Monthly Archives: March 2012
La Mauritanie attend le retour de ses ‘derniers’ réfugiés au Sénégal
ALAKHBAR (Nouakchott)-Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, se rendra dimanche prochain à Rosso-Mauritanie, où il devra accueillir le “dernier” contingent des mauritaniens, qui s’étaient réfugiés au Sénégal depuis les événements de 1989.
Après le retour, hier, de 200 réfugiés, l’opération de rapatriement volontaire, décidée par la Mauritanie, le Sénégal, et le Haut Commissariat des refugiés, prendra officiellement fin le 25 mars 2012.
Cependant, des ONG mauritaniennes de défense des droits de l’Homme dénoncent les “mauvaises” conditions d’accueil dans lesquels “se trouvent” les ex-réfugiés, qui sont de retour dans leur pays. Ces derniers déplorent la “spoliation” de leur terre, et évoquent des “difficultés liées au rétablissement” de leurs pièces d’état civil.
Les ONG soulignent aussi que l’opération de rapatriement “ne concerne pas les mauritaniens qui se sont réfugiés au Mali” suite aux mêmes événements. Le nombre de ces derniers n’est cependant pas chiffré du fait d’absence d’organisation par rapport à ceux qui étaient expulsés au Sénégal, lesquels sont regroupés en associations locales et régionales, pour défendre leurs droits.
D’autre part, certains refugiés, restés à Dagana(Sénégal), refusent de rentrer en Mauritanie ; ils accusant les autorités de Nouakchott de vouloir “leur imposer, la Vallée (régions du sud de la Mauritanie) comme unique destination”. Alors qu’ils veulent retourner à Nouakchott, la capitale politique ou à Nouadhibou, la capitale économique, où ils travaillaient au moment du déclanchement du conflit en 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie.
Récemment, lors d’un déplacement à Nouadhibou le 13 mars 2012, le président Ould Abdel Aziz, s’attaquant à l’opposition mauritanienne qui demande son “départ immédiat” du pouvoir, affirmait : “Certains de ceux qui tentent de l’exploiter (le passif humanitaire) aujourd’hui seraient impliqués dans l’exécution et la traque de groupes mauritaniens comprenant des frères et collègues à nous dans l’armée.” Les regards aussitôt tournèrent vers Ely Ould Mohamed Vall, directeur de la sûreté nationale à l’époque des événements. Ely, président de la transition de 2005, venait d’accuser son cousin, Ould Abdel Aziz, d’avoir organisé ‘’une rébellion pour confisquer’’ le pouvoir en août 2008. Ould Abdel Aziz avait renversé Sidi Ould Cheikh Abdallah, le premier président mauritanien démocratiquement élu.
Vingt quatre heures plus tard, le 14 mars, le président Ould Abdel Aziz est revenu sur ses propos. Répondant à une question d’ALAKHBAR,il a affirmé que le dossier du passif humanitaire “est déjà clos, parce que sa solution est venue des victimes elles-mêmes”. Des montants ont été versés aux ayants droit, une prière a été effectuée en la mémoire des victimes, et un pardon, au nom de la Mauritanie, a été demandé aux parents des disparues.»
Quand Ould Dogui rendait hommage aux FLAM
Ils ont, pour la plupart, échappé de justesse à la mort,
Ils ont presque tous vu leurs frères mourir, ou subir l’humiliation d’être chassés de leur pays,
Ils ont vu les souffrances des veuves, des orphelins, des vieillards…
Et ils ont réagi contre l’injustice, la discrimination raciale, l’exclusion et la marginalisation.
Les FLAM UN COMBAT
Publié par des intellectuels négro-africains le manifeste du négro-mauritanien opprimé , demandait rencontre et négociation entre les différentes composantes du pays, pour l’égalité et l’entente, nous vous proposons certains extraits :
” Les problèmes mauritaniens doivent être posés par des Mauritaniens, discutés entre Mauritaniens et solutionnés par les Mauritaniens eux-mêmes. Notre amour pour ce pays nous commande à inviter toutes nos nationalités à un dialogue des races et des cultures, dans lequel nous nous dirons la Vérité pour guérir nos maux.
