Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: June 2012

Secourir ou pas le nord? Pour Bamako, la question se pose

altFace à la pénurie d’eau et d’électricité qui menace les populations du Nord, le pouvoir central malien s’interroge sur l’opportunité d’y convoyer une aide. Le risque, manquer les destinataires et renforcer le camp ennemi.

Ainsi donc, les villes conquises par les rebelles du MNLA et les islamistes d’Ansar Dine seraient en difficulté par rapport à leur approvisionnement en énergie et en eau.

La ville de Tombouctou est menacée de rupture d’eau et d’électricité, si d’ici quelques jours, elle n’est pas approvisionnée en carburant pour faire tourner les machines de pompage d’eau et de production d’énergie électrique.

La ville pourrait donc être sinistrée de ce point de vue, et contrainte de vivre au ralenti. Une nouvelle épreuve pour des populations qui vivent déjà sous le joug des rebelles et des islamistes.

Un défi de gestion pour les rebelles

Pour les rebelles indépendantistes, c’est également un défi. Eux qui, par la poudre, ont décidé de prendre leur destin en main en faisant sécession avec Bamako, ont une aubaine pour montrer l’étendue de leur capacité à gérer la cité et à prendre en charge les centaines de milliers de Maliens piégés par leurs actions militaires.

Sauront-ils assurer la continuité du service public en matière de distribution d’énergie et d’eau? Sans oublier la sécurité alimentaire qu’il faut assurer aux habitants de cette partie du territoire malien déjà malmené par le climat?

Bamako, en tout cas, suit l’évolution de la situation de près, tentée qu’elle est de voler au secours de ces populations. Le risque majeur, comme l’a révélé un de nos confrères, est de voir les cargaisons détournées pour alimenter l’armée des rebelles.

Le dilemme de Bamako

On l’a déjà vu avec l’aide alimentaire et il n’est pas exclu qu’il en soit également ainsi pour le carburant. L’exemple de la Somalie où l’aide alimentaire servait plutôt à nourrir les groupes rebelles est éloquent.

Bamako va se retrouver dans un dilemme, tout comme la communauté internationale d’ailleurs. Faut-il abandonner les populations entre les mains des rebelles, s’il est avéré que ceux-ci sont incapables d’assurer le service minimum?

Il faudra agir d’une façon ou d’une autre, car ne rien faire, reviendrait à jeter les habitants du Nord dans les bras des indépendantistes. Les mauvaises langues pourraient alors parler de non-assistance à ces populations.

Il est vrai que la tentation est grande de laisser les indépendantistes gérer leur problème, tout en espérant les asphyxier économiquement. Mais le jeu en vaut-il la chandelle?

La solidarité s’organise

Pour autant, au cas où les islamistes et les indépendantistes du MNLA devenaient défaillants au Nord Mali, il n’y aurait pas lieu non plus de s’y précipiter sans avoir obtenu des garanties sérieuses sur la destination des aides.

La médiation qui a décidé de négocier jusqu’au bout, devrait intégrer cette donne au cas où les choses se passaient mal. Le Haut conseil islamique malien, sensible à la souffrance de ses compatriotes du Nord Mali, s’organise pour collecter les moyens financiers afin d’empêcher la rupture du carburant.

C’est un élan de solidarité qu’il faut saluer, mais il gagnerait à être encadré lorsqu’il s’agira de convoyer vivres et carburant en direction du Nord; si l’on ne veut pas contribuer maladroitement à renforcer le camp des ennemis.

Source: Le pays.

Politique: Des employées de l’Etat “sommées” de participer au meeting de l’UPR

altDes employées de la fonction publique en Mauritanie se sont montrées très véxées contre “des ordres” exigeant leur présence ce lundi après-midi au meeting que les femmes de l’UPR (parti au pouvoir) comptent tenir à la place Ibn Abbass

Des employées du ministère des finances disent être sommées à pointer leur départ à 16 H devant la Primature “pour garantir qu’elles participent effectivement au meeting”, se plaignent-elles.

La ministre des affaires féminines, Moulaty Mint EL Mokhtar, a par ailleurs tenu une réunion avec les femmes de son département pour les exhorter à assister “massivement” au meeting. “Il s’agit d’un défi pour notre département”, aurait-elle lancé selon les employées, jointes par Alakhbar. Un porte-parole de ce département, joint par Alakhbar, a toutefois nié l’information.

Les hauts cadres du ministère de la justice, ont aussi invité les employées du ministère à aller grossir les rangs des militantes de l’UPR.

