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Le vagabondage intellectuel par Elimane Bilbassi
Le philosophe italien Ottavio Moravia, disait que l´intellectuel, pour jouer son rôle à l´exemple de ses prédecesseurs athéniens, doit “viser l´absolu et non le relatif “. L´absolu, on ne l´atteint jamais. Mais le chemin des ronces et de boue qu´on parcourt à l´occasion est celui du progrés. En Mauritanie, au pays de millions d´habitants et de millions de poètes, les “intellos” pardon, les “instruits”, ou les “alphabétisés”, les”diplômés”,”les universitaires” on ne sait plus, parce que n´est pas intellectuel qui le veut, visent plutôt le relatif (être ministres, ambassadeurs, porte-documents, léches-cyber, chambellan, prestige…etc..) du coup ils renoncent à assumer leur rôle; A être le phare de l´élite. Ils commencent par renoncer à dire la vérité car “dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parcequ´ils se font haïr” (B. Pascal). Ils se font haïr par ceux-là que la révélation de la vérité déshabillent.
Nos intellos se murent dans le silence ou dans les complaisances dès qu´un sujet d´intérêt national est abordé: le racisme d´Etat ou la question nationale, le “passif” humanitaire(le génocide), les déportés, l´esclavage, la dictature militaire. On se réfugie derrière les équilibrismes dignes des “machiavéliques” on se convertit en francs-tireurs contre même ces adversaires génants, “diseurs”de vérité.
D´autres nagent dans des phraséologies, alignent des superlatifs comme si on était à un concours de “prix nobel” de la littérature, ils cherchent à séduire par le style que par le fond. Et quand ces messieurs débitent leurs galéjades et se débattent, godiches, dans les toiles de leur contradictions, ce n´est plus du comique, mais du pitoyable. On en pleure à force d´en rire.
A la première lecture sérieuse de leurs écrits ou à l´écoute de leurs sorties on découvre des écrans de fumée qui révélent leur imposture intellectuelle et leur véritable “identité” ou “idéologie” qu´ils ont tenté vainement par leur carapace “d´intellos”- auto-proclamés-(c´est la mode) de masquer. Leurs textes et idées c´est du rechauffé, des propos de Merlan, du barati de maquignon. La réalité aussi est que nos soient-disants “intellos-auto-proclamés” n´ont jamais été des foudres de guerre en réflexion sérieuse mais plutôt des tartarins plus tartes que le vrai.
C´est un truisme de dire que certains “intellos” méritaient le qualificatif de cancres indécrottables virtuoses de la borgnette. Ils sont spécialistes de tout et de rien. Emportés par leur désir hypocrite de critiquer, ils en font un chouille trop et versent facilo dans des absurdités impossibles. Ensuite, quand ils ont déféqué à satiété ses salmigondis de critiques, ils s´érigent en donneurs de lecons et y vont leur panacée sociale d´analyses “socio-politiches”, parfois si absurdes qu´on se demande s´ils ne prennent pas les gens pour des perturbés de la coiffe.
Dans le domaine du baratin à un sou la phrase, nos “intellos auto-proclamés” ou “littérétheurs “, quand ils enfourchent leur dada favori appelé “fadaises” et tricotent dans le décor, pour leur faire revenir dans le circuit, c´est pas millefeuille.
J´aurais voulu bombarder ici toutes mes vérités, laisser exploser toute ma “rage” (du zoom-humeur enflammé) et décocher sur ces petits “politicards”ou “politichiens”, “arrivistes”, opportunistes plusieurs salves après leurs sorties funestes et si insipides que cet espace n´aurait suffi. Et puis à quoi bon? Car j´ai le sentiment qu´avec ces messieurs c´est du “chasser le naturel, il revient au galop”.
Il n´est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, il n´est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. En voulant faire des vrais démocrates mauritaniens des “adeptes du satan” ils tombent dans leurs propres fosses et nous on s´en délécte.
La contradiction intellectuelle comme disait l´autre n´est pas mortelle comme tout le monde le sait, mais elle peut logiquement conduire à la retraite. Malheureusement pour nous ces messieurs sont même la “contradiction” en chair et en os.
