Monthly Archives: May 2012
Génocide en Mauritanie : non à l’oubli !
On se demandait ce qu’il pouvait bien faire là où il vit dans son exil doré, et voilà que nous apprenons qu’il va écrire ses mémoires, mais que va-t-il raconter de glorieux dans sa vie? Je parle bien sûr de ould Taya le pire président que l’Etat Mauritanien ait connu, ce génocidaire qui n’a pas eu le courage de revenir dans son pays affronter son passé peu élogieux. Cet homme venu au pouvoir à la suite d’un putsch à commencer à s’entourer de baathistes qui l’ont aidé à planifier le génocide des négro-mauritaniens, 1986 fut la première tentative, elle échoue car l’équilibre des forces ne permettait pas au Botha maure de réaliser son projet cynique, et pourtant il n’a pas renoncé.
En 1987, il revient à la charge en arrêtant des officiers négro-mauritaniens qu’il fait exécuter sous prétexte qu’ils ont imaginé l’inimaginable, prendre le pouvoir en tant que noirs, la sanction fut exemplaire comme on le sait. C’est en 1989 que la folie meurtrière de cet homme entouré d’extrémistes maures atteint son paroxysme, il planifie le massacre des noirs à grande échelle et leur déportation par dizaines de milliers, 120000 en tout entre le Sénégal et le Mali et qui se sont retrouvés sans patrie qui, avec le temps sont devenus encombrants pour le Sénégal, le pays qui les a accueillis. Pour le Botha maure, il restait encore aux noirs un souffle qu’il fallait couper, il s’en prend cette fois-ci aux soldats négro-mauritaniens.
Emmenés de tous les coins du pays, de Sélibaby à Zoueratt, de Néma à Rosso, ils sont soumis à des tortures, leurs tortionnaires rivalisaient de cruauté. La mémoire collective des négros mauritaniens retient les désormais tristement célèbres camps de Jreida, Inal Azlatt et le mouroir de Oualata. A cet épisode macabre de l’histoire de la Mauritanie, on associe également des noms, Boylil, Ely ould Dah, ould Meguett, Ould Hadi, Arbi ould jidein vice-président de l’assemblée, ils sont nombreux à avoir souillé la terre mauritanienne. Que sont-ils devenus? des hommes qui bénéficient des largesses du régime avec tous les honneurs.
Aujourd’hui les familles des victimes ne demandent que la justice, il est évident qu’aucune autre solution ne peut être acceptée. c’est avant tout le devoir de vérité, ensuite le devoir de justice, le devoir de réparation, le devoir de mémoire et probablement le devoir de pardon, et ce dernier revient seulement aux seuls proches des victimes contrairement à ce que croit le l’Etat raciste qui a fait voter sa scélérate loi d’amnistie de 1993, un pardon ne peut être imposé. Aujourd’hui, nous attendons tout simplement le jugement de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce génocide des négro-mauritaniens, et c’est le seul moyen de donner une chance au dialogue, alors JUSTICE DOIT ETRE RENDUE.
Khar Tenguella BA.
Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez Manuel Valls.
Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature.
Le problème est que Manuel Valls est sa propre caricature, même s’il s’abstiendra, du moins faut-il l’espérer, d’affirmer comme son prédécesseur qu’il y a trop de musulmans en France. C’est tout de même lui qui, se promenant sur un marché de sa bonne ville d’Evry, le 7 juin 2009, interpellait ses collaborateurs : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos ! »
Manuel Valls ne représente pas grand-chose dans son parti : il n’a récolté que 5,7 % des voix lors de la primaire d’octobre 2011. Il est vrai que cet admirateur de Dominique Strauss-Kahn et de Tony Blair aurait sans doute plus sa place au Nouveau centre ou au Modem de François Bayrou, dont il reprend les thèses économiques et sociales. Nicolas Sarkozy avait tenté de le débaucher en 2007 et Martine Aubry lui avait écrit une lettre ouverte en juillet 2009 : « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste. »
Mais Valls a su faire le bon choix : rester au PS tout en combattant tous les principes de la gauche et, finalement, accéder à un poste où il pèsera lourd dans les choix gouvernementaux des prochains mois sur la sécurité, l’immigration, l’islam. Concédons-lui donc le fait qu’il est un habile politicien, mais mettons entre parenthèses l’idée qu’il serait de gauche.