Il faut que nous traduisons dans la réalité nos appels au Salut National et au Redressement de notre pays, au lieu de dépenser toutes nos ressources et toutes nos potentialités humaines dans des querelles raciales et culturelles dont les principaux bénéficiaires ne seraient certainement pas les Mauritaniens”
” … Il faudrait que tous les véritables nationalistes mauritaniens (Noirs et Arabo-berbères), épris de paix, de justice et soucieux de voir instaurer une Unité Nationale véritable, acceptent de s’unir afin que tous ensembles combattent pour la suppression de ce système raciste, chauvin, aussi pernicieux que l’Apartheid. Car cela est possible. Il faudrait que le Négro-mauritanien comprenne qu’il ne doit pas s’insurger contre le Beydane en soi, mais contre l’appareil d’Etat arabo-berbère raciste et oppresseur, afin que Blancs et Noirs puissent enfin dialoguer à égalité, se battre ensemble pour des lendemains plus certains. “(avril 1986).
La réponse du régime raciste fut :
– la déportation des négro-africains du pays en 1989,
– l´extermination massive des cadres civils et militaires noirs ,
– l´Etat d´urgence permanent dans les régions du Sud qui continue d’exister à ce jour,
– les obstructions dans l´octroi des pièces d´état-civils ou des bourses d´études à des négro-africains,
– Sélectivité dans le recrutement ou la nomination dans les postes de responsabilité.
Le tout doublé d’une propagande mensongère sur les FLAM, propagande que le gouvernement s’appliquait par tous les moyens à inculquer aux populations. Une fausse traduction du manifeste du négro-mauritanien opprimé, fut éditée et diffusée, suivie d’une campagne de diabolisation de ce mouvement et le tour était joué.
C’était sans compter que cette supercherie et ces mensonges ne pouvaient faire long feu, car la vérité finit par triompher à tous les coups.
Acculés à la violence, bien qu’ils ne la désiraient pas les FLAM ont pris les armes, puis ils ont réalisé qu’il fallait lutter contre l’injustice par des moyens justes donc non-violents. Ils ont changé de stratégie de lutte sans changer de camp ni d’âme.
Ce faisant ils ont pris à contre-pied le régime et ses valets, mais surtout ils ont réussi à faire connaître leur combat juste et noble pour la dignité, à leurs autres compatriotes de différentes communautés.
Ils ont agréablement surpris et séduit plus d’un, en publiant leur mémorandum qui appelle au débat et propose des solutions : ” Je voudrais, d’abord faire une observation sur un segment de votre dernière question, qui infère que l’unité du pays et l’Autonomie sont antithétiques. Il n’en est rien ; simplement vous faites une mauvaise lecture de l’Autonomie qui est un des principes cardinaux du Fédéralisme. Et le Fédéralisme n’est pas la sécession ni l’indépendance. Dés lors, on peut comprendre que l’Autonomie ne s’oppose en rien à l’unité du pays, encore moins à la réconciliation nationale. Cela étant, je reconnais avec vous que nous avons, quelque peu, anticipé sur les solutions ; mais comme vous avez dû le remarquer, dans ce mémorandum nous ne nous sommes pas seulement contentés de soulever les questions. Nous avons aussi apporté à chaque fois, non pas la réponse, mais une réponse, à chaque question posée.Cette démarche, à mon sens, semble plus opératoire, pour permettre une économie de temps ; on va directement aux propositions qui pourraient être améliorées, si toutefois elles sont retenues. Mais naturellement, comme toute démarche, elle ne peut-être exempte d’inconvénients. “
” … Notre objectif, à travers ce mémorandum est d’abord de tenter de secouer la classe politique de sa torpeur, d’amener l’opposition à s’interroger sur l’absurdité du statut quo actuel, qui ne profite qu’au régime. Nous croyons, après cela, que l’opposition prendra naturellement des initiatives de nature à prouver sa capacité à s’organiser, ou plutôt à se réorganiser. Aux dernières nouvelles, je crois que c’est en voie. Pour ce qui concerne les réactions, nous les souhaitons nombreuses et variées. J’en profite au passage, pour saluer la réaction de M.CHBIH Président du FRONT POPULAIRE, éminemment positive. Il serait illusoire, toutefois, de s’attendre à une unanimité ; car l’unanimité n’est plus de ce monde”.
(M. SAMBA THIAM Président des FLAM- Extrait d’une interview accordée à la revue le Refus.) “
Les réactions à ce mémorandum ne se firent pas attendre, Le FPM et son courageux Président M.CHBIH OULD CHEIKH MELAININE, puis LE PLEJ, le FAAS, le MRC (AFR) réagirent positivement à cette heureuse initiative, le débat sur la question nationale a bien pris forme en dépit des nombreuses réticences, il fera son chemin envers et contre tous les anathèmes.
Mohamed ould Dogui- LE REFUS- 27 DECEMBRE 2002
Hommage au camarade feu Mohamed Dogui, un homme du refus, premier invité du site Flamnet
.
Pour rendre hommage à l´ami qui fut pour la petite histoire le premier invité de la rubrique de Flamnet: “Invité du site”, nous reproduisons l´entretien enregistré le 08 novembre 2000 à l´occasion du premier anniversaire du site Flamnet.
Adieu le combattant! Et la lutte continue!
Mohamed Dogui du FAAS A COEUR OUVERT AVEC FLAMNET
“Nous refusons d’insulter l’histoire et nous demandons aux autres de ne pas insulter le présent et l’avenir. Pour nous la ligne de démarcation était et sera toujours entre le camp du progrès, de la liberté et de la justice, et le camp de la réaction, de l’opportunisme et de l’injustice.”
Mohamed DOGUI
Qui est Mohamed Dogui, pouvez vous, camarade, vous présenter à nos lecteurs?
DOGUI: Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier de l’opportunité que vous m’offrez en me permettant de répondre à des questions sur la situation que traverse notre pays, je salue au passage tous les démocrates, les membres de la société civile et les journalistes qui se battent pour l’avènement d’un Etat de Droit dans notre pays.
Militant du FAAS, je suis chargé des relations extérieures de ce mouvement. Né à Nouakchott, j’ai poursuivi mes études au Maroc (Gestion d’entreprises, Marketing, Informatique : Programmation et réseaux).
Qu’est ce que le FAAS, quelle est votre particularité en tant que mouvement sur la scène politique mauritanienne?
DOGUI: Le FAAS est un mouvement d’opposition non-violent dont l’objectif est d’apporter une modeste mais réelle contribution à la lutte contre l’injustice et l’exclusion sous toutes leurs formes dans notre pays. Le FAAS c’est aussi des militants et militantes ouverts aux autres, tolérants, solidaires, libres, différents, remuants, indépendants et unis par les liens sacrés de l’engagement désintéressé.
Notre aspiration sincère à la modernité et au progrès de notre pays et notre adhésion convaincue aux grandes valeurs de l’humanisme constituent les fondements de notre engagement.
Quelle est votre appréciation de la situation politique nationale?
DOGUI: La situation dans notre pays est catastrophique : Une accumulation de toutes les horreurs, les meurtres, les déportations, l’esclavage, les humiliations en tous genres, les exclusions, les mépris, les détournements, le népotisme éhonté, la censure, la répression, la misère et la famine qui tue aujourd’hui dans plusieurs régions du pays.
La situation chez nous, c’est aussi des silences, des lâchetés, des compromissions qui ne laissent aucun doute sur la terrible solitude de l’idéal et des valeurs démocratiques.
Nos partis sont à l’image de la société, ils sont handicapés par les archaïsmes qui ont vieilli leur mode de fonctionnement. Ils doivent évoluer pour continuer. Et c’est à cela que les démocrates et tous les citoyens doivent les aider. Car ce sont ces partis qui feront vivre la démocratie et ses institutions.
Quels sont vos rapports avec les autres composantes de l’opposition dite radicale?
DOGUI: Ils sont bons et nous travaillons à les renforcer, nous ferons des propositions dans ce sens à nos partenaires dans un avenir proche.