Vous conviendrez avec nous -que le domaine théorique ne supporte pas certaines légèretés même quand on choisit son camp (celui du statu-quo et de l´injustice) c´est pourquoi je n´ai même pas le temps pour relever leurs contradictions dans leurs “pamphlets” tellement elles sont nombreuses. Vous conviendrez avec nous aussi qu´il y a plusieurs maniéres de voir.
Il y a entre autres, ceux qui voient les réalités et les rapportent objectivement et ceux qui fabriquent de toutes pièces leurs “bases de données” et rapportent leurs propres chimères (leurs Hadith). Ils ne comprennent pas que la tâche de l´intellectuel comme disait Martin Luther KING ce “n´est pas de distribuer l´aménité mais d´essayer d´énoncer ce qui est, son propos n´est pas de séduire mais d´armer”.
En Mauritanie, au pays des “rêves et des merveilles” où l´engouement pour le mot “intellectuel” est la “chose la mieux partagée”, la simple véracité des faits n´intéresse “personne” observait un camarade philosophe. Ce qui, au contraire trouve beaucoup de serviteurs, ce sont les “investissements” avec des taux d´intérêts élevés”.
À la prochaine. Et La lutte continue.
Elimane Bilbassi.
Publié sur Flamnet le Lundi 30 Septembre 2002
Mauritanie, le régime présidentiel en cause ! par Synaps Diallo FLAM-Amérique du Nord- Sherbrooke- Québec
C’était un certain août 2005 que des forces militaires avaient mis fin à 20 ans de tyrannie sans précédent dans l’histoire de cette jeune nation d’Afrique du nord-ouest. La Mauritanie venait en effet de sortir d’un long coma qui fut caractérisé par le népotisme, le racisme, la xénophobie, le chauvinisme, la corruption, le pillage des ressources, des fosses communes, des déportations massives, l’esclavage, l’assassinat économique de certaines communautés et le trafic de drogue. Tous ces crimes érigés en politique d’état, sévissaient dans un décor d’impunité sans la moindre inquiétude des auteurs. A l’autel de la barbarie gratuite, les guerriers d’hier se terraient sous le silence de la complaisance, tandis que les autres se forgeaient une bravoure virtuelle dans la fiction mélodieuse de leurs griots. A cette heure de crépuscule du pays des mille et un poètes, tout fut indigne à la hauteur de l’inaction des Hommes intègres. C’est dans ce climat délétère que des putschistes ont suscité un sentiment de grand espoir matérialisé par une liesse populaire et un soupir de soulagement murmurant le vent de la liberté. Le Comité militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) avait alors déclaré, je cite : “unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières années”.
Deux ans de transition ont par la suite abouti à un vote référendaire unanime, limitant le mandat présidentiel à deux années et à l’élection d’un président civil.
Cependant le peuple avait tort de se réjouir trop tôt, le soleil apparaissant à l’horizon fut aussitôt obscurci par des nuages téméraires signant la désillusion nationale. À travers les méandres illuminés de ses obscures incompréhensions, les mauritaniens tentaient tant bien que mal à garder le dernier de leurs optimismes.
En réalité, tout ceci ne fut qu’une mascarade. Comme par le passé le peuple n’avait rien décidé du tout. Comme toujours il fut manipulé et couvert de vernis pour bouffonner la légendaire hypocrite communauté internationale. Le président civil, Sidi Ould Cheikh Abdallah, ne fut en fait jamais élu par le peuple, mais choisi par les bien-futés militaires. Ils se sont convenus de calmer l’ardeur des « pseudo-opposants » par des nominations à la rigolote: Ould Boulkheir devient président du parlement, Ould Daddah chef de l’opposition, Ould Zeidane premier ministre. Ayant trop compris la pusillanimité de l’opposition qui valse entre l’opportunisme et l’attentisme, les militaires n’avaient jamais compté établir un équilibre et un partage de pouvoir. Le seul pouvoir en réalité ne fut que militaire, et cela depuis 1978. Mais cette supercherie n’engage que ceux qui y croient. Il semble fatalement que l’histoire dans ce désert n’est qu’un éternel recommencement.
