Monthly Archives: June 2012
Flamnet-Agora: La sortie d’Ely ou la moisson d’Aziz !
Ely O/Mohamed Vall a eu sa sortie. Celle qui visiblement avait pour dessein de le replacer dans un champ politique qu’il avait quitté de la moins belle des manières. Pour revenir il lui fallait son scoop. Une de ces choses suffisamment « tordues » pour marquer les esprits et le remettre aux bons souvenirs des mauritaniens. Il eut donc sa virée, sur les déportations. Il en nia l’existence dit–on. Et le tollé fut général ou presque.
Celui d’abord de ceux qui ont intérêt à contrecarrer les velléités résurgentes de ce colonel aigri et conquérant. Ils étaient à l’affût d’un cadeau du ciel Celui là même qui ternit une image, achève son auteur en lui ôtant toute légitimité et toute crédibilité. L’occasion était trop belle Comme l’était celle de Biram et ses compagnons de l’IRA. Grosse moisson pour un pouvoir acculé ! O / Abdel Aziz ne pouvait espérer mieux !
Par sites interposés, l’exploitation médiatique fut totale. Il fallait tirer le maximum de prébendes de cette bévue langagière ; si tenté que c’est en une !
Il faut la présenter comme une opinion, une conviction qui doit heurter les consciences, raviver les plaies, justifier les ruptures et les postures. Celui ensuite de ceux dont les douleurs ont servi à construire des carrières, forgé des renommées. Cette vraie fausse sortie est pour les négro-africains une énième offense. Celle d’un vulgaire déni de réalité. Un déni qui sert, promeut.
Pour beaucoup hélas, déportations, exactions et exécutions ne sont que de simples « points » de politique générale brandis pour justifier des postures et solder des comptes.. Pour beaucoup, il ne s’agit là que de simples slogans, de vulgaires mots creux destinés à alimenter la liturgie de l’unité nationale .Que de la littérature politique pour public en quête « d’attaches » face à un déficit de sens et d’idées. La politique dans toute sa cruauté.
Le cynisme des hommes, la froideur des convictions. On en oublie presque Inal, Jreida ,les fosses communes de sori malé, les viols de fin de soirées, les convois de départs forcés, les états de siége, les nuits blanches,la terre rouge de sang… Pour nous cette souffrance porte des noms, des visages, des espoirs et des affections. Ce ne sont pas des numéros, pas des slogans, surtout pas des faire- valoir .
C’est le prix que des hommes et des femmes ont injustement payé sur la terre natale. Le prix du sang. Le sang de nos martyrs. Avant d’être un passif, il est donc l’expression d’une souffrance endurée, d’une injustice subie et d’une réparation qui tarde à se faire… Alors qu’importe ce qu’en dira ou ne dira pas Ely ! Q’importe l’utilisation qu’on en fera. Il apparaîtra toujours puéril à nos consciences meurtries de devoir compter sur des morts pour asseoir des carrières et forger (forcer) des destins….
Ibrahima Falilou
Professeur
A la Loupe :« Sacrilège linguistique » à l’assemblée nationale ?
Parler le français à l’assemblée nationale est moins provocateur que l’usage des autres langues nationales. Le député de l’UFP Monsieur Sy samba a –t-il commis un sacrilège en s’exprimant en Pulaar lors de sa prestation politique ? Au lieu de félicitations et d’encouragements de l’exemple, l’élu de Boghé a eu droit à un blâme assorti d’une une interdiction de parler cette langue et mieux des remontrances crues de la part du vice-président de l’assemblée nationale. Pourtant le député n’a pas outrepassé les dispositions statutaires des langues dans la constitution, ni dépassé d’un trait son contenu.
La loi fondamentale accorde aux langues nationales un statut leur conférant le droit d’être parlées et rien ne leur ôte cet acquis même les airs prétentieux de quiconque décrète cette mesure.
L’assemblée ou le sénat sont des instituions issues des suffrages du peuple sans lesquelles elles n’existeraient pas. Et ce peuple n’est pas seulement issu d’une communauté nationale mais de la somme de toutes celles qui existent en Mauritanie.
Qu’un vice-président d’une assemblée s’arroge le droit à la censure alors qu’il n’a ni prérogatives constitutionnelles ni mandat politique pour le faire, il a non seulement abusé d’un pouvoir qu’il n’a pas mais aussi et surtout outrepassé le droit à la différence qui doit donner à chaque communauté ce qui lui revient de droit dans ce pays. Le vice-président de l’assemblée s’est donc substitué à la force de la loi pour disposer d’un véto contre les usagers d’autres langues parlées par des composantes larges du pays.
