Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: July 2013

Flamnet-rétro: Mauritanie : une démocratie raciale ou l´autre Apartheïd?

altVue de loin pour bien des gens, la Mauritanie apparait comme un pays tranquille, calme sans problème majeur, stable même aux dires de ses dirigeants. C’est une image trompeuse qui égare bien des observateurs; la Mauritanie est un pays complexe, secret, un volcan endormi, qui couve une crise interne découlant des relations d’équilibre intercommunautaire, aujourd’hui rompues. Cette perception première, trompeuse à souhait, est due au fait qu’à l’image de beaucoup de pays africains depuis le discours de la Baule, la Mauritanie, elle aussi, dispose de sa ” démocratie”. Avec une constitution (sur mesure ) des partis politiques qui foisonnent, une presse écrite  dite “indépendante” mais je préfére dire “presse privée” et de temps à autres un simulacre de compétition éléctorale, pour completer le tableau; c’est bien là des attributs, pour qui n’est pas averti, d’une parfaite démocratie, et l’on se croirait dans un pays où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nos plaintes et nos réserves à l’endroit de notre”démocratie” mauritanienne ne seraient pas alors comprises. Et pourtant ! La Mauritanie recouvre une toute autre réalité, dissimule une face cachée de démocratie raciale ! Telle est la réalité que bien des gens ne comprennent pas. Et pour le faire comprendre il nous faut faire un détour, un long détour, remonter quelque peu le cours de l’histoire récente du pays .

Il est nécessaire de rappeler que la Mauritanie est un Etat conventionnel, artificiel, créé de toutes piéces pour les besoins du colonialisme français en 1904, je vous fais l’économie de la géopolitique de l’époque. La France par sa volonté décida donc de faire coexister dans un même espace, deux communautés, arabo-berbères et négro-africaine, deux communautés, il faut le souligner, qui s’étaient forgées chacune au cours de l’histoire dans un espace autonome, régies par des pouvoirs politiques spécifiques, indépendantes l’une de l’autre. Elles entretenaient naturellement du fait de la proximité des relations tantôt amicales, le plus souvent heurtées à cause des incessantes rezzou maures opérés, pillant et capturant la population des villages à des fins d’esclavage,( origine, entre autres, de la composante haratine actuelle).

Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées, à une déchirure profonde entre les deux communautés.
Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.

LE RACISME D’ETAT EST PARTOUT!

Cette discrimination raciale commenca d’abord feutrée, subtile, insidieuse, pour un projet qui allait devenir obsessionnel: construire une Mauritanie exclusivement arabe !
Pour ce faire, des mécanismes furent mis en oeuvre pour que l’Etat fut la”chose” des arabo-berbères; progressivement, au rythme des résistances qu’opposaient les négro-africains, ont fit de sorte que les arabo-berbères contrôlent la réalité du pouvoir politique et économique, la justice, l’éducation, l’armée.
La diplomatie ne sera pas en reste où, à l’éxtérieur, il faut afficher l’image d’une Mauritanie Arabe par la composition des délégations, le discours et les clichés culturels, où il faut gommer totalement l’autre personnalité de la Mauritanie. Evidemment pour masquer la nature discriminatoire des régimes, on va saupoudrer un peu par quelques négres de service, sans responsabilité aucune, personnalités aux genoux tremblants, figurines sans aucun pouvoir de décision!

Un des rouages essentiels de cette machine à discriminer fut l’usage qu’on fit de la langue arabe. Cette langue introduite trés tôt dans le systéme éducatif,…à des fins” d’indépendance nationale” disait le discours officiel ! Vaste superchérie qui visait en fait à cacher les motivations sordides. On lui fit jouer un rôle, non pas d’intégration, non pas d’épanouissement pour tous, mais on l’utilisa comme instrument de séléction et de discrimination dans l’emploi et l’éducation pour éliminer les Négro-africains. Les enfants négro-africains commencérent à échouer massivement. Ce fut la période où il y eut un raz-de marée sans précédent de cadis, de magistrats, d’enseignants, de centaines de jeunes sautant à pieds joints dans le système, sans aucune formation, et dont le seul critére de recrutement fut, qu’ils étaient passés par l’école coranique. Comme si passer par cette école entrainait automatiquement les compétences et les capacités requises ! Un vrai gâchis au plan national, à la base de l’impasse et de la déchéance actuelle du système éducatif.

