Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: July 2011

Esclavage: Nos cousins arabes du nord par Venance Konan

altEn Europe, nous sommes tous cousins ou frères ; ce qui, chez eux comme chez nous, revient à la même chose. Lorsque nous nous rencontrons, nous nous donnons du « mon frère » ou du « mon cousin » à profusion. Il faut dire que, là-bas, nous sommes logés à la même enseigne du racisme et de l’exclusion. Nous, Africains du nord ou du sud du Sahara partageons les mêmes banlieues, les mêmes odeurs, les mêmes bruits, les mêmes cages d’escaliers, les mêmes freins à l’avancement social, les mêmes contrôles de police tatillons, les mêmes délinquances. Oui, en Europe, nos cousins arabes et nous sommes solidaires dans l’adversité, dans le malheur et parfois dans le mal. D’abord nous avons eu à peu près la même histoire coloniale, donc nous partageons les mêmes mémoires écorchées, les mêmes frustrations et aigreurs, et, bien souvent, nous sommes arrivés en Europe dans la même galère, au sens propre. Mais qu’en est-il de nous, Africains du sud du Sahara dans les pays de nos cousins, c’est-à-dire dans les pays d’Afrique du Nord ? Là-bas, il faut distinguer deux catégories de Noirs. Il y a ceux qui sont citoyens de ces pays, mais qui y sont arrivés, en provenance de chez nous, il y a de cela plusieurs siècles, et ceux qui y ont débarqué récemment, en quête d’un eldorado que leurs régimes tyranniques et incompétents ne peuvent pas leur offrir, ou en transit vers l’eldorado européen.

 

Les Noirs se trouvent dans tous les pays arabes, qu’ils soient d’Afrique, en l’occurrence la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Soudan, la Libye, l’Egypte, ou du Proche-Orient. Leurs ancêtres y sont arrivés en tant qu’esclaves, razziés dans leurs pays et vendus comme du bétail. Tous ceux qui ont visité ces pays arabes peuvent témoigner de ce que les conditions de vie des descendants de ces premiers esclaves n’ont pas fondamentalement changé, après tous ces siècles. La Mauritanie n’a aboli officiellement l’esclavage dans ses textes que vers la fin du siècle dernier ; et, dans les faits, il subsiste encore en maint endroit de ce pays. Dans tous les pays arabes, les Noirs sont des citoyens de seconde ou troisième classe, en butte au racisme le plus primaire. Un de mes amis, qui a vécu quelque temps en Arabie saoudite, m’a dit qu’à sa connaissance, le plus haut poste occupé par un Noir est celui de policier. Ou de footballeur.

Il est curieux que jamais nous ne dénoncions cette autre traite négrière qui s’est étendue sur des siècles et n’avait pas été moins cruelle que celle pratiquée par les Européens. Autant nous fustigeons tous les jours les Européens pour le honteux commerce triangulaire, auquel nous imputons tous nos malheurs actuels, autant nous gardons un inexplicable silence sur cette autre honteuse traite qui a aussi vidé l’Afrique noire de ses bras les plus valides. Jamais, pendant que nous clouions au pilori, avec fureur et avec raison, l’apartheid pratiqué par les Blancs d’Afrique du Sud, jamais nous n’avons eu le moindre mot pour dénoncer l’esclavage qui se pratiquait encore à la même époque en Mauritanie, pays qui était membre, comme nous, de l’Organisation de l’unité africaine (Oua) et de bien d’autres organisations régionales. Nous exigeons tous les jours des Européens qu’ils nous dédommagent pour les crimes de l’esclavage, mais jamais nous n’avons présenté la même ardoise aux pays arabes. Nous poussons tous les jours de grands cris de colère lorsqu’un Européen marche sur l’orteil de l’un de nos frères africains, là-bas en Europe, ou le traite de « sale nègre », mais nous restons totalement cois lorsque les Noirs sont brimés, battus, parfois tués par racisme dans les pays arabes. Nous nous indignons chaque fois que l’un de nos parents est expulsé d’Europe. Au Mali,  nous avons cassé un avion français qui avait débarqué des immigrés clandestins rapatriés dans leur pays, mais nous n’avons pas bronché lorsque, en 2000, Kadhafi avait expulsé des milliers d’Africains du sud du Sahara, après que plusieurs d’entre eux ont été victimes de véritables pogroms. Au contraire, le « frère guide » a été accueilli en grande pompe dans tous nos pays et a présidé notre Union africaine. Depuis que la guerre a éclaté en Libye, tous les observateurs nous rendent tous les jours compte du drame des Africains Noirs qui sont martyrisés, aussi bien par le camp de Kadhafi que par celui des insurgés. Abdoulaye Wade et Jacob Zuma, deux grands leaders d’Afrique noire, se sont rendus en Libye, l’un, pour soutenir les insurgés, l’autre pour chercher une solution à cette grave crise. Mais aucun d’eux n’a eu un seul mot pour les Noirs qui sont assassinés de tous les côtés.