C’est sur le terrain de la sécurité que Valls a voulu se faire un nom, en montrant que la gauche pouvait être aussi répressive, voire plus, que la droite. Il a multiplié les articles et les livres sur le sujet, dont Sécurité, la gauche peut tout changer (Editions du Moment, Paris, 2011). Cet ouvrage rend un hommage appuyé et répété aux forces de l’ordre, sans jamais évoquer les violences policières, les jeunes assassinés dans les quartiers, les procès de policiers qui débouchent toujours sur des non-lieux. En revanche, il est impitoyable avec le terrorisme, ayant été l’un des seuls socialistes à exiger l’extradition de Cesare Battisti. Et aussi avec les délinquants, ces classes dangereuses dont la bourgeoisie a toujours eu peur. Valls ne regrette-t-il pas, dans son livre, que la gauche n’ait pas assez rendu justice à Clemenceau, l’homme qui n’hésitait pas, entre 1906 et 1908, à faire tirer sur les ouvriers au nom, bien sûr, de l’ordre républicain ?
Lors du soulèvement des banlieues de 2005, il a été l’un des trois députés socialistes à ne pas voter contre la prolongation de l’état d’urgence, une décision qui ramenait la France à l’époque de la guerre d’Algérie. En octobre 1961, s’il avait été ministre de l’intérieur, Valls n’aurait certainement pas hésité à faire appliquer l’ordre républicain à tous ces Algériens qui osaient défier le couvre-feu. Pour Valls, la violence dans nos villes « augmente de manière constante » depuis plus de trente ans. Il reprend les arguments de son ami Alain Bauer l’homme qui a imposé à la gauche comme à la droite le thème de l’insécurité — avec l’aide active du Front national et de Jean-Marie et Marine Le Pen. Conseiller de Sarkozy, Bauer est aussi proche de Manuel Valls car, pour lui, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite (l’économie non plus, sans doute…). Et personne ne sera trop regardant sur les médecines du docteur Bauer, l’homme qui propage la peur dans les villes et en profite pour leur vendre, à travers sa société AB conseils, et à prix d’or, les remèdes à l’insécurité. Un peu comme si un responsable de l’industrie pharmaceutique établissait les prescriptions pour les malades…
Nous ne reviendrons pas ici sur la critique détaillée de ses théories de la sécurité. Laurent Mucchielli, l’un des meilleurs spécialistes de la question et qui est plusieurs fois cité de manière élogieuse par Valls, a un diagnostic ravageur (« La posture autoritaire et populiste de Manuel Valls », Lemonde.fr, 5 juin 2011). Critiquant Sécurité, la gauche peut tout changer, qui vient alors de sortir, il fait deux remarques :
« La première est que M. Valls n’a pas un niveau de connaissance suffisant des problèmes. Nous l’avons vu, son diagnostic est globalement plutôt superficiel. Ses propos ressemblent étrangement aux discours de certains syndicats de police et parfois même d’un certain café du commerce. La violence explose, les délinquants rajeunissent sans cesse, il n’y a plus de valeurs et plus de limites, la justice ne fait pas son boulot, on les attrape le soir ils sont remis en liberté le lendemain… etc. En cela, M. Valls est proche d’un certain terrain politique : celui des plaintes de ses administrés, des courriers de protestation reçus en mairie, des propos entendus en serrant des mains sur le marché le samedi matin ou encore de ce que lui racontent les policiers municipaux de sa ville. Mais il est totalement éloigné de ce que peut-être le diagnostic global d’un problème de société et l’approche impartiale d’une réalité complexe. Telle est sans doute la condition ordinaire d’un responsable politique de haut niveau, dont on imagine l’agenda très rempli. Mais l’on attendrait alors de lui qu’il ait l’intelligence de comprendre les biais et les limites de sa position pour s’entourer de personnes capables de lui donner le diagnostic de base qui fait ici défaut. Encore faut-il toutefois le vouloir et ne pas se satisfaire de ce niveau superficiel d’analyse, au nom d’une posture volontairement très politique pour ne pas dire politicienne. C’est la deuxième hypothèse. »