La démocratie (du grec démos : le peuple, cratos : le pouvoir) signifiant le pouvoir au peuple, ne fut jamais qu’une symphonie dans l’imaginaire de cette nation à l’agonie.
Malgré tout la Mauritanie ne fait pas l’exception mais est la règle dans ce continent. En effet, l’Afrique est une pure invention de l’occident, car depuis la conférence de Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 on lui a imposé des frontières qui n’ont jamais respectées les uniformités identitaires de ses populations autochtones. Cette situation fait qu’un président sera toujours le président d’une ethnie au détriment des autres. Logiquement même dans un pays où le vote est transparent, cela ne conduit pas à la démocratie, puisque c’est l’ethnie majoritaire qui en sortira gagnante. Ou au contraire ce sera une tribu, une ethnie minoritaire qui détiendra par les armes une suprématie oligarchique sur les autres communautés. L’Homme africain, ce métissé culturel, n’a que trop peu profité de sa diversité pour construire son unité. Alors le président élu ou autoproclamé met en œuvre un gouvernement mono-ethnique, poursuivant son propre idéal et celui de son clan. Il a le rôle d’un chef qui décide tout et ce qu’il veut, allant jusqu’à réprimer dans le sang une manifestation pacifique ou ordonner une épuration ethnique. C’est pourquoi les militaires s’y retrouvent avec grand zèle pour appliquer leur culture anti-démocratique. Afin de masquer la terreur de l’état, quelques personnes sans scrupules issues des communautés marginalisées sont figurativement nommées à des postes de responsabilité au prix du silence meurtri des siens. Les populations exclues deviennent alors le lumpen prolétariat à qui on donne le juste nécessaire pouvant maintenir la force du travail dans un environnement de vie qui frôle l’enfer. Ces états mafieux qui bâillonnent et affament, érigent la rapacité en culte. L’argent des riches sous-sols et des aides est dilapidé sous le silence complice de la communauté internationale. Les contrats d’exploitation des richesses sont souvent d’ailleurs signés sans transparence à titre personnel. Les élites gouvernantes assurent leur avenir et ceux de leurs proches dans les pays développés : éducation, santé, sécurité alimentaire, emploi, etc. ; tant qu’il en existe ailleurs, le développement de leur propre pays parait être le dernier des soucis. L’Etat est considéré comme une cagnotte où il faut se servir en toute impunité. Les capitaux que les bras des millions de travailleurs ont produits avec leurs sueurs, sont dépensés sans limites dans ces pays étrangers, écroulant au passage l’économie nationale.
Le peuple se meurt tandis qu’une minorité se désaltère allégrement. Dans la jungle les vautours ne se nourrissent que du désespoir ! La rapacité allant de plus belle, bientôt ce ne sera plus sur une base ethnique que l’injustice se manifestera, mais des conflits d’intérêt entre membres d’une même communauté surgissent, réveillant alors d’anciennes querelles que les autres ethnies « bouc-émissairisées » avaient servi à inhiber. Le phénomène prend alors une tournure nationale, puis d’une seule voix, le peuple finit par hurler son ras-le-bol contre l’Union des Profiteurs de la République (UPR). La discrimination des uns créant l’insécurité des autres, il arrive forcément un moment inéluctable où tout bascule.
Voilà pourquoi la gestion et le partage équitable des richesses est une nécessité pour une nation et non de la rhétorique bien-pensante servant à embellir les discours politicards et opportunistes. Ainsi la nature tend toujours vers l’équilibre, c’est une certitude presque mathématique tant la relation de causalité a été récurrente depuis la nuit des temps. Guerre civile ou révolution, il est de toute évidence certain que plus rien ne sera comme avant. Les profiteurs d’hier sont poursuivis, chassés. L’histoire témoigne, les exemples sont nombreux, c’est ainsi depuis l’aube des nations. L’Homme a seulement trop souvent la mémoire courte, mais le passé est une école pour ceux qui prennent le temps de méditer. Rien n’est immuable ici-bas, le changement est la loi de la vie.