Les employées plaignaient de cette mesure “coercitive ” qu’elles estiment “une pratique qui rappelle effectivement les années du défunt PRDS”.

Source: Al Akhbar

Tchad: l’ex-président Hissène Habré sera jugé au Sénégal

altLe président sénégalais Macky Sall a affirmé que l’ancien chef d’Etat tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l’humanité, ne sera pas extradé en Belgique mais jugé au Sénégal, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique paru lundi.

Le Sénégal s’est doté début juin d’un groupe de travail sur l’affaire Hissène Habré, dans le cadre de son engagement pris en 2006 d’organiser le procès de l’ancien président réfugié sur son sol.

“Ce comité est justement chargé de faire toute la lumière sur cette affaire et d’étudier les contraintes qui se posent à nous, sachant que j’exclus d’office son extradition vers la Belgique, qui le réclame”, a expliqué Macky Sall.

“Il n’y a aucune raison valable de ne pas le juger en Afrique, et je rappelle d’ailleurs que c’est l’Union africaine qui a donné mandat au Sénégal d’organiser ce procès. Habré sera jugé ici”, a-t-il ajouté.

Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir (1982-1990). Il est accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l’UA, n’a jamais organisé le procès.

La Belgique avait lancé en septembre 2005 un mandat d’arrêt international contre lui pour “violations graves du droit humanitaire international” et, depuis lors, a fait quatre demandes d’extradition en vue de le juger, en vain.

Elle a aussi saisi en 2009 la Cour internationale de justice (CIJ) à laquelle elle demande d’ordonner au Sénégal de juger ou d’extrader Hissène Habré.

Ces procédures se basent sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d’origine tchadienne en vertu d’une loi belge dite de “compétence universelle” pour les crimes de droit international qui autorise notamment les tribunaux à se saisir d’un tel dossier dès lors qu’un citoyen de nationalité belge est concerné.

Selon une commission d’enquête tchadienne, le régime d’Hissène Habré a fait plus de 40.000 morts parmi les opposants politiques et au sein de certains groupes ethniques.

Source: SlateAfrique

Le comité de crise de l’APP dépose un dossier de reconnaissance au MINT

altDe source informée, la cellule de crise de l’APP devrait procéder ce dimanche 24 juin au dépôt d’un dossier à la direction des affaires politiques du ministère de l’intérieur et de la décentralisation pour l’obtention d’un récépissé de reconnaissance au nouveau parti que le comité de crise compte constituer. Selon un leader de cette cellule : « Nous voulons évoluer d’un groupe dissident de l’APP pour devenir un parti politique à part entière ». Selon un autre cadre du groupe qui a requis l’anonymat, le comité a fini toutes les dispositions liées à la constitution des principaux organes notamment le bureau exécutif et le Directoire à travers la désignation du Président et du secrétaire général. Le responsable a préféré taire les noms des dirigeants de la nouvelle formation jusqu’à, dit –il, l’obtention du récépissé. En ce moment, une cérémonie politique au cours de laquelle toutes les informations liées au nouveau parti seront rendues publiques selon les déclarations du responsable.

Source: Le calame

Mali: Le double jeu des touareg et des islamistes

altEn dépit des efforts de la médiation, l’on semble tendre vers une confrontation armée dans les jours et semaines à venir au Nord-Mali. En effet, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a pris sur lui de créer une république séparatiste avec de nouvelles institutions.

De son côté, le groupe islamiste Ansar Dine, reste attaché tant à la charia qu’à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Les deux groupes rebelles se disent pourtant prêts à négocier.

En fait, il ne reste plus à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) que l’aval de Bamako pour intervenir. Mais, y dénicher un interlocuteur fiable semble relever d’un parcours du combattant. Engager les discussions inter-maliennes ne sera pas tâche facile. Pourtant, le Burkina mise toujours sur les négociations.

Aussi, Blaise Compaoré, président du Faso et médiateur de la Cédéao, a-t-il reçu lundi dernier, à Ouagadougou, six membres de la délégation du groupe islamiste Ansar Dine. Officiellement, la rencontre du lundi 18 juin 2012 était une prise de contact. La médiation s’attelle donc, en ce moment, à prendre langue avec les groupes rebelles du Nord-Mali.

Rompre ou ne pas rompre avec Aqmi?