Voici donc pour la compétence du nouveau ministre de l’intérieur. Par ailleurs, poursuit Mucchielli :
« C’est bien une posture politique qui irrigue fondamentalement la pensée de Manuel Valls, une posture politicienne même dans la mesure où elle vise manifestement à se distinguer en politique, en particulier vis-à-vis d’autres personnalités du parti socialiste. Cette posture, on la retrouve d’abord dans les pages consacrées à une sorte d’éloge de l’ordre comme “socle des libertés” (p. 58), comme on la retrouve à la fin du livre dans l’éloge de « l’autorité » qui serait aujourd’hui « bafouée » et « attaquée de toutes parts » (p. 156-157). De nouveau, c’est exactement aussi la posture qui traverse toutes les lois votées ces dernières années par ses adversaires politiques. »
Valls n’est pas seulement un défenseur de la sécurité, mais aussi un contempteur du communautarisme et un pseudo-partisan de la laïcité (c’est évidemment tout à fait par hasard que les cibles de ses attaques sont les populations des quartiers populaires).
On ne compte plus les exemples de ces attaques contre un soi-disant communautarisme, c’est-à-dire contre les musulmans, de sa volonté d’interdire à un Franprix de ne vendre que des produits halal — aurait-il interdit des magasins qui ne vendraient que des produits casher ? — à l’affaire de la crèche Baby Loup et au licenciement d’une employée qui portait le foulard. Après l’absurde décision de Nicolas Sarkozy d’interdire à des théologiens musulmans d’intervenir au congrès de l’UOIF, il a fait de la surenchère, non seulement en approuvant la décision mais en écrivant :
« Tariq Ramadan, leader européen de l’Internationale des Frères Musulmans, présenté par ailleurs comme un “intellectuel” muni d’un passeport suisse, doit s’exprimer le week-end prochain à Bagnolet. Il propagera les mêmes idées extrémistes que ceux qui ont déjà été interdits de territoire français. » Quelques jours plus tard, le candidat Nicolas Sarkozy à son tour, mettait en doute les qualités d’intellectuel de Tariq Ramadan. Quant à ces déclarations sur les idées « extrémistes » défendues par Ramadan, il devrait plutôt lire ses textes et écouter ses interventions.
On ne peut s’étonner alors que Manuel Valls fasse l’éloge du dernier livre de Hugues Lagrange, qui met en avant l’origine culturelle des immigrés pour expliquer les difficultés de l’intégration — rappelons que le même argument culturel était avancé pour expliquer les difficultés des immigrés juifs d’Europe centrale, italiens ou portugais à s’intégrer dans les années 1930, 1940 ou 1950 (lire Gérard Mauger, « Eternel retour des bandes de jeunes », Le Monde diplomatique, mai 2011). Aucune idée de droite n’est vraiment étrangère à M. Valls.
Une dernière question : Manuel Valls est aussi signataire d’un appel indigne appelant à poursuivre les militants qui prônent le boycott des produits israéliens. Parmi eux, Stéphane Hessel ou Alima Boumediene. Que fera le ministre de l’intérieur, alors que plusieurs de ces militants ont été relaxés par la justice, mais que certains restent poursuivis ?