J’en arrive donc à déduire que le régime présidentiel est arbitraire et est incompatible avec nos réalités. La république française d’où nous tirons le modèle présidentiel est entrain d’expérimenter des discriminations au fur et à mesure que sa population se diversifie. Les Etats-Unis ont rajouté le fédéralisme à leur modèle présidentiel pour gérer leur nation cosmopolite. Le régime présidentiel n’est donc pas un choix judicieux pour la Mauritanie ni pour aucun pays africain.
L’homme providentiel fusse-t-il de bonne volonté, ne peut être à lui seul au service de l’ensemble d’une nation aussi diverse que la Mauritanie. Je persiste donc à penser qu’il est absurde de donner la responsabilité à un seul homme de commander l’avenir de millions de gens aux sensibilités aussi plurielles.
Le résultat est d’ailleurs évident en Mauritanie, le nouvel homme fort du pays comme se plaisent de le rappeler les médias occidentaux, autoproclamé général, auto-élu président pour devenir président-général, est là pour sa tribu et son ethnie. Le reste du peuple peut se contenter de la citoyenneté de seconde zone. Pour preuve, demandons-nous quelle est la part représentative des autres communautés dans la gestion du pays ? Demandons-nous pourquoi les tortionnaires les plus zélés d’hier son aujourd’hui promus ? Ould Abdel Aziz propose même d’assurer la sécurité à Ould Thiaya plutôt que de réclamer son extradition. Pourquoi les défenseurs des droits humains contre l’esclavage sont diabolisés et emprisonnés ? Pourquoi les corrompus les plus ignobles sont nommés à des postes de responsabilité ? C’est sans doute dans le but de pervertir la république en essayant par la même occasion de ne donner au peuple que la voix de l’indignité. Ces Etats-voyous, justifient alors leur pouvoir antidémocratique en criant à qui veut encore le croire , que leurs nations ne méritent pas mieux que la dictature. C’est ainsi que le peuple est infantilisé pour justifier le paternalisme arrogant et ignare des esprits dirigeants.
Le président-général, habitué aux compliments hypocrites des soldats de la trahison, doit comprendre que l’enjeu n’est pas d’être l’hyper président qui à coup de baguettes magiques résoudra seul tous les problèmes. Aucun mortel ne peut y parvenir, celui qui le prétend est simplement atteint d’une folie de grandeur qui le mènera à une gestion autocratique de l’Etat. La vraie question est de savoir comment construire des institutions républicaines fiables garantes de la stabilité du pays et au service d’une démocratie participative?
A mon avis, un régime parlementaire plus représentatif des sensibilités du peuple serait mieux adapté à la Mauritanie. Le pouvoir désormais devrait se partager entre un parlement et un sénat élus par le peuple, puis d’un conseil des sages formé de personnalités morales à l’image de la diversité populaire. De plus, un premier ministre, mandaté par les députés élus, assure l’exécutif. Le conseil des sages coiffe le sénat et a un rôle d’arbitre tranchant les litiges dans les deux chambres. Une cours suprême de justice indépendante interprète la constitution et a une compétence d’appel. Le commandement de la police et les différents corps de l’armée devra être réparti entre le parlement, le sénat, le conseil des sages et le premier ministre. Ainsi c’est au peuple qu’il reviendra de construire la nation dans une démarche participative à travers ces institutions républicaines et démocratiques, mais également à travers la presse, des syndicats, des Ong, des ligues, des coopératives, etc.
C’est à cela que le président-général doit s’atteler. Je persiste et signe, sans la création de ces institutions républicaines indépendantes à la place du clientélisme matérialisé par l’ UPR (Union des Profiteurs de la République), l’histoire sera hélas un éternel recommencement dans ce pays.
Telle est la grande question et le lieu du vrai débat politique mauritanien !
A défaut de cette action providentielle du président-général, c’est au peuple qu’il reviendra d’écrire sa propre histoire. La révolution, la vraie cette fois-ci, à la mauritanienne sans doute, aura alors inéluctablement lieu. Ce jour-là, les rues des grandes villes de la nation mauritanienne seront inondées de sapiens, scandant : Liberté !! Justice !! Égalité !! Ou simplement Dégage !!!
Cependant considérer l’évènement d’aout 2005 ou d’aout 2008 comme une révolution, relève lamentablement du burlesque !