Ce fut donc le prélude à la relève des Négro-africains, le commencement de leur marginalisation massive qui allait se poursuivre et atteindre son apogée avec l’avènement du colonel Taya .

Bien entendu, au fur et à mesure des réformes impopulaires et imposées, des réactions d’hostilité ne manquérent pas, côté Négro-africain. Les réformateurs marquaient alors un temps d’arrêt; en fins stratéges donnaient du mou à la ligne, pour laisser passer l’orage, obstinément le projet était poursuivi.

Beaucoup d’observateurs se méprenant alors sur le sens de ces crises, les présentaient, à tort, comme des crises inter-ethniques, comme si la communauté arabo-berbère et négro-africaine, se dressaient, par animosité, l’une contre l’autre. Ce ne fut jamais le cas. Ces crises étaient à l’image de ce qui se passait au Kwazulu-natal du temps de Botha. Elles étaient orchestrées par nos dirigeants à des fins politiques, qui les exploitaient alors à chaque fois et judicieusement; ils présentaient, en milieu maure, comme des menaces graves aux intérêts et acquis maures, de maniére à créer autour d’eux un consensus. Ce fut le cas pour les évènements de 1966,1987 et de 1989 pour ne citer que les plus graves et les plus douloureux.

Ce n’est pas par hasard si la déportation de 120. 000 Noirs mauritaniens au Senégal et au Mali, ne suscita que peu d’émoi du côté des intellectuels et de la classe politique beydane, oú l’on notait un silence assourdissant.
Si par ailleurs, des blancs risquerent leur vie ou se firent pendre (aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND) pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant ces terribles déportations. Seuls quelques jeunes du Mouvement des Démocrates Indépendants (MDI), allaient faire exception. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.

Pourquoi un tel silence? Le Régime du colonel président avait-il réussi à les convaincre?

C’est là du reste une dimension, entre autres, qui rend malaisée la recherche d’une solution au probléme, au regard de l’ambiguité de ces formations politiques sur notre question nationale. Certaines formations, si elles ne nient pas purement et simplement l’existence du probléme, le réduisent à une simple question linguistique, ou de violation des droits de l’homme. A les entendre il suffirait, pour tout régler, que les déportés reviennent. Le débat, en général, au niveau de l’opposition politique au lieu de se focaliser sur les vrais problèmes, tournent hélas ! autour des questions périphériques.

En tout état de cause, ces déportations planifiées, aux relents du NAZISME, avaient des motivations sordides. Il s’agissait de profiter du” conflit” avec le Sénégal pour tenter de “dénégrifier” le pays, car le taux d’accroissement important des Négro-africains est devenu une hantise, au point que tous les résultats des recensements démographiques (par éthnie) sont tenus secrets et ce depuis 1960 !

Il s’agissait aussi de saisir cette occasion pour faire passer enfin une réforme foncière qui rencontrait une forte résistance en milieu Négro-africain, pour servir des intérêts inavoués. La déportation justement, permit de redistribuer la terre,et les terres de ces réfugiés en exil forcé au Sénégal, comme s’ils ne devaient plus jamais revenir !

Il s’agissait enfin de frapper les esprits en sévissant durement et partout pour intimider afin de décourager à jamais toute velléité de résistance, en décapitant la seule force politique organisée à l´époque que sont les FLAM, de manière à neutraliser l’avant garde éclairée de la contestation du projet hégémonique. Dans le feu des évènements allait surgir une quatrième raison: récupérer le bétail peulh ( 150. 000 bovins ) pour compenser les pertes matérielles subies par les maures rapatriés du Sénégal.

Pour se venger du Sénégal voisin, les autorités mauritaniennes allaient se rabattre sans remords, sur ses propres citoyens qu’elles spoliérent et dépossédérent pour les chasser ensuite comme des “vulgaires étrangers”. Quelle ignominie !


