Lettre du Président Balas au Président de la république Mohamed ould Abdel Aziz
PMC Arc-en-ciel – Excellence monsieur le président,
Le PMC Arc-en-ciel compte organiser le 29 mars prochain une marche pacifique à Nouakchott, pour dénoncer le comportement irresponsable des services de l’état civil qui privent une grande partie des citoyens de leurs documents dont l’octroi est garanti par toutes les lois de la République.
Cette marche qui va s’ébranler à 09 heures à partir du siège du parti, situé au Carrefour Touré (Socogim Bagdad) s’achèvera avant midi devant le siège de l’Etat-civil situé au centre-ville dans le quartier des ministères.
L’itinéraire sera le suivant : départ du Carrefour Touré en direction de l’Est, bifurcation à gauche à 200 m au niveau de la station Total, puis cap vers le centre ville en suivant tout droit la route bitumée en passant devant l’Etat- Major de la Garde Nationale, l’ancienne maison des jeunes, le siège de l’Assemblée Nationale, l’hôtel Azalay Marhaba, la Recette principale de la Poste, la GBM puis la BCM. De là, bifurcation à droite et cap sur le siège de l’Etat- Civil, situé à environ 300 mètres de là.
Excellence monsieur le président, comme on a déjà eu à le souligner, l’objectif de cette marche est d’exprimer notre désapprobation du comportement des services de l’Etat Civil, devant l’impossibilité d’une importante frange de citoyens mauritaniens de se faire recenser, aussi bien à Nouakchott qu’à l’intérieur du pays.
Cette réalité, le PMC Arc-en-ciel l’a constatée de visu lors de ses visites de proximité aussi bien à Nouakchott qu’à l’intérieur du pays.
C’est ainsi que malgré la forte volonté politique et les instructions claires et fermes que vous avez données avec votre décision de la mise sur pied d’une commission spéciale ad-hoc chargée d’assurer l’enrôlement de l’ensemble des mauritaniens non encore recensés d’ici le 31 décembre 2018, le PMC Arc-en-ciel constate que toutes ces instructions sont restées lettre morte et des milliers de mauritaniens, toujours privés du précieux sésame, continuent à souffrir le martyre devant les bureaux des agences de l’Etat Civil.
Et pourtant nul n’ignore que l’obtention de ces documents d’identification, est un droit absolu et inaliénable pour tout citoyen envers son Etat et ce, en vertu des lois du pays et des conventions internationales signées par la Mauritanie.
Malheureusement, le laxisme, le laisser-aller, l’irresponsabilité et le traitement inéquitable des citoyens a contribué à l’instauration dans les bureaux des agences de l’Etat Civil, un climat malsain sur fond de corruption éhontée des agents qui sont de mèche avec des intermédiaires véreux qui n’hésitent pas à soutirer des sommes, souvent colossales aux pauvres populations, durement éprouvées par cette situation de non droit, porteuse de tous les dangers y compris une déflagration sociale. Et, le cas de Sebkha, où les locaux ont été récemment saccagés, en dit long sur le ras-le-bol généralisé et devrait inciter les autorités à prendre les devants pour éviter le pire.
Au cours de nos récentes visites à Dakhlet Nouadhibou, au Brakna (Mbagne), au Gorgol ( Kaédi et Maghama) et au Guidimakha (communes de Tachott, Dafort, Ajar, Hassi Chaggar et Khabou), nous avons vu des centaines d’enfants en âge de scolarisation qui sont privés d’école faute de pièces d’état civil ; des centaines d’autres sont empêchés de passer l’examen de l’entrée en sixième faute de pièces et c’est ainsi que toute une génération d’enfants innocents voit son avenir entièrement compromis.
Nous avons également vu des vieillards de 70 ans et plus se cacher dans les bosquets épineux dès qu’ils entendent une voiture arriver, craignant qu’on leur demande des pièces dont ils ont été privés leur vie durant.
Il y a par ailleurs ces bureaux de l’Etat Civil fermés depuis 2014. C’est le cas de ceux de Tékane et Dar El Barka. A signaler aussi l’absentéisme de certains chefs de centre qui ne sont présents dans certains cas que pendant deux ou trois jours par trimestre.
Certains d’entre eux se comportent comme de véritables roitelets qui ne viennent au bureau que furtivement pour en repartir sur-le-champ abandonnant de pauvres populations dont certains passent la nuit devant les bureaux prétextant qu’il n’ y a pas de réseau, de papiers ou d’encre.
Il y a aussi ces rejets de dossier au faciès, des rejets de dossiers pour des raisons subjectives, des aberrations de toutes sortes, les agents de l’Etat Civil au lieu de compatir avec elles, profitent de leur ignorance et de leur passivité fatalistique.
Le refus exprès d’expliquer aux populations la procédure pourtant simple et accessible est motivée par l’appât du gain et elle est destinée à les pousser à céder à la corruption et au chantage.
Cette situation déplorable risquerait de provoquer une déflagration sociale vu le ras-le-bol généralisé et la grogne qui va crescendo.
De ce fait, le PMC Arc-en-ciel, de par sa mission de lanceur d’alertes et ayant constaté tout cela de visu a le devoir d’alerter les autorités, afin qu’elles agissent au plus vite pour éviter le pire.
Voilà Excellence monsieur le président pourquoi le PMC Arc-en-ciel a décidé d’appeler à cette manifestation pacifique.
A cette manifestation nous invitons l’ensemble de la classe politique nationale, de la majorité comme de l’opposition, la société civile ainsi que toutes les personnes éprises de paix et de justice.
Les mauritaniens toutes tendances confondues sont tous invités à venir manifester leur solidarité avec tous leurs frères privés injustement de leur droit le plus élémentaire, disposer d’une pièce d’identification.
Et bien que le PMC Arc-en-ciel revendique toute la responsabilité de cette marche, il n’y aura aucune banderole ni autre signe distinctif du parti. C’est dire que nous ne voulons pas tirer la couverture à nous et profiter de cette manifestation que nous dédions à tous ceux qui n’arrivent pas encore à être recensés.
Il s’agit bien donc d’une manifestation nationale qui interpelle tous les mauritaniens.
Alassane Hamady Soma Ba
dit Balas
Président du PMC Arc-en-ciel
cridem