Monthly Archives: June 2012
Pour obtenir une autre terre d’accueil : Les refugiés mauritaniens au Sénégal entament une grève de faim
Comme le personnage principal du roman éponyme de Abdoulaye Sadji, les refugiés mauritaniens sont devenus des Nini. Ils ne sont ni des mauritaniens, ni des Sénégalais, et ne veulent plus d’aucun de ces deux pays. Telles des âmes errantes, ils sont à la recherche de terre d’accueil. Ce que ne leur facilitent pas les autorités chargées de la question. D’où leur grève de la faim entamée depuis hier.
Des no man’s land ! Voilà comment se définissent les réfugiés mauritaniens au Sénégal. La raison est simple, ils ne veulent d’aucune des deux alternatives qui leur sont offertes. Se faire naturaliser au Sénégal, leur terre d’accueil. Il n’en est pas question. Retourner en Mauritanie, leur terroir d’origine et contrée de cœur. «Qu’est-ce que nous allons y faire ?», se demande Mamadou Ba, l’un d’eux. Ce qui leur reste, c’est donc de leur trouver un autre pays. Et c’est justement pour cette raison qu’ils ont entamé une nouvelle bataille.
Depuis hier, ils observent une grève de la faim afin que le dossier soit rouvert. Combat qu’il ne compte pas cesser avant la satisfaction des doléances. Installés en face de l’immeuble qui abrite les locaux du Haut commissariat des refugiés (Hcr) au Sénégal, ils sont des hommes et des femmes. A travers leur visage, on lit leur détermination à aller jusqu’au bout. Certains sont assis à même le sol, à l’ombre d’un immeuble en construction. D’autres, les dames particulièrement, ont décidé d’affronter les rayons d’un soleil de plomb. Recevant directement sur la peau la lumière solaire, ils sont entre deux tas de sable et de pierres qui servent à l’achèvement de l’immeuble. Ils affichent tous une mine de fatigue, par-dessus un regard triste.
Au Sénégal depuis 1989, les refugiés ont longtemps attendu, sans jamais voir le bout du tunnel. Aujourd’hui leur situation est plus que jamais difficile. Tout ce qu’ils souhaitent, c’est de quitter le Sénégal sans retourner en Mauritanie. S’ils ne veulent point d’un retour au pays natal, ce n’est pas parce qu’ils n’aiment pas le pays de Abdel Aziz, explique le coordonnateur de l’Organisation des refugiés mauritaniens, mais parce que tout simplement les conditions ne sont pas réunies. «Ceux qui sont déjà partis nous servent de baromètre. Or, à chaque fois ces gens-là nous appellent pour nous dire que si c’était à refaire ils ne partiraient jamais. Ils n’ont ni terre ni pièces, par conséquent ni droit en Mauritanie, et ils ont perdu leur statut de refugié», s’indigne Aldiouma Cissokho. Ils sont donc devenus en quelque sorte des nini ; ni mauritanien, ni refugiés au Sénégal.
23 ANS D’EXIL
Quant au refus de prendre la nationalité sénégalaise, il relève plus d’un problème psychique et psychologique et non à des questions d’ordre matériel. Ce que les autorités ne comprennent pas, d’après M. Cissokho. Selon lui, accepter la nationalité sénégalaise serait synonyme de reniement de leur patrie, car ils ont été exilés parce que considérés comme des Sénégalais. «Allez au Sénégal saluer Abdou Diouf» ! Cette phrase prononcée à leur encontre par les arabes leur est toujours restée en travers de la gorge, en dépit des 23 ans passés au pays de la teranga. «Si nous acceptons de rester au Sénégal, nous donnons raison à ceux qui nous ont fait sortir de notre pays», clarifie-t-il, lui qui ajoute que rien que l’évocation de pièce d’identité au Sénégal fait resurgir des souvenirs douloureux, l’écho de voix insupportables. Cela, sans compter les difficultés de santé et d’emploi dont ils sont sujets au Sénégal.
Ceci étant, la seule solution qu’ils acceptent d’envisager est un envol vers des cieux plus cléments. Etats-Unis, Angleterre, Canada, Australie, c’est tout ce qu’ils demandent. A défaut, «tout pays africain qui remplirait les conditions». Le seul hic, c’est qu’ils n’émettent pas sur la même longueur d’onde que les décideurs. Car, ceux-ci, explique le coordonnateur M. Cissokho, au lieu d’étudier sérieusement la question, en font une affaire de prestige. «Nous avons résolu un ancien et difficile problème. Voilà ce qu’ils cherchent à dire.» Une critique qui n’épargne aucune des trois parties, à savoir l’Etat du Sénégal, celui de la Mauritanie et le Haut commissariat des refugiés. C’est pourquoi n’ayant aucun soutien à côté d’eux, ils ont décidé de prendre leur sort en main, même à leurs risques et périls.
bwillane@lequotidien.sn LE QUOTIDIEN.