Libérez Biram! par Kodda Ba
L’information a traversé les dunes de sables mouvants du désert mauritanien :’Birame a incinéré le coran, Birame a incinéré le coran !’ J’ai envie de rajouter et alors? mais je ne le ferais pas. Car je ne voudrais pas pécher à cause des manipulateurs d’opinions pour des visées bassement politiques. Birame est un musulman pratiquant qui sauve chaque jour qui passe des orphelins, des esclaves, des laissés pour compte et qui combat inlassablement pour des droits humains dans notre cher pays, la Mauritanie. S’il ne sera pas au paradis, je n’y irais pas. Alors s’il brûle des livres du rite Malékite qui font de l’apologie de l’esclavage c’est que ces cris de détresse n’ont jamais été écoutés ni entendus par les autorités de notre pays. Donc son acte de désespoir est compréhensible et est tout à fait logique. Cet acte aurait dû rester une affaire entre lui et son créateur tout simplement. Au lieu de cela on fait une propagande négative et outrancière autour de cette histoire dont le seul but est de réduire Birame et son organisation IRA au silence.
Je pense que la meilleure manière de faire taire Birame et son organisation, Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, est de faire disparaitre les pratiques de l’esclavage dans notre pays et son corollaire le racisme d’état. Car ces pratiques moyenâgeuses qui sévissent encore dans notre pays sont pires que les accusations faites contre Birame. Soyons sérieux Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, en 1989 on a assassiné des centaines de Mauritaniens et déportés des milliers de noirs Mauritaniens vers le Mali et le Sénégal et on n’avait même pas constaté la moindre mouche contester cette catastrophe ou barbarie dans le désert de notre pays. Et voilà qu’on assiste à des manifestations soi-disant instantanées même à Atar ville ayant soutenu corps et âme aux massacres commis par Moawiya ould Sidi Ahmed Taya contre les négro-mauritaniens dans les années 1989 à 1991. Soyons sérieux, le cinéma est terminé.
La détention de Birame est arbitraire et politique car il dérange le régime de Med Ould Abdel Aziz et il fait de l’ombre à nos vieux opposants hommes politiques. C’est ce qui explique les condamnations irréfléchies de toutes parts des barons de la politique nationale de notre pays. Libérez Birame, car sa place n’est pas en prison mais dans sa mission de défenseur des droits humains en protégeant et défendant les plus défavorisés d’entre nous en Mauritanie.
La lutte continue!
Kodda BA-FLAM-Europé de l´Ouest.
Cridem, le régime du Général, “françafrique”, Bertrand Fessard de Foucault remet les pendules à l´heure
Chers amis, compatriotes d’adoption, je ne pensais pas revenir aussi vite vers vous mais la querelle qui m’est cherchée par un anonyme dans les colonnes de Cridem mérite que je vous donne l’ensemble des pièces.
S’agissant de la composition du nouveau gouvernement français, il est excellent que la Coopération disparaisse des intitulés ministériels. De Gaulle et Couve de Murville, son grand ministre des Affaires étrangères, n’avaient pas voulu de particularisme, si récentes et encore fragiles que fussent alors les indépendances, et le secrétaire d’Etat qui en avait la charge sous l’autorité du ministre, n’était qu’aux Affaires étrangères. Il en va de même aujourd’hui et Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, que j’ai eu l’honneur de pratiquer depuis 1988, et à qui j’avais en temps communiqué une note sur le déracinement souhaitable et possible de la “françafrique”, à partir de l’exemplarité mauritanienne, est chargé du Développement. Ce retour à la source et cet intitulé désenclavant les pays dits du “champ” confirment – me semble-t-il – tout ce que nous pouvons mettre de confiance dans le message de Tulle.