Notre propos n’est pas ici de développer un racisme à rebours contre les Arabes, ni de dédouaner les Européens, mais de chercher à comprendre notre amnésie sur cette partie de notre histoire, celle du commerce d’esclaves à travers le Sahara ou la Mer Rouge, et notre indifférence devant le racisme dont nous sommes victimes de nos jours dans ces pays dont certains se trouvent aussi sur notre continent et sont ,comme nous, membres de l’Union africaine.

Est-ce parce que l’Europe a reconnu sa responsabilité dans les crimes de l’esclavage et s’en est repentie que nous sommes plus exigeants envers elle ? Aucun pays arabe ne l’a fait. Et pour cause ! Nous ne le leur avons jamais demandé, et aucun de nos écrivains et intellectuels n’a jamais dénoncé cet autre crime contre l’humanité avec la même vigueur qu’ils dénoncent celui commis par des Européens. Est-ce parce que l’Europe a mis en place dans ses différents pays des dispositifs juridiques pour lutter contre le racisme et les discriminations, même s’ils sont imparfaits, ce qu’aucun pays arabe n’a fait, que nous lui exigeons toujours plus ? Il n’y a pas longtemps, une écrivaine française d’origine camerounaise qui avait bruyamment soutenu Laurent Gbagbo, avait également apporté son soutien à Kadhafi, sans avoir une seule pensée pour les Noirs Africains que les forces du même Kadhafi étaient en train de martyriser.

Notre avenir doit se construire avec tous les peuples du monde, et principalement avec ceux qui nous sont géographiquement les plus proches. Mais notre histoire, que nous ne devons jamais oublier, est une et indivisible. Notre mémoire et nos indignations ne doivent pas se fragmenter. Si nous avons le devoir d’exiger des Européens qu’ils nous respectent chez eux, nous avons le même devoir à l’égard de nos cousins les Arabes.

Venance Konan- FRATMAT.INFO

Déclaration de Mamadou Youssouf Diagana président de l´OCVIDH

altLe 10 juillet dernier, lors de l’assemblée générale de l’Organisation Contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie, les adhérents m’ont manifesté leur confiance, en me réélisant pour un second mandat consécutif de deux ans à la tête de notre illustre organisation qui se bat sans relâche pour la défense et la promotion des Droits de l’homme en Mauritanie et dans le monde.  Malgré les multiples raisons que j’ai avancées qui sont d’ordre familial, professionnel et personnel pour ne pas occuper un poste clé dans l’association afin de laisser la place aux différentes compétences dont ne manque pas notre organisation, les adhérents ont voté contre ma volonté en me reconduisant à la tête de l’association. Dieu seul sait que la jeunesse de notre association est dynamique en faisant ses preuves au vu du bilan positif de ces deux dernières années de combat acharné. Je tiens à remercier au passage cette jeunesse dynamique et l’ensemble bureau sortant pour la qualité du travail accompli et le sérieux avec lequel ils ont mené cette lutte difficile.