Et dire que l’Afrique se tait devant ces actes barbares, ici et au Soudan! Et qu’à côté, on garde un silence, à la limite de la complicité. Mais revenons après cette digression que j’ai crue utile, au fil chronologique de notre marginalisation.

Ainsi donc, au fil des années et des régimes guidés par un même projet, la discrimination raciale allait s’accentuer, pour s’afficher violemment dans les années 80. Si avec les premier régime, un peu plus futé, elle fut feutrée, le régne du colonel Taya qui, lui, ne s’embrassera pas de scrupules, les Négro-africains passeront de l’état de marginalisation à l’exclusion totale ouvertement déclarée, dans laquelle, il faut replacer les déportations évoquées plus haut.
Le colonel Taya allait, le premier, donner le cadre juridique de notre élimination par une constitution qui allait imposer désormais la langue arabe comme SEULE LANGUE OFFICIELLE. Mesure certainement légitime pour la communauté arabo-bérbére, mais injuste pour les négro-africains de l’aveu même de Hamid El Mauritanyi connu sous le nom de Mohamed Ould Cheikh ancien Ministre de la défense de Daddah, il disait : ”
vouloir que ceux qui savent à quoi s’identifier abandonnent leurs valeurs propres pour être embrigadés dans l’aventure de ceux qui se cherchent une identité est non seulement de l’arbitraire, mais il s’agit d’une politique culturelle imbécile“.

Les plans d’ajustements structurels du FMI arrivant à point nommé, servirent pour vider l’administration des Négro-africains,surtout. Résolu, par une répression physique et mentale féroce, sans tergiverser comme ses prédécesseurs,Taya allait, à marche forcée, consolider le système et afficher l’option désormais déclarée d’une Mauritanie EXCLUSIVEMENT ARABE.” la Mauritanie n’est pas en voie d’arabisation c’est un pays Arabe” devait-il déclarer à Jeune Afrique en Janvier 1990.

J’avais besoin de ce détour pour montrer les conditions prévalant en Mauritanie, à la veille des fameuses démocratisations,…pour que l’on comprit que la Mauritanie n’a pas été et n’est pas comme les autres pays africains que balaie le vent démocratique. Ici, on a à faire à une minorité qui, pour pérenniser son pouvoir abuse de l’Etat et use d’une politique à soubassement idéologique pour assimiler et asservir les autres composantes culturelles, une minorité qui confisque le pouvoir depuis notre indépendance, qui ne veut ni en partir, ni le partager. Le contexte dans lequel arrivent notre”démocratie sur mesure” est celui-là!

 Notre “démocratie” arrive donc et se plaque sur cette triste réalité qu’elle recouvre, intacte, sans rien changer, se muant ainsi en une “Democratie raciale”, à la maniére de l’antique Afrique du sud; il suffit de gratter un peu pour découvrir derrière le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale, l’esclavage le plus primaire.
Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi les Négro-africains se plaignent( légitimement ) de leur “Démocratie”….pas comme les autres. Nous ne nous sentons pas concernés par cette pseudo-démocratie qui nous exclut, nous avons cessé de croire en notre” Etat “, on a fait de nous des spectateurs passifs du jeu de compétitions éléctorales résérvées….aux citoyens (blancs) à part entière. Du reste, on tend de plus en plus à une bipolarisation raciale du champ politique. En Mauritanie, on est dans une phase, en deçà de ces démocraties, même tarées, qu’on retrouve ailleurs, et que nous envions, et pour cause ! Nous sommes, nous Négro-africains au stade où nous luttons pour notre survie, pour notre reconnaissance en tant que citoyens, en tant qu’hommes simplement, dans un milieu hostile où l’homme voue l’homme au racisme et à l’esclavage.

Notre “Démocratie” est assise sur la tête qu’il faut redresser.J’ai le sentiment qu’on a mis les charrues avant les boeufs, et qu’il n’est pas encore trop tard pour bien faire. Il est temps de comprendre que l’exclusion est en soi économiquement mauvaise, socialement corrosive, politiquement explosive. Comprendre qu’une ” Nation dispersée, battue, humiliée peut ( heureusement)toujours se rébeller contre son sort et revenir à la vie”. Tentons dès à présent de sortir de ce cul de sac qui, tout le monde le sait, ne méne nulle part. Pour en sortir, il faut à mon avis, une attitude, un climat et des conditions.
Une attitude courageuse d’ouverture sincére et de reconnaissance du problème de fond.
Un climat de décrispation sociale grâce à un train de mesures positives à l’endroit de tous ceux qui, victimes et blessés dans leur chair, ont subi des préjudices matériels et moraux. La sanction des crimes commis pour rendre leur dignité aux victimes, à leurs veuves et à leurs enfants. Je crois qu’il faut se parler car ce formidable potentiel de révolte enfouie commence à gronder. Il serait erroné de croire que toutes ces années de calme plat pouvaient exclure toute éventualité de soulévement populaire. Après seulement ce forum dont les conclusions pouraient éventuellement être soumises au peuple, comme l’ont proposé les FLAM dans le manifeste du Négro-mauritanien opprimé(1986), on aborderait enfin la phase d’une véritable démocratisation.

Il est urgent me semble-t-il de tirer tous les enseignements des cas dramatiques du Rwanda du Burundi, du Congo, de la Côte d´Ivoire et du Soudan, pour paraphraser un écologiste je dirais : NOUS N’AVONS QU’UNE MAURITANIE NE L’ABIMONS PAS!

 

Et la lutte continue !

 www.flamnet.info

www.flamonline.com

 

Quand le pouvoir pousse la CAP dans les bras de la COD

Le scénario que j’ai évoqué, il y a plusieurs mois, est en train de se réaliser : Un revirement spectaculaire de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP), allié objectif avec la Convergence patriotique (Adil, MPR, RD) provoqué par le « reniement » du dialogue de septembre 2011 par un pouvoir préparant des élections municipales et législatives – presque – sans concertation !  


Quand le pouvoir pousse la CAP dans les bras de la COD  
 

Du coup, tout ce que la Coordination de l’opposition démocratique (COD) donnait pour vrai, concernant le manque de transparence du scrutin attendu, l’unilatéralisme des décisions qu’on fait supporter pourtant à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le côté machiavélique du pouvoir, est en train de lui donner raison. La preuve : Cette inquiétude exprimée par les leaders des partis de l’opposition dialoguiste (3 partis) auxquels se sont joints en cours de route trois autres sortis de la Majorité face à ce qu’ils ont appelé « la situation politique préoccupante vécue par le pays ».
Il y a sans doute qu’en plus de ce qui ressemble à une fuite en avant, dans la non observation des résultats du dialogue de 2011, la campagne électorale avant l’heure à laquelle s’adonnent les ministres de la République depuis près de deux semaines, laisse perplexe une opposition dialoguiste qui ne sait plus à quel saint se vouer. Le président Aziz est déconnecté, vraisemblablement par choix stratégique, de la politique. Il préfère les visites sur le terrain (après Nouadhibou et le Trarza, il s’apprête à organiser son « show » « rencontre avec le peuple » à Néma) et les appels du pied à la jeunesse (nomination de la présidente du Sursaut à la tête du département de la Culture et présence remarquée au Stade olympique lors du match Mauritanie – Sénégal pour une place aux phases finales du CHAN).
  On me dira que ces actes ne sont pas loin de la politique puisqu’ils sont une sorte de valeur ajoutée à l’action du Président et de son gouvernement mais ils s’éloignent, en quelque sorte, de ces tournées ministérielles à l’intérieur du pays où le social et l’économique ne sont que des prétextes pour battre campagne au nom de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir qui vient d’ailleurs de constituer des missions appelées à prendre le relai des ministres ! Des missions qui mettent à contribution beaucoup de hauts cadres de l’administration qui, sans doute, se prendront en charge en tant que tels. Tout comme les ministres…en campagne. Et c’est cela qui fausse déjà les règles du jeu. Et fâche l’opposition dialoguiste risquant de provoquer une rupture dont le président Aziz n’a réellement pas besoin. 
 