Cc: Cridem
Sent: Thursday, May 17, 2012 11:53 PM
Subject: expression anonyme contre moi m’exprimant librement et à découvert
Cher Directeur, déjà au début de Juin 2010, vous aviez publié dans vos colonnes une soi-disant repentance de mes propos au moment où se préparait une importante table ronde avec les bailleurs de fonds : c’était un faux dont vous n’aviez pas vérifié l’origine usurpant ma signature. Aujourd’hui, vous publiez une libre expression – ce qui est tout à fait légitime. Mais d’une part, cette expression se fonde sur un courriel au président de la République française que je ne vous avais communiqué que pour son éventuelle publication dans vos colonnes et que vous avez au contraire fait parvenir soit aux autorités actuelles soit à une plume complaisante à leur égard. Vous auriez pu me demander si cette communication à un tiers, sans doute avant que vous me publiiez, m’agréait. D’autre part, et surtout, cette expression est anonyme.
Je ne réponds pas aux ombres. Je ne dialogue que dans la lumière et regrette que vous vous soyez prêté au troisième acte de la mise en scène que je dénonçais dans mes deux courriels.
Le président Nicolas Sarkozy avait usé du même subterfuge, une conversation téléphonique prétendue avec son homologue mauritanien – le légitime – dès son renversement. Le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi me fit part de son profond embarras à entendre ainsi mentir (c’était en conférence presse conjointe avec le président nigérien de l’époque… Mars 2009) et je le fis donc savoir à l’Elysée par courriel.
From: Bertrand Fessard de Foucault
To: François Hollande – cabinet ; François Hollande – Assemblée nationale
Monsieur le Président de la République,
écoutant en direct sur France 2, votre discours à Tulle, j’ai été saisi par une phrase que j’ai aussitôt retransmis en Afrique et particulièrement à mes amis mauritaniens, dont je suis les faits, gestes et personnages – les malheurs depuis trente quatre ans – après avoir commencé ma vie d’homme par un service national accompli chez eux à mes vingt ans.
citation – Nous ne sommes pas n’importe quel pays, nous sommes la France, la paix, la liberté, le respect, la capacité de donner aux peuples de s‘émanciper des dictatures et des règles illégitimes de la corruption. – fin de citation
Des dizaines de messages courriel me sont aussitôt revenus, en pleine nuit de votre victoire tandis que vous rouliez vers la Bastille. Espoir d’un changement de cours, c’est peu vous écrire.
Or, il paraît que le général Mohamed Ould Abdel Aziz, président en fonction de la République Islamique de Mauritanie, s’apprête à venir à Paris pour les cérémonies de votre investiture après-demain, mardi 15.
Puis-je vous faire observer que
1° vous donnez, si l’invitation est faite en votre nom, un signe de contradiction totale avec votre message de Tulle. Le paroxysme de la “françafrique” c’est précisément ce putschiste, légitimé par un scrutin dont la tenue a été forcée et le résultat truqué. Le putsch qui a renversé le premier président de ce pays à être élu par un scrutin pluraliste et à deux tours, observé par des centaines d’experts dépêchés par plusieurs organisations ad hoc, a été d’abord condamné par Sarkozy, ce qui est banal. Mais ce qui est exceptionnel, c’est que le revirement de la France – celui de l’Elysée, seul contre le Quai d’Orsay, la Coopération et même à l’Elysée par le seul Claude Guéant en convainquant votre prédécesseur contre Jean-Daniel Lévitte, le conseiller diplomatique et ses collaborateurs – a été acheté. Un déjeuner entre l’alter ego du putschiste en Septembre 2008, un mois après l’attentat antidémocratique, a été payé – de l’ordre de 100.000 euros – via Karim Gaye à Robert Bourgi, lequel a introduit le général El Ghazouani dans le bureau de Claude Guéant, alors même qu’en sanction contre le putsch l’Union européenne, observant l’article 96 du traité de Cotonou, refusait tout visa aux putschistes. Peuvent en attester les directeurs de cabinet au Quai et à la Coopération, en fonctions alors aujourd’hui respectivement à Bruxelles et en fin de mission à Tananarive, et l’avocat françafricain également.