Participation à une force d’intervention au Mali : Aqmi menace de frapper le Sénégal.
Le Sénégal fait maintenant partie des cibles d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). L’organisation terroriste vient de brandir des menaces d’attaque contre le pays de la teranga. Elle considère le Sénégal désormais comme un pays ennemi, puisqu’il a décidé d’envoyer des troupes au pays de Modibo Keïta, dans le cadre de la Mission de la Cedeao au Mali (Micema).
Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a une nouvelle cible : le Sénégal. Les services de renseignements ont intercepté des menaces précises d’attaques de cette organisation islamiste armée qui se réclame d’Al-Qaida contre le Sénégal. Selon nos sources, l’organisation terroriste qui opère dans le Maghreb et le Sahel, notamment l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger veut maintenant ajouter le Sénégal dans sa liste des pays à combattre. En effet, elle considère maintenant le Sénégal comme son ennemi, au même titre que les autres pays dans lesquels elle intervient. Les membres de l’organisation fondent leur argument sur le fait que le pays de la teranga a décidé d’envoyer des troupes pour appuyer l’intervention militaire de la Cedeao au Mali, dénommée Mission de la Cedeao au Mali (Micema). Une décision à ne pas tolérer, selon les hommes de Abdelmalek Droukdel, l’émir d’Aqmi. Ceci dit, ils ne vont pas hésiter à s’en prendre aux intérêts du Sénégal.
Cette menace, qui a été confirmée par des sources de renseignements américains, est prise très au sérieux par les autorités sénégalaises. D’ailleurs, au niveau des autorités militaires, on nous indique que cette menace n’altère en rien la volonté du Sénégal de participer à cette mission. Car, disent-elles, notre pays qui s’investit dans des missions de paix dans des zones très éloignées de ses frontières ne va pas hésiter à s’investir dans une mission qui vise à résoudre une crise qui frappe jusqu’à ses portes. Toutefois, selon certains, la menace de Aqmi peut être considérée comme une stratégie de simple guerre psychologique. Mais, cela n’empêche pas les autorités de veiller au grain.
Il faut préciser que le Sénégal constitue avec le Nigeria les deux pays qui vont pourvoir le plus d’hommes pour la Micema et cela se justifie par le fait qu’ils constituent les poumons de la Force en attente de la Cedeao (Fac). Ceci dit, la Micema compte 3 270 hommes et les modalités du déploiement militaire au Mali ont été arrêtées à Abidjan, samedi dernier, par les responsables de la Fac, à l’occasion d’une concertation d’urgence du Comité des chefs d’Etat major des Armées des pays membres de la Cedeao sur la situation au Mali. La Micema qui va bénéficier de l’appui de l’Onu aura pour mission principale de rétablir la paix et la sécurité à Bamako en assurant notamment la sécurité des autorités de la transition. En plus de cela, les troupes de la Micema vont se déployer aussi au Nord du Mali pour reconquérir cette zone prise par les mouvements rebelles comme le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), les islamistes d’Ansar Dine et Aqmi, lui même. Une mission qui risque aussi d’être difficile d’autant plus que ces mouvements islamistes ont déjà pris leurs marques en essayant d’instaurer dans cette partie du Mali un Etat islamique qui sera régi par la charia.
Source: le quotidien
Gouvernement d’union nationale: Une bouée de sauvetage de Messaoud à Aziz?
Depuis qu’il a lancé, sur les ondes de la TVM, l’idée de rassembler les différents pôles politiques autour d’un gouvernement d’union nationale, le président Messaoud Ould Boulkheir ne chôme guère. L’homme sait qu’il s’agit là d’un second et gros défi, après celui du dialogue inclusif, en septembre dernier. La tâche n’est pas de tout repos, puisqu’il s’agit d’obtenir un compromis, sans se compromettre et sans remettre en cause les acquis du dialogue susdit. Sur ce point d’ailleurs, les partis de la CAP – APP, El Wiam et Sawab – excluent tout « dialogue-bis ». Il s’agit, ont-ils affirmé, d’emmener la COD à prendre le train en marche, afin d’appliquer lesdits résultats. Une grosse couleuvre que la COD acceptera difficilement d’avaler. C’est d’ailleurs, aux yeux de certains observateurs, « la » faiblesse de l’offre du président de l’Assemblée nationale. Prudence, donc. Et c’est ce qui ressort, pour l’heure, des premiers contacts auprès des personnalités politiques de l’opposition.
Comme il est leur difficile de refuser, catégoriquement, l’offre du président Messaoud, ces responsables ont mis à profit leur rencontre avec le président de APP pour lui poser un bon nombre de questions, sur les véritables objectifs de ce gouvernement. La raison est simple : éviter le modèle de celui qui a « organisé » l’élection présidentielle, au lendemain de l’accord de Dakar 2009. Chat échaudé craint l’eau froide. De fait, ce sera la réunion de la COD, qui interviendra à la fin des consultations de Messaoud Ould Boulkheïr, qui sera très déterminante.
