Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: November 2011

Communiqué de presse IRA : COMITÉ PRÉPARATIF DES JOURNÉES DE SOUVENIR AUX MARTYRS D’INAL

altDans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, les visées génocidaires du régime du Colonel Maouya Ould Sid’Ahmed TAYA atteignirent leur paroxysme avec la pendaison de 28 militaires négro- mauritaniens dans la base militaire d’Inal, sous le prétexte odieux de la célébration du 30ième anniversaire de l’accession de la Mauritanie à l’indépendance.

Et pourtant, six ans après la chute du Colonel Ould TAYA la question de la tentative de génocide reste toujours en suspens, ne trouvant point un quelconque règlement juste et définitif. Loin s’en faut ! Tous les régimes qui se sont succédé se sont évertués à assurer l’impunité aux auteurs de crimes racistes et à occulter les devoirs impérieux de vérité, de justice, de mémoire et de réparation.

C’est dans ce contexte particulier, que des organisations mauritaniennes de défense de Droits Humains et politiques, mues par un élan de solidarité avec les victimes et ayant-droits, a décidé d’organiser des journées de souvenir aux martyrs d’Inal qui seront couronnées par une visite commémorative à Inal les 27 et 28 novembre 2011.

Dès son annonce, l’initiative a reçu un soutien rapide et actif de nombreuses organisations mauritaniennes et internationales de Droits humains mais aussi de partis politiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Le Comité tiendra le 16 novembre une réunion élargie pour décider des derniers cadrages techniques et il informe qu’il reste encore ouvert à toute demande de participation à la commémoration.

Liste des Organisations membres du Comités ou de ses démembrements.

Comité Inal Mauritanie (Nouakchott)

SOS-Esclaves

Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie)

Le Parti Alliance pour la Démocratie en Mauritanie (ADEMA)

Le Parti pour la Liberté, l’Egalité et la Justice en Mauritanie (PLEJ)

Coordination Collectif des Victime de la Répression (COVIRE)

Collectif des Rescapés Militaires (COREMI)

KAWTAL e Jellitaare

Le Parti Union des Forces Sociales de Mauritanie (UFSM)

Conscience citoyenne

Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM)

Réseau des Victimes des Evènements de 89/91 (Rêve 89/91)

Association mauritanienne des Femmes Chefs de Familles (AFCF)

Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme (LMDH)

Observatoire pour le Dialogue de la Jeunesse Mauritanienne pour l’Elimination des Disparités Sociale

Associations des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires

Collectif des Veuves

Association d’aides aux Veuves et aux Orphelins de Mauritanie (AVOMM)

Comité Inal France

AFMAF (Association des Femmes Mauritaniennes du Fleuve)

AHME (Association des Haratines de Mauritanie en Europe)

CAMME (Coordination des Anciens Militaires Mauritaniens en Exil)

IRA-France (Initiative de Résurgence du Mouvement abolitionniste en France)

MAPROM (Mouvement Autonome pour le progrès en Mauritanie)

OCVIDH (Organisation Contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie)

PLEJ (Parti pour la Liberté, L’égalité et la Justice en Mauritanie)

Comité Inal Sénégal

Mouvement des Réfugiés mauritaniens au Sénégal Pour la Défense des droits de l’Homme

SOS-Enfants déportés

Coordination des Associations et Collectifs des Réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali

Fait à Nouakchott, le 12 novembre 2011

Le Secrétariat à la Communication

E-MAIL: oubeidimijine@gmail.com

 

 

RIM-Sénégal : Retour sur les événements de 89

altALAKHBAR (Noukchott)-«C’est quoi (les événements de 89)? Un incident presque banal entre des bergers et des cultivateurs, des bergers venant de Mauritanie et des cultivateurs étant des Sénégalais. Et sur la base de cet incident le ton a monté, les affrontements ont eu lieu, la situation s’est dégradée, a dit Ibrahima Fall candidat déclaré à la présidentielle sénégalaise de 2012. Ibrahima Fall , ministre sénégalais des affaires étrangères sous Abdou Diouf, au moment des «événements douloureux entre le Sénégal et la Mauritanie», était interviewé par le quotidien sénégalais, Le Populaire. Pour lui, «le point d’achoppement, c’est où se trouve la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal. Le Sénégal se fondant sur la délimitation coloniale qui place la frontière sur la rive droite du fleuve Sénégal défendant la position selon laquelle le fleuve appartenait au Sénégal, la Mauritanie se fondant sur d’autres considérations estimait que la frontière se trouvait au milieu du fleuve Sénégal».