 
Source: noorinfo

FLAMNET-AGORA: Mauritanie : Quel modèle de gouvernement choisir ?

altLa Mauritanie, indépendante depuis 1960 continue de faire face aux difficultés de cohabitation entre ses différentes communautés. La composante noire, y compris haratine, vit dans une situation de discrimination raciale et de précarité dont les membres doivent se justifier en permanence de leur appartenance à ce pays, alors que les arabo-berbères ou maures jouissent d’office de leur citoyenneté pleine et entière. C’est dire combien le concept de l’Etat unitaire a échoué chez nous.   Dès lors, pour être viable, la Mauritanie doit changer d’option et trouver un autre modèle de gouvernement qui appellerait à plus de participation du peuple mauritanien dans l’avenir politique du pays. De mon point de vue, l’autonomie des régions serait l’outil politique qui pourrait rectifier ces erreurs historiques.

Ainsi, il est nécessaire d’approfondir nos réflexions sur le concept de ‘’ l’autonomie dans le cadre politique, économique et administratif des régions’’. Pour lever toute équivoque, je dis d’emblée que par autonomie, j’entends différentes régions qui s’auto- gouvernent partiellement par ses propres lois mais sans séparation les unes des autres. Par conséquent, j’entrevois un certain nombre de justifications qui se situent à deux niveaux. Sur le plan général d’une part et sur le plan spécifique eut égard à nos propres réalités d’autre part. En général il y’a trois grandes raisons qui justifient le choix des communautés à être indépendantes de l’Etat central et jacobin.

          L’autonomie comme gage de légitimité de l’autorité nationale. Dans certains pays l’autonomie est adoptée dans le souci de donner aux différentes nationalités une certaine indépendance pour gérer leurs propres affaires. L’idée est que les différentes ethnies et les minorités puissent être indépendantes dans leurs affaires locales, par exemple dans les domaines de l’éducation, la culture, et de leur développement économique. Ainsi, ces peuples auront un certain sentiment de sécurité et seront beaucoup plus disposés à accepter la légitimité de l’autorité nationale.

          L’autonomie comme garantie de balance de pouvoir entre les partis. Elle est souvent choisie pour faire partager le pouvoir entre différents partis politiques pour éliminer l’accaparation de tout le pouvoir par un puissant parti unique.

          Enfin l’autonomie comme un principe fondamental à la notion de la Démocratie. La participation de tout le monde dans la chose politique est primordiale au bon fonctionnement des institutions démocratiques, et surtout si cette participation venait de la base.

Sur le plan spécifique de la Mauritanie nous pouvons distinguer des justifications théoriques et celles basées sur le plan pratique. Dans notre pays, non seulement les trois grandes idées déjà énoncées sont valables, en plus nous pouvons dire qu’il n’y a jamais eu de contrat social qui est nécessaire dans toute vie commune des différentes populations. Je veux dire par là- qu’il n’y a jamais eu de référendum à la veille et/ou après l’indépendance du pays qui scellerait l’idée de l’État unitaire tel qu’il est établi actuellement. Le congrès d’Aleg n’avait pas la légitimité suffisante pour jouer ce rôle. Alors, l’autonomie serait une manière de rectifier le tir afin de voir un peu plus clair sur les choix des différentes populations qui habitent notre pays. Ce n’est de secret pour personne, que l’Etat unitaire en Mauritanie a failli. Pour preuve l’existence même des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (Flam) et Touche pas à ma nationalité (TPMN) confirmerait cet état de fait.

Sur le plan pratique, la politique de proximité au niveau local permettrait d’attirer beaucoup plus de citoyens à la chose politique. Un gouverneur ou un préfet élu par la population locale serait obligé de prêter plus d’attention aux intérêts de ceux qui l’ont élu. Ce qui est sûr, les récents évènements de Kaédi n’auraient pas eu lieu si les autorités administratives (quel que soit leur ethnicité) étaient élus par les populations locales avec une possibilité de révocation à tout moment en cas de forfait grave. Ce qui est contraire à la présente situation où l’autorité administrative est nommée par un lointain président de la république qui est retranché dans sa tour d’ivoire à Nouakchott et qu’il sert comme bras de rallonge. L’instinct premier de toute autorité est de garder son pouvoir aussi longtemps que possible. C’est pourquoi elle (l’autorité) fera tout pour satisfaire le désir de ceux qui sont à la source de son pouvoir, qu’il émane du président de la république ou du peuple.

Sur le plan économique, comme dirait Jack Lang ‘’ l’autonomie est une condition de l’efficacité’’. Alors, les programmes de développement de nos communautés seront beaucoup plus viables et efficaces dans le cadre de l’autonomie des territoires. En effet, la proximité du terrain donne plus d’objectivité par rapport aux besoins réels de la population et présente moins de risques dans la dilapidation des fonds. C’est d’ailleurs pourquoi, aujourd’hui l’aide au développement internationale s’oriente de plus en plus vers le financement direct des programmes de développement initiés et contrôlés par les populations locales. Par exemple USAID plaide de plus en plus pour le financement destiné à l’aide directe des populations au dépend de ceux qui passent par le canal habituel de l’Etat.

Bien que ces raisons objectives pour l’autonomie militent pour la fin de la discrimination raciale et pour l’égalité de tous les Mauritaniens, certains, par complaisance et/ou par ignorance, verront cette réflexion d’un mauvais œil. Ils vont surement brandir l’arme selon laquelle ‘’l’unité nationale serait menacée par cette velléité autonomiste ‘‘. Avant même de prendre le temps de finir de lire cet article, ils vont conclure que l’idée de l’autonomie n’est autre chose que la sécession du sud. Ils répéteront qu’il y’a beaucoup plus de choses qui unissent les Mauritaniens que ce qui les séparent, en citant l’Islam comme religion de tous les Mauritaniens. A ceux-là je leur oppose la réalité que nous vivons. En Mauritanie, les différentes communautés (Noires et Arabo-Berbères) vivent les unes à côté des autres, mais pas les unes avec les autres. Cette réalité est visible à l’ œil nu. Il suffit de prêter attention à la concentration démographique de chaque communauté dans les différents quartiers de Nouakchott. Ou même, regarder la composition de ceux qui participent aux manifestations de protestation de tous les jours contre le système. Si la majorité des Mauritaniens est musulmane et que la religion devait être un facteur d’union, nous sommes différents sur la manière de pratiquer l’islam. Par exemple, les noirs laisseront leur position de guerre pour s’acquitter de leur devoir religieux au moment de la prière du vendredi, pendant que les autres (les maures) profitent de cette période de recueillement religieux pour reprendre les positions de leurs adversaires. Les évènements de Sylla- Rindiaw-Belinabe dans un conflit foncier sont édifiants dans cette différence. Il est donc clair que les différentes communautés n’ont pas les mêmes préoccupations.

Alors, pour conclure, je suis convaincu que l’option de l’autonomie est un moyen approprié pour sortir la Mauritanie de cette injustice sociale qui n’a que trop duré. C’est pour cette raison que je me réjouis et soutiens le choix des Flam de prendre cette option comme pilier central de leur stratégie politique. Je suis encore plus heureux de voir Président Ibrahima Moctar Sarr de l’AJD/MR parler de ‘’décentralisation très avancée’’ comme solution politique en Mauritanie. En définitive j’appelle tous les progressistes mauritaniens à faire de cette option la leur car il est de la responsabilité de tous de trouver une solution juste pour notre peuple. Il y va de l’intérêt de toute la Mauritanie.

La lutte continue !

Mamadou Barry- USA

25 juillet 2013

www.flamnet.info

Ibrahima Moctar Sarr, président de l’AJD/MR : ‘’Le système de domination et d’exclusion qui caractérise notre pays est arrivé à terme’’

alt

Le Calame : Une algarade ayant opposé un jeune commerçant et une vieille dame a dégénéré en émeutes à Kaédi. A votre avis, comment cet incident, après tant d’autres, il est vrai, a-t-il pu ainsi tourner ?