En tout état de cause, que peut faire un gouvernement d’union nationale que ne dirigerait pas un des responsables politiques de la COD ou de la CAP ? A cet égard, quelles garanties le président Messaoud a obtenues, du côté du Palais gris ? Aziz acceptera-t-il de céder, à ce gouvernement, les prérogatives apportées par les modifications de la Constitution ? La CENI, dont le directoire est déjà contesté, sera-t-elle à équidistance entre le pouvoir et ce gouvernement ? Les différents pôles accepteront-ils de faire des sacrifices et lesquels, pour permettre la mise en place de cette structure transitoire ? Autant de questions que les partis politiques vont poser, avant de répondre à la proposition du président Messaoud.
Une chose est tout de même sûre : les différents pôles sont obligés de s’asseoir autour d’une table, comme le dit Kane Hamidou Bâ, président du MPR. Espérons que sortira de cette initiative et de tant d’autres quelque chose qui permette, à notre pays, de solder ses nombreux contentieux. L’initiative du président Messaoud, si elle aboutit, serait comme une espèce de bouée de sauvetage, pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui se bat sur deux fronts : la contestions politique interne et le terrorisme, avec la crise malienne. Et, pour la COD, une preuve de maturité et d’assurance en la volonté de changement du peuple.
DL
Source: Le calame
Grève de la faim des réfugiés mauritaniens (photos-flamnet)
Les réfugiés mauritaniens résidant au Sénégal ont déclenché ce 19 juin, veille de la commémoration de la journée mondiale des réfugiés, une grève de la faim devant les rutilants locaux du HCR sis à Liberté 6 Dakar. Ils sont une centaine, en majorité des femmes et enfants couchés à même le sol sous le chaud soleil, animés d’une détermination infaillible. A cette occasion, ils ont ressorti leurs vieilles doléances entre autre : le retour digne en Mauritanie, le règlement du passif humanitaire, la restitution, une fois en Mauritanie, de leur terres spoliées.
Au même moment, d’autres réfugiés établis dans la vallée du fleuve Sénégal, ont rejoint le mouvement pour soutenir leurs camarades.
Ironie du sort, le thème de la journée mondiale des réfugiés de cette année est « un réfugié privé d’espoir, c’est déjà trop ».
De l’espoir, les réfugiés mauritaniens, après 23 ans passés au Sénégal, n’en ont plus, ce qu’explique cette grève de la faim qui demeure leur dernier recours.
Moctar SY-Dakar-Sénégal.

Les réfugiés mauritaniens au Sénégal étalent leur misère dans la rue.
Les 20.000 réfugiés mauritaniens résidant au Sénégal ont organisé, mardi, une marche pacifique pour sensibiliser les nouvelles autorités sénégalaises, les populations sénégalaises et africaines.
La procession qui est partie de la Place de l’Obélisque à la Rts, a permis aux réfugiés de dénoncer leurs mauvaises conditions de vie au Sénégal. C’est à la veille de la journée mondiale des réfugiés (20 juin).
Le Sénégal, un havre de paix, dit-on souvent. Ce qui semble être à l’origine de la venue des plusieurs milliers de populations des pays en crise dans la sous région ou dans le continent africain. “Mais sur place, le rêve des réfugiés se brise”, selon les réfugiés qui ont battu le macadam, ce mardi.
Selon Djibril Baldé représentant de l’Afrique de l’Ouest du Mouvement international des réfugiés, “la Commission nationale pour la protection des réfugiés viole de manière flagrante le droit de l’assistance aux réfugiés au Sénégal”. “On ne voit pas l’efficacité de la commission nationale, la protection et l’assurance des personnes réfugiées ne sont pas respectées”, souligne Djibril Baldé. C’est ainsi qu’il invite le Sénégal à ratifier l’Union africaine sur la protection des réfugiés, ainsi que celle de Genève de 1959.
Les réfugiés mauritaniens au Sénégal en grève de faim illimitée
E n marge de la marche de protestation des réfugiés au Sénégal, ceux de mauritanie ont entamé une grève de la faim illimitée devant le Haut Commissariat au réfugiés (Hcr).
« Nous entamons une grève illimitée de faim pour dire trop ! C’est trop ! Depuis 1989, nous vivons dans des conditions extrêmement difficiles. Nous sommes confrontés à des problèmes d’identification, des problèmes sociaux et d’ordre juridique. Les gens ont atteint le seuil de leur patience. C’est ainsi que nous nous sommes dits qu’il faut entamer une grève illimitée de faim pour régler nos problèmes ou mourir sur place plutôt que retourner en Mauritanie », explique Abdourahmane Sy, le porte-parole des réfugiés mauritaniens au Sénégal.
Et, s’empresse-t-il d’ajouter : « jusqu’à ce que le délégué des réfugiés ou le président de la république du Sénégal, nous accorde une audience pour expliquer nos problèmes.”
Source: ferloo.




