Monthly Archives: May 2012
Après avoir mobilisé des milliers de manifestants la COD annule son sit-in.
Selon le reporter de l’ANI, la Coordination de l’opposition a décidé, dans la nuit du mercredi à jeudi, d’annuler le sit-in « permanent » qu’elle prévoyait sur la place Ibn Abbass, après avoir constaté qu’une violente intervention des forces de l’ordre se préparait pour le disperser.
Ce sit-in avait été précédé par une marche à laquelle ont participé des milliers de sympathisants de l’opposition pour exiger le départ du président Mohamed Ould Abdel Aziz du pouvoir.
Au cours d’un rassemblement sur la place Ibn Abbass, les dirigeants de la COD se sont succédés à la parole pour fustiger la politique du régime actuel qu’ils accusent d’avoir « échoué » dans la gestion des affaires du pays.
Les orateurs de l’opposition ont également dénoncé la détérioration allant de mal en pis des conditions de vie des populations.
Intervenant à cette occasion l’ancien président Ely Ould Mohamed Valla qualifié le régime actuel de « gouvernement de la paupérisation des populations », alors que Saleh Ould Hanenna n’a pas hésité à qualifier le président Ould Abdel Aziz de « prévaricateur».
Depuis le début de la marche de la COD, les forces de l’ordre ont déployé un dispositif de sécurité qui observait à distance les manifestants.
Ce dispositif a été renforcé avec la tombée de la nuit, ce qui, selon les observateurs, a amené l’opposition à ramener son sit-in à un date ulterieure.
Source: ANI
Des Pakistanais dans les rangs d’Aqmi aux frontières Algéro-Maliennes
Des individus armés de nationalité Pakistanaise ont rejoint ces derniers jours les combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans la région du Sahel.
En effet selon des sources de renseignements citées par Radio France International (RFI) qui s’appuie aussi sur des témoignages d’habitants de la région de Tombouctou(Mali), »les Pakistanais ne sont pas très nombreux, mais rès bien formés à la guérilla et au maniement des armes » et « ils participent à l’entraînement des nouvelles recrues d’AQMI parmi les jeunes de la région ».
De nombreux témoins, cités par la même source, rapportent la présence chaque jour plus importante de «barbus», parlant l’arabe mais aussi le haoussa, le bambara, le tamachek et même le pachtoun. Alors que des enfants sont regroupés dans la caserne de la légion de gendarmerie au nord-est de Tombouctou où on les prépare à rallier le jihad.
Les mêmes sources soulignent que les combattants arrivant des pays du Maghreb restent plus nombreux au sein de l’organisation terroriste AQMI.
Les combattants salafistes s’installent comme chez eux et recrutent, tant sur place qu’à l’étranger, en l’absence de toute intervention militaire. En somme Al-Qaïda au Maghreb islamique semble avoir trouvé dans la région un lieu sûr et un terrain d’entraînement unique au monde.
Source:Algerie1.com
Des imams plaident en faveur d’une fatawa interdisant l’esclavage
Des imams « haratines » ont plaidé en faveur de la promulgation, par les oulémas mauritaniens, d’une fatwa claire et sans équivoque interdisant toute pratique esclavagiste.
Ces imams, qui s’exprimaient mardi après-midi au cours d’une conférence de presse, ont dénoncé « l’existence en Mauritanie de l’esclavage, malgré que le pays n’a pas connu de guerre sainte dans son histoire pour que l’on se permette de soumettre deshommes à l’exploitation».
Les imams ont, tout de même, expliqué qu’il n’est pas question, pour eux, de renier la soumission ( Estirghagh) si elle se passe dans les conditions édictées par la charia islamique, «ce qui n’est pas le cas de l’esclavage en Mauritanie».
Dans une intervention, l’imam M’Barek Ould Mahmoud, « les haratines ont été victimes d’injustice au nom de l’Islam qui, dans ses fondement, est la religion venue pour libérer les hommes et les rendre égaux et non pour privilégier une partie de la société au détriment d’un autre ».
Ould Mahmoud poursuivra que cette frange de la société (haratines) revendique la liberté et la justice et la levée du déni de justice qu’elle n’a cessé de subir au nom de la religion. « Cette même religion qui n’a à aucun moment favorisé l’esclavage », a-t-il souligné.