Voilà un homme qui n’a pas daigné ménager par ses humeurs étranges un député qui a tout simplement choisi une langue digne de respect et de considération car créée par le Seigneur. Quand on refuse à un homme de parler sa langue, on n’est pas prêt à lui accorder d’autres droits. Et cette aberration s’est passée devant des parlementaires cois. La solidarité nationale a – t- elle des frontières linguistiques et politiques ?
Le survoltage d’un homme à cause de l’usage du Peulh dépasse apparemment le cadre d’une polémique sur l’opportunité d’user ou non de cette langue, pour sentir les relents épidermiques. Et quand cela est logé dans les profondeurs de l’inconscient, les réactions pulsionnelles sont fortes. Il ya lieu de présenter des arguments objectifs pour justifier des prises de positions au lieu de continuer à manipuler les armes assassines pour intimider tous ceux qui osent sans complexe utiliser leurs langues pour exprimer leurs pensées .
Le débat est lancé sur une question qui doit être traitée sans complaisance. La démocratie doit servir au moins à lever les tabous sur des sujets qui engagent le destin d’une communauté contre laquelle bien des torts ont été commis gratuitement. Et si c’est au sein d’une assemblée, un lieu respectable où se votent des lois que des attitudes chauvines s’expriment, il y a de quoi s’inquiéter sur la consolidation de l’unité nationale.
Que Dieu accorde à ses croyants la force de domination et de maîtrise d’instincts haineux à l’égard du genre humain et qu’il inonde le cœur de l’homme de l’amour pour son prochain !
CHEIKH TIDIANE DIA
Flamnet-Agora: Ely Ould Mouhamed Vall: du péril noir au mépris du noir.
Les récents propos de l’ancien bras droit de Taya, ont le mérite de nous rappeler au moins quelques évidences. La première établit que la technique de l’ancien dictateur, consistant à ignorer et mépriser ses victimes, continue encore de faire des adeptes parmi ses héritiers. La deuxième montre que nous autres négro-africains ne nous sommes suffisamment battus, dés lors qu’il est possible dans ce pays, y compris de la part d’un homme suspecté de complicité de génocide, de tenir des propos négationnistes et injurieux et dormir tranquillement dans son palais. J’invite les associations de victimes à « s’armer » de casseroles pour aller tambouriner devant chez lui et troubler ainsi le sommeil de celui qui feint d’oublier les crimes d’un régime dont il fut un des membres les plus influents. Ça lui rappellera leur existence qu’il a contribué à rendre invivable.
Le plus terrible dans l’histoire, c’est de voir avec quelle facilité on peut encore se permettre de mépriser les négro-africains dans ce pays, après en avoir construit le péril dans la tête de nos compatriotes arabes, pour justifier l’ignoble génocide que l’on cherche aujourd’hui à effacer vaille que vaille. Mais que monsieur Ely ould Mohamed Vall se rassure. La vérité sera faite sur la responsabilité des uns et des autres dans le génocide noir en Mauritanie. Les mensonges éhontés d’un homme qui a toutes les raisons de craindre ce débat, et les baves d’un moustachu en quête d’un pouvoir qu’il a perdu à jamais, n’y changeront rien !
Les négro-africains, en dépit de leurs divisions dont vous vous réjouissez chaque jour, sont quand même tous conscients que tant que des personnes de votre espèce continuent de végéter dans le paysage politique, ce qui fut possible entre 1986 et 1991, le sera toujours dans ce pays. Et détrompez-vous, nul parmi nous n’est prêt à passer cette question par pertes et profits. Elle sera posée sur la table que cela vous plaise ou pas, et non glissée sous le tapis comme vous l’auriez souhaité. Il y a parmi nous des gens, et j’en fais partie, dont l’engagement politique n’est motivé que par deux questions : la question nationale et la question de l’esclavage. Vous comprendrez donc que si nous avons sacrifié tant de choses dans nos vies, ce n’est pas pour laisser insulter notre cause par un homme qui, normalement, a sa place dans le box des accusés. Et tenez vous-le pour dit monsieur Vall : cela arrivera, en Mauritanie ou ailleurs… !
Bocar Oumar BA.
TPMN et dissidents dénoncent les déclarations de Ely sur le Passif humanitaire
Touche pas à ma nationalité et le groupe qui y est dissident ont, chacun, émis un communiqué, dont des copies sont parvenues à Alakhbar, fustigeant les déclarations de Ely Ould Mohamed Vall, ancien patron de la sûreté nationale de Mauritanie en 1989, qui estime qu’”aucun citoyen mauritanien n’a été déporté” durant cette période.