2° votre prédécesseur a soutenu qu’il n’y avait pas eu de résistance au putsch (27 Mars 2009 à Niamey) et dans son dernier dire de candidat, devant vous le 4 Mai, que l’élection de Juillet 2009 avait été régulière. Vous conforteriez donc l’analyse qui prévaut sur la Mauritanie. Notre actuel ambassadeur en fonctions depuis plus de six mois n’a toujours pas rendu une visite au moins de courtoisie à l’ancien président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, à qui Nicolas Sarkozy était censé avoir téléphoné après son renversement. Mensonge avéré, du même genre que l’histoire du mur de Berlin ou de Fukushima. J’ai dû protester auprès de Christian Frémont au nom du président mauritanien et à la demande de ce dernier.
3° Mohamed Ould Abdel Aziz depuis sa “légitimation” dont nous nous sommes portés forts devant l’Union européenne et devant l’Union africaine, a réveillé tous les démons nationaux, le débat ethnique et linguistique, le débat sur l’esclavage en montant les étudiants de l’Université de Nouakchott les uns contre les autres et en protégeant les esclavagistes contre les abolitionnistes, régulièrement mis en taule. Il a ajourné sine die le renouvellement de l’Assemblée nationale, saboté les listes électorales en contestant en sus la nationalité mauritanienne à une partie de ses concitoyens (jeu qui a couté dix ans de guerre à la Côte d’Ivoire).
4° Mohamed Ould Abdel Aziz est actuellement en grave difficulté intérieure avec des manifestations hebdomadaires réclamant son départ et d’une ampleur sans précédent dans le pays. Le soutenir est du genre de Jacques Chirac venant visiter le pays juste trois mois avant une élection présidentielle anticipée par le précédent dictateur militaire (Septembre-Décembre 1997).
5° l’actuel dictateur se fait valoir depuis ses débuts comme le point fort de notre lutte contre le terrorisme et Aqmi au Sahel, et d’une totale disponibilité aux plus folles entreprises des “services” sous votre prédécesseur, ce qui a coûté la vie à l’admirable Michel Germaneau, a contribué à déstabiliser le Mali d’ATT dont les Mauritaniens ont violé au moins deux fois, et en profondeur, le territoire sans résultats.
Le parti Rassemblement des forces démocratiques RFD – présidé par mon ami Ahmed Ould Daddah – fait partie de l’Internationale socialiste, il a suivi plusieurs de vos congrès, admiré personnellement le sauvetage que vous avez su opérer pour le Parti à la suite de 2002. Il peut attester cette immoralité de l’homme en place et combien l’influence de la France si elle change d’application et de manière peut transformer la donne en Mauritanie-même et dans toute l’Afrique anciennement nôtre. Peut-être intervient-il auprès de vous en ce moment ? à la suite des dires de votre adversaire devant vous le 4 Mai, je vous ai transmis le communiqué de la Coordination de l’opposition démocratique dont Ahmed Ould Daddah fait partie.
Le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi peut confirmer l’ensemble de ces cinq points.
Il est possible que – très proche de vous – Michel Sapin qui a toute mon estime puisqu’il avait celle de notre cher Pierre Bérégovoy et que j’ai pu vérifier sa capacité d’accueil pour une affaire que je lui soumettais (corruption de l’ancienne Commission des opérations de bourse, avant que Jean-Pierre Jouyet n’y vienne), ait opiné en faveur de Mohamed Ould Abdel Aziz et argué de sa propre connaissance du terrain, puisque la région Centre est jumelée avec le Gorgol une des régions mauritaniennes. Il a été tout simplement intoxiqué, ce qui peut se comprendre car le pays et ses moeurs, surtout quand on y passe peu de temps, a le charme du tout autre mais dans la pratique de notre langue et de nos références : l’hospitalité parfaite peut tromper.