Je profiterai aussi de cette occasion pour remercier l’ensemble des adhérents pour cette marque de considération qui m’a été réservée lors de cette assemblée générale décisive dans la vie de notre association et de la continuité de son combat pour une Mauritanie juste et égalitaire
Chers compatriotes et militants de l’Organisation Contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie, aucune autosatisfaction ne saurait avoir une place dans nos cœurs ni dans nos esprits, aucun bilan, même positif soit-il, ne peut nous détourner de l’essentiel du Combat noble que nous menons puisque les objectifs sont encore très loin d’où la nécessité d’intensifier le militantisme et de redoubler d’effort jusqu’à la fin de toutes les discriminations en Mauritanie marquées par les fléaux de l’esclavage de plus de 50 % de notre population que constituent les Harratines, du racisme d’état, de l’impunité, des aller/retour incessants des déportés que constituent les populations Noires de Mauritanie vers les pays limitrophes, du génocide des militaires négro-africains dans les casernes qu’on appelle pudiquement ou intentionnellement « passif humanitaire » pour atténuer la gravité des forfaiture des années de braise.

L’ardeur de notre lutte ne peut que s’accentuer : Un recensement excluant de facto les composantes noires de la Mauritanie : Harratines , Halpulaar, Soninké, Wolof et Bambara, constituant la famille de la communauté opprimée de Mauritanie, les dépossessions des terres de la vallée au profit des étrangers n’augurent en rien de bon pour la consolidation de l’unité nationale.
Le général Abdel Aziz, à travers un recensement trompe l’œil, tente de faire une autre recomposition ethnique de la Mauritanie en choisissant qui doit être Mauritanien, qui ne doit pas l’être, qui doit y rester opprimé à vie. Par ce même recensement, le général est entrain de procéder à un nettoyage administratif qui ne dit pas son vrai nom.

 
Face à cette situation qui dépasse tout entendement, l’Organisation Contre les Violations des Droits Humains se mobilisera et se mettra aux côtés des forces démocratiques et de progrès pour obliger le régime de Nouakchott à renoncer à sa politique de «déportation administrative du Peuple Noir de Mauritanie » dont le dessein n’est fondé que sur le désir malsain de dénégrifier la Mauritanie.
N’attendons plus jamais ! Il est temps qu’on se mobilise pour que l’histoire n’arrive pas à bégayer une deuxième fois en Mauritanie.
J’en appelle à l’esprit républicain et au Patriotisme de tous les mauritaniens, Arabo-Berbères et Noirs confondus de s’unir pour dire non à ce piège suicidaire que tendent nos gouvernants avec à leur tête, le Président de la République, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Au-delà de ce recensement, notre ONG des Droits de l’homme restera encore une fois droite dans ses bottes et ne saurait se détourner de ses objectifs. Elle réagira spontanément aux multiples événements qui surviendront en Mauritanie et comme ailleurs. Tout comme par le passé, elle restera vigilante, réactive et déterminée à troubler la quiétude des tortionnaires mauritaniens qui se hasarderaient à se déambuler en toute impunité dans l’espace Européen ou mondial où la justice dans le cadre de la compétence universelle peut être saisie.
Plus rien ne se passera comme par le passé et l’Organisation Contre Violations des Droits Humains prendra toujours rendez vous avec tous les mauritaniens et tous les citoyens du monde épris de paix et de justice pour bâtir ensemble un monde de paix, de partage et de justice.
Notre nouveau bureau exécutif, avec l’aide de nos adhérents, militants et sympathisants, entend mener cette lutte avec responsabilité, et remplira son mandat conformément au souhait de l’assemblée générale malgré les difficultés du moment et la complexité des situations
Tant que l’esclavage, le racisme, l’impunité et les exclusions demeureront un système de règne et de gouvernement en Mauritanie, l’Organisation Contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie sera là où elle devra être, c’est-à-dire sur le terrain du combat, pour s’y opposer par tous les moyens possibles, légaux et imaginables.

Je vous remercie.
Vive la Mauritanie et Vivement le triomphe de la justice et de l’égalité!

