui ont contribué à bâtir l’unité nationale. C’est un mouvement qui n’a pas de limitation, ni ethnique ni régional. Ce sont des gens qui se sont cooptés pour que la Mauritanie soit indépendante.

Les premiers défis étaient d’abord de consolider l’indépendance et d’arracher au colonisateur, la Mauritanie en tant que telle car le colonisateur avait des relations avec certaines fractions.

A travers ces relations, ils ont voulu parfois mettre les bâtons dans les roues mais Dieu veillait.

La priorité des priorités était d’abord de construire Nouakchott qui n’était qu’une halte sur la route Rosso – Atar. Il fallait créer, ex nihilo, une administration avec ce qu’on avait sous la main.

S’agissant des difficultés, au niveau de la santé, la Mauritanie n’avait rien. Nous avions des dispensaires sans médicaments. C’est moi qui ai posé la première pierre de l’actuel hôpital national en tant que ministre de la Santé. Avant la fin des travaux, j’ai démissionné du gouvernement.

Beaucoup de gens l’ont interprété comme des divergences que j’avais avec Moctar avec lequel il était exclu que je sois en désaccord. La mère de Moctar Ould Daddah, Khadijétou Mint Brahim est comme ma propre mère. Quand j’étais à Boutilimitt, elle m’estimait comme son propre enfant.

Je vis de l’air que je respire en Mauritanie

Je l’ai considérée, jusqu’à sa mort, comme ma maman et je me suis toujours considéré en fils et je l’ai entretenue malgré mes moyens modestes. En fait, la raison de ma démission est que j’étais médecin je ne voulais pas mener une vie de politicien. J’ai repris mon métier et me suis mis à la disposition de mon pays. Ainsi, j’ai été nommé premier directeur de l’hôpital national. Il n’ y avait qu’un seul médecin mauritanien au départ. On y comptait quelques infirmiers dont Ould Ahmed Damou que j’ai formé moi-même. Nous avons bénéficié de l’assistance technique française. Certains de ces coopérants ont voulu se comporter en petits colons, je leur ai dit qu’ils doivent travailler sur nos instructions sinon je les embarque dans l’avion. Tel a été d’ailleurs le cas de l’un d’entre eux. En ce moment-là, les soins étaient gratuits. J’ai usé de mes relations personnelles que j’ai tissées pendant que j’étais ministre de la Santé pour demander de l’aide à certains pays amis. Je dois souligner que l’Egypte, au temps où elle était dirigée par Gemal Abdel Nasser, nous avait beaucoup aidés.

Ensuite, une grande organisation internationale est venue me proposer un poste à l’étranger que j’ai décliné car je vis de l’air que respire en Mauritanie. Pourquoi voulez-vous que je change, leur ai-je répondu.

Le conseil que je donnerai aux Mauritaniens, c’est de se convaincre que leur pays continu à être construit. Ils doivent comprendre que l’intérêt de la Mauritanie doit primer sur l’intérêt particulier. Ils doivent comprendre également que ce n’est pas parce qu’on n’est responsable de quelque chose qu’on doit en faire sa chose personnelle. Beaucoup de Mauritaniens pensent que quand on est nommé à une fonction, c’est pour sa famille. Ce n’est pas vrai. La Mauritanie a besoin, dans le coeur de tous les responsables, qu’on soit plus serviteur de la communauté que de s’enrichir à son détriment.

Avec l’aide de Dieu, la Mauritanie est, et continuera à être ».

Transcrit et réécrit par

Babouna DIAGANA

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