Que pensez vous des FLAM, de leur discours et de leur combat, pensez vous comme certains que les FLAM “exagèrent un peu” pour ne pas dire que c´est « un mouvement extrémiste »?
DOGUI: Nous avons beaucoup de sympathie et de respect pour les FLAM, et pour leur noble combat contre l’injustice et le racisme. Nous l’avons toujours dit sans détours. Pour nous les FLAM sont un mouvement mauritanien authentique qui incarne l’aspiration d’une communauté à la justice, à un traitement égale, à la dignité et au respect, une communauté qui fut longtemps exclue humiliée et marginalisée, C’est pourquoi nous pensons qu’ils ont un rôle important à jouer aux côtés des autres partis politiques mauritaniens, pour ramener la paix, la réconciliation et le progrès pour notre pays, notre Mauritanie digne de tous. Ensemble et différents. Il y a quelques années lorsque nous avons crée notre site internet, nous avons dédié une page web à ce mouvement, comme nous l’avons fait pour d’autres.
Enfin, nous nous battons pour la même cause et nous appartenons au même camp.
Quant aux clichés réducteurs du genre “extrémistes” et autres qui ont servi à la propagande mensongère du régime et de certains milieux, ils avaient déjà commencé à s’effriter pour disparaître définitivement chez beaucoup, après la publication du mémorandum des FLAM. Les efforts consentis en matière de communication ont permis de démystifier la réalité.
Quel jugement portez-vous sur les tentations de « collaboration » d’une certaine opposition mauritanienne avec le pouvoir de Taya?
DOGUI: Nous avons pour principe de respecter le choix des autres, même si nous le partageons pas. Nous refusons d’insulter l’histoire et nous demandons aux autres de ne pas insulter le présent et l’avenir. Pour nous la ligne de démarcation était et sera toujours entre le camp du progrès de la liberté et de la justice, et le camp de la réaction de l’opportunisme et de l’injustice.
Dialoguer avec le régime de Ould Taya est une aventure porteuse de tous les périls. A-t-on oublié que ce même régime est responsable de tueries de ses propres citoyens, de déportations honteuses, de la persistance de l’esclavage et de pillage des richesses de ce pays?
Négocier avec ce régime c’est bafouer la mémoire des victimes et légitimer la barbarie. Plus grave, c’est donner à ce régime une légitimité qu’il n’a jamais eu et qu’il n’aura jamais.
Quand on a comme interlocuteur une véritable machine à produire du vent, de l’absurde et du faux on ne peut récolter que la désillusion et les mirages.
Quelle devrait-être la stratégie de l’opposition radicale compte tenu du contexte évoqué plus haut?
DOGUI: L’opposition radicale doit se préparer à l’affrontement et à la confrontation ouverte avec ce régime. Pour cela elle doit travailler à mobiliser les populations à la désobéissance civile non-violente, celle qui a eu raison des dictateurs de la trempe de Ould Taya ( Misolevic et le Général Guei). Parallèlement elle doit continuer le travail de dénonciation à l’extérieur en vue de couper les derniers soutiens dont bénéficie ce dictateur.
En agissant ainsi l’opposition pourra isoler ce criminel et créer les conditions nécessaires pour précipiter sa chute.
L’unité d’action des composantes de l’opposition radicale devrait-elle à votre avis déboucher sur une alliance structurelle?
DOGUI: Nous pensons que la création d’une structure sous forme d’alliance ou de pôle des forces progressistes est nécessaire pour, d’une part rendre plus efficace tous les actions et d’autre part faire échec à toutes les manœuvres du pouvoir. Le but recherché est de se retrouver ensemble pour faire triompher l’idéal collectif, tout en gardant chacun son identité et ses convictions politiques pour le grand bien du pluralisme.
Depuis quelques temps nous assistons à un discours “réformiste” sur la question nationale et qui tente à minimiser le caractère ethno-raciste du système et le problème de l´esclavage dans notre pays que pensez vous de ces deux problèmes ? sont-ils des réalités aujourd´hui en Mauritanie ou des “simples fond de commerce d´une certaine opposition en perte de thèmes de campagne ” comme disent les partisans du Système ?