Ces imams ont appelé le gouvernement mauritanien à faire preuve de plus de rigueur dans l’application de la loi incriminant l’esclavage en vue d’éradiquer, le plus vite possible, ce phénomène « exécrable ».
Source:ANI
flamnet-rétro: Hommage à nos Martyrs, Tene Youssouf Gueye
Aprés des années de dictature, de terreur, de mensonges et de divisions entre nous,voici le moment venu, d’ édifier ensemble une Mauritanie nouvelle, dans l’unité, le respect de tous et la justice.Fondée sur les héritages trés divers et trés riches que nous ont laissé nos péres, et que nous allons ici partager, dans le respect et l’amitié. Ce faisant nous allons nous réapproprier notre histoire qui nous a été volée. Chacun peut et doit apporter sa pierre: temoignage, document, passage d’un livre,etc….Voici d’abord, sur l’un des trés grands hommes de notre nation, un hommage au poéte et historien Téne Youssouf Guéye. Le témoignage trés touchant d’un jeune militant, proche de sa famille.
Téne Youssouf Guéye historien et poète décédé dans le “mouroir” prison de Walata, des suites de mauvais traitement et de torture dans le cadre de l’épuration éthnique ordonnée par le président ould Taya
Je n’ai pas la prétention de parler de l’homme car je suis jeune et je ne l’ai pas “connu” . J‘ai par contre été de la même promotion que l’un de ses fils et j’ai beaucoup côtoyé ses enfants. Je l’ai vu à plusieurs reprises et je crois avoir retenu de lui, principalement deux souvenirs, encore flous dans mon esprit. Le premier c’est lorsqu’un jour je suis parti rendre visite à l’un de ses fils( je devais avoir14 ans et ils habitaient à cette époque à l’ ILOT K derrière l’hôpital national);c’était le crépuscule.
Il était assis au salon et sur ses genoux un de ses enfants en bas âge(ou un de ses petits enfants, je ne me souviens pas très bien). D’une main, il essayait paternellement, de contenir les ardeurs de l’enfant turbulent, de l’autre, il entamait un morceau de gâteau qu’il devait partager entre sa progéniture dispersée aux quatre coins de la maison; il me rappelait mon père, votre père, nos pères; ces pères de famille austères qui étaient doux comme des agneaux, une fois entouré de leurs enfants. J‘ai été frappé par la tendresse qui se dégageait de son petit corps(il n’était pas très grand).
Le second souvenir remonte au jour de son procès en septembre 86(je n’avais pas vingt ans et je revenais d’un voyage du Sénégal ). A son nom, il s’avançât, fatigué certes mais humble dans son attitude. Machinalement, mais tout aussi poétiquement, il répondait aux seules questions qui leur ont étés posés lors du procès(êtes-vous raciste? faites-vous partie des FLAM? avez vous écrit le manifeste du nègro-mauritanien opprimé? ).Ici, c’est par la dignité de l’homme que j’ai été frappé.
Aujourd’hui encore, quand je rends visite à la famille à la SOCOGIM PS, que je dépasse Mariata(sa première épouse)en train de teindre des habits au “goobu kayhaydi”, que je dépasse ses belles filles assises dans la cour sur leurs “taara” avec tout autour les cris joyeux de ses petits-enfants, que j’entre au salon parler un moment avec Tène Daouda ou Alassane, que je passe dans la chambre de Birome et de Djiby pour écouter un morceau de Funk et qu’enfin en repartant je “taquine” Haby, je me demande pourquoi avoir privé tène youssouf de ce bonheur qu’il a passé tant d’années à bâtir.
Le soir à la maison ,avant de me coucher, je relis encore son “Rella où les voies de l’honneur” qui me donne à chaque fois envie de me marier à l’ancienne. “A l’orée du Sahel” me fait redécouvrir un Gorgol et un Guidimakha que je ne connaissais pas.Ses “Sahéliennes” me percent toujours le flanc(comme si je dansais avec une négresse envoûtante). Cet “exilé de Goumel” est parti, mort de Béribéri(j’ai toujours pensé que c’était une maladie d’oiseaux, pas d’Homme, et de Quel homme).
Parti parce que sa plume avait quelque chose de révoltant, quelque chose de conscientisant, quelque chose de réveillant. J’ai toujours trouvé dommage que les mauritaniens ne le lisent pas assez; ils peuvent pourtant trouver dans son œuvre des réponses à leurs questions. Le lire est le plus grand hommage que l’on puisses lui rendre.