Le candidat a rappelé «j’ai reçu un mandat de m’impliquer dans la recherche de solutions. J’ai dirigé la délégation sénégalaise qui a rencontré la délégation mauritanienne conduite par le ministre de l’Intérieur, à Bamako où nous avons négocié. Nous avons effectué plusieurs négociations».

En outre, Ibrahima Fall dit avoir « vécu douloureusement cette affaire pour trois raisons. Un parce que je suis convaincu qu’une frontière constituée par un fleuve dans une région sahélienne où le principal problème est où trouver de l’eau, doit unir plutôt que séparer. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que ce fleuve a servi pour créer l’Omvs. Deux, je considérais historiquement que les peuples sénégalais et mauritaniens avaient partagé tant de choses que tout devait être fait pour fructifier les relations et non remettre en cause ces relations. Trois, je suis panafricaniste et que je considère les frontières héritées de notre colonisation doivent être dépassées pour construire l’unité africaine».

IRA: Une “défection suscitée” par O.Hadi a mal tourné

altALAKHBAR (Nouakchott) – Un militant de l’IRA a reconnu, ce dimanche, avoir été sollicité par le général Ould Hadi pour faire défection de l’IRA. Et à la grande surprise des journalistes, le concerné a déchiré le discours que lui aurait remis le général. Lehbouss Ould Oumar, un militant d’IRA, qui a invité la presse pour annoncer sa défection du mouvement antiesclavagiste IRA-Mauritanien, a fait la surprise. Devant les journalistes, invités à l’occasion à l’hôtel El Khater, il a déchiré le discours qui lui aurait été remis, dit-il, par les srvices de Ould Hadi. Il m’a été demandé d’annoncer que je ne suis plus convaincu de ma lutte contre l’esclavage, d’insulter Biram et compagnie. En contrepartie, j’aurai droit à une somme d’argent considérable et à l’autorisation d’une ONG. Mais j’ai décidé autrement” a-t-il indiqué. Et Lehbouss Ould Oumar de préciser: “Je ne troque pas mes principes ni trahir mes compagnons” en déchirant une banderole “dénonçant le discours extrémiste” affichée à l’occasion. “Je suis le fils d’une femme esclave qui a été vendue à Boutilimit. Je paie toujours pour ce drame. Je ne peux donc pas vendre, à mon tour, des esclaves” a-t-il affirmé. “Vous savez que je suis pauvre et j’habite dans la Gazra. Comment peux-je louer cette salle (hôtel Khater), si ce n’était pas les moyens de l’Etat qui tente de diviser les abolitionnistes” s’est-il moqué.

Grande mobilisation du mouvement “Touche pas à ma nationalité à Kaëdi: l´intégralité du discours du meeting du 12`novembre 2011 à Kaëdi

altQuand l’essentiel est en danger, s’engager est un devoir. C’est la raison pour laquelle nous voilà réunis ici à nouveau pour mettre l’accent sur la situation d’un pays à deux vitesses. En effet, nous devons d’emblée préciser que nous ne sommes pas là pour quémander quoi que ce soit, mais pour défendre notre droit légitime à une identité, droit qui ne peut être matérialisé que par le respect de notre droit à la nationalité.

L’essentiel pour nous est donc menacé car un peuple sans identité est un peuple voué à la perdition et c’est ce que nous sommes venus défendre aujourd’hui. La nationalité fait donc partie intégrante de l’identité de chaque être humain, dès lors, nous nous engagerons à défendre la nôtre corps et âme. 

En effet, dans un pays marqué par une hétérogénéité ethnique et linguistique, le respect de la diversité culturelle est une question incontournable. D’autant plus que les possibilités de développement humain viable sont en butte au manque de tolérance et de compréhension interculturelle, fondements de la paix.

 Mais l’opération d’enrôlement qui est en cours et maintes fois dénoncée pour ses dérives à caractère raciale, ne semble pas prêter attention à cet état de fait. Ainsi un climat délétère sur fond de méfiance s’est installé au risque de réveiller les antagonismes intercommunautaires au moment où tous les pays du monde cherchent à consolider leur tissu social.