DOGUI: Tout changement qui n’apporte pas des solutions radicales aux problèmes majeurs qui minent notre pays, à savoir le racisme et l’esclavage n’est pas un changement !
En Mauritanie, le vrai débat sur le changement est là. Maintenant que l’on soit d’accord ou pas c’est une toute autre affaire. Chacun juge selon ses affinités, ses convictions quand il en a ou selon ses intérêts. Seulement voilà la politique politicienne, elle, se poursuit sous nos yeux, indifférente aux appels, sourde au débat, fixée uniquement sur ses ridicules réflexes et ses petits calculs.
Ceci dit et afin de donner un sens et une véritable chance de réussite à l’idée de changement, des démocrates sincères ont déjà engagé ce débat, il s’agit maintenant de lui assurer la mobilisation dont il a besoin : la participation de tous.
Que vous inspire aujourd´hui la situation des déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali.
DOGUI: Une profonde indignation devant cette conspiration du silence qui tente de banaliser l’intolérable, de cacher l’immonde et d’installer l’oubli et l’indifférence. Un régime qui dépossède, humilie et déporte ses propres citoyens commet la plus haute abomination contre l’Homme, la pire et la plus irréversible des atteintes aux Droits de l’Homme. Nous continuerons à lutter pour leur retour dans la dignité. Tout comme nous continuerons à lutter pour traduire le sinistre criminel Ould Taya devant la justice afin qu’il serve de leçon aux apprentis barbares. Une lutte pour les droits de la vie, le droit à la vie digne de tous. Ensembles et différents.
Avez-vous un dernier mot à dire à nos compatriotes et à nos militants?
DOGUI: j’aimerais exprimer ici toute ma solidarité, ainsi que celle de mes compagnons de lutte, avec nos soeurs et nos frères des FLAM, ainsi que tous les démocrates sincères, les militants des Droits de l’Homme en Mauritanie (AMDH, SOS-ESCLAVES…), les journalistes, les syndicalistes qui mènent, chacun à sa manière, la lutte pour l’intérêt suprême de ce pays que nous aimons tant.
Je vous remercie.
La lutte continue.
Propos recueillis par K. Touré et A. Thiongane
www.flamnet.info
Archives FLAMNET : 08 novembre 2000.
29° anniversaire des FLAM : la section Flam/Europe de L’ouest rend hommage aux femmes
Dans le cadre de la célébration du 29 ° anniversaire des FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie) et de la journée internationale de la femme, la section FLAM / Europe de l’Ouest a organisé une journée, le 8 Mars 2012, d’ « hommage aux combattantes et militantes de la cause qui ont accompagné le mouvement de sa naissance à nos jours ». C’est par un hommage appuyé aux femmes que les FLAM section Europe de l’Ouest ont voulu commémorer et rendre hommage aux femmes du mouvement et à toutes les combattantes pour les droits de l’Homme.
En mettant les femmes au coeur de ce 29° annversaire, les participants souhaitaient retracer et commémorer l’implication des femmes dans le mouvement.
Habsa Banor Sall, membre du Conseil National et membre fondatrice des FLAM, a rendu un hommage émouvant aux veuves, rappelant leur situation et faisant un parallèle entre leur vécu et celui des « Mères de la Place de Mai en Argentine qui campaient devant la Casa Rosada », rappelant que les veuves des disparus des années de purge , à l’instar des femmes argentines, n’étaient pas préparées à ce qui leur est arrivé, qu’elles ont découvert la lutte pour la reconnaissance de leurs morts et disparus. Habsa Banor Sall est revenue sur le parcours du combattant qui fut, et qui demeure le leur : sit in devant les ministères pour exiger des droits de visite, manifestations devant les prisons, interpellations des différents pouvoirs, demande de réponses.
La membre du Conseil National a, par ailleurs, rendu un hommage appuyé à « une des figures emblématique et grande militante des droits de l’homme dans son combat contre les injustices de tout bords », Maître Fatimata M’Baye ainsi qu’à d’autres femmes anonymes ou pas, telles que la veuve de Tène Youssouf Guèye, Fama Diop femme d’Abdoulaye Sarr, Aminetou mint el Mokhtar, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Kadiata Malick Diallo, député, saluant l’engagement politique de ces femmes…
Habsa Banor Sall a aussi profité de cette journée d’hommage aux femmes pour regretter le fossé qui existe entre les discours en faveur de l’implication des femmes et les réalités socio culturelles qui bloquent encore l’accès des femmes à de plus grandes responsabilités, appellant à un changement des mentalités.