L’Exigence de Restauration de la Morale Publique : Le nécessaire ressaisissement par Mohamed Salem Ould Merzough
Déjà, la catastrophe ? C’est un ensemble de pitreries ? Non des logorrhées ? Combien de phrases, à l’emporte-pièce, et d’approximations, avions-nous entendues ? Soyons sérieux et responsables. C’est l’une des clefs de notre avenir individuel et collectif : la restauration des bases d’une morale publique. Plastronner dans les salons, vociférer dans les rues et remplir des pages, sur le net, ne font guère avancer le monde. Si, certaines personnes, aujourd’hui internautes, pour la plupart, dépensaient, autant d’énergie, dans la réflexion constructive, nous serons loin, très loin dans le balisage de notre devenir collectif. Dans nos pays, on pense qu’être responsable et honnête consiste en une mutation en donneur de leçons. La critique est certes un exercice sain, mais elle peut se muer en un sport puéril et contre-productif dès lors qu’elle ne charrie aucune proposition. Sa banalisation chez nous, la rend nuisible. D’une nécessité pour nos sociétés, et bien d’autres, elle est devenue source de blocage rugueux, de différenciation ubuesque et de schismes virtuels. Les journaux sérieux et professionnels sont jugés, à leur corps défendant, à l’aune injuste du comportement d’une faune sans nom, sans repère et sans erre. Les sites dont certains constituent notre fierté sont visités, à longueur de temps, par tant d’anonymes lâches dont la seule activité est la délation. L’anonymat et le refus du débat contradictoire sont des marqueurs de lâcheté et des signes de faiblesse.
Tant de haine, d’injustices et de calomnies sont versées de partout. Les sujets fondamentaux sont emballés dans des constructions poussées à un niveau aussi ridicule qu’ahurissant. Nous devrions nous ressaisir. Le moment est arrivé de répandre l’humus sur lequel doivent bourgeonner nos projets de demain en fondant une véritable morale publique.
Dans ce cadre, la transparence doit être la règle et le viatique d’une gouvernance nouvelle plus globale qu’elle ne l’est aujourd’hui. L’exercice des responsabilités publiques n’exonère en rien ni n’expose. Travailler dans une ONG ou exercer un travail de journaliste ne sauraient être un passe-droit. Chacun est responsable de ses actes, de ses écrits et de ses agissements.
La construction d’une gouvernance globale et structurante est une autre manière de mettre un terme à tous les errements et de lutter contre la paresse intellectuelle. Le fauteuil moelleux de la critique facile doit sauter sous les flots de la vérité qui jailliraient des entrailles des facilités, de toutes les facilités et de l’écheveau des passe-droits. C’est, à ce prix et, à ce prix seulement, que prendra forme la construction de solutions durables à nos problèmes. C’est, à ce prix, aussi que nous donnerons corps à la saine confrontation des idées.
Ce faisant, nous serons aptes à lisser les tumultes, à extirper la haine, à se tourner enfin vers la vérité et la justice. Nous devons ce ressaisissement à nous et au reste du monde.
De ma station ou des stations qui auront été les miennes, j’ai pu mesurer la vanité des choses et l’injustice que vivent tant de personnes jetées, sans raison, à la vindicte. J’ai pu mesurer les opportunités que peuvent offrir le dialogue, la tolérance, les débats contradictoires et les confrontations des idées loin de toute velléité ou tentation logorrhéique.
Avec les autoroutes de l’information et le cybermonde en mutation profonde, je n’ai pas échappé au statut de blogueur. J’ai mis en ligne mon blog www.merzoug.org dans lequel je tente de partager mes idées, mes pensées et mes réflexions, sans doute, modestes.
Je crois que le partage et l’échange sont les vertus cardinales d’un monde policé et ouvert. C’est un objectif que nous devrions construire sans relâche. Les servitudes des hommes publics sont grandes. Elles sont peu comprises par ceux qui occupent le champ clos des commentaires parfois, approximatifs, rarement sérieux.
Or, porter un jugement global requiert une évaluation basée sur des investigations de nature à donner des bases factuelles éclairantes. Dans cette démarche, au-delà des données factuelles, une place doit être accordée aux moyens et au contexte de l’action menée.