Déjà, le 9 juin 2012, le président Blaise Compaoré avait rencontré une délégation du MNLA qui s’était déclarée «disponible» pour des négociations de paix. Les deux principaux groupes armés du Nord-Mali se disent donc favorables à la négociation. Mais faut-il vraiment continuer de dialoguer avec des gens dont les accointances avec le terrorisme international par Aqmi interposé sont avérées?

Ansar Dine doit rompre avec «les terroristes» d’Al Qaida au Maghreb islamique, a tenu à préciser le ministre burkinabè des Affaires étrangères. Pour lui, il faut que le groupe d’Iyad Ag Ghaly «inscrive son action dans la revendication touareg, (…) bien sûr, à l’exclusion de toute alliance opérationnelle avec des groupes terroristes.»

Ansar Dine qui est loin de nier son attachement à Aqmi, sait donc que tant que ce dernier aura des otages occidentaux entre ses mains, lui, pourra jouer un rôle déterminant dans les négociations en vue de les libérer.

En échange, il aura de fortes chances de figurer à la table des négociations sur l’avenir du Mali, pour y défendre ses prétentions. A Ouagadougou, on ne désespère pas de voir les salafistes touareg se désolidariser de leurs alliés d’Aqmi.

Si Ansar Dine hésite à prendre ses distances avec Aqmi, c’est que pour avoir pris goût aux financements occultes, il deviendra périlleux pour lui de tourner dos à son principal bailleur.

Des interlocuteurs trop intransigeants

Reste également posée la question de la charia sur laquelle Ansar Dine n’entend pas transiger. Ses ambitions sont claires: la charia sur l’ensemble du territoire malien. De quoi faire frémir même ceux qui se réfugiaient derrière la religion musulmane pour refuser à la femme malienne un minimum de droits, à l’occasion des débats relatifs à l’adoption d’un code de la famille et de la personne. Côté burkinabè, face à la charia, on fait valoir la diversité des composantes culturelles du Nord Mali.

Voilà donc deux groupes rebelles irréductibles. En apparence sûrs de leurs arrières, ils n’hésitent point à narguer la communauté internationale. Par leurs actes, ils pourraient même confondre la médiation face à l’opinion. L’avenir nous dira si l’on a eu tort ou raison de leur avoir consacré tout ce temps.

Aiment-ils vraiment les peuples du Sahel dont ils se réclament? Veulent-ils vraiment les voir vivre en paix? A eux de le montrer lors des négociations. L’optimisme, mais aussi la prudence… diplomatiques du ministre Bassolé sont bien compréhensibles. Tant qu’il y aura quelque part dans le vaste Sahel des otages occidentaux…

Il reste l’option militaire

En tout cas, les portes du dialogue restent ouvertes. A défaut d’entente bien négociée, il y a de fortes chances de voir la Cédéao intervenir militairement dans la région, avec notamment l’envoi d’une force militaire de près de 3 300 soldats au Mali.

Il faudra alors se résoudre à bouter hors du Nord-Mali les deux mouvements rebelles qui maintiennent fermes leurs ambitions sécessionnistes et terroristes. Les peuples ouest- africains n’auront pas d’autre choix que celui de s’aligner derrière la Cédéao et l’Union africaine, à l’image des chefs d’Etat béninois et nigérien, qui militent activement pour une intervention militaire rapide dans le nord du Mali. A l’origine de l’invitation au dialogue, le médiateur aura jusque-là joué le rôle qui lui revient.

Mais vu la rapide évolution de la situation, le dialogue entamé prévaudra-t-il longtemps? Il est certes compréhensible de voir le médiateur poursuivre sa mission, tant que la Cédéao ne l’en a pas officiellement désaisi. Mais les jeux sont clairs désormais.

En effet, dans le Nord Mali, vis-à-vis des populations, le groupe d’Ansar Dine qui reste affilié à Aqmi, ne se montre point différent des terroristes dans ses pratiques quotidiennes.

Le MNLA, lui, a pris sur lui la responsabilité unilatérale de proclamer «sa république» sur le même ressort territorial. Reste à savoir comment il entend gérer ce nouveau «bantoustan» sahélien dont, à l’évidence, personne ne voudra en Afrique de l’Ouest. Les deux groupes rebelles dont les éléments se sont affrontés il y a à peine quelques jours, vont donc devoir se réajuster dans la nouvelle entité.

Trouveront-ils un consensus? Sinon, qui s’imposera à qui? De leur double jeu troublant, qui sera l’interlocuteur privilégié de la communauté internationale? Plaise à Dieu que le peuple malien sorte rapidement vainqueur de ce jeu sordide aux intérêts multiples et multiformes.

Source: Le pays.