Permettez-moi d’insister vivement pour que cette invitation soit retirée. ce sera très positivement reçu en Mauritanie et accélèrera très heureusement la chute d’un régime qui doit sa naissance et son crédit à votre prédécesseur, non à la France telle qu’elle est attendue en Afrique et que vous avez promis d’incarner.
Sans grandiloquence, il en va de votre crédibilité à propos de la “françafrique”.
Vous savez bien mes sentiments de confiance, d’espérance, et ma disponibilité.
Kaëdi : Atelier de formation sur les mécanismes de la justice transitionnelle
L’Ong SEEPT a organisé, en partenariat avec le commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile (CDHAHSC) et le haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme (HCNUDH), un atelier de formation sur les mécanismes de la justice transitionnelle, au profit de représentants de l’administration, des services de sécurité et de la société civile.
La tenue de cet atelier, a indiqué le représentant adjoint du haut commissariat des nations unies (HCDH) aux droits de l’homme, M. Paul JATHO vise entres autres à renforcer les capacités des participants dans leur mission de surveillance et d’enquête, mais aussi à les aider à mieux argumenter leurs propositions pour les réparations des violations des droits civiles, politiques, économiques, sociaux et culturels des individus et des populations, à travers une commission vérité (CV). C’est ainsi, a ajouté le fonctionnaire onusien que le présent atelier donnera aux participants la connaissance et l’information appropriée sur le rôle, le mécanisme et le fonctionnement de la justice transitionnelle dans le cas de violations des droits de l’homme, leur permettra d’échanger d’une manière structurée en vue de développer davantage leur approche et de dégager des stratégies efficaces et réalistes susceptible de mettre fin à l’impunité. Il s’agit aussi d’offrir des informations sur les différents mécanismes régionaux et internationaux qui ont été développés de par le monde afin de faire face aux violations des droits de l’homme en vue de dégager leurs forces et faiblesses et se prononcer sur leur adaptation et leur applicabilité en Mauritanie. M. JATHO s’est également félicité de l’ouverture d’un bureau de son institution en Mauritanie depuis près d’une année ; ce qui dira-t-il est une preuve de l’existence d’une volonté politique des pouvoirs publics pour mettre un terme à l’impunité et à résoudre les problèmes liés aux graves violations des droits de l’homme, héritage des pouvoirs précédents. Il a conclut son propos par l’annonce des attentes de l’atelier qui se présentent en l’établissement d’un mécanisme d’un mécanisme de la justice traditionnelle qui fonctionne selon des normes et standards internationaux des droits de l’homme, la création et le fonctionnement normal d’une structure nationale chargée de coordonner la réparation des victimes des violations des DH, l’amélioration de l’accès à la justice pour tous les groupes marginalisés victimes des violations des DH, une évaluation critique sur la situation des DH, le renforcement des capacités des participants afin de leur permettre de mieux œuvrer dans le domaine de la protection des DH.
Rôle, mécanisme et fonctionnement d’une justice transitionnelle
Pour Me Bâl Amadou Tidjane, consultant international des NU, ancien ministre de la justice et ancien président de la HAPA, le présent atelier s’inscrit dans un processus global qui vise à recueillir les avis des uns et des autres en vue de perfectionner le règlement définitif des questions liées aux rapatriés et des conditions de leur insertion ainsi que le règlement définitif du passif humanitaire. Me Bâl, qui jouit d’une grande expérience dans le domaine des droits de l’homme car ayant participé à titre d’avocat au procès organisé par la CPI pour juger les auteurs des crimes et autres violations des DH, consécutifs aux conflits interethniques entre Hutus et Tutsi au Rwanda, a à cet effet indiqué que la prière de l’absent organisée à Kaédi, il y a deux ans (en mémoire aux victimes des évènements de 1989 et de la purge ethnique de la composante négromauritanienne, opérée alors dans les rangs de l’armée), n’était qu’un élément parmi tant d’autres et qui contribue à apporter une solution définitive garantissant la paix sociale en Mauritanie. Le consultant onusien, en charge du dossier, a déclaré que l’Etat mauritanien estime qu’aucun sujet n’était tabou, tout en reconnaissant le problème de moyens pour une indemnisation massive et des défaillances constatées dans le processus de retour et d’insertion des rapatriés, et recommande par ailleurs de ne pas se focaliser sur les structures mais plutôt sur une voie menant vers la mise sur pied d’une commission de vérité qui s’appuie sur nos réalités et nos valeurs islamiques tout en s’ouvrant sur d’autres expériences (Afrique du Sud, Maroc, Bénin), à travers une justice transitionnelle.