A cet effet, l’alerte, la critique et la proposition doivent être conjointement conduites et construites. Les commentaires hâtifs ont fait tant de ravages. Ils brisent l’élan d’unité et de cohésion. Ils annihilent les efforts louables d’une vie publique apaisée. Dans un état démocratique, la majorité considère souvent tout propos de l’opposition comme un crime de lèse-majesté. De son côté, l’opposition prend les textes et les actions du pouvoir comme des virus ravageurs. Les commentateurs zélés attisent et jouent de ces contradictions.
On aboutit au final, à un fouillis inextricable de contre-vérités, de mélanges des rôles et des genres. Il suffit de suivre les débats retransmis par les télévisions nationales pour mesurer l’ampleur de ce cirque.
Propositions et contre-propositions, vrais réacteurs d’une vie publique saine, sont absentes. La Presse et la Société Civile s’alignent et/ou glissent sur la pente de la facilité et même de la paresse intellectuelle.
Or, elles sont au cœur de la modernisation de la vie publique qui, compte tenu, de ce que je viens de décliner, est segmentée et cloisonnée.
Dans ce contexte comment voulons-nous rebondir ? Je persiste, à penser, que la gouvernance réinventée et légitimée passe la recherche de la vérité, les débats contradictoires, la saine confrontation des idées et de la tolérance. Réduire notre champ d’action à une foire d’empoignades et à une course effrénée au mensonge et à la délation nous enfoncerait davantage.
Alors ressaisissons-nous en recherchant la vérité et en plaçant sur la place publique nos arguments contradictoires.
Mohamed Salem Ould Merzough- Commissaire de l´OMVS
La chute de Gbagbo est une “très bonne chose” pour l`Afrique (Wade)
Le président du Sénégal Abdoulaye Wade estime que la chute du chef de l`Etat sortant le Côte d`Ivoire Laurent Gbagbo est “une très bonne chose” pour l`Afrique et pour les prochaines élections sur le continent, dans une interview au quotidien français Le Figaro à paraître jeudi. La chute de Laurent Gbagbo, arrêté lundi par les forces loyales à Alassane Ouattara reconnu élu à l`issue du second tour de la présidentielle de novembre par la commission électorale et la communauté internationale, “est une très bonne chose”, affirme M. Wade. “A l`avenir, aucun chef d`Etat africain ne pourra plus s`aviser de refuser le verdict des urnes. Si l`on avait accepté le maintien de Laurent Gbagbo au pouvoir, ce n`était plus la peine d`organiser des élections en Afrique”, poursuit-il.
Après quatre mois de crise post-électorale, le président sortant qui refusait de quitter le pouvoir a été arrêté après un pilonnage intensif mené
par les forces françaises de Licorne et celles de la Mission de l`ONU en Côte d`Ivoire (Onuci), selon les Nations unies, Paris et le gouvernement de M.Ouattara. “Il fallait aller vite”, dit M. Wade en réponse à une question sur le recours aux forces françaises. “Si on ne l`avait pas fait, il y aurait eu beaucoup plus de dégâts et de morts. A la fin, la situation dégénérait. Les milices de Gbagbo s`attaquaient à tous les Ouest-Africains. Certains ont été brûlés vifs, dont des Sénégalais.
Nous avons demandé le soutien de la France pour détruire les canons, tout en demandant à être informés de son action. Mais ce ne sont pas les Français qui ont arrêté Gbagbo, ce sont les Forces républicaines de Côte d`Ivoire d`Alassane Ouattara”, dit-il. Le président sénégalais souligne dans le même temps le rôle des pays africains dans l`établissement de M. Ouattara au pouvoir. Les chefs d`Etat de la Commuanuté des Etats de l`Afrique de l`Ouest (Cédéao) ont “à l`unanimité (…) demandé à Laurent Gbagbo de partir et décidé d`utiliser éventuellement la force pour l`y obliger”, rappelle-t-il. “L`Union africaine (UA) a saisi le Conseil de sécurité de l`ONU, qui a donné mission à la France de détruire les armes lourdes de Gbagbo. La décision vient donc de nous, les Africains”. Il estime enfin qu`il a été impossible de convaindre Laurent Gbagbo de partir. “Ce n`est pas faute d`avoir essayé”, dit-il.