 C’est dans cet esprit que s’inscrit le mouvement Touche pas a ma nationalité qui, dès le départ avait exprimé ses craintes vis-à-vis altde cette opération d’enrôlement des populations. Le mystère qui a entouré la création de la commission chargée de superviser ce recensement ainsi que l’absence totale d’informations fiables sur les conditions à remplir pour être recensé ont réconforté notre doute. Pour nous, dans un pays multiculturel, toute commission qui ne prendrait pas en compte ce facteur serait de nature à envenimer les tensions.

La composition des différentes commissions (nationale et départementale) en est une parfaite illustration. Le comportement zélé de certains agents, le rejet systématique de beaucoup de noirs et les questions humiliantes, c’est l’amer constat que l’on peu souligner. Nous disons simplement que nous n’acceptons pas un recensement qui tendrait à asseoir l’hégémonie d’un peuple sur un autre en jouant sur des appellations pour diviser les uns et phagocyter les autres afin de maintenir une pseudo supériorité numérique. A cet effet, nous réaffirmons notre attachement à cette terre, terre de nos ancêtres (l’histoire en est témoin) et que nous n’avons jamais douté et nous ne douterons jamais de notre nationalité mauritanienne.

Ceci étant, le mouvement touche pas à ma nationalité, mouvement pacifique, épris de justice et considérant les droits de l’homme comme étant la valeur suprême, entend dénoncer désormais toute violation observée. Même si la constitution mauritanienne dispose que « … La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale, l’égalité devant la loi… »,

 altLa réalité est toute autre. Les choix politiques opérés par les régimes qui se sont succédé, étaient peu enclins à respecter les droits de l’homme d’une manière générale et celui des groupes non dominants en particulier. La situation n’a guère changé avec le nouveau régime. Cette politique a accentué les clivages ethniques, les tensions sociales et conduit à de violations massives des droits humains. Nous exprimons aussi notre préoccupation sur les questions suivantes :

 – Le passif humanitaire qui reste une question pendante de l’unité nationale et restée jusque là sans solution véritable ;

 – L’absence d’une réelle volonté politique pour en finir avec l’esclavage ;

 – Le partage inéquitable du pouvoir, car nous assistons à l’accaparement de tous les leviers du pouvoir par une seule communauté ;

 

– L’inégale répartition des richesses, et l’inégalité des chances ;

 

-Le fonctionnement de l’Armée Nationale et des Forces de sécurité qui sont devenues des institutions réservées exclusivement à une seule communauté

 

– La spoliation de nos terres de la vallée

 

– Le fait que nos langues soient reléguées au second plan

 

-Le comportement méprisant et attitudes avilissantes des autorités administratives locales, des chefs de services déconcentrés envers les usagers du service public ; 

-Nous dénonçons le peu d’intérêt accordé aux secteurs de l’éducation et à la santé dans nos régions. Secteurs qui constituent la clé de voute de notre développement ;

 

– Le comportement de la SOMELEC, de la SNDE sont aussi à déplorer et les citoyens ne savent plus à quel sain se vouer ;

 

– Nous mettons l’accent aussi sur notre préoccupation quant à la mauvaise gestion des PPG I & II ainsi que des gazras tout autour de la ville de Kaédi dont les parcelles de terrain ont été distribuées dans la plus grande opacité ;

 

– Nous déplorons ce qui constitue pour nous un problème de santé publique, c’est celui de l’insalubrité de la ville de Kaédi.

altL’énumération n’en sera jamais exhaustive car nous nous considérons encore au point de départ. Nous en tirons la malheureuse conclusion que les noirs sont marginalisés et font l’objet d’une discrimination quasi quotidienne.

Pour finir nous appelons tous nos frères à l’unité car elle est notre seule force et nous avons eu la chance de le démontrer. Tant que nous sommes unis, nous pourrons « déplacer des montagnes » et nos revendications porteront leurs fruits. Nous devons refuser les forces rétrogrades et éviter de travailler en ordre dispersé. Nous sommes UN et indivisible, c’est le message que tout le monde doit entendre.

La lutte continue!