Ce fut au tour d’Yvette Adam, militante des Droits de l’Homme, de parler de ses séjours et rencontres avec les femmes et les hommes des camps de réfugiés au Sénégal et au Mali, racontant la précarité de leurs vies de réfugiés, l’exil, la douleur, la recherche de la justice, la dignité des femmes, les mauvaises conditions sanitaires prévalant dans les camps en rapportant des souvenirs d’opérations, par exemple, pratiqués sans anesthésies par manque de moyens….
«Effacer les traces de la prison d’Inal est une façon d’effacer la mémoire collective » :Ce 29 ème anniversaire des Flam fut aussi l’occasion de revenir sur le « pélerinage » d’Inal.
Mariem Kane, Présidente de l’Assocaition des Mauritaniens du Fleuve,au cours de son compte rendu de ce pélerinage vers le mouroir d’Inal,est revenue sur les nombreuses tracasseries que les « pélerins » ont rencontré de la part des forces de police et autres administrations. Et s’est interrogée sur l’absence, lors de ce voyage vers Inal, de nombreux déportés.Elle a aussi rendu hommage à Diarry Toumbo et aux veuves des « pendus d’Inal », rappellant que les autorités, en voulant « effacer les traces de la prison D’Inal » ont tenté « d’effacer la mémoire collective », le souvenir des morts.
« Nous ne sommes pas un mouvement ethno sectaire »
Le Secrétaire général des FLAM section France, Cheikh Dieng,a rappellé, pour sa part, le parcours des femmes dans le combat au sein du mouvement, femmes qui furent, du jour au lendemain, propulsées chefs de famille suite à l’absence des maris. Il a souligné l’importance des combats des femmes et le devoir de commémoration de leur travail et lutte.
Ibrahima Abou Sall, historien, a retracé l’histoire des FLAM, la naissance du mouvement de resistance dans la nuit du 13 au 14 Mars 1983 dans une maison proche du camp de la Garde à la Médina R, et soulignant les débuts de la lutte des FLAM, la création des symboles. Balayant les critiques sur les accusations d’être un mouvement « ethno sectaire », Cheikh Dieng, a expliqué que les couleurs du drapeau sont le noir et le blanc, à l’image des composantes mauritaniennes, que la couleur jaune indique les métis et que le vert symbolise le Sud du pays au travers de sa verdure.
La journée d’hommage aux femmes s’est terminée par un échange entre les intervenants et l’auditoire.
Thierno Diallo- Kassataya
Déclaration du TPMN sur le discours du Général-président à Nouadhibou
TPMN a suivi avec beaucoup d’intérêt la sortie folklorique à la Dadis Camara du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz lors de son meeting à Nouadhibou. Sans nous attarder sur le contenu, peu orthodoxe pour un Chef d’Etat, du discours qui passe à côté des préoccupations des Mauritaniens , TPMN relève, néanmoins, une digression se rapportant au passif humanitaire lancée sous le sceau de la passion à travers une allusion à l’adresse de ceux qu’ il accuse d’avoir orchestré, ordonné ou commis des crimes de sang à une très large échelle contre la composante négro-mauritanienne de la population du pays. Les criminels en question ne sont autres que les génocidaires des années 80- 90. Les auteurs de ces atrocités sont, du reste, connus de tous. Et pour rafraîchir les souvenirs de Aziz, ces « présumés » criminels sont encore et toujours assez actifs dans l’appareil sécuritaro-militaire et administratif en Mauritanie.