Plaidoyer pour la mise sur pied d’une CV !
L’autre thématique de l’atelier était justement la commission de vérité (CV), une discipline récente indique, Mme Madina Athié qui précise le rôle de la justice transitionnelle après une situation de violations flagrantes des droits de l’homme. La chargée de programmes au HCDH en Mauritanie ajoute que la CV assure les mécanismes de réponse aux droits de l’homme dans des pays où de graves violations des droits de l’homme ont eu lieu.Et d’ajouter que dans ce cas, l’Etat en question à l’obligation d’enquêter sur les violations des droits de l’homme qui y sont commises. Elle a par ailleurs énumérer les objectifs d’une CV dont on peut citer : vecteurs de transition vers un Etat de droit, contribuer à établir un espace public de débat national, conception d’une CV avec une commission de recrutement des commissionnaires, établissement d’une CV par une loi ; Elle a étayé son propos par l’exemple du Maroc qui a mis sur pied une commission « vérité et réconciliation » dans l’optique du renforcement de l’unité nationale, fondement d’un Etat de droit. Mme Athié a en outre livré un paquet de critères pour la mise sur pied d’une CV, qui s’inspirent des expériences d’autres pays (Afrique du Sud, Pérou, Argentine, Maroc, Bénin) ayant connus de graves violations de droits de l’homme et qui sont parvenus à les régler sans anicroches. Il s’agit entre autres de : commission d’enquête, autorisation officielle du mécanisme par l’Etat, autonomie structurelle et financier, organe temporaire, compétence sur les graves violations des droits de l’homme, ne pas avoir pour objectif un évènement particulier, avoir un siège national et un mécanisme national, production d’un rapport final avec des recommandations pour un redressement des violations passées. Elle a en fin donné des indications sur les perspectives d’une telle démarche, à savoir : poser les jalons, connaitre les obligations de l’Etat, appui au CDH, tenir compte des doléances et plaidoyers de la société civile. Dans leurs interventions, certains participants ont formulé des recommandations et émis des critiques toutes jugées constructives par les animateurs de l’atelier, pour la recherche de la paix civile, gage de l’unité nationale dont la Mauritanie a grandement besoin en ces temps qui courent. Un participant fait toutefois observer l’absence aux travaux de l’atelier, des autorités administratives et sécuritaires en ces termes : « Ils étaient là juste pour les besoins de la cérémonie protocolaire, comme il est de coutume alors que le thème, si important sur la voix devant mener à la reconstruction de l’unité nationale largement ébranlée, les concerne au premier chef». Il faut noter qu’en marge de l’atelier, la SEEPT a organisé un atelier de sensibilisation sur la loi 2007-048 portant criminalisation de l’esclavage et des pratiques esclavagistes ainsi qu’un meeting à la maison des jeunes au profit des femmes, des enseignants, des jeunes et de la société civile, animés par MM. JATHO, Me BAL et Mme ATHIE. Quand à M. Bakar O. Dieh, président de l’Ong SEEPT, il s’est réjouit de l’engouement suscité par les thèmes des deux ateliers avant de se féliciter du niveau élevé des débats auxquels ont contribué des élus locaux, des représentants de services déconcentrés de l’Etat, des syndicalistes, des journalistes et des représentants d’Ongs locales actives dans la défenses des DH.
Vieux GAYECp/ Gorgol -QDN