– Ibrahima Moctar Sarr : Nous avons largement développé notre position, dans la déclaration que nous avons publiée le 11 du mois courant. Si je dois y revenir, puisque la répétition est pédagogique, je rappellerais ce que nous n’avons cessé de clamer, à savoir que le système de domination et d’exclusion qui caractérise notre pays est arrivé à terme et, jusqu’à sa destruction, nous assisterons, fréquemment, à des manifestations revêtant ce caractère de conflit interethnique.

Après les événements de 1989, les populations négro-africaines qui ont subi le martyr ont prouvé trois choses essentielles. En un, leur esprit patriotique. Les déportations et les massacres, les humiliations de toutes sortes et, même, l’exclusion renforcée ne les ont pas amenées à renoncer à la Mauritanie. Ceux qui n’avaient pas quitté le pays sont restés, pour résister, et ceux qui avaient été déportés sont revenus, dès que les conditions se sont présentées, après vingt ans d’exil.

En deux, leur sens du pardon. A aucun moment, l’on a vu des actes de vengeance de leur part, alors que la discrimination s’est accentuée. Malgré des exactions de toutes sortes, ils ont toujours prôné la réconciliation nationale, dans le cadre d’un règlement global de la question de la cohabitation, avec son corollaire, le règlement définitif du passif humanitaire. Mon parti en a fait son programme. Moi-même, pendant les deux campagnes électorales auxquelles j’ai participé, en 2007et 2009, j’ai fait de la réconciliation nationale mon credo.

En trois, les Négro-africains, principalement les jeunes, montrent, chaque jour, leur impatience à voir l’Etat prendre en charge leurs préoccupations. Ils semblent de plus en plus désespérés de celui-ci et n’acceptent plus de subir, passivement, les exactions, d’où qu’elles viennent. Depuis l’enrôlement, beaucoup d’événements se sont produits, revêtant ce caractère racial ou ethnique. La position de l’AJD/MR a été de sonner l’alarme, afin que les Mauritaniens de bonne volonté se recherchent et établissent un pacte national de bonne cohabitation, pour une refondation du pays, sur des bases égalitaires. Il est possible de faire l’économie des drames comme ceux que nous avons déjà connus, si le régime en place fait acte de courage politique, comme les blancs d’Afrique du Sud l’ont fait. Mais il faut que la classe politique, dans son ensemble, et la société civile le veuillent car le régime, à lui seul, ne peut pas régler, fondamentalement, le problème du système. Quand nous sommes allés à la majorité, c’était pour travailler en ce sens. Les premières mesures qu’ils avaient annoncées nous avaient alléchés, malheureusement, nous avons dû reconnaître que le Président et ses amis de l’armée ne sont pas prêts à ce changement.

 

Chaque fois qu’un incident se produit dans la vallée, les forces de l’ordre répriment, arrêtent et emprisonnent les manifestants. Ne pensez-vous pas que l’administration porte quelque part, une lourde responsabilité, dans ce genre d’événements ?

Dans le cas de Kaédi, il est tout à fait naturel que les forces de l’ordre s’interposent, pour éviter le drame. Le problème est que les forces de l’ordre revêtent, elles-mêmes, un caractère ethnique et n’agissent pas dans la stricte neutralité civique. Dès lors, elles apparaissent, aux yeux des Négro-africains, comme des forces de répression partisanes. Les événements de 1989-1991 l’ont largement prouvé.

 

Qu’est-ce qui peut justifier, à votre avis, le refus des différents pouvoirs de nommer, le long de la vallée, des gouverneurs, des hakems, des commissaires de police, des commandants de compagnies et des chefs de brigade de la gendarmerie négro-mauritaniens, s’il en reste encore ?

– Depuis la première République et, surtout, après les événements raciaux de 1966, les dirigeants du pays, qui n’avaient pas cherché à régler le problème de cohabitation par la seule façon qui sied, avaient opté pour l’assimilation et l’intégration raciale. Il avait été décidé de ne pas nommer, à des postes de responsabilité en une région, quiconque en fut ressortissant. L’argument était que cela favoriserait le régionalisme, etc. Vous trouverez que le peu d’administrateurs négro-africains qui existent sont, toujours, envoyés en pays maure, loin de la vallée. Dans le cas du Sud, cela s’est traduit par une sorte d’occupation à la coloniale. Exactement comme, je me souviens, à Boghé, vers les années 1955-1960, quand tous les toubabs se retrouvaient le soir, à la lumière des lampes Pétromax, pour traiter des problèmes des indigènes, dans ce qu’on appelait  « chez le Commandant ! », l’administrateur de la ville. Aucun notable ne s’y hasardait et les quelques rares mauritaniens qu’on y rencontrait étaient des domestiques, des cuisiniers ou autres boys-serveurs.