AFP
Quelle est notre boussole politique en Mauritanie? par Abdoulaye Ba- Québec- FLAM Amérique du Nord
Je me suis toujours posé cette lancinante question depuis plusieurs années. Après de longues hésitations et tergiversations, j’avais fini par émerger à la conscience, à la rationalité que la seule boussole politique et sociale devant guider le noir mauritanien dans sa quête d’identité et de reconnaissance est les FLAM. Ce mouvement longtemps réduit dans le silence pendant de longues années par des systèmes politiques ethno fascistes et racistes et considéré comme le manichéisme pur et dur, s’est révélé au fil de l’axe temporelle de plus en plus comme étant la boussole qui doit guider, orienter le négro-mauritanien dans sa recherche d’une issue de reconnaissance identitaire, culturelle, économique sociale et politique dans une Mauritanie foncièrement tribale, raciale réfractaire aux sirènes des changements exprimés. J’avoue cependant, quand j’étais encore dans ce pays, je n’avais pas émergé à la conscience sociale et politique. J’avais des œillets probablement qui m’empêchaient d’accéder à cette revendication politique que nos ainés ont voulu très tôt extirper des décombres poussiéreuses des politiques déviantes, oppressives à travers leur premier manifeste des négro mauritaniens. C’est de là que commença notre émergence à la rationalité et la conscience politique en tant que noir de la Mauritanie. Force est de reconnaitre que ces 19 noirs mauritaniens ont construit la boussole qui devait nous permettre de nous orienter dans cette Mauritanie avec son état injuste, racial et oppresseur.
En effet, en faisant un petit background, je m’aperçois que j’ai tardé à m’approprier de cet instrument politique à cause de plusieurs facteurs d’ordre de survie et de l’absence d’un espace public de revendication. Il m’a fallu en effet quitter le pays, et pouvoir regarder à travers une loupe sans prisme déformant pour prendre conscience du pourrissement social et identitaire des noirs mauritaniens. L’esclavagisme humain, social, intellectuel et la périphérisation et la ghettoïsation quotidienne de nos masses populaires pauvres. De ce constat de désuétude humaine, a retentit dans la profondeur de mon être la belle citation de Frantz Fanon que j’avais entendit pour la première fois sortir de la bouche de mon professeur de sociologie Cheikh Saadbouh Kamara qu’il aimait répéter : “il appartient à chaque génération de jouer son rôle : le remplir ou le trahir”. Oui, cette belle citation m’a heurté la conscience sociale et politique. J’ai compris aussitôt, qu’il fallait remplir mon rôle mais comment y parvenir et par quels moyens. J’ai mis en alerte maximale ma conscience et parmi tous les mouvements sociaux, politiques contestations existants en Mauritanie et hors d’elle, ma conscience s’arrime sur le mouvement FLAM.
Aujourd’hui encore la situation sociale, politique du pays n’a toujours pas changé. Les nominations au conseil des ministres, le recrutement dans certains services administratifs des directions, les postes de représentations diplomatiques profitent toujours au cercle immédiat de certaines autorités, de leur tribu ou de leur région.
Cette situation dangereuse suffit à elle seule pour comprendre que le combat des FLAM est loin d’être caduque ou anachronique. Beaucoup de réfugiés sont rentrés et continuent de s’apitoyer sur leur triste sort. Ils sont abandonnés et livrés à eux même.
Notre boussole politique demeure les FLAM et restera toujours FLAM jusqu’à l’avènement d’une Mauritanie juste, équitable égalitaire et démocratique.
La lutte continue!
Abdoulaye Ba- Québec
FLAM-Amérique du Nord
NB : Comprenez bien que la boussole nous permet de nous situer, de nous réperer et cette boussole politique que constitue les FLAM, nous permet de nous retrouver à travers ces politiques fallacieuses, trompeuses et injustes. FLAM va vous éclairer dans la noirceur des labyrinthes politiques.