 

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Flamnet-Agora : Enrôlement des populations : les dessous de l’opération par Bara Ba(Suite et fin )

altDans cette deuxième partie je voudrais examiner, avec vous chers lecteurs, cette opération, plus en profondeur, en en montrant les aspects absurdes voire irrationnels, en même temps que les soubassements véritables!

Rappelons, pour commencer, que cet enrôlement est basé, comme nous le  constatons,  principalement sur l’acte de naissance (de l’ascendant) -pièce maîtresse de tout le montage ! C’est-à-dire  que  lorsque vous êtes agé de 44 , 45 ans, vous êtes tenu de présenter le certificat de naissance d’un de vos ascendants, à défaut, son certificat de décès!

Dans le cas d’un père décédé, le requérant devra obtenir du  cadi, du juge , ou du médecin, un certificat de décès; notez le ridicule : un  juge vous établira, contre une taxe de 10.000um,  un certificat de décès  pour un défunt qui n’a jamais été  enregistré nulle part, puisqu’il  n’existe pas de registres de décès !

Où est  la  fiabilité d’un  fichier qu’on prétend vouloir assainir, si à a chaque fois que quelqu’un  décroche un certificat de décès il  est assuré d’être enrôlé ?

 

-Autre aspect, non moins absurde, dans  la conception de cette opération : 

Vous êtes âgé de 44 ou 45 ans , et l’on vous demande de fournir un acte de naissance de votre père censé être âgé, au moins  de 65 ans ( si l’on considère 20 ans comme  différence minimale entre  père et  fils ), dans une  Mauritanie, qui n’existe,  officiellement, que depuis 1960 !  N’est-ce pas incohérent  ?… à moins de chercher à rendre  la vie  impossible à certains, pour les besoins  d’un alibi  que requiert l’application d’un plan secret !

 

Mais si  c’est à la Mauritanie de 1904  que  l’ on se réfère  et non  à la Mauritanie post-indépendance , alors,  il n’y avait qu’à revenir  aux  registres des impôts établis par le colon  dans les années 40-50 , si tant est qu’on  tient, vraiment, à remonter aux ascendants ! A condition bien entendu que les archives n’aient pas été encore détruites par l’administration arabo-berbère , à son habitude, comme  pour effacer toute trace du passé dans le Sud !

 

-Poursuivons :

 Il n’échappe à personne que  nous, mauritaniens, n’avons pas encore  intégré  la  pratique du recours à l’acte de naissance, dès que le bébé naissait  .

En 1960 , et jusque dans les années 70, personne ne semblait  en  éprouver le besoin ;  c’était le cadet de nos soucis !  A à nos jours , combien de bébés naissaient et grandissaient sans papiers , dans nos campagnes, dans nos villes et à leur périphérie ? S’il en est ainsi, à l’heure actuelle , que dire , à fortiori, de la génération de la soixantaine , essentiellement concernée , puisqu’étant choisie comme base de départ dans cette fameuse opération  d’enrôlement ?

 

Les Bidhaans, nomades, et les Peulhs, nomades,  en  majorité , ne possèdent toujours pas d’actes de naissance! chez  les Haratines,  c’est encore pire, car  dans leurs adwabas on ne connaît ni certificat de mariage, ni acte de naissance. Ils sont comptés comme des « biens » de la tribu, pris en charge par le chef tribal.

 

Bref nos populations étaient et demeurent, dans leur écrasante majorité,  dépourvues  de pièces d’état civil , même en milieu sédentaire . La minorité  qui   sollicitait  la  pièce d’acte de naissance  auprès  de l’Administration  le faisait, généralement,  en cas  de  projet de  voyage ;  lorsqu’on était  candidat à l’immigration lointaine.

La pratique du recours à l’établissement de l’acte de naissance ne s’est  généralisée,  qu’avec la catégorie des fonctionnaires de l’Etat et des  ouvriers , pour des  besoins  administratifs ;  pour des allocations familiales. L´acte de naissance était  également   établi dans les centres urbains ou dans les gros bourgs pour l’enfant qu’on s’apprêtait à inscrire à l’école, ou pour l’élève, à la veille des  examens ou concours  à passer , en fin du cycle primaire.

Comme on le voit  donc, la pratique d’établissement de  l’acte de naissance n’est pas entrée  dans les mœurs et traditions des  mauritaniens.