Que préconise votre parti pour corriger ces disfonctionnements ?

– Encore une fois, il ne s’agit pas de régler les problèmes de manière parcellaire. Il y a un problème, global, de cohabitation, qui nécessite un partage du pouvoir politique et une redistribution des richesses nationales, pour permettre aux régions de se prendre en charge, dans le cadre d’une décentralisation très avancée, si l’on ne va pas vers l’autonomie pure et simple. En attendant, il faut, au moins, que les administrateurs soient au fait des réalités culturelles du milieu où ils servent. Qu’ils parlent leurs langues et respectent leurs us et coutumes.

Dans un récent communiqué, AJD/MR, parlant de l’enrôlement des citoyens dans la vallée, évoque une « épuration biométrique ». Comment se manifeste-t-elle, concrètement, sur le terrain ?

– Si un Mauritanien, reconnu comme tel, légalement, depuis sa naissance, se voit, un jour, refuser d’entrer en possession des papiers qui lui conféraient cette qualité, uniquement par une manipulation des méthodes d’enrôlement, quel sera son sort ? Il n’est pas reconnu comme mauritanien, il est dans la même situation que ceux qui avaient été déportés et dont on a détruit les pièces. Nos compatriotes actuellement en Europe, qui ne peuvent pas justifier de carte de séjour française exigée par les autorités mauritaniennes, ne sont pas considérés comme prétendant à leur mauritanité. Que vont-ils devenir ?

La surenchère politique continue, entre la majorité présidentielle et la COD. Pensez-vous que, dans un tel climat et compte tenu des préparatifs de la CENI, les Mauritaniens pourraient aller aux urnes, en octobre prochain ?

– Nous travaillons dans le cadre de l’initiative de Messaoud Ould Boullkheïr, pour rapprocher les positions des deux camps. Rien ne dit encore que nous n’allons pas réussir. La CENI et la date arrêtée deviendront des questions secondaires, une fois que le dialogue aboutit à un consensus.

Maintenez-vous votre position d’aller aux élections, même si le consensus préconisé par l’initiative du président Messaoud n’aboutit pas ?

– Ce que nous avons dit est ceci : notre option est d’aller aux élections. Au cas où il n’y aurait pas d’accord, les mouvements qui composent l’initiative de Messaoud vont analyser, ensemble, la situation et prendre position. Quant à l’AJD/MR, elle se réserve le droit de voir la position à adopter par rapport à cette analyse.

Où en est votre demande d’abrogation de la loi d’amnistie des auteurs des exactions de 1990/91, déposée au Parlement, en février dernier ?

– Le député Kane Hamidou Baba a repris à sa charge la proposition de loi, pour modifier la loi de 1993. Il l’a soumise à ses pairs de l’Assemblée nationale. Nous ne savons pas encore où il en est, avec la pétition qu’il leur avait présentée.

 

Source: Le calame


    

    

Mauritanie: Démarrage du recensement administratif à vocation électorale

ALAKHBAR (Nouakchott)- Le Recensement Administratif à Vocation Electorale a démarré, ce jeudi, sur toute l’étendue du territoire nationale et se poursuivra jusqu’au 7 septembre.

Le recensement lancé par l’Office National des Statistiques et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) vise à établir les listes électorales en perspectives des prochaines échéances électorales.

Selon le président de la CENI, Abdallahi Ould Soueid’Ahmed, ce recensement concerne toute personne ayant au moins 18ans et détenant d’une carte d’identité.

Dans ce cadre, des missions vont être dépêchées à l’étranger pour recenser les mauritaniens à l’étranger.