Il aurait eu 82 ans aujourdh’ui et il aurait pu, paisiblement prendre le chemin du paradis avec Oumar Bâ.
N’gaidé Mourtada dit Soulé.
cordialement.
Affaire Biram Ould Dah, dépassionnons le débat ! par Abou H. Sy
Malgré, l’émoi feint ou sincère qu’elle a pu générer, l’incinération de livres religieux par l’IRA a le mérite de poser un vaste débat qu’on ne peut plus continuer à ignorer.
En effet, le tollé général soulevé par ce acte met à nu le caractère primitif de notre démocratie, l’étroitesse d’esprit de nos intellectuels et l’hypocrisie de nos Hommes politiques.
Est il besoin de rappeler, qu’une démocratie ne se résume pas a des partis politiques qui concourent au pouvoir le temps d’une élection ou a des institutions modernes de gestion des affaires de la cité. Mais un processus, dont le but ultime est de permettre au citoyen de jouir de la plénitude de sa liberté. Liberté d’expression, de manifestation, d’association, de culte …Et c’est à l’aune de cette liberté que se mesure la maturité d’une démocratie.
Dans une démocratie normale, incinérer un drapeau, une œuvre artistique ou littéraire, un ouvrage religieux … est une forme d’expression: un “free speech” garantie par la constitution. Quoi que cela puisse être choquant la seule riposte permise est la désapprobation. Nul ne doit être soumis à la vindicte populaire pour avoir exprimé son opinion. En cela, l’arrestation de Biram et ses camarades constitue une dérive autoritaire dangereuse. Une justice fonctionne suivant des règles clairement établies par le législateur et non par émotion ou par coup de tête et ne peut prêter à aucun subjectivisme. Le même esprit qui a guidé cette arrestations peut conduire à la lapidation d’une négro-africaine par ce qu’elle n’est pas correctement habillée au goût de certains. Combien de fois la TVM a demandé ces journalistes femmes de s’habiller d’une façon “décente” si elles veulent continuer à apparaître au petit écran. C’est ce genre de dérives qu’il faut combattre.
Plus que la démocratie, qui jusqu’à la ne sert que les Hommes politiques, la population doit lutter pour l’instauration d’une véritable culture de démocratie. Et cela commence par l’acceptance de l’autre dans sa différence d’opinion, de culture ou de religion. C’est la, une valeur universelle que doit faire sienne chaque citoyen. C’est la sommation de toutes ces actions citoyennes individuelles qui a donne aux nations démocratiques leurs statuts de références.
Nos intellectuels d’une façon général et les religieux en particulier sont en train de rater une occasion unique pour s’illustrer. A mon avis, il ne devraient pas se laisser emporter encore moins susciter ce brouhaha.
Au delà de cet acte malencontreux ( duquel l’IRA a du reste bien fait de s’en excuser), Biram pose un vrai débat intellectuel. Comment une religion sensée sortir l’humanité des ténèbres vers la lumière peut elle tolérer en son sein de telles pratiques? L’esclavage tel que pratique en Mauritanie est il conforme a l’islam ? La discrimination raciale dont sont victimes les négro-mauritaniens est elle admise dans notre religion? C’est à ces questions que nos savants et intellectuels doivent répondre. Nul besoin de manifestations ou de menaces. Il faut apporter calmement, sans passion aucune, réponses à toutes ces questions.
Il est vrai que l’islam a connu au cours de son évolution des formes d’esclavage, mais à pratique très tôt à son égard une politique de confinement et de tarissement des sources dans le but d’aboutir à une abolition par extinction.
L’on a pas besoin d’être exégète pour savoir que l’esclavage pratique chez nous est en porte-à-faux avec celui décrit dans la tradition musulmane. On ne peut pas razzier un village ou un campement noir, tuer les hommes valides, emporter femmes et enfants les asservir et justifier cela par la religion.
La seule source d’esclavage tolérée en Islam est le jihad, celui étant devenu caduc, tout asservissement devient de facto illégale.
Biram a peut être commis un sacrilège mais on ne doit pas le clouer au pilori. C’est a un débat d’idées qu’il invite ,il faut lui opposer des arguments non une diabolisation.
La lutte continue!
Abou Sy
Tampa,FL