 

Concernant  l’acte de décès il reste complètement  méconnu, à nos jours, jusque dans  le milieu  urbain  ; seules  les veuves de fonctionnaires y recourent pour constituer des dossiers administratifs, afin de percevoir  la pension de leurs maris défunts  . Pour tous les autres cas, quand le conjoint décédait  “il était  parti , c’est tout  …rappelé à Dieu”! Dans  ce pays  , ne l’oublions pas ,  face à la mort  la mentalité  reposait et repose encore , largement,  sur  la formule  que «  Dieu avait crée … il a repris  » !

 

Comment,  dès lors,  avec une telle  mentalité  et face à une telle réalité , se réveiller un beau matin , et  baser un recensement , aussi important  que celui des  populations,  sur des critères aussi évanescents, voire inexistants  ?  Comment exiger la présentation d’une pièce administrative à  une population qui n’en possédait  pas, au moins  pour  les trois quarts (¾ )  ?  

Le gouvernement, à travers ses commissions, demandait des papiers qu’il était assuré, par avance, de  ne pouvoir  obtenir d’une  population qui ne pouvait les lui fournir , puisqu’elle n’en possédait pas !!!

Tous ces Bidhaans de la ‘’Badya’’, tous ces Peulh nomades  et  tous ces Haratines des adwabas, seraient laissés en rade, soit  les ¾ de la population  exclus, si ce critère était appliqué !

 

Quelle était donc  la logique, derrière cette démarche , qui ne menait nulle part  ?

 

La seule logique cohérente qui , à mon sens , s’offrait à l’esprit est celle-ci : tout ce à quoi nous assistons était une mise en scène destinée à noyer le poisson ;  un prétexte !

 La réalité  est que ce critère (présentation exigée de l’acte de naissance de l’ascendant  )  ne sera pas appliqué à tout le monde ; l’application se fera sélectivement,  et ne concernera que  les indésirables, c’est-à-dire les Négro -africains, et les Haratines  insoumis !

Car ceux qui gèrent et contrôlent ces commissions , en amont et en aval , sont ceux- là mêmes qui contrôlent l’office des statistiques ,  interdit d’accès ! Dans le secret de leurs bureaux  ils  auront les coudées franches pour retenir ou gommer  qui  ils voudront  !

Ce projet est mis en œuvre, en vérité ,  parce que la marche inexorable du pays vers la démocratie  fait resurgir la peur ;  peur de voir  le  pouvoir changer de mains ; d’où la nécessité de  prendre  des dispositions , – entre autre cet enrôlement- , pour prévenir cette  inquiétante  perspective  .

Voilà   pourquoi  cet enrôlement a été conçu.

Voilà pourquoi  il ne pouvait être que de  nature , foncièrement, discriminatoire et raciste !

Voilà qui justifie  que  dans une  Mauritanie qui  se définit comme un pays multi-culturel et pluri-ethnique, des agents recenseurs interrogeaient Negro africains ( Pulaars Soninkés ,Wolofs ) en arabe ! comme si parler arabe  constitue  le critère  essentiel  pour déterminer la  mauritanité !   on   rejetait ces populations , on doutait de leur mauritanité, parce qu’elles  ne parlaient  pas cette langue ? combien d’arabo-berbères parlaient pulaar ou soninké?

Ces  agents  s’amusaient , en outre ,  à exiger des Négro-africains  la récitation d’une sourate , comme pour tester leur foi ,  alors que le rapport de Dieu avec chacun  est   d’ordre strictement privé, personnel  !

Cette attitude de mépris des agents recenseurs vient s’ajouter à une autre , devenue habituelle, qui s’exerce pendant les contrôles routiers opérés au faciès , au cours desquels seuls les Negro -africains sont sommés de présenter la pièce d’identité  au gendarme !

Votre  mauritanité est affichée au visage ,  suivant que vous serez  Blanc ou Noir !

Autre pratique  vexatoire de ces mêmes commissions : obliger les villageois à se rendre  au chef-lieu de préfecture ou de région pour se faire enrôler ; La moitié ne s’y rend pas , faute de moyens  pour transporter des familles nombreuses . L’autre moitié qui s’y rend finit , lassée  après des semaines voire des mois d’attente , par repartir  pour ne plus revenir , profondément  déçue ! Même situation pour les réfugiés , complètement démunis , auxquels il est demandé de se prendre en charge, pour se transporter avec  leurs familles, vers les centres urbains .

L’objectif du gouvernement arabo-berbère, à travers ces conditions contraignantes,  est , manifestement , de susciter un découragement généralisé, qui amènera la moitié de la population Négro-africaine  à renoncer à l’enrôlement !

Si parler  aux gens une langue qu’ils ne comprennent pas , ou tester leur foi  passe  encore , en dépit du caractère provocateur,  ce qui est  inacceptable et qu’on ne peut laisser passer , c’est la composition de  ces commissions, qui montre  à quel point le régime du Président Ould Abdel Aziz est un régime raciste . Plus  que ces comportements vexatoires  il y’a , par-dessus tout ,  cette façon   inacceptable, de constituer ces commissions , composées et dirigées par la seule composante arabo-berbère . La  commission centrale de supervision , composée de 13 membres compte  un seul Negro -africain et un seul Haratine ;  la  centaine de commissions régionales, composées essentiellement par des Arabo-berbères  restent  dirigées  par eux !

  Le Système d’Apartheid n’aurait pas fait  mieux  !

S’il est admis que la Mauritanie est un pays bi-racial ,  pluri-ethnique et multi-culturel , dont tous les fils sont , dit-on , égaux en droits et en devoirs ,  au nom de quelle logique ,  une composante nationale  s’arrogerait –elle, toute seule , le droit et le  privilège de décompter les autres ?

D’aucuns nous parlent de déficit de  communication de la part du gouvernement , comme pour mettre de l’eau dans son  moulin, mais ils passent sous silence que ces mêmes  commissions refusent  de  s’entourer  d’interprètes  pour, justement,  communiquer avec ces populations !

Sur  ce  point précis portant sur le déséquilibre , il n’y a rien n’à communiquer !-  rien qui puisse  le rendre tolérable   ! La seule communication qu’il faille  sur ce point là  est sa correction  ou sa suppression pure et simple !

 

Voilà le  point, nodal,  sur lequel  le Mouvement MTPN devra mettre l’accent , en  exigeant  la restructuration  ou  la recomposition, équilibrée,  de ces  commissions !

 

On nous parle aussi d’améliorations apportées  !  mais quel sens ou quelle portée  leur donner tant que ce  déséquilibre ou cette anomalie majeure  persiste ?

 

Et pas géné, outre mesure, par ces iniquités  et toutes ces   provocations, voilà que  le directeur de l’agence chargé de  l’enrôlement en rajoute, par cette  réponse à  une question portant, justement sur ce déséquilibre:  « moi j’ engage selon les compétences» !

Propos très graves!  

Car  c’est prétendre  que seuls les Bidhaans étaient compétents ! Que certaines races seraient supérieures à d’autres; Que la race Bidhaani  serait  supérieure à la race noire…

On croirait entendre Gobineau !

 

Dans  le camp de nos intellectuels et  hommes politiques, personne pour dénoncer, sérieusement , ces attitudes  et cette  situation de racisme flagrant , excepté les journalistes Ould Beja et Ahmed Ould Jiddou Aly  !

Et  lorsque des jeunes du MTPN , indignés , se  révoltent et  brûlent des pneus , des intellectuels arabo-berbères  de …Clermont  F  et d’ailleurs,  avec  leurs compères  , s’empressent d’appeler au calme !

 

Cet enrôlement, en conclusion,  foncièrement  raciste, a  pour pour but de fonder, légalement, le déni de citoyenneté des Noirs mauritaniens, dont le poids démographique est perçu comme une menace à la  pérennité  du  Pouvoir arabo-berbère  ! Lorsqu’il sera  terminé , si rien n’est entrepris d’ici là pour le stopper , des milliers de Négro –mauritaniens se retrouveront  apatrides, dans leur propre pays !

 

Voilà pourquoi  j’appelle les jeunes à  continuer de  résister ; voilà pourquoi  je les invite à  s’approprier  ces paroles  du célèbre penseur  américain  F  Douglass  : « there are  only  three  ways  to make changes  : «  agitate , agitate , agitate » !

Il n’y a que trois  manières pour susciter  des changements : agiter , agiter , agiter (le Système ) !

La lutte continue.

BARA  BA

Dakar –Sénégal 

Novembre 2011

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