Le Président de l’Organisation Contre les Violations des Droits Humains
M. Diagana Mamadou Youssouf

 

RECENSEMENT: Carton Rouge à Mohamed Ould Abdel AZIZ par Bâ Ciré

altPour aller droit au but, je fais l’économie de démontrer qui est Mauritanien ou ne l’est pas. Nous le sommes tous et voulons vivre ensemble égaux en droits et en devoirs. Le recensement en cours est une opération politique et administrative d’épuration ethnique. Le maître d’œuvre est le Président putschiste Mohamed Ould Abdel AZIZ qui est un ESCROC de première classe, je le soupçonne fortement, d’ailleurs, d’être GENOCIDAIRE au même titre que son chef Maawiya Ould Sidi Mohamed TAYA qui l’a formaté à l’école de la haine de l’autre, différent en apparence. Je serai ravi de recevoir sa plainte contre moi pour diffamation. Mohamed Ould Abdel AZIZ, en ordonnant « l’épuration » de l’état civil de notre pays, entendez exclure les Mauritaniens du Sud, applique la « Solution Finale », si nous n’étions pas reconnaissables, l’escroc nous aurait peut être fait porter un signe distinctif. Cela vous rappelle l’HOLOCAUSTE !!! Alors donnons- lui un carton rouge, synonyme d’expulsion de la maison ocre. Cet homme est dangereux et n’a pas la capacité à diriger notre pays. Personnellement, j’ai toujours milité pour un cantonnement de l’armée.

Notre armée, l’armée, n’a pas vocation à faire de la politique. Elle doit être au service du politique qui rend compte aux électeurs. Mieux notre armée, son armée,  est disqualifiée à faire de la politique parce qu’elle est GENOCIDAIRE. Chaque militaire en activité devra prouver qu’il n’est pas impliqué dans ce GENOCIDE. A ce titre, je considère la « prière de Kaédi » pour des morts sans sépultures, assassinés par ceux qui organisent la prière, comme nulle et non avenue, on n’impose pas à sa victime le pardon sur mesure, couteau sous la gorge.

Je m’associe aux appels de résistances contre les fossoyeurs de la Mauritanie, à leur tête l’ignorant Mohamed Ould Abdel AZIZ, pour l’annulation de cette stupide opération raciste et inutilement vexatoire. Ne cédons pas aux sirènes de la classification en bons et mauvais Mauritaniens. L’enjeu est ailleurs : Le Pouvoir, la bonne Gouvernance, la Démocratie et l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. Je demande à tous les partis politiques, les syndicats, les ONG de défense des droits humains, la société civile, les étrangers vivant parmi à dénoncer cet enrôlement. En attendant, indignons nous, protestons, refusons, manifestons notre refus partout dans le monde

Monsieur Ould Abdel AZIZ, vous allez loin dans votre escroquerie. En vous présentant comme le Président des pauvres, vous avez trompé ceux qui ont cru en vous et bénéficié ainsi d’un capital de sympathie. La récréation est terminée. Vous faites étalage de votre incompétence, vous n’avez pas de programme politique et  n’êtes crédible qu’aux yeux de vos laudateurs qui se retourneront et vous traineront dans la boue au prochain coup d’état. 

Pour ma part, je vous ai toujours considéré comme un usurpateur et co – responsable des actions du génocidaire Maawiya Ould TAYA. Votre recensement discriminatoire complète son œuvre. Que les Fibirbaaji emportent votre pouvoir.

Ciré BA Paris-France

www.flamonline.com

Avancer ou aller droit au mur !

altTout ce qui n’avance pas présente des signes d’inefficacité.Qu’en est-il du gouvernement en place et des institutions politiques dans leur ensemble ?Il y a sans doute une cause qui n’échappe à personne.C’est le refus de changer de cap, de marquer une rupture par rapport au passé et la tendance à se complaire dans l’anarchie, la médiocrité et l’autosatisfaction sans fondement.Aucun président si autocrate soit-il ne saurait à lui seul mener le pays vers une direction voulue.

Aucune volonté politique n’a la force d’exercer son empire sur le système dans son ensemble au point de modifier la manière d’être des mauritaniens. Ainsi ce n’est pas par le discours et les bonnes intentions que la Mauritanie va avancer. Ce ne sont pas les promesses fermes qui créeront les conditions d’un changement rapide. Le changement se fait par la culture, la discipline, le respect des diversités culturelles, des opinions multiples, de la tolérance et du dévouement dans le travail. Nous avons du mal à observer ces règles fondamentales sans lesquelles nous n’allons jamais retrouver le chemin de la démocratie et du progrès économique politique et social. L’exemple doit venir d’en haut pour servir de modèle. D’abord du premier magistrat de la République qui a fait de la lutte contre la gabegie son cheval de bataille sans s’attaquer au mal par la racine. Tous les mauritaniens savent que les dignitaires des différents régimes ont bâti des châteaux sur les biens publics. Beaucoup de hauts gradés de l’armée possèdent des palais et des actions dans de grandes entreprises privées. Des personnalités très connues sont citées parmi les hommes les plus fortunés d’Afrique. Pourquoi ne pas s’intéresser à tout ce monde quand il s’agit de lutter contre les prévaricateurs. Pourquoi ne se limiter qu’à quelques personnes sur lesquels pèsent certes des soupçons mais contre lesquelles des preuves suffisantes manquent. On ne peut pas reprocher à une administration d’être improductive quand on fait la promotion de la médiocrité et du favoritisme à outrance. Rien dans cette administration ne va changer tant que ce sont des individus sans niveau qui sont cooptés dans tous les postes de responsabilité. Quand les hommes intègres et compétents sont relégués au second plan. On ne peut pas parler de justice, d’égalité de chance, des droits citoyens quand tous ces principes sont bafoués. Voyons aujourd’hui comment la dignité des citoyens noirs est piétinée par des individus sans scrupule qui croient incarner l’Etat, se substituer à la justice et insulter la morale. Alors qu’ils n’ont aucun mandat de le faire. La Mauritanie ne saurait se construire sans la participation de tous ses fils dans l’œuvre de l’édification d’une nation forte débarrassée de ses complexes et de ses archaïsmes. Il est temps d’avoir des dirigeants à la hauteur capables de faire respecter l’ordre c’est – à – dire appliquer la justice et l’égalité des chances à tous ! Sinon le chaos est inévitable mais non souhaitable…

Cheikh Tidiane Dia –LE RÉNOVATEUR.

Solution biométrique : L’enrôlement en passe d’être stoppé. A qui la faute ?

altD’un recensement à l’autre, les mauritaniens ne savent plus à quel saint se vouer ! Entre 1994 et 2000, des projets de refonte de l’état civil avec l’appui financier de la France, avait permis de collecter des données statistiques à travers le Recensement Administratif National à Vocation d’Etat Civil appelé RANVEC, mené en septembre 1998 sur l’ensemble du territoire national. Cette action, clamait t-on ici et là, avait aussi permis d’élaborer un fichier électoral sécurisé.

Pour cela, combien d’étapes avaient été franchies avant de mettre sur pied un embryon d’état civil ? Quatre ans (4) ! Douze ans après, retour à la case départ avec l’annonce d’un nouveau recensement incluant cette fois la technologie biométrique. Laquelle a fait l’objet d’un bras de fer très dur opposant deux services du ministère de l’intérieur, à savoir : l’état civil et le projet de carte nationale d’identité. Si la police a eu finalement gain de cause pour ce qui est du partenaire, la société française SAGEM Morpho qui a gagné le marché d’appel d’offre de fiabilisation et de sécurisation des documents nationaux d’état-civil, par contre, elle a perdu le contrôle du projet carte d’identité qu’elle gérait. Plus grave encore, le projet a fermé et son fichier national transféré à l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS) créée en lieu et place de l’Office Nationale d’Etat Civil (Onec).