Sans avoir le courage de les nommer ou de dévoiler les secrets officiels de la plus cruelle des manipulations chauvines des instigateurs, ni celui d’ordonner que soit diligentée une nouvelle enquête impartiale et objective sur ces faits graves, Monsieur Ould Abdel Aziz s’est empressé, comme d’habitude, de se targuer d’avoir essayé (maladroitement d’ailleurs) de solder la question du passif humanitaire par une prière de l’absent organisée à Kaedi, un discours de pardon et des indemnisations plus humiliantes encore que symboliques, accordées, sur des bases sélectives et souvent clientélistes, aux ayant droits des victimes. Comme d’habitude aussi, il passe sous le silence de sa déconcertante passion incontrôlée, le drame de centaines de civils qui ont perdu la vie, souffert le martyr et subi l’humiliation lors des évènements de 1989 dont la solution amorcée par le Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été sabotée et vidée de toute sa substance, à l’image de la précarité que vivent les rapatriés et les blocages systématiques cautionnés par le Chef de l’Etat en personne contre la réintégration des fonctionnaires victimes de la déportation.
Dans ses déclaration à Nouadhibou, le Général Aziz a pointé un doigt accusateur sur des hommes politiques et des anciens officiers supérieurs, tous engagés dans les rangs de son opposition, les présentant comme présumés auteurs des crimes qu’il évoque avec le cynisme d’un crocodile acculé. Le président aurait pu aller jusqu’au bout d’une logique éclairée sur cette question. Il pouvait, par exemple, pour prouver sa sincérité, décider de l’abrogation immédiate de la scélérate et caduque loi d’amnistie de 1993, exprimer clairement sa volonté de traduire les auteurs de ces crimes ignobles en justice sur la base des conclusions d’une commission d’enquête indépendante et consensuelle à créer avec charge d’élucider les crimes commis durant cette période.
Au lieu de cela, Mohamed Ould Abdel Aziz a juste voulu se servir de cette question comme un épouvantail politique pour intimider d’anciens dignitaires du système Taya (dont il fait lui-même partie) devenus gênants pour la poursuite de son catastrophique règne. En réalité, Aziz ne reproche à ces personnes -qu’il connaît très bien avant leur actuel positionnement- que d’avoir tout simplement osé mettre en cause la légitimité de son pouvoir. S’il est vrai qu’Aziz est blanc comme neige dans les faits évoqués, alors qu’il était dans le commandement militaire au moment des faits, pourquoi s’oppose-t-il à un règlement juridique du passif humanitaire comme le réclament tous les Mauritaniens, les familles des victimes et les organisations des droits humains en premiers?
Le mouvement TPMN note une fois de plus le manque de cohérence et d’objectivité dans les déclarations du Président Mohamed Ould Abdel Aziz sur toutes les questions touchant à la consolidation de l’unité nationale par la résolution pacifique, mais juste, du lourd passif des années de braise et la correction des insupportables dysfonctionnements dans la représentation des communautés noires du pays dans les centres de décision et la reconnaissance pleine et entière du droit de leurs originaires à l’égalité des chances et à leur expression culturelle libre. Des propos tels que ceux tenus à Nouadhibou ne feront qu’accentuer les souffrances des familles des victimes et heurter la conscience des justes de Mauritanie, des veuves et des orphelins sur cette page douloureuse de notre histoire.
TPMN exprime son indignation profonde et sa ferme condamnation pour ce manque de considération de la part d’un homme qui continue de n’afficher que mépris et dédain face aux revendications légitimes de la communauté négro-mauritanienne, se contentant de détourner les questions fondamentales et prioritaires au profit de mesurettes superficielles et ridicules.
Enfin, TPMN s’insurge contre la mesquine instrumentalisation politicienne des souffrances des victimes de ces lourdes violations des droits de l’homme comme en dénote le malencontreux discours de Nouadhibou et exige un règlement concerté, global, juste et définitif de tout le passif humanitaire des années 86-91.
Fait à Nouakchott, le 18 -3-2012
Nous venons d´apprendre avec une grande tristesse le décès de notre compatriote, ami et camarade Mohamed Ould DOGUI, membre-fondateur du FAAS (Front arabo-africain du salut), un des pionniers de la lutte électronique en Mauritanie pendant les années de braise sous Ould Taya, un opposant acharné au Système, un homme du refus et militant infatigable des droits humains.