Pourtant «entre 1990 et 1991 des soldats négro-mauritaniens sont torturés et 509 parmi trouvent la mort dans des conditions atroces…Ces crimes contre l’humanité étaient commis sous le régime de Taya alors que le patron de la sûreté nationale n’était autre que l’ex-président du CMJD Ely ould Mouhamed Vall. Nous qualifions cet acte comme un acte irresponsable et lâche», rappelle TPMN.
Dans le même sens les dissidents affirment que «fidèle à ses habitudes, Ely Ould Mohamed Vall s’est une nouvelle fois livré à son sport favori celui d’insulter la communauté negro-mauritanienne, et à travers elle, la Mauritanie. On se souvient tous en effet de ses sorties intempestives contre les réfugiés et les victimes de la tentative de génocide initiée par son patron d’antan, Ould Taya.»
Par conséquent, TPMN exige «qu’une loi reconnaissant le génocide contre les négro-mauritaniens soit votée au parlement et que des dispositions soient prises pour punir toute forme de négationnisme. Pour “touche pas à ma nationalité”, la réconciliation ne peut se faire et ne se fera jamais sans le jugement des génocidaires.»
Et les dissidents de réclamer du régime de Ould Abdel Aziz «l’abrogation de la scélérate loi d’amnistie de 1993, le jugement de tous les responsables des crimes commis entre 1986 et 1991, la poursuite du retour des déportés mauritaniens restés au Sénégal et au Mali et de procéder, en concertation avec toutes les parties concernées, au règlement définitif du passif humanitaire.»
Pour rappel, le coordinateur de TPMN a publié dans la presse un communiqué portant composition d’un nouveau bureau de 19 membres secondés par des coordinateurs et délégués régionaux et internationaux. Un nouveau bureau qui sera remis en cause par un contre-communiqué de cadres et militants de TPMN dont certains siégeaient dans l’ancien bureau.
Mauritanie: Aziz a “trahi le peuple” (Jamil Mansour)
le président de Tawassoul Mohamed Jamil Mansour, a déclaré mardi que La COD et le parti Tawassoul sont objet d’une “campagne de dénigrement” qui sera “vouée à l’échec” .
“Nous avons les accusations proférées à l’encontre de Tawassoul d’être antidémocratique. Je vous invite à une simple comparaison: La COD, y compris Tawassoul, a appelé, avec les moyens pacifiques, au départ de Mohamed Ould Abdelaziz alors que celui-ci a mis fin, manu militairi, au mandat du président démocratiquement élu, Sidi Ould Cheikh Abdellahi, à celui du président de la HAPA et de celui du président du Conseil Social et Economique. Il a prolongé, par la logique de la force, le mandat du parlement. Il vient, par cette même logique, de mettre fin au mandat du président de la Cour Suprême. Qui est donc antidémocratique? Ce qui prône la lutte pacifique ou celui qui fait recours à la force militaire?”, s’est il interrogé.
“La démocratie est avant tout une conduite et non un slogan. La COD a appelé au départ d’un régime dont les motifs du départ sont patents. Le pays est traversé par les frondes sociales. La répression a touché les occupants des maisons, des écoles, de l’université et même des mosquées. La gabegie est partout dans les secteurs de l’Etat . Le départ de ce régime est bien motivé”, a-t-il indiqué.
Ould Mansour a par ailleurs affirmé que la solution du problème de l’esclavage, est une condition primordiale pour l’unité nationale tout critiquant ceux qui “justifient l’esclavage au nom de la religion”. “Notre parti a bien dénoncé l’autodafé de Riyadh, mais nous n’avons pas exploité l’affaire comme a fait le pouvoir”, a-t-il rappelé.
Tout dirigeant a “un pacte” avec son peuple. “Lorsqu’il trahit son engagement, le peuple est en plein droit de l’appeler au départ”, a-t-il indiqué. Pour lui le président Mohamed Ould Abdelaziz “a trahit ce pacte” à travers sa gestion unilatérale, contraire aux principes démocratiques dont la séparation des pouvoirs, l’usage des biens de l’Etat en faveur de son parti politique, l’accaparement des médias publics, le népotisme , la corruption dans les contrats et la hausse vertigineuse des prix, tous sont, parmi tant d’autres faits marquants de l’époque d’Aziz, des motifs déjà suffisants pour son départ”, a-t-il conclut.
Source: Al Akhbar.