Le bras de fer
Cette perspective les responsables du projet de la CNI la voyaient venir, quand décision avait été prise déjà par le ministère de l’intérieur et de la décentralisation, de suspendre la confection et le renouvellement des cartes nationales d’identités. Aujourd’hui le projet n’existe plus et son personnel a été remercié. Et pourtant de son démarrage effectif le 17 octobre 2000, jusqu’en janvier 2009, ce projet a réussit la prouesse de produire 1. 685.320 cartes nationales d’identité pour un objectif à atteindre fixé à 1.800.000 cartes à produire. Quelque soit ses insuffisances, le projet était une référence dans la sous région puisque beaucoup de pays qui nourrissaient la même ambition se sont bousculés à Nouakchott pour s’inspirer de l’expérience mauritanienne en la matière. Seul ombre au tableau, le projet fonctionnait toujours avec un matériel vétuste. M. Mohamed Fadel 0uld El Hadrami dit M’Rabih 0uld El WeIi qui en est le directeur général, rechigne encore à communiquer en dehors des médias d’Etat. Impossible pour des journalistes de la presse indépendante d’accéder à lui en vue d’éclairer l’opinion sur les contours de ce recensement. A toute sollicitation on s’entendra dire que s’il y a communication ce sera fait par voie de presse officielle. Il était annoncé que le nouveau recensement allait être lancé le 28 novembre à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale. Malgré tout le tapage médiatique fait autour de la question, le démarrage n’a pas eu lieu à la date indiquée.

Commissions de recensement zélés
Dans les faits, l’opération d’enrôlement des populations pour la mise en service de la solution biométrique de définition d’identité sécurisé ne sera lancée à Nouakchott le 5 juin 2011, par le président de la république Mohamed Ould Abdel Aziz. Théoriquement, l’opération vise notamment à lutter contre la falsification des documents d’identité, l’immigration clandestine, le trafic des stupéfiants et le crime organisé. Il permettra aussi de déterminer l’identité de chaque habitant qu’il s’agisse d’un citoyen ou d’un résident. Selon le ministre de l’Intérieur Mohamed Ould Boilil, « ce système va permettre de créer une base de données à tous les habitants, ce qui aura pour effet de renforcer la sécurité nationale en mettant en place les statistiques de base pour pouvoir fixer des politiques de développement orientées et efficaces ». Dans la pratique à quoi assiste t-on ? A un recensement cauchemardesque hors norme aux objectifs inavoués, dangereux pour l’unité nationale et la stabilité du pays. Le ton du faux départ a été donné avec le recrutement des agents recenseurs qui soulèvera un tollé par les copinages de proximité tribale, idéologique, politique et raciale. Un scandale que des ONG des droits de l’Homme vitupérées par le pouvoir, vont très vite dénoncer. Le FONADH qui juge discriminatoire la composition des différents organes du RNP qui font la part belle à une seule communauté, a dénoncé cette discrimination et exigé sa révision pour tenir compte des autres communautés (Pulaar, Soninké et Ouolof). A juste raison d’ailleurs car chat échaudé craint l’eau froide. Tout le monde a encore en mémoire les évènements de 1989. Et le RANVEC de 1998 a été l’occasion saisie par le régime des années de braise anti négro-africaine, pour détruire des archives d’état civil, surtout le long de la vallée du fleuve. C’est pourquoi ce nouveau recensement est accueilli par les populations négro-africaines avec beaucoup de méfiance.

Le directeur de l’état civil sur des braises
Déterminées à ne pas laisser faire un tel recensement, elles seront reçues par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation vers fin juin passé.
Mohamed Ould Boïlil qui a écouté longuement les récriminations de ces organisations, a promis de rectifier le tir très prochainement. Bien qu’il ne l’ait pas affiché publiquement, il semble que le ministre de l’intérieur soit excédé par le zèle du directeur de l’état civil sur lequel il n’a apparemment aucun contrôle. A quelques mois de sa retraite devant intervenir dit-on vers fin décembre, sans doute Ould Boïlil a-t-il fait le choix de garder profil bas convaincu que le recensement va droit au mur si le cap n’est pas corrigé. Qui plus est, l’idée d’une campagne de boycott de ce recensement fait son chemin dans la population soutenu par des pans entiers de la société. Emboîtant le pas aux organisations de la société civile, l’UFP exige l’arrêt pur et simple de l’opération. Le commandement de l’administration territorial très remonté, n’entendrait faciliter la tâche à l’état civil pour avoir fait en sorte de l’écarter de la gestion. Voilà une situation qui agite en ce moment les milieux politiques et sécuritaires du pays qui travaillent pour que cette opération soit arrêtée du fait de la tournure que ce recensement est entrain de prendre.


Moussa Diop